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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Une reconvertie</title>
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&lt;p&gt;Kra Isallen va d&#233;sormais publier des textes d'opinion, des reflexions&#8230; encore in&#233;dits dans une nouvelle rubrique intitul&#233;e &#034;Tribune libre&#034;. Comme premier texte, nous publions &#034;Une reconvertie&#034; dont l'auteur est Malika Matoub. &lt;br class='autobr' /&gt;
Signalons au passage que Malika s'est largement inspir&#233; de l'&#233;ditorial &#034;Au nom de la s&#233;curit&#233;&#034; sign&#233; Serge Benattar dans le n&#176;821 d'Actualit&#233; Juive Hebdo, (num&#233;ro dat&#233; du 27 novembre 2003, p.3). &lt;br class='autobr' /&gt; __________________________ &lt;br class='autobr' /&gt;
UNE RECONVERTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
pour une mort parfaite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://tamazgha.fr/-Reflexions-Opinions-Archives-.html" rel="directory"&gt;R&#233;flexions, Opinions - Archives&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L80xH98/arton394-7d997.jpg?1777963464' class='spip_logo spip_logo_right' width='80' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Kra Isallen va d&#233;sormais publier des textes d'opinion, des reflexions&#8230; encore in&#233;dits dans une nouvelle rubrique intitul&#233;e &#034;Tribune libre&#034;. Comme premier texte, nous publions &#034;Une reconvertie&#034; dont l'auteur est Malika Matoub.&lt;br&gt;
Signalons au passage que Malika s'est largement inspir&#233; de l'&#233;ditorial &#034;Au nom de la s&#233;curit&#233;&#034; sign&#233; Serge Benattar dans le n&#176;821 d'&lt;i&gt;Actualit&#233; Juive Hebdo&lt;/i&gt;, (num&#233;ro dat&#233; du 27 novembre 2003, p.3).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;UNE RECONVERTIE&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;pour une mort parfaite sans distinction et sans entrave &lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai &#244;t&#233; ma robe kabyle, j'ai accept&#233; de changer de nom et j'ai mis un costume sur mesure qui a mis fin &#224; ma diff&#233;rence et &#224; mon intransigeance. Je n'&#233;tais plus de la race des r&#233;sistants qui affrontent la mort &#224; bras le corps quand leurs t&#234;tes sont mises &#224; prix. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#251;r, l&#224; je me fondais dans le paysage cynique de la R&#233;publique banani&#232;re des consorts&#8230; Benflis et Bouteflika, des g&#233;n&#233;raux flicaraux hyper hardis d&#233;valuant bien haut leurs &#339;uvres d'arm&#233;es baissant bien bas leurs&#8230; tout en cachant bien bas leurs kalachnikovs et des spadassins sanguinaires lesquels d&#233;montraient une allure d'homme sanglant &#224; faire fondre le granite. Au milieu d'eux tous, je suis une Alg&#233;rienne debout &#224; la m&#233;moire des martyrs qui n'ont rien vu. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'&#233;tais enfin libre, je ne serais plus le sujet favori de ceux qui sont d&#233;chus de leur kabylit&#233;. D&#233;sormais, on serait du m&#234;me bord. Pas besoin d'autres Massinissa. Je ne me sentais plus investie de la mission d'&#234;tre une femme kabyle. Je pouvais enfin vivre ma nouvelle vie, regarder les films br&#233;siliens, me permettre toutes les folies y compris celle de devenir d&#233;put&#233;e de la nation et verser une larme parmi la &lt;i&gt;nomenklatura&lt;/i&gt; aux recueillements du 29 juin &#224; El Alia. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme du monde et pour le monde, incolore, inodore. Une femme qui a appris, elle aussi, &#224; manier les concepts de modernit&#233;, de la&#239;cit&#233;, de d&#233;mocratie et qui admet &#224; chaque fois s'&#234;tre tromp&#233; pour mieux recommencer. Je n'avais plus de signe distinctif et je me demandais comment je n'ai pas pens&#233; plut&#244;t &#224; me lib&#233;rer de ce carcan si lourd &#224; porter. Et de plus, ce qui n'est pas le moindre des avantages, je me sentais enfin int&#233;gr&#233;e &#224; c&#244;t&#233; du moule arabo-islamique sans me soucier des factures impay&#233;es, de mes frais de voyage &#224; l'&#233;tranger, des salaires de mes collaborateurs et encore moins des affaires de meurtre. Les dignitaires richissimes sont l&#224; dans les moments difficiles ; ils n'oublient pas, on se serre les coudes, nous sommes enfin une famille qui avance malgr&#233; les contre temps d'Abrika de ces derniers mois. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est super ! Mon miroir me renvoya l'image d'une femme &#233;panouie, accomplie sans souci et mon ego est fier de la mutation. Par ma scolarit&#233; &#034;fondamentale&#034; j'excella dans la langue de Ben Badis, de Belkhadem et Tahar Ouatar. L'effacement subordonn&#233; se fructifia, je suis d&#233;sign&#233;e s&#233;natrice tiers pr&#233;sidentiel ; belle promotion en attendant les meilleurs. &lt;br&gt;
Quel ne f&#251;t donc mon &#233;tonnement, ma surprise, lorsque j'ai pris mon poste, d'entendre au d&#233;tour d'un d&#233;saccord tactique sur les &#034;dossiers show de l'&#233;t&#233;&#034; : &#034;sales Kabyles, vous avez os&#233; &#233;corcher &lt;i&gt;qassaman&lt;/i&gt; et vous&#8230;&#034;. D&#233;ception ! Et alors j'ai constat&#233; que mon initiative n'avait servi &#224; rien, je compris instantan&#233;ment que ma &lt;i&gt;taziba&lt;/i&gt; d'Ath-Yanni &#233;tait un signe ostentatoire. Non sans h&#233;sitation, j'&#244;ta ces bijoux qui commen&#231;aient &#224; peser lourd sur ma nouvelle vie. La transformation est radicale. Me voil&#224; bien coiff&#233;e, pantalon de chez Cacharel sans l'&#233;ternel &lt;i&gt;mendil&lt;/i&gt; d'El Djouhar. Ce f&#251;t vraiment radical, j'&#233;tais une femme nouvellement moderne, d&#233;mocrate de chez les d&#233;mocrates, s&#233;natrice de surcro&#238;t, je vote tout sans procuration ni mandat. Je pouvais m&#234;me me permettre de ribouler, r&#233;vulser, ricaner devant les barbus du s&#233;nat que je croisais et dont le visage &#233;tait presque en totalit&#233; recouvert par la barbe FLN. Quel g&#226;chis, pensais-je ! C'est alors que l'un d'eux me lan&#231;a sans se retourner &#034;Juive Kabyle&#034;. C'&#233;tait comme si le monde s'&#233;croulait autour de moi. Comment avait-il devin&#233; que j'&#233;tais kabyle ? C'est alors que je m'aper&#231;u que le &#034;Z&#034; &lt;i&gt;imazighen&lt;/i&gt;, offert par ma m&#232;re et que j'avais soigneusement dissimul&#233; sous ma chemise, &#224; la faveur d'un faux mouvement, s'&#233;tait &#233;pris de libert&#233; et tr&#244;nait &#224; la vue de tous en &lt;b&gt;Rebelle&lt;/b&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Horreur ! Discr&#232;tement, je le saisis &#224; pleines mains, je donnais un coup sec &#224; ma cha&#238;ne qui se brisa. Je fis sauter un des derniers maillons qui m'encha&#238;naient &#224; des milliers d'ann&#233;es d'histoire, de m&#233;moire, de tradition et de souvenirs. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Statut exige, plus de robe kabyle, plus de bijoux d'Ath Yanni. Cette fois-ci je pouvais, sans crainte aucune, arpenter les couloirs officiels et &#234;tre l'invit&#233;e du 20h de Hamraoui Habib Chawki. Inodore, je prenais un malin plaisir &#224; aller et venir dans les arcanes du pouvoir, me fondant dans la luxure des soir&#233;es mondaines. Apr&#232;s ces moments de libert&#233; et de jouissances d&#233;mesur&#233;es, je regagnais Club des Pins &#224; bord de la Mercedes noire, h&#233;ritage familial qui porte encore les vestiges tragiques. Arriv&#233;e &#224; bon port et au moment m&#234;me ou j'ouvris ma porti&#232;re pour sortir, un groupe de Snipers m'entoura et d'un air mena&#231;ant me lan&#231;a &#034;Eh, la Matoub dispara&#238;t, sinon tu auras droit &#224; de belles fun&#233;railles...&#034; &lt;br&gt;
Alors l&#224;, c'est inimaginable ! Tous mes efforts &#233;taient r&#233;duits &#224; n&#233;ant. Qu'est ce que j'avais encore oubli&#233; ? Quelles sont les causes de cet acharnement ? Etait-ce ce legs mat&#233;riel ou tout simplement l'empreinte biologique ? &lt;br&gt; Lasse et ext&#233;nu&#233;e, j'&#233;tais &#224; deux doigts d'aller en Kabylie et de crier &#224; la face des laquais &#034;je suis une MATOUB j'offre mon corps aux balles des GIA&#034;, j'accepte vos sentences et invectives. Il me restera mon &#226;me, bien s&#251;r ! Mais on me demande de la vendre au diable, qui donc ? Ces amn&#233;siques de la finitude qui vont tenter de s'approprier aujourd'hui, dans un grand show politico-m&#233;diatique, les nobles r&#233;f&#233;rences historiques, fruit du sang d'un million et demi de martyrs. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon &#226;me, je n'y avais pas pens&#233; plus t&#244;t. Cela m'aurait &#233;vit&#233; de tout balancer et, qui sait, de subir un lifting. Qui dit mieux ? &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avons-nous compris les desseins des bouffes-Kabyles ? Apr&#232;s la prison &#224; faire vomir le sang &#224; en mourir de d&#233;go&#251;t au del&#224; des maisons de toutes les prisons, apr&#232;s l'interdiction meurtri&#232;re de p&#233;n&#233;trer dans la cour ou plut&#244;t la basse-cour de la pr&#233;sidence et l'ex&#233;cution des probes. Allez vous &#233;tonner demain quand un politique finissant ne fait qu'augmenter son paroxysme pro-pond&#233;ral in&#233;branlable afin de d&#233;truire la d&#233;mocratique d&#233;peupl&#233;e Kabylie ancestrale. Ce dernier, sous des d&#233;guisements grandiloquents, se pr&#233;sentera aux &#233;lections pr&#233;sidentielles dans une plan&#232;te mirage o&#249; il n'y aurait point d'empreinte de l'assassinat de l'auteur d'&lt;i&gt;&lt;b&gt;Aghourrou&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Ayen, ayen, ayen &#8230;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Malika Matoub,&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Paris, le 4 d&#233;cembre 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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