Colère des étudiants d’Agadir
23 avril 2004
Rapport des étudiants du MCA d’Agadir.
Suite à l’intervention des forces policières de l’Etat marocain, les étudiants du Mouvement culturel amazigh (MCA) ont établi un rapport qui résumé les événements qui ont marqué l’Université d’Agadir et qui fait état des dégâts causés par la police d’Etat marocain au sein de la communauté universitaire d’Agadir. Nous le publions intégralement.
La police marocaine fait beaucoup de choses. Par exemple, elle protège et encadre les manifestations de soutien au dictateur de Baghdad, Saddam Hussein ; elle protège et encadre également des manifestations de dénonciation de l’assassinat de terroristes palestiniens...
Mais en même temps, cette police intervient pour réprimer Imazighen. Avant hier par exemple, cette force a exhibé ses forces face à des étudiants qui ont "osé" exprimer leur attachement à leur identité et à leur amazighité. Ces étudiants ont eu en plus le malheur d’exprimer leur soutien aux Kabyles, ces "satons" qui ne cessent de semer en trouble...
Encore une fois, nous avons là la preuve que seule une offensive à la hauteur de l’importance de notre cause pourra changer le cours des choses à Tamazgha Occidentale : la cause amazighe doit sortir dans la rue ; elle doit être portée par l’ensemble de la population et le monde entier doit savoir la vérité et cela doit passer, incontestablement, par la rue. En Kabylie, il a fallu qu’il y ait le Printemps 80 pour que le Mouvement soit ce qu’il est aujourd’hui.
A Agadir, à Imteghren, à Oujda, à Nador, partout dans Tamazgha il doit y avoir des Printemps comme celui de Kabylie. Et là on pourra "rêver" d’une véritable libération de Tamazgha...
Ufrin
Le mercredi 21 avril 2004, à 18H00, les militants du MCA à l’université d’Agadir ont été brutalement sévis, torturés rigoureusement par les forces armées de l’Etat, et cela sans exclure des incarcérations de quelques étudiants. Sous le thème de "nous sommes tous des Kabyles", les étudiants ont célébré chaleureusement "l’anniversaire du Printemps Noir" à la susdite université le jour même.
Le MCA a organisé deux jours d’activités culturelles en commémoration de la supra cérémonie "Tafsut imazighen". Le premier jour, les étudiants étaient en rendez-vous avec une conférence ayant pour titre : "Tafsut imazighen en Kabylie et le militantisme amazigh au Maroc". Cette conférence, animée par Mestapha Barhouchi, était l’occasion d’exposer la situation du Mouvement amazigh au Maroc en comparaison avec son analogue en Algérie.
Le conférencier a enthousiasmé les assistants de l’ensemble des contours et des paramètres sur la cause amazighe. Il avait relevé et révélé notoirement l’inexistence de profits pour l’amazighité au Maroc, et a considéré le discours étatique de l’état et les "Amazighs makhzanisés" comme des démagogues ; un discours hors du champs substantiel intrinsèque de la cause amazighe.
Le conférencier a pu dans le même sens relever que la première génération du mouvement de l’amazighité est en étroite symbiose avec le makhzen. Barhouchi a sollicité avec instance et insistance de remettre en cause les façons et les visions envers le Mouvement amazigh. On n’avait pas manqué de faire allusion au Brevet dit "le manifeste amazigh" qui est fabriqué par le makhzen pour une sollicitation pressante, a basé sa parole sur la nécessité de la fondation d’un mouvement amazigh indépendant au vrai sens du terme.
Le deuxième jour : Mercredi 21 Avril 2004.
Cette journée est ostensiblement marquée par une manifestation colossale pour la célébration du troisième anniversaire du Printemps Noir "Tafsut taberkant" laquelle est un rite indispensable (azarf) pour le Mouvement Culturel Amazigh. Au cours de cette manifestation synthétique expressive en elle-même, la procession des manifestants amazighs a parcouru le campus des deux facultés (lettres et sciences). Les militants situés à l’avant garde de ce ravage (dit manifestation) ont conduit la manifestation à l’extérieur (et ont délimité les frontières tracées par l’Etat) vers la cité Eddakhla à Agadir. Dès son arrivée au lieu cité (Cité Dakhla), la manifestation était surprise d’être entravée et empêchée bestialement par l’Etat et tous ses adjuvants.
De cela émane et provient ce qui suit :
– quatre détenus ayant subi de brutaux sévices. Ces détenus ont été exposés à un interrogatoire pour une durée de cinq heures avant leur libération. A leur tête, le militant du MCA Abdellah Bouchtarte. A cela s’ajoute des dizaines de blessés humiliés narquoisement.
Cette attaque sauvage démontre clairement l’aspect et les profondeurs même de la mentalité archaïque du makhzan panarabiste. Le troupeau de l’Etat a pu s’emparer des banderoles et les oriflammes porteuses de mots significatifs que levaient et portaient les étudiants. Comme allusion, au cours de cette manifestation, les étudiants ont bruyamment prononcés des slogans témoignant de leur solidarité :
L’intifada de la Kabylie "Tizi-Ouzou résistante mille martyrs", Guermah, repose-toi, nous continuerons la résistance...
Il y avait également des slogans dénonçant la politique du Makhzen marocain : "IRCAM = politique makhzénienne pour gauchir et déformer l’authenticité légale de la cause".
Sans oublier le thème primordiale :
"Tamazight nationale, et sera officielle".
Liste des détenus et des blessés du Printemps amazigh (21 avril 2004)
Détenus interrogés (exposés à l’interrogation) :
• Abdellah Bouchtarte : 5 heurs de torture et des interrogatoires dans les brigades d’Agadir avec insulte et injure. Il est sorti avec des blessures dans les mains, les pieds et la tête.
• Abdellah Ezzemouri : 5 heurs de torture et des interrogatoires ; blessures aux pieds, aux mains et à la tête.
Blessés :
• Mouloud Zemmour : blessure aux mains, poitrines et pieds.
• Youssef Salhi : grave blessure au niveau de la main et d’autres blessures sur le reste du corps.
• Ali Mourif : blessure aux mains et pieds.
• Med Bahmouch : blessé au genou.
• Khadija Oufqir : blessée au genoux et aux doigts.
