Le Maroc : plus que jamais anti-amazigh...
16 juillet 2004
Les expéditions punitives des arabistes contre les étudiants amazighs continuent sous la protection des autorités...
Les arabistes marocains sont, vraisemblablement, décidés à faire le tour des campus universitaires dans le but de faire taire les militants amazighs.
En juin dernier, c’était au tour des étudiants de l’université de Marrakech de subir la barbarie des étudiants arabistes militants du Polisario appuyés par des éléments marxistes...
Cette intervention a fait plusieurs blessés et a suscité un climat de terreur qui a poussé nombre d’étudiants à quitter l’enceinte universitaire.
Les méthodes sont toujours les mêmes : les milices arabistes interviennent et la police marocaine les couvre et assure leur protection !
En décembre 2003, c’est à l’Université Mouloud Mammeri à Imteghren que des bandes arabistes se proclamant "marxistes" ont agressé des étudiants du mouvement amazigh. L’agression a fait plusieurs blessés et a perturbé la vie des étudiants pendant plusieurs semaines.
Le 14 juin dernier, c’est à l’Université de Marrakech que des "milices" arabistes militants du Polisario et soutenus par des groupuscules "marxistes", ont agi et ont usé de la violence à l’égard de militants, encore une fois, du Mouvement culturel amazigh (MCA).
Les militants du Polisario, favorables à l’instauration d’une "république" arabe (comme s’il n’y avait pas déjà de trop !), ont toujours eu des accrochages verbaux avec les militants du MCA. Ces derniers se sont toujours opposés à la création d’une énième république arabe en Terre amazighe.
Les étudiants amazighs, militants du MCA, ont toujours défendu l’identité amazighe et s’expriment publiquement en tamazight. Tout cela n’est pas du goût de ces bandes d’arabistes mercenaires de la politique d’arabisation menée en Afrique du Nord depuis 14 siècles.
C’est cette opposition entre les différents courants idéologiques qui a conduit les militants sahraouis, appuyés par les "marxistes" de l’Université de Marrakech, à organiser une offensive contre les étudiants amazighs du MCA le 14 juin 2004. Une offensive qui a fait plusieurs blessés parmi les étudiants du MCA.
Les méthodes sont toujours les mêmes : barbares comme elles le sont depuis 14 siècles.
Les milices qui ont agi en toute impunité et sans aucune inquiétude, ont commencé par l’intimidation des étudiants amazighs en les terrorisant. Ceci a contraint nombre d’étudiants à quitter le campus universitaire. Ceux parmi les étudiants qui ont choisi de résister à ces menaces se sont vus attaqués par les barbares du Polisario et les marxistes en usant d’armes blanches (bâtons, barres de fer, chaînes métalliques,...). Plusieurs étudiants ont ainsi été tabassés faisant plusieurs dizaines de blessés. Cette opération a duré 3 jours. Les miliciens sahraouis ne se sont pas contentés de leur effectif local au sein de l’université de Marrakech mais ils ont fait appel à d’autres contingents qui sont venus de Laayoun, Agadir et Semara.
Bien entendu, cette barbarie s’est effectuée sans aucune intervention des autorités marocaines, pourtant très présentes au sein des campus universitaires. Et comment ne pas croire donc à une opération bien préparée, ayant eu l’aval et la protection des autorités marocaines.
Il est connu qu’au sein des universités marocaines, des sections permanentes des services de renseignements, liées directement à la police marocaine, sont présentes et ont même des bureaux. Rien ne peut leur échapper et ont pour rôle d’avoir un total contrôle sur les enceintes universitaires. Mais voilà, comme par hasard, du 14 au 16 janvier 2004, ces "flics" ont disparus laissant ainsi les milices arabo-musulmanes vaquer à leur besogne en toute sécurité. Ce n’est que lorsque les Sahraouis, notamment ceux venus de loin, sont partis que les "Awaks" [1] sont réapparus. Mais, bien entendu, pour eux comme si de rien n’était : aucune mesure n’a été prise pour chercher les agresseurs et les juger éventuellement. Au contraire, ce sont les étudiants amazighs qui se sentent toujours menacés et terrorisés : certains d’entre eux ne sont pas revenus au campus universitaire de peur de nouvelles représailles et du manque total de sécurité et de protection.
Ainsi, l’on peut imaginer que les autorités marocaines ne voulant commettre directement une énième répression à l’encontre des Imazighen, ont sous-traité l’action en la confiant aux milices sahraouis et marxistes en leur garantissant toute la sécurité.
Cet acte barbare s’est produit dans l’enceinte universitaire sous les yeux de plusieurs centaines de personnes. Est-il possible d’imaginer toutes les exactions faites par les autorités marocaines et leurs mercenaires à l’égard des Imazighen dans les villages et dans tous les endroits isolés de cette contrée de Tamazgha ? Peut-on imaginer toute l’humiliation e la répression que subissent peut-être des milliers et des milliers d’Imazighen quotidiennement en Afrique du Nord. Ceux-là, personne ne peut aller à leur secours ; personne ne peut en parler de la violence qu’ils subissent. Et même lorsque les choses se passent dans des endroits comme l’Université de Marrakech, qui s’en soucie ? De toute façon ce n’est surtout pas Chirac qui va se précipiter pour dénoncer cette atteinte aux droits de l’Homme ! D’ailleurs, même lorsque la gendarmerie algérienne tirait à bout portant sur des jeunes kabyles pacifiques faisant 130 morts et des milliers de blessés dont plusieurs handicapés à vie, Chirac n’a pas daigné dire un mot ; au contraire il a tout fait pour exprimer son soutien total au régime algérien. Ne penserait-il pas : "Qu’ils crèvent ces Berbères ! Après tout quel intérêt avons-nous avec eux ?!" Dans le même ordre d’idée : "Que Cesare Battisti crève dans les prisons italiennes !"
Avec ces événements de Marrakech, la monarchie marocaine vient, encore une fois, nous donner une idée de ses réelles intentions quant à la prise en charge de Tamazight ! Cela ne fait que renforcer nos convictions quant aux véritables visées du Palais qui ne veut qu’une chose : l’éradication de Tamazight qui doit passer par la domestication de cette question par le biais des Imazighen de service impliqués dans ses réseaux clientélistes.
Il est vrai que le "projet amazigh" est perçu comme une menace des projets des arabo-musulmans qui voient Tamazight comme le péril de l’arabo-islamisme. Les tenants de cette idéologie néfaste à l’humanité entière ne peuvent imaginer une quelconque résistance à l’arabisation totale de Tamazgha qui, selon eux, a déjà trop tardé, et à l’éradication de tout signe d’amazighité.
Mais la tâche leur sera difficile puisque la résistance amazighe est omniprésente. Rien n’arrêtera la volonté d’un peuple de réaliser sa liberté. Le mouvement de libération amazigh est plus que jamais en marche... et rien ne pourra l’arrêter tant que la volonté et la détermination du peuple amazigh sont là : Tamazgha doit retrouver ses racines et se débarrasser ainsi de la vermine qui la ronge depuis quatorze siècles.
Ufrin
[1] Nom donné à ces agents de renseignements de la monarchie marocaine qui campent dans les universités pour exercer leur activité d’espionnage et de contrôle