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		<title>TAMAZGHA </title>
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		<title>Ce que r&#233;v&#232;le l'arrestation de Boualem Sansal en Alg&#233;rie</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Ce-que-revele-l-arrestation-de-Boualem-Sansal-en-Algerie.html</link>
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		<dc:date>2024-12-18T12:49:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Dans une tribune parue dans le magazine &#034;Marianne&#034;, le 16 d&#233;cembre 2024, Salem Chaker d&#233;nonce l'arrestation arbitraire de l'&#233;crivain Boualem Sansal et dit la r&#233;alit&#233; du r&#233;gime qui r&#232;gne sur l'Etat alg&#233;rien depuis plus de soixante ans : &#034;une dictature pilot&#233;e par une oligarchie militaire&#034;. Il dit, encore une fois, que &#034;l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante n'a jamais &#233;t&#233; ni d&#233;mocratique ni progressiste&#034;. Salem Chaker pr&#233;cise &#233;galement que le r&#233;gime d'Alger a toujours &#339;uvr&#233; pour &#034;le contr&#244;le absolu du syst&#232;me judiciaire, le contr&#244;le de l'information et surtout la mobilisation de deux r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques fondamentales : le nationalisme et la religion&#034;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH77/chaker_logo_3-3-f4663.jpg?1774404726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-apr&#232;s une tribune de Salem Chaker parue dans le magazine &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; le 16 d&#233;cembre 2024, sous le titre de &#171; Arrestation de Boualem Sansal : &#034;Depuis l'ind&#233;pendance, l'Alg&#233;rie est une dictature pilot&#233;e par une oligarchie militaire&#034; &#187;. Une tribune qui d&#233;nonce l'arrestation arbitraire de l'&#233;crivain Boualem Sansal mais qui dit la r&#233;alit&#233; du r&#233;gime qui r&#232;gne sur l'Etat alg&#233;rien depuis plus de soixante ans : &#034;une dictature pilot&#233;e par une oligarchie militaire&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8851 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH300/sansal_marianne-1661e.jpg?1774404726' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arrestation de Boualem Sansal : &lt;br&gt;
&#034;Depuis l'ind&#233;pendance, l'Alg&#233;rie est une dictature pilot&#233;e par une oligarchie militaire&#034;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation et l'incarc&#233;ration de l'&#233;crivain Boualem Sansal a suscit&#233; une r&#233;elle &#233;motion dans les milieux litt&#233;raires et intellectuels francophones, particuli&#232;rement en France. &#201;motion l&#233;gitime dans la mesure o&#249; cette arrestation n'est fond&#233;e que sur les d&#233;clarations et prises de positions, anciennes et r&#233;centes, de l'&#233;crivain. Il s'agit donc clairement d'un d&#233;lit d'opinion et d'une atteinte &#224; la libert&#233; d'expression et de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Une v&#233;ritable chape de silence et de terreur s'est abattue sur l'Alg&#233;rie&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Mais le cas de Boualem Sansal n'est pas isol&#233; en Alg&#233;rie. L'arbre, m&#234;me exceptionnel, ne doit pas cacher la for&#234;t. Des centaines de personnes croupissent dans les prisons alg&#233;riennes pour avoir exprim&#233; une opinion &#171; dissidente &#187; ou pour leurs options politiques. Des dizaines de journalistes sont pass&#233;s par la case prison au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, la presse a &#233;t&#233; totalement musel&#233;e, des dizaines de militants d&#233;mocrates ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et des centaines de militants kabyles ont &#233;t&#233; condamn&#233;s lourdement, parfois &#224; la peine capitale, &#224; la suite de proc&#232;s exp&#233;ditifs. Des dizaines de militants mozabites ont &#233;t&#233; envoy&#233;s en prison o&#249; l'un d'entre eux est d&#233;c&#233;d&#233;. De tr&#232;s nombreuses personnes ont &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;es ou incarc&#233;r&#233;es pour un simple post sur les r&#233;seaux sociaux ou une inoffensive activit&#233; culturelle. Une situation de r&#233;pression tous azimut donc. Une v&#233;ritable chape de silence et de terreur s'est abattue sur l'Alg&#233;rie ces derni&#232;res ann&#233;es avec l'article 87-bis du code p&#233;nal qui permet de condamner pour terrorisme toute opinion hostile au r&#233;gime.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce &#171; tout r&#233;pressif &#187; qui s'est accentu&#233; depuis 2021 r&#233;v&#232;le en premier lieu la tr&#232;s grande fragilit&#233; d'un syst&#232;me politique qui a perdu toute l&#233;gitimit&#233; et qui a per&#231;u, en particulier &#224; l'occasion du mouvement de contestation de 2019 (&lt;i&gt;Hirak&lt;/i&gt;), qu'il pouvait &#234;tre balay&#233; s'il tol&#233;rait la moindre ouverture d&#233;mocratique. Mais cette accentuation r&#233;cente du caract&#232;re r&#233;pressif du r&#233;gime a des racines profondes, structurelles m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;L'Alg&#233;rie ind&#233;pendante n'a jamais &#233;t&#233; ni d&#233;mocratique ni progressiste&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ind&#233;pendance (1962), l'Alg&#233;rie est une dictature pilot&#233;e, en sous-main ou de mani&#232;re ouverte, par une oligarchie militaire qui s'est longtemps appuy&#233;e sur une phras&#233;ologie r&#233;volutionnaire issue de la guerre de lib&#233;ration, mais dont l'instrument essentiel a toujours &#233;t&#233; des services de s&#233;curit&#233; omnipr&#233;sents et omnipotents. N'en d&#233;plaise aux admirateurs nationaux et internationaux de la &#171; r&#233;volution alg&#233;rienne &#187;, l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante n'a jamais &#233;t&#233; ni d&#233;mocratique ni progressiste. &#192; c&#244;t&#233; des outils s&#233;curitaires, les principaux ressorts du r&#233;gime ont toujours &#233;t&#233; le contr&#244;le absolu du syst&#232;me judiciaire, le contr&#244;le de l'information et surtout la mobilisation de deux r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques fondamentales : le nationalisme et la religion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nationalisme exacerb&#233; dont la fonction principale est d'emp&#234;cher l'&#233;mergence de toute pens&#233;e ou d&#233;bat autonome en mobilisant syst&#233;matiquement deux &#233;pouvantails classiques de toute dictature. L'ennemi ext&#233;rieur, dans le cas d'esp&#232;ce le Maroc, la France et le n&#233;ocolonialisme&#8230; Un ennemi int&#233;rieur accus&#233; de remettre en cause l'unit&#233; nationale et l'int&#233;grit&#233; territoriale, en l'esp&#232;ce la Kabylie, toujours soup&#231;onn&#233;e de vell&#233;it&#233;s s&#233;paratistes. C'est dans ce cadre que doit se comprendre la r&#233;pression subie par les militants kabyles ainsi que l'arrestation de Boualem Sansal dont les interrogations sur l'historicit&#233; des fronti&#232;res de l'Alg&#233;rie ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme subversives.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'Alg&#233;rie progressiste &#187; est une fiction&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Religion musulmane devenue le principal outil de contr&#244;le social. En Alg&#233;rie, l'islamisme ne tombe pas du ciel. Il est le r&#233;sultat programm&#233; d'une politique d'&#201;tat. Une conception intol&#233;rante et uniformisante de l'islam est m&#233;thodiquement diffus&#233;e par tous les appareils id&#233;ologiques principalement l'Education nationale. Les islamistes arm&#233;s qui pr&#233;tendaient prendre le pouvoir dans la d&#233;cennie 1990 ont &#233;t&#233; vaincus mais leur id&#233;ologie est victorieuse dans l'Alg&#233;rie contemporaine par la volont&#233; m&#234;me de l'&#201;tat qui les a combattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Alg&#233;rie progressiste &#187; est une fiction entretenue depuis 1962 par le pouvoir alg&#233;rien mais aussi par ses relais internationaux, notamment dans certains milieux intellectuels, aveugl&#233;s par la l&#233;gitimit&#233; de la lutte anti-coloniale. Mais la l&#233;gitimit&#233; d'un combat contre une domination &#233;trang&#232;re ne doit pas emp&#234;cher de percevoir la nature profonde d'un syst&#232;me politique et de ses porteurs. Boualem Sansal n'est que la manifestation paroxystique et visible d'un syst&#232;me fond&#233; sur l'intol&#233;rance et la r&#233;pression et qui n'a d'autre but que de se reproduire ind&#233;finiment. &#192; sa petite &#233;chelle, l'Alg&#233;rie n'est pas sans rappeler la Russie de Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Salem Chaker&lt;/strong&gt;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur &#233;m&#233;rite des universit&#233;s (Langue berb&#232;re)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Tribune parue sur le site du magazine &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, le 16 d&#233;cembre 2024.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/arrestation-de-boualem-sansal-depuis-lindependance-lalgerie-est-une-dictature-pilotee-par-une-oligarchie-militaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lire l'article sur le site de &lt;i&gt;Marienne&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire &#233;galement :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-regime-algerien-fidele-a-ses-methodes-de-diversion-et-de-manipulation.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;gime alg&#233;rien fid&#232;le &#224; ses m&#233;thodes de diversion et de manipulation&lt;/strong&gt; (d&#233;claration)&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Une-Kabylie-libre-dans-un-environnement-democratique.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une Kabylie libre dans un environnement d&#233;mocratique&lt;/strong&gt; (entretien)&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/La-Kabylie-cible-principale-de-la.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Kabylie, cible principale de la r&#233;pression de l'&#201;tat alg&#233;rien&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/L-antikabylisme-de-l-Etat-algerien.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'antikabylisme de l'Etat alg&#233;rien&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/L-Algerie-les-raisons-d-une.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Alg&#233;rie : les raisons d'une faillite&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Kabylie-manipulation-et-diversion.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Kabylie : manipulation et diversion. Un grand classique.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Salem-Chaker-Effonrement-de-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pour Salem Chaker, la Kabylie est toujours l'objet d'une gestion attentive du r&#233;gime alg&#233;rien..&lt;/strong&gt;.&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Regard-sur-le-Printemps-berbere.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Regard sur le &#034;Printemps berb&#232;re&#034; : t&#233;moignage et r&#233;flexions de Salem Chaker&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Salem-Chaker-denonce-une-machine-de-guerre-contre-le-berbere,1800.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;Salem Chaker d&#233;nonce &#034;une machine de guerre contre le berb&#232;re&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/IxpYcnkhzTg?si=bFb84q268UmZgrJT&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/H_NRaNVen6E?si=N1iObeeLqAim4D9f&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menaces contre les civils de l'Azawad</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Sanglant-Mali.html</link>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La voix bris&#233;e d'un homme touareg entendue sur les r&#233;seaux sociaux il y a plusieurs jours hante l'esprit. Cet homme s'exprime dans la belle langue tamashaq, pleine de rondeurs et de douceurs. Mais son r&#233;cit est rude. Lui-m&#234;me est-il encore vivant ? Sa parole retrace le contexte politique qui depuis sa jeunesse en 1990 a rythm&#233; sa vie au Mali : les revendications socio-politiques des Touaregs, les violences de l'arm&#233;e malienne contre les habitants, le refus total du gouvernement &#224; prendre en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/mnla_logo-48bbc.jpg?1774404726' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La voix bris&#233;e d'un homme touareg entendue sur les r&#233;seaux sociaux il y a plusieurs jours hante l'esprit. Cet homme s'exprime dans la belle langue tamashaq, pleine de rondeurs et de douceurs. Mais son r&#233;cit est rude. Lui-m&#234;me est-il encore vivant ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa parole retrace le contexte politique qui depuis sa jeunesse en 1990 a rythm&#233; sa vie au Mali : les revendications socio-politiques des Touaregs, les violences de l'arm&#233;e malienne contre les habitants, le refus total du gouvernement &#224; prendre en compte les droits citoyens de la population du nord, les luttes arm&#233;es, le sacrifice des jeunes gens, les milices contre-insurrectionnelles semant la terreur parmi les civils, l'exil de milliers de familles pour &#233;chapper aux tueries, les camps de r&#233;fugi&#233;s, la mis&#232;re, les trait&#233;s de paix successifs entre les fronts arm&#233;s touaregs et l'&#201;tat malien d&#233;sireux surtout d'arr&#234;ter les combats que perd son arm&#233;e en fuite sur le terrain militaire. D&#232;s la tr&#234;ve obtenue, les dirigeants politiques arment et encadrent des milices paramilitaires qui assassinent les teints &#034;rouges&#034;, civils touaregs et maures vuln&#233;rables (femmes, enfants, vieillards). Avec la complicit&#233; active ou passive des militaires, ils br&#251;lent les campements et les maisons, pillent, terrorisent et tuent des centaines de civils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ne citer que quelques exemples : 20 mai 1991 &#224; L&#233;r&#233;, ex&#233;cution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les survivants affluent en masse dans les camps de r&#233;fugi&#233;s en Mauritanie, en Alg&#233;rie et au Burkina Faso.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un sc&#233;nario brutal et r&#233;p&#233;titif jusqu'au dernier trait&#233; de paix, celui de 2015 sign&#233; &#224; Alger sous l'&#233;gide de la communaut&#233; internationale. Bien que le cadre de cet Accord soit limit&#233; &#8211; mesures de d&#233;centralisation et int&#233;gration, dans l'arm&#233;e &#034;nationale&#034;, des combattants issus des groupes arm&#233;s signataires de l'Accord &#8211; les autorit&#233;s maliennes ont frein&#233; son application, jamais achev&#233;e, comme ce fut le cas pour les pr&#233;c&#233;dents accords.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8617 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/azawad1-3-c2bc1.jpg?1774404727' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai 2021 au Mali, un nouveau coup d'&#201;tat remplace celui qui avait renvers&#233; le pr&#233;sident Ibrahim Boubakar Ke&#239;ta neuf mois plus t&#244;t. Assimi Go&#239;ta, un colonel putschiste r&#233;cidiviste, prend la t&#234;te de la junte. Apr&#232;s avoir chass&#233; l'arm&#233;e fran&#231;aise et les forces onusiennes internationales (MINUSMA) install&#233;es au Mali dans le cadre de &#034;la lutte anti-terroriste&#034;, apr&#232;s avoir repouss&#233; le calendrier des &#233;lections pr&#233;sidentielles au grand dam de la communaut&#233; internationale, ainsi que d'acteurs de la soci&#233;t&#233; civile malienne ou des partis politiques, le colonel annonce un coup de force au nom de la &#034;s&#233;curit&#233;&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e malienne va-t-elle enfin affronter et endiguer l'avanc&#233;e des groupes jihadistes (sous l'ob&#233;dience de l'&#201;tat islamique et d'Aqmi) qui malm&#232;nent et terrorisent depuis 20 ans la population du nord, d'autant qu'ils ont aujourd'hui &#233;tendu leur emprise jusqu'&#224; quelques kilom&#232;tres de la capitale Bamako ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le centre du Mali l'arm&#233;e se livre &#224; plusieurs massacres concernant en majorit&#233; des civils peuls confondus avec les jihadistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Massacre de Moura, au moins 500 morts, voir https://www.lemonde.fr/afrique/artic&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au nord, ce n'est pas la menace islamiste qui semble pr&#233;occuper le r&#233;gime de transition malien mais les autonomistes de l'Azawad. En attaquant ces derniers &#224; Ber les 11 et 12 ao&#251;t 2023, Go&#239;ta rompt unilat&#233;ralement l'&lt;i&gt;Accord de paix et de R&#233;conciliation&lt;/i&gt;, parrain&#233; par l'Alg&#233;rie depuis 2015 avec le soutien de la communaut&#233; internationale et de l'ONU. Il transforme ses partenaires du nord en &#034;terroristes&#034;, entretenant la confusion entre autonomistes et jihadistes &#233;galement pr&#233;sents dans la r&#233;gion et en relations conflictuelles. Le gros mot est lanc&#233; et le permis de tuer instaur&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons que la presse internationale, sans aucune vigilance critique, appelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais Go&#239;ta ne part pas lui-m&#234;me au combat. Il pr&#233;f&#232;re embaucher une force &#233;trang&#232;re, les mercenaires russes Wagner, pay&#233;s &#224; grands frais sur les caisses de l'&#201;tat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Mondafrique (28/06/2023, ), les autorit&#233;s de Bamako &#171; verseraient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au d&#233;triment des Maliens dont la majorit&#233; &#233;crasante vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. En s'appuyant sur cette unit&#233; paramilitaire russe, connue pour ses sordides exactions contre les civils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La milice Wagner a &#233;t&#233; accus&#233;e par de nombreux t&#233;moignages d'actes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'objectif de la junte se pr&#233;cise : il s'agit de liquider non seulement la question politique de l'Azawad, mais sa population. &lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;diation internationale men&#233;e par l'Alg&#233;rie pour le suivi de l'accord de paix reste muette. Pire, les avions qui renflouent l'arm&#233;e malienne avec les effectifs de la milice Wagner et les armes russes (dont des drones achet&#233;s &#224; la Turquie) transitent par l'Alg&#233;rie. A qui s'attaquent les troupes r&#233;guli&#232;res et les mercenaires auxiliaires de l'&#201;tat malien ? Selon un sc&#233;nario r&#233;current, ces colonnes s'en prennent aux civils innocents qui ne peuvent se d&#233;fendre, ils les &#233;liminent, s'accaparent de leurs modestes biens et br&#251;lent leurs villages ou leurs campements pour faire fuir les survivants. Rien ne stoppe la violence extr&#234;me des militaires maliens et de leurs alli&#233;s russes dont les m&#233;thodes d'assassinat par &#233;gorgement (pratiqu&#233;es d&#232;s mars 2022 contre les villageois peuls de Moura au centre du Mali) sont identiques &#224; celles de l'&#201;tat islamique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 octobre 2023, une lourde colonne malienne de 100 chars et v&#233;hicules blind&#233;s part de Gao en direction de Kidal. Elle atteint Anefif &#224; 100 km de Kidal. Le village est d&#233;sert&#233; par ses habitants qui connaissent les pratiques d'ex&#233;cution sommaire des militaires maliens appuy&#233;s par les miliciens russes. Encercl&#233;s par les combattants touaregs et faute de pouvoir s'approcher de Kidal, l'arm&#233;e malienne et ses alli&#233;s russes usent de drones tueurs. Le mardi 7 novembre 2023, ils bombardent Kidal &#224; trois reprises. La base de la Minusma que les Casques bleus viennent de quitter et deux autres cibles civiles dont une &#233;cole sont atteintes. On d&#233;nombre plusieurs morts, selon les chiffres de la Coordination des Mouvements de l'Azawad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Englob&#233;e en 2021 dans le Cadre strat&#233;gique permanent pour la paix, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; huit enfants et six hommes, ainsi que de nombreux bless&#233;s. Les combats qui s'engagent avec les groupes touaregs de l'Azawad quand la colonne Fama-Wagner tente d'atteindre Kidal sont violents. La presse malienne parle de &#034;perc&#233;e&#034; tandis que du c&#244;t&#233; touareg on rel&#232;ve des mouvements de d&#233;bandade parmi les militaires maliens et leurs mercenaires russes. Ces derniers bombardent aveugl&#233;ment Kidal que les habitants pris au pi&#232;ge tentent de fuir. Le 14 novembre, l'arm&#233;e malienne et ses suppl&#233;tifs russes entrent dans Kidal.&lt;br class='autobr' /&gt;
La junte a-t-elle atteint son objectif de &#034;restaurer la souverainet&#233; de l'&#201;tat sur l'ensemble du territoire national&#034; sans int&#233;grer dans ses troupes les combattants issus des groupes arm&#233;s signataires de l'Accord d'Alger ? Sur le plan militaire, l'asym&#233;trie des armes ne laissait pr&#233;voir que cette issue au profit de l'arm&#233;e malienne et de la milice russe lourdement &#233;quip&#233;es et dot&#233;es d'une force a&#233;rienne cons&#233;quente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut rajouter au surarmement de l'arm&#233;e (voir http://news.abamako.com/h/26126&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, sur le plan socio-politique, la r&#233;activation de l'option g&#233;nocidaire du syst&#232;me malien (d&#233;j&#224; mise en &#339;uvre &#224; de nombreuses reprises) est certainement la plus contre-productive qu'il soit pour l'avenir de cet &#201;tat. Rappelons qu'en 1963, lorsque surgit le premier soul&#232;vement des Touaregs de l'Adagh contre le nouveau dispositif frontalier entre Mali et Alg&#233;rie qui ampute leurs parcours nomades et les s&#233;pare de l'Ahaggar, l'arm&#233;e malienne se livre &#224; une r&#233;pression atroce contre les civils, endeuillant et traumatisant les familles sur plusieurs g&#233;n&#233;rations. Cette violence disproportionn&#233;e de l'&#201;tat malien va fabriquer les &#034;rebelles&#034; de demain. Loin d'&#234;tre circonstancielle, cette m&#233;thode de gestion des conflits politiques par la terreur semble structurelle, probablement n&#233;cessaire au fonctionnement m&#234;me de cet &#201;tat. Car depuis 60 ans d'ind&#233;pendance, le gouvernement malien s'est montr&#233; incapable de restaurer la confiance au nord et de se constituer en ensemble national int&#233;grant chaque pan de sa population. La corruption des dirigeants, la faillite des services publics, la paup&#233;risation des habitants, la crise &#233;conomique end&#233;mique, l'autoritarisme et l'id&#233;ologie h&#233;rit&#233;e de la colonisation ont &#233;t&#233; corr&#233;l&#233;s &#224; une propagande d'&#201;tat qui a transform&#233; toute contestation politique en guerre de races, d'ethnies ou de tribus. Orienter la col&#232;re et la frustration sociale vers un bouc &#233;missaire : le nord, les nomades (Touaregs, Peuls, Maures), les &#233;leveurs, les teints clairs... a servi &#224; faire oublier la responsabilit&#233; des dirigeants dans la faillite de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la colonisation, le vaste espace d'&#233;changes et de circulation qu'&#233;taient le Sahara et ses franges sah&#233;liennes n'a cess&#233; de se r&#233;tr&#233;cir comme peau de chagrin. D&#233;coup&#233;, amput&#233;, recouvert de lignes fronti&#232;res, appauvri, violent&#233;, d&#233;truit, particuli&#232;rement ravag&#233; et pollu&#233; du c&#244;t&#233; alg&#233;rien, nig&#233;rien et libyen par l'exploitation mini&#232;re (p&#233;trole, gaz, uranium, or), min&#233; par le trafic de drogue aux mains d'une mafia internationale, ce territoire &#224; l'&#233;conomie imbriqu&#233;e entre nomades et s&#233;dentaires est devenu un terrain de chasse &#224; l'homme pour arm&#233;e et milices qui s'illustrent par des exactions d'une cruaut&#233; sans limite.&lt;br class='autobr' /&gt;
De quel syndrome souffre le Mali ? Est-ce celui du colonis&#233; s'appropriant de fa&#231;on mim&#233;tique le pouvoir, les mani&#232;res et l'id&#233;ologie de l'ancien ma&#238;tre ? L'ex-puissance coloniale a toujours veill&#233; &#224; mettre en place des chefs d'&#201;tat qui lui soient favorables, elle a ferm&#233; les yeux sur la corruption, la violence et la maltraitance qu'ils exer&#231;aient contre leur peuple, pourvu que les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais soient pr&#233;serv&#233;s. Cette culture de l'impunit&#233; a format&#233; les &#233;lites politiques du continent. Mais le lien entre l'ex-puissance coloniale et les nouveaux &#201;tats est plus intime encore car de nature organique : il touche &#224; la cr&#233;ation et &#224; la constitution m&#234;me de ces entit&#233;s politico-territoriales n&#233;es dans les ann&#233;es 1960, &#224; leur mode d'organisation et de fonctionnement copi&#233; sur le centralisme fran&#231;ais, &#224; leurs fronti&#232;res dessin&#233;s par l'avanc&#233;e des troupes coloniales venant d'Alger ou de Dakar, &#224; leurs institutions, &#224; leur id&#233;ologie &#233;volutionniste, &#224; la m&#233;fiance si ce n'est &#224; la peur h&#233;rit&#233;es du temps de l'occupation coloniale, contre les groupes sociaux qui ont r&#233;sist&#233; &#224; l'Empire (ce qui n'&#233;tait d'ailleurs pas le cas de la r&#233;gion de Kidal). Voil&#224; le paradoxe absolu de ces &#201;tats et de leur personnel politique form&#233; par et pour les int&#233;r&#234;ts d'une puissance ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH299/mnla-kidal1-a9018.jpg?1774404727' width='500' height='299' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La rh&#233;torique coloniale fond&#233;e sur une vision raciale, ethnique et tribale de l'Afrique a &#233;t&#233; reprise int&#233;gralement par les autorit&#233;s et la plupart des media maliens &#224; chaque crise politique. Elle a conduit dans les p&#233;riodes de conflit &#224; une v&#233;ritable obsession touar&#233;gophobe, amalgamant toute la population touareg dans un sch&#233;ma de r&#233;bellion g&#233;n&#233;tique. Cette propagande a d&#233;riv&#233; en slogans pr&#244;nant l'extermination de &#034;l'ennemi de l'int&#233;rieur&#034;. De nombreux appels au meurtre ont &#233;t&#233; ainsi relay&#233;s en toute impunit&#233; par la presse malienne et les r&#233;seaux sociaux, particuli&#232;rement actifs depuis 2012.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple en 2012 (La Voix du Nord) : &#034;Balayons toute pr&#233;sence nomade (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quant aux membres de la soci&#233;t&#233; civile ou des partis politiques qui ont eu le courage de protester contre cette gestion mortif&#232;re des conflits, ils ont &#233;t&#233; menac&#233;s par le pouvoir et ses soutiens inconditionnels pour qu'ils se taisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat du Mali reste plus que jamais prisonnier de son h&#233;ritage colonial. Sa pens&#233;e politique est calqu&#233;e sur un mod&#232;le d'&#201;tat &#224; la fois centralis&#233; et autoritaire, incapable de penser la diversit&#233; et de se construire en l'int&#233;grant. L'arm&#233;e nationale a repris contre les civils les pratiques sanguinaires de r&#233;pression des corps de l'arm&#233;e coloniale regroup&#233;s sous le nom de &#034;Tirailleurs s&#233;n&#233;galais&#034; et a &#233;t&#233; confort&#233; dans ces m&#233;thodes par la milice russe Wagner. Cette logique qui pr&#244;ne la violence plut&#244;t que le dialogue n'a abouti jusqu'ici qu'&#224; creuser les fractures entre les diff&#233;rentes composantes de la population. Dans ce contexte, l'instauration militaire de la &#034;souverainet&#233; de l'&#201;tat sur l'ensemble du territoire national&#034; est un leurre passager qui conduit plut&#244;t &#224; la dissolution du &#034;pays&#034; en tant qu'ensemble se reconnaissant comme tel. Ce n'est certainement pas l'inf&#233;odation &#224; un nouveau ma&#238;tre qui changera le processus d'autodestruction du Mali &#8211; pas plus d'ailleurs que chez ses voisins sous la coupe de pouvoirs putschistes ou dictatoriaux &#8211;, tous engag&#233;s dans le chaos des repr&#233;sailles aveugles contre leurs populations, ouvrant ainsi la voie &#224; l'expansion jihadiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;HCH&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
15 novembre 2023&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH266/kidal1-448ce.jpg?1774404727' width='500' height='266' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour ne citer que quelques exemples : 20 mai 1991 &#224; L&#233;r&#233;, ex&#233;cution extrajudiciaire par l'arm&#233;e de 50 Touaregs et Maures ; 14 mai 1992 &#224; Gossi, 12 Touaregs travaillant pour une ONG norv&#233;gienne assassin&#233;s par la gendarmerie locale ; 21 avril 1994, environs de Menaka 4 &#224; 12 civils touaregs ex&#233;cut&#233;s (Amnesty International) ; du 12 au 29 juin 1994, &#224; Tombouctou et aux environs, 455 victimes civiles nominalement identifi&#233;es (Enqu&#234;tes pr&#233;liminaires regroup&#233;es sur les massacres de Tombouctou, Association des r&#233;fugi&#233;s victimes de la r&#233;pression de l'Azawad, Nouakchott) ; 23 octobre 1994, Inelfis, 51 Touaregs massacr&#233;s par la milice Ganda Koy ('Bilan de I'attaque de Gao', Ataram, n.d), etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir &#233;galement la presse malienne : &#034;Le lieutenant Abdoulaye Ciss&#233; dit Blo, le tueur de Ber, d&#233;masqu&#233;&#034;, &lt;i&gt;L'Union&lt;/i&gt;, 19/7/94 ; &#034;Tueries sauvages au Nord&#034;, &lt;i&gt;L'Union&lt;/i&gt; du 5/8/94 ; &#034;Horreur &#224; la rwandaise&#034;, &lt;i&gt;Le R&#233;publicain &lt;/i&gt;n&#176; 100, 10/8/94.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les nombreux t&#233;moignages recueillis sur ces terribles ann&#233;es 1990, voir &lt;i&gt;Touaregs. Voix solitaires sous l'horizon confisqu&#233;&lt;/i&gt;, Survival International, &lt;i&gt;Ethnies-Documents &lt;/i&gt;20-21, Paris, 1996, &lt;a href=&#034;https://shs.hal.science/halshs-00293895/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://shs.hal.science/halshs-00293895/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Massacre de Moura, au moins 500 morts, voir &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/05/29/massacre-de-moura-au-mali-ce-que-l-on-sait-des-deux-militaires-sanctionnes-par-les-etats-unis_6175335_3212.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/05/29/massacre-de-moura-au-mali-ce-que-l-on-sait-des-deux-militaires-sanctionnes-par-les-etats-unis_6175335_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons que la presse internationale, sans aucune vigilance critique, appelle d&#233;sormais &#034;rebelles&#034; de l'Azawad les signataires de l'Accord d'Alger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon &lt;i&gt;Mondafrique&lt;/i&gt; (28/06/2023, &lt;a href=&#034;https://mondafrique.com/decryptage/et-si-les-mercenaires-de-wagner-quittaient-le-mali/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mondafrique.com/decryptage/et-si-les-mercenaires-de-wagner-quittaient-le-mali/&lt;/a&gt;), les autorit&#233;s de Bamako &#171; verseraient chaque mois entre 7 et 9 milliards de Francs CFA, soit entre 7 et 9 millions d'euros. Au d&#233;part, comme en Centrafrique, Wagner devait se payer sur les ressources du pays et des mines devaient leur &#234;tre attribu&#233;es, mais les n&#233;gociations n'ont pas abouti &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La milice Wagner a &#233;t&#233; accus&#233;e par de nombreux t&#233;moignages d'actes de torture, de viols et d'ex&#233;cutions sommaires en R&#233;publique centrafricaine, au Mali, en Ukraine, en Syrie. Son inscription sur la liste des organisations terroristes a &#233;t&#233; r&#233;clam&#233;e par Londres, et plus r&#233;cemment par Paris. Voir Assembl&#233;e Nationale, r&#233;solution 111, 9 mai 2023 : &lt;a href=&#034;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16t0111_texte-adopte-seance#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16t0111_texte-adopte-seance#&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Englob&#233;e en 2021 dans le &lt;i&gt;Cadre strat&#233;gique permanent pour la paix, la s&#233;curit&#233; et le d&#233;veloppement&lt;/i&gt; (CSP-PSD)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut rajouter au surarmement de l'arm&#233;e (voir &lt;a href=&#034;http://news.abamako.com/h/261263.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://news.abamako.com/h/261263.html&lt;/a&gt;) la contribution a&#233;rienne des juntes voisines (Niger, Burkina Faso) li&#233;es au Mali par un accord de d&#233;fense sign&#233; le 16 septembre 2023 (Alliance des Etats du Sahel).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple en 2012 (&lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt;) : &#034;Balayons toute pr&#233;sence nomade de nos villes et villages, de nos terres m&#234;me incultes&#8230; Refoulons les nomades dans les sables de l'Azaouad&#8230; Organisez-vous, armez-vous, levons l'arm&#233;e du peuple qui seule peut abattre l'ennemi&#034;. Ou les commentaires relay&#233;s par &lt;i&gt;Malijet&lt;/i&gt; : &#034;S'il faut passer par l'exemple du Rwanda pour &#234;tre unifier [sic] moi je suis partant et sans craindre la CPI [Cour P&#233;nale Internationale] ou autres conneries du m&#234;me genre&#034; (sign&#233; dla8y, 06/04/2012) ; &#034;J'ai la solution pour le probl&#232;me touareg. Ouverture de fours cr&#233;matoires pour les femmes touaregs enceintes&#034; (sign&#233; Sekoubko, 1/02/2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Kabylie vis&#233;e par l'acharnement judiciaire de l'&#201;tat alg&#233;rien : </title>
		<link>https://tamazgha.fr/La-Kabylie-visee-par-l-acharnement-judiciaire-de-l-Etat-algerien.html</link>
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		<dc:date>2023-10-27T11:30:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat alg&#233;rien poursuit, avec acharnement, l'usage de son appareil judiciaire aux ordres pour faire payer &#224; la Kabylie sa r&#233;sistance. Depuis 2021 notamment, la voyoucratie alg&#233;rienne ne cesse de multiplier les actes arbitraires pour faire taire toutes les voix discordantes en les humiliant et en leur faisant subir les pires des injustices notamment celle de la privation de la libert&#233;. C'est ce que ce r&#233;gime totalitaire, anti-amazigh, vient de commettre sur des dizaines de personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/kabylie_times_logo-2a6bc.jpg?1774404727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat alg&#233;rien poursuit, avec acharnement, l'usage de son appareil judiciaire aux ordres pour faire payer &#224; la Kabylie sa r&#233;sistance. Depuis 2021 notamment, la voyoucratie alg&#233;rienne ne cesse de multiplier les actes arbitraires pour faire taire toutes les voix discordantes en les humiliant et en leur faisant subir les pires des injustices notamment celle de la privation de la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce que ce r&#233;gime totalitaire, anti-amazigh, vient de commettre sur des dizaines de personnes condamn&#233;es dans l'affaire dite de Larb&#226;a nat Yiraten. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ONG &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; rend publique une d&#233;claration par laquelle elle d&#233;nonce cette mascarade judicaire. Nous la publions ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH300/kabylie_times-b0368.jpg?1774404727' width='500' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pyromane, c'est l'&#201;tat alg&#233;rien !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#201;CLARATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime alg&#233;rien, par le biais de son bras r&#233;pressif le DRS, vient de clore en un temps record le dossier de l'assassinat du jeune Djamel Bensma&#239;l en condamnant &#224; la peine capitale 38 personnes et en pronon&#231;ant des peines allant de 3 &#224; 20 ans de prison ferme pour 27 autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il sont accus&#233;s &#034;&lt;i&gt;d'actes terroristes et subversifs attentatoires &#224; la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat, &#224; l'unit&#233; nationale et &#224; la stabilit&#233; des institutions&lt;/i&gt;&#034;, de &#034;&lt;i&gt;d&#233;lit de participation &#224; un homicide volontaire avec pr&#233;m&#233;ditation &lt;/i&gt;&#034;, de &#034;&lt;i&gt;d&#233;lit de complot, de mise &#224; feu volontaire des for&#234;ts ayant entra&#238;n&#233; la mort de plusieurs personnes&lt;/i&gt;&#034;, de &#034;&lt;i&gt;d&#233;lit de torture et de discours de haine&lt;/i&gt;&#034;. Ces chefs d'inculpation, aussi fantasmatiques les uns que les autres, poursuivent le processus de terrorisation, d'intimidation et s'inscrivent officiellement dans une d&#233;marche id&#233;ologique d'an&#233;antissement de la Kabylie, peuple, langue, culture et civilisation. Sinon &#224; qui veut-on faire croire que de jeunes citoyens, ins&#233;r&#233;s socialement, sans maladies psychiatriques, auraient mis le feu de mani&#232;re volontaire &#224; des for&#234;ts entourant leurs propres villages causant ainsi la mort de citoyens dont leurs familles et voisins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par ce que nous ne sommes pas dupes que Nous d&#233;non&#231;ons cette parodie de &#034;justice&#034; outil de r&#233;pression et d'oppression qui s'inscrit, une fois de plus, dans un programme de r&#233;pression multiforme que conna&#238;t la Kabylie depuis 1962 : intervention militaire en 1963 (400 morts) ; le printemps berb&#232;re de 1980 ; les manifestations du printemps 1981 ; celles de juin 1998 suite &#224; l'assassinat de Matoub Loun&#232;s, et surtout celles du &#034;Printemps noir&#034; de 2001-2002 qui seront s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;es et se solderont par au moins 130 morts et des milliers de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neutralisation de la Kabylie sur tous les plans et &#224; tous les niveaux (politique et culturel) ob&#233;it &#224; une feuille de route qui trouve ses racines dans un contentieux vieux de plus de 70 ans. Le refus de la Kabylie d'avaliser des d&#233;cisions et des politiques d'une caste mue par l'entre-soi, le refus de la Kabylie de participer aux &#233;lections (0,20 % &#224; la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle), la tenace d&#233;fiance vis-&#224; vis du r&#233;gime alg&#233;rien, telles sont, entre autres, les raisons de sa criminalisation. La Kabylie, de ce fait, repr&#233;sente pour le r&#233;gime, ses supp&#244;ts (kabyles compris) et clans confondus, l'ennemi int&#233;rieur &#224; abattre, &#224; instrumenter. Apr&#232;s l'abandon au temps du Covid, des incendies de for&#234;ts qui se sont sold&#233;s par des centaines de morts et des milliers de bless&#233;s, s'en suit une r&#233;pression judiciaire in&#233;dite aboutissant &#224; des centaines d'arrestations et de condamnations allant jusqu'&#224; la peine capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le complot foment&#233; par le DRS &#224; Larb&#226;a Nat Yiraten s'est sold&#233; par l'orchestration de l'assassinat du jeune &lt;i&gt;hirakiste&lt;/i&gt; Djamel Bensma&#239;l. Des documents divers : t&#233;moins oculaires, vid&#233;os, audios et photos attestant de ce meurtre dans le fourgon de la police sont en circulation virale sur les r&#233;seaux sociaux, les individus impliqu&#233;s &#233;taient visibles et identifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime alg&#233;rien, par le biais de son bras arm&#233; le DRS, avait d&#233;cid&#233; d'inculper plus d'une centaine de citoyens, certains n'&#233;taient m&#234;me pas pr&#233;sents sur les lieux au moment du drame. Des aveux ont &#233;t&#233; extorqu&#233;s par des traitement inhumains, par la torture et les menaces de tout genre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La machine r&#233;pressive a us&#233; de diverses manipulations : d&#233;rapages judiciaires, propagande, contr&#244;les, recrutement massif d'informateurs, d&#233;shumanisation des inculp&#233;s, falsification des d&#233;positions, probable influence exerc&#233;e sur la personne du p&#232;re du d&#233;funt &#224; qui nous renouvelons nos condol&#233;ances, qui revient sur sa position initiale et qui se constitue partie civile. Ce rebondissement survient apr&#232;s que la famille ait accept&#233; de recevoir une d&#233;l&#233;gation de personnalit&#233;s religieuses kabyles et re&#231;u une somme importante d'argent en guise de compensation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; (ONG) d&#233;nonce cette tartuferie judiciaire. Nous consid&#233;rons que le proc&#232;s naus&#233;abond intent&#233; aux citoyens de Larb&#226;a Nat Yiraten aurait d&#251;, devrait &#234;tre, celui des &#233;l&#233;ments du DRS identifiables et principaux responsables du drame qui a &#244;t&#233; la vie de Djamal Bensma&#239;l. Nous condamnons cette &#233;ni&#232;me agression physique, psychologique et judiciaire mensong&#232;re envers la Kabylie. Nous consid&#233;rons que par ce verdict, le r&#233;gime alg&#233;rien condamne la Kabylie toute enti&#232;re pour ce qu'elle est. Nous consid&#233;rons &#233;galement que la justice est inexistante et elle est loin d'&#234;tre celle qui doit &#234;tre rendue au nom du peuple ; l'appareil judiciaire de l'&#201;tat alg&#233;rien est un outil instrumentalis&#233; et mis au service d'une caste revancharde, cette m&#234;me caste qui refuse, par exemple, de poursuivre l'enqu&#234;te et juger les assassins de Loun&#232;s Matoub en 1998, celle qui refuse de juger les assassins et les commanditaires du massacre du Printemps noir 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;plorons le traitement de cette affaire par la presse notamment fran&#231;aise qui n'a fait que reproduire les communiqu&#233;s de &lt;i&gt;l'APS&lt;/i&gt;, la voix de la dictature alg&#233;rienne au d&#233;triment de la d&#233;ontologie et de la pacification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons les instances internationales des droits de l'Homme &#224; intervenir pour la lib&#233;ration imm&#233;diate et sans conditions de tous les d&#233;tenus politiques et d'opinion de Kabylie et parmi eux ceux inculp&#233;s dans l'affaire dite de Larb&#226;a Nat Yiraten.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Tamazgha (ONG),&lt;br&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris , le 27 octobre 2023.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;isme du Haut-Atlas : silence royal, mensonges et propagande</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Seisme-du-Haut-Atlas-silence-royal-mensonges-et-propagande.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tamazgha.fr/Seisme-du-Haut-Atlas-silence-royal-mensonges-et-propagande.html</guid>
		<dc:date>2023-09-24T08:10:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un puissant s&#233;isme a frapp&#233; plus de 7000 villages et hameaux dans le Haut-Atlas (Tamazgha occidentale) dans la nuit du vendredi 8 septembre 2023, faisant plus de 3000 morts et des milliers de bless&#233;s, selon un bilan provisoire. Des grandes villes comme Marrakech et Taroudant ont &#233;t&#233; touch&#233;es, sans toutefois provoquer de d&#233;g&#226;ts majeurs. Jusqu'&#224; aujourd'hui, les habitants de plusieurs villages se d&#233;brouillent seuls pour rouvrir les pistes de montagne bloqu&#233;es par des &#233;boulis et porter secours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH78/atlas_logo-f9b2c.jpg?1774404727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un puissant s&#233;isme a frapp&#233; plus de 7000 villages et hameaux dans le Haut-Atlas (Tamazgha occidentale) dans la nuit du vendredi 8 septembre 2023, faisant plus de 3000 morts et des milliers de bless&#233;s, selon un bilan provisoire. Des grandes villes comme Marrakech et Taroudant ont &#233;t&#233; touch&#233;es, sans toutefois provoquer de d&#233;g&#226;ts majeurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; aujourd'hui, les habitants de plusieurs villages se d&#233;brouillent seuls pour rouvrir les pistes de montagne bloqu&#233;es par des &#233;boulis et porter secours aux leurs, dans une absence quasi-totale des secours. Cette situation sur le terrain est d'autant plus compliqu&#233;e que Rabat a refus&#233; l'aide humanitaire propos&#233;e par plusieurs pays mieux outill&#233;s et mieux exp&#233;riment&#233;s, comme la France et les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH309/atlas1-427e1.jpg?1774404727' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le roi est nu&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la France, o&#249; il s&#233;journait au moment de ce s&#233;isme d&#233;vastateur, l'un des plus violents de l'histoire du Maroc, le monarque marocain s'est exprim&#233; le 9 septembre au soir, &#224; travers un communiqu&#233; officiel dans lequel il d&#233;cr&#233;tait trois jours de deuil et ordonnait le d&#233;ploiement d'un programme d'urgence pour venir en aide aux victimes, a rapport&#233; &lt;i&gt;Courrier International &lt;/i&gt;(11/09).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, ni le monarque marocain ni son premier ministre, invisible sur le terrain, n'ont pas daign&#233; se prononcer publiquement sur ce s&#233;isme. Des messages qui pourraient rassurer les victimes. Faudrait-il d'ailleurs rappeler que le premier ministre, Aziz Akhannouch, un richissime homme d'affaires, est lui-m&#234;me berb&#232;re originaire de la r&#233;gion sinistr&#233;e. Dans les hauts lieux, on ne cesse de r&#233;p&#233;ter que les autorit&#233;s ont choisi d'agir et non de communiquer. Sur le terrain, les limites de l'intervention des autorit&#233;s se sont faites sentir d&#232;s les premiers jours. Ce qui a permis de sauver des vies c'est d'abord la solidarit&#233; des habitants des r&#233;gions touch&#233;es, priv&#233;es des premiers secours, et par la suite ceux des autres r&#233;gions qui se sont mobilis&#233;s pour porter l'aide n&#233;cessaire aux victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de l'immobilisme du gouvernement trouve son origine dans le silence de Mohamed VI. Au plus beau pays au monde, le roi est le ma&#238;tre absolu, la cl&#233; de toute action. &#171; Un code non &#233;crit, mais suivi sans &#233;cart, veut qu'aucun officiel ne parle ou ne se d&#233;place avant le souverain &#187;, explique Omar Brouksy, politologue et journaliste dans un entretien donn&#233; au quotidien fran&#231;ais &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(12/09). Les officiels n'oseront jamais se rendre sur les lieux du drame avant le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brouksy explique que le silence du roi &#171; qui peut choquer &#224; l'international, n'est pas vraiment &#233;tonnant : c'est quelque chose que nous avons d&#233;j&#224; v&#233;cu au Maroc. Soulignons d'ailleurs que le roi n'a pas vraiment pris la parole : seuls ses services ont envoy&#233; un communiqu&#233; qui le montrait au travail. Il n'est pas non plus intervenu &#224; la t&#233;l&#233;vision, et ne s'est donc pas vraiment &#034;adress&#233;&#034; aux Marocains. En cons&#233;quence de cela &#8211; et cela peut sembler &#233;trange en France &#8211; aucun responsable politique n'a pris la parole. &#187; (&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che &lt;/i&gt;du 12/09). &#171; Les r&#233;actions de la communaut&#233; internationale ont pr&#233;c&#233;d&#233; celles du roi &#187; pr&#233;cise pour sa part &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (11/09).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 2004, suite au s&#233;isme de Biya (El Houceima) qui a provoqu&#233; 600 morts, le roi ne s'est d&#233;plac&#233; sur les lieux que quatre jours apr&#232;s le tremblement de terre. Ce d&#233;placement tardif a provoqu&#233; la col&#232;re des habitants par ce qu'il a retard&#233; l'intervention des secours. Ce n'est pas un hasard si le mouvement de contestation dans le Rif a trouv&#233; racine dans cette ville traumatis&#233;e d'abord par le s&#233;isme et ensuite par le m&#233;pris des autorit&#233;s de Rabat qui vouent une haine visc&#233;rale au Rif. Ce n'est qu'apr&#232;s ce d&#233;placement royal que le gouvernement a commenc&#233; &#224; communiquer. L'action des autorit&#233;s est suspendue &#224; la parole royale. Le roi est le seul d&#233;cisionnaire, le chef d'orchestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ce dernier s&#233;isme, celui du Haut-Atlas, le roi &#233;tait &#034;l'absent omnipr&#233;sent&#034;, souligne le quotidien fran&#231;ais &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;(12/09) qui fustige un gouvernement silencieux et d&#233;sincarn&#233;. Le premier ministre Aziz Akhanouch, s'est content&#233; de publier le samedi 10 septembre un &lt;i&gt;tweet &lt;/i&gt;dans lequel il pr&#233;sente ses condol&#233;ances aux victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre exception notable que rel&#232;ve, de son c&#244;t&#233;, le quotidien espagnol &lt;i&gt;El Confidencial &lt;/i&gt;(11/09) est celle des &lt;i&gt;Forces arm&#233;es royales &lt;/i&gt;(FAR), qui, sur leur compte &lt;i&gt;X&lt;/i&gt; (ex-&lt;i&gt;Twitte&lt;/i&gt;r), ont indiqu&#233; sobrement aux Marocains : &#034;Votre s&#233;curit&#233; et votre protection sont notre priorit&#233; absolue&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les ministres marocains se sont effac&#233;s du paysage, leurs concitoyens portaient secours aux sinistr&#233;s, creusaient des tombes pour inhumer les victimes, portaient secours aux personnes bloqu&#233;es sous les d&#233;combres. M&#234;me l'ambassadeur d'Isra&#235;l s'est aventur&#233; dans les ruines du quartier Mellah &#224; Marrakech pour constater les d&#233;g&#226;ts. L'ambassade d'Isra&#235;l a publi&#233; les images de cette op&#233;ration de communication. Aucun ministre marocain ne s'est d&#233;plac&#233; sur les lieux. Lorsque Mohamed VI a daign&#233; se d&#233;placer, c'&#233;tait pour aller au CHU de Marrakech, la ville la moins touch&#233;e par le s&#233;isme. Apr&#232;s sa visite &#233;clair qui n'a dur&#233; au total que 8 heures, il a rejoint Rabat avant de se rendre &#224; T&#233;touan dans le nord, le 21 septembre, pour prolonger ses vacances (&lt;i&gt;El Confidencial &lt;/i&gt;(23/09). Indiff&#233;rence au sort des montagnards d&#233;sh&#233;rit&#233;s durement touch&#233;s ou peur de se confronter &#224; la r&#233;alit&#233; du terrain ? Le d&#233;placement royal &#233;tait juste une op&#233;ration de communication tardive et tr&#232;s mal orchestr&#233;e. Il n'a pas daign&#233; jeter un seul regard, m&#234;me d'un h&#233;licopt&#232;re, sur les zones touch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH284/atlas2-d5c29.jpg?1774404727' width='500' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Miracles&#034;, charlatanisme et racisme&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si certains ont annonc&#233; sur &lt;i&gt;X&lt;/i&gt; (ex-&lt;i&gt;Twitter&lt;/i&gt;), d&#232;s les premi&#232;res heures, que si ce s&#233;isme a frapp&#233; les r&#233;gions de Marrakech et d'Agadir c'est parce que la prostitution y r&#232;gne, d'autres ont consid&#233;r&#233; le s&#233;isme comme faisant partie des &#034;soldats d'allah&#034; utilis&#233;s pour ch&#226;tier &#034;les infid&#232;les&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, des messages faisant la promotion de &#034;miracles&#034; survenus dans les r&#233;gions frapp&#233;es par le tremblement de terre ont fleuri. On diffuse, par exemple, des images de sources d'eau qui jaillissent des montagnes fissur&#233;es, ce qui est tr&#232;s normal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message le plus fantaisiste pr&#233;tend que les personnes gravement bless&#233;es qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une transfusion du sang du roi se sont mis debout juste apr&#232;s et ont march&#233;. Traduction d'un &lt;i&gt;tweet &lt;/i&gt; : &#171; SM le roi a fait don de son sang b&#233;ni. Toute personne &#224; qui une goutte de ce sang est inject&#233;e est gu&#233;rie imm&#233;diatement. J'ai vu cela de mes propres yeux. Plusieurs bless&#233;s ont quitt&#233; leurs lits comme s'ils n'avaient jamais &#233;t&#233; malades &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s sur &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt; en publiant des post racistes appelant &#034;les arabes&#034; &#224; ne pas soutenir les &#034;chleuhs d&#233;sormais sur le gril&#034; et &#224; les &#034;laisser crever de faim&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/atlas_secours-c7aa7.jpg?1774404727' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;pris &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La gestion de cette catastrophe par les autorit&#233;s marocaines n'a pas &#233;t&#233; rassurante. Elle a emp&#234;ch&#233; les secours d'intervenir rapidement. Dans les villages, on a interdit aux habitants d'inhumer les victimes avant que leurs d&#233;pouilles ne soient examin&#233;es et compt&#233;es par les autorit&#233;s &#034;comp&#233;tentes&#034;. Les cadavres pourrissaient &#224; l'air libre et sous les d&#233;combres. Le quotidien &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(14/09) parle d'une organisation chaotique des secours. Il pr&#233;cise que plusieurs villages sont toujours inaccessibles, seulement ravitaill&#233;s par un h&#233;licopt&#232;re de l'arm&#233;e qui largue r&#233;guli&#232;rement nourriture et bidons d'eau. Ce largage sauvage est effectu&#233; sans respect des proc&#233;dures habituelles. Les vivres sont charg&#233;s dans des sacs traditionnels et jet&#233;s sans parachute. Au contact du sol, les aliments &#233;clatent et sont rendus impropres &#224; la consommation. Des vid&#233;os diffus&#233;es par les habitants sur les r&#233;seaux sociaux montrent les vivres &#034;parachut&#233;s&#034;. Du pain sec, des sardines et du fromage que les habitants ont choisi de ne pas manger. Malgr&#233; la communication rouill&#233;e distill&#233;e par les m&#233;dias officiels et une myriade de sites internet g&#233;r&#233;s par les services de renseignement, la situation sur le terrain est toujours chaotique. L'hiver, rude sur les cimes, risque de la compliquer davantage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/atlas3-b51f9.jpg?1774404727' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'humanitaire, otage du jeu diplomatique &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques heures seulement apr&#232;s le s&#233;isme, plusieurs pays et organisations humanitaires ont propos&#233; leur aide aux autorit&#233;s marocaines. Le Maroc a fait fine bouche sur le choix des aides. Rabat a privil&#233;gi&#233; les alli&#233;s ayant reconnu sa souverainet&#233; sur le Sahara Occidental et rejet&#233; l'aide de plusieurs pays poss&#233;dant plus d'expertise et surtout de moyens dans la gestion de ce genre de situations, comme la France, au profit de pays comme les Emirats arabes Unis et le Qatar qui brillent par leur absence d'expertise et d'exp&#233;rience. L'Espagne et le Royaume-Uni sont les seuls pays europ&#233;ens autoris&#233;s &#224; intervenir.&lt;i&gt; L'Express&lt;/i&gt; (14/09) affirme que le refus de l'aide fran&#231;aise est &#034;un geste politique calcul&#233; au millim&#232;tre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;M6 rase les murs&#034; &#233;crit &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233; &lt;/i&gt;(13/09) qui pr&#233;cise que la s&#233;lection tr&#232;s restrictive des propositions d'aide internationale est plus dict&#233;e par la diplomatie du moment que par l'urgence de l'instant. Le Maroc, quant &#224; lui, affirme ne pas vouloir provoquer un &#034;embouteillage humanitaire contre-productif&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs ONG isra&#233;liennes n'ont pas attendu le feu vert des autorit&#233;s marocaines. Elles sont intervenues sur les lieux d&#232;s les premiers jours (&lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du 13/09). Parmi ces organisations, on d&#233;nombre &lt;i&gt;Sauveteurs sans fronti&#232;res, United Hatzalah et IsraAid.&lt;/i&gt; Ces ONG ont publi&#233; des photographies sur les r&#233;seaux sociaux montrant leurs secouristes dans plusieurs villages amazighs de l'Atlas. Certaines ONG fran&#231;aises sont intervenues. Leurs membres ont &#233;t&#233; forc&#233;s d'enlever les insignes permettant d'identifier leur nationalit&#233; et leur affiliation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le quotidien &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(14/09) &#233;crit qu'un malaise a commenc&#233; &#224; sourdre au Maroc face &#224; une r&#233;ponse de l'&#201;tat qui tardait &#224; s'incarner et &#224; faire montre de sollicitude. La solidarit&#233; populaire a fait de l'ombre &#224; la machine officielle gripp&#233;e par la bureaucratie et plomb&#233;e par la communication. La population a besoin d'aide, pas de communicants qui n'ont jamais quitt&#233; leurs bureaux &#224; Rabat et qui ne savent pas situer un seul des villages touch&#233;s sur une carte. Un d&#233;calage s'est creus&#233; entre la mobilisation spontan&#233;e des habitants et la r&#233;ponse politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journaliste Ali Lmrabet, une voix critique, explique dans une interview donn&#233;e au quotidien catalan &lt;i&gt;ARA &lt;/i&gt;(17/09) que &#171; certains se plaignent depuis longtemps que l'&#201;tat marocain est plus &#224; m&#234;me de contr&#244;ler les gens que de les aider. Si cinq personnes se rassemblent dans la rue pour protester, 500 policiers arrivent rapidement, et nous voyons maintenant &#224; quel point ils n'ont pas &#233;t&#233; en mesure de r&#233;agir rapidement &#224; une situation d'urgence. Le probl&#232;me est que nous vivons dans une monarchie absolue, o&#249; tout d&#233;pend du roi. Et quand il n'est pas l&#224;, tout se bloque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH279/atlas4-e5118.jpg?1774404727' width='500' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La France, un pays ami qu'on aime d&#233;tester&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une compagne m&#233;diatique naus&#233;abonde a &#233;t&#233; lanc&#233;e par des &#034;m&#233;dias&#034; marocains aux ordres contre la France qui, rappelons-le, &#233;tait parmi les premiers pays &#224; proposer son aide au Maroc. Une aide bienvenue et salutaire si ce n'est l'opposition du roi. Ce dernier, rappelons-le, s&#233;journait en France au moment du s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision d'exclure la France a &#233;t&#233; prise en hauts lieux &#224; cause d'une &#034;col&#232;re royale&#034;. &#192; L'origine de cette f&#226;cherie, une communication t&#233;l&#233;phonique entre le pr&#233;sident fran&#231;ais Emmanuel Macron et Mohamed VI suite &#224; la r&#233;v&#233;lation de l'utilisation par les services marocains du logiciel isra&#233;lien &lt;i&gt;Pegasus &lt;/i&gt;pour espionner les t&#233;l&#233;phones de plusieurs hommes politiques fran&#231;ais, dont le t&#233;l&#233;phone personnel du pr&#233;sident de la r&#233;publique. Mohamed VI aurait donn&#233; &#034;sa parole d'honneur&#034; au pr&#233;sident fran&#231;ais qu'il n'a pas &#233;t&#233; espionn&#233; par les services marocains. Ce dernier lui aurait r&#233;torqu&#233; qu'il ne faisait confiance qu'aux services fran&#231;ais qui ont confirm&#233; cet acte d'espionnage. Il para&#238;t que &#034;la parole d'honneur&#034; du monarque marocain ne valait pas un clou. C'est un commis du r&#233;gime marocain, l'&#233;crivain Tahar Ben Jelloun, qui r&#233;v&#232;le cet &#171; incident &#187; &#224; la t&#233;l&#233;vision isra&#233;lienne &lt;strong&gt;I24&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque visait non seulement le pr&#233;sident fran&#231;ais trait&#233; d'&#034;adolescent attard&#233;&#034;, de &#034;n&#233;o-colonialiste&#034;, de &#034;donneur de le&#231;ons&#034; (Le360.ma du 21.09), mais &#233;galement plusieurs m&#233;dias fran&#231;ais dont &lt;i&gt;Le Monde, Lib&#233;ration, Le Canard encha&#238;n&#233;, L'Humanit&#233;, BFMTV &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Charlie Hebdo.&lt;/i&gt; Ce dernier a publi&#233; (13/09) plusieurs caricatures du roi du Maroc. La une de ce magazine satirique qui a caricatur&#233; le roi du Maroc sous l'aspect d'un &#233;norme tas de dollars &#233;crasant son peuple, a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e par les &#034;m&#233;dias&#034; marocains comme un appel &#224; ne pas faire de dons au Maroc sous pr&#233;texte que le roi est immens&#233;ment riche. Une r&#233;alit&#233; bonne &#224; rappeler en ces temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#034;m&#233;dias&#034;, dont plusieurs sont la propri&#233;t&#233; d'entreprises &#233;miratis (&lt;i&gt;Hespress&lt;/i&gt;) ou de proches du Palais royal, se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s sur les quotidiens et les t&#233;l&#233;visions fran&#231;aises, faisant fi des m&#233;dias allemands, espagnols, britannique, australiens, irlandais ou am&#233;ricains plus virulents dans leur traitement de l'actualit&#233; marocaine et surtout de la paresse royale. Certains &#034;intellectuels&#034; serviles se sont permis de publier des articles insipides et certainement command&#233;s pour donner des le&#231;ons de morale &#224; la France. D'autres textes orduriers, r&#233;dig&#233;s certainement dans les laboratoires des services et sign&#233;s par des pseudonymes, ont &#233;t&#233; &#233;galement diffus&#233;s par plusieurs sites marocains.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH310/medias-dc675.jpg?1774404727' width='500' height='310' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le media &#224; abattre&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un article publi&#233; par le site &lt;i&gt;Barlamane&lt;/i&gt;, r&#233;put&#233; proche de la DGED (La &lt;i&gt;Direction G&#233;n&#233;rale des &#201;tudes et de la Documentation,&lt;/i&gt; service de renseignement ext&#233;rieur et de contre-espionnage), un d&#233;nomm&#233; Ahmed Elimdaoui &#233;crit que &#171; L'exemple du journal fran&#231;ais Lib&#233;ration suscite honte et indignation. Il titrait le 11 septembre courant, en parlant du Maroc et donc en se faisant la voix ill&#233;gitime du peuple marocain : Aidez-nous, nous mourrons en silence (&#8230;). Les m&#233;dias fran&#231;ais m&#232;nent une campagne de lynchage du royaume pour avoir eu l'audace de refuser l'aide du gouvernement fran&#231;ais. Ainsi ces ben&#234;ts audacieux, tentent sous couvert d'empathie, de nous convaincre que les Marocains attendent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de recevoir l'aide du gouvernement fran&#231;ais : &#034;Aidez-nous, nous mourrons en silence&#034;, les Marocains vous r&#233;pondent &#034;Taisez-vous ! Vous fr&#244;lez l'ind&#233;cence&#034;. Si vous n'avez pas de respect pour nous, ayez au moins un peu d'humilit&#233; pour vous-m&#234;mes. Votre v&#233;rit&#233; est une ruse, vous &#234;tes la honte de votre profession, vous b&#226;tissez le radeau de la m&#233;duse, un bateau pour cafards en perdition &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me exemple. &#171; Emmanuel Macron semble pr&#233;f&#233;rer alimenter une rh&#233;torique de voyous envers notre pays, allant jusqu'&#224; permettre la publication d'une caricature offensante pour notre Roi Mohammed VI dans le journal-torchon &lt;i&gt;LIB&#201;RATION,&lt;/i&gt; en plein drame national ! (sic) &#187;, &#233;crit le site internet &lt;i&gt;le7tv.ma &lt;/i&gt;(11/09) dans un article intitul&#233; &#034;Emmanuel Macron, l&#226;che sa meute de m&#233;dias pour insulter le Maroc et son Roi !&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
La couverture de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;(11/09), une photographie prise par l'&lt;i&gt;AFP&lt;/i&gt; qui montre une femme afflig&#233;e devant un mur ocre de la vieille ville de Marrakech avec le titre &#034;Maroc. Aidez-nous, nous mourons en silence&#034; r&#233;v&#232;le &#034;un parti-pris &#233;ditorial sensationnaliste, trompeur et orient&#233;&#034; accuse le site marocain proche du r&#233;gime &lt;i&gt;Le Desk &lt;/i&gt;(20/09). Cette une, controvers&#233;e, a fait beaucoup de bruit sur les r&#233;seaux sociaux. Le site condamne &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;coupable, selon lui de &#034;&lt;i&gt;fake new&lt;/i&gt;s et de manipulation&#034;. Il ajoute que les journalistes signataires des articles de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;sur le Maroc usent de pseudonymes.&lt;i&gt; Le Desk&lt;/i&gt; les appelle &#224; signer avec leurs propres noms. Au risque de se faire arr&#234;ter et expulser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8601 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH316/atlas6-d5a28.jpg?1774404727' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SNPM, un chien de garde du r&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;action &#224; la couverture m&#233;diatique consacr&#233;e &#224; cette trag&#233;die, le &lt;i&gt;Syndicat national de la presse marocaine &lt;/i&gt;(SNPM) a publi&#233; deux communiqu&#233;s hostiles aux m&#233;dias fran&#231;ais qu'il accuse de &#034;ne pas respecter la d&#233;ontologie journalistique&#034;, les accusant de mener une &#034;campagne politique haineuse pour servir certains objectifs&#8230;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SNPM a par la suite exprim&#233;, dans un deuxi&#232;me communiqu&#233;, &#034;sa ferme condamnation de l'horrible acte criminel commis&#034; par &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; &#034;&#224; travers l'insulte directe&#034; au monarque marocain. Depuis quand caricaturer est un &#034;acte criminel&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur X, Ali Lmrabet, journaliste ind&#233;pendant, critique le SNPM qui fait, selon lui, une fixation sur les m&#233;dias fran&#231;ais. &#034;Vous ne lisez pas l'espagnol ou l'allemand ? On peut vous traduire les articles les plus saillants si vous voulez&#034;, ironise-t-il. Dans une interview accord&#233;e au journal catalan &lt;i&gt;ARA&lt;/i&gt;(17/09), ce m&#234;me journaliste critique la gestion du s&#233;isme, expliquant que le Maroc est &#034;un navire sans capitaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 20 septembre, deux journalistes fran&#231;ais de &lt;i&gt;Mariane Hebdo &lt;/i&gt;ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; Casablanca et expuls&#233;s du Maroc. Ils ont &#233;t&#233; appr&#233;hend&#233;s, dans leur h&#244;tel, par 10 agents des services de renseignement, amen&#233;s dans un commissariat et forc&#233;s &#224; quitter le pays. Ils enqu&#234;taient sur plusieurs affaires au Maroc. Le minist&#232;re des affaires &#233;trang&#232;res a expliqu&#233; que ces journalistes n'avaient pas d'autorisation pour travailler dans le pays. Un argument fallacieux. La SNPM, qui pr&#233;tend d&#233;fendre la libert&#233; de la presse, condamnera-t-elle cette expulsion de journalistes &#233;trangers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle que ce syndicat n'a publi&#233; aucun communiqu&#233; de solidarit&#233; et n'a d&#233;fendu aucun des journalistes qui purgent de lourdes peines de prison pour des crimes imaginaires qu'ils auraient commis, &#224; savoir des &#034;viols&#034; ou m&#234;me de &#034;l'intelligence avec des puissances &#233;trang&#232;res&#034;. Dr&#244;le de syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8602 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH295/atlas7-b2a2c.jpg?1774404727' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tamazight, une langue de non-communication&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce s&#233;isme a fait &#233;merger &#224; la surface, entre autres, le statut officiel de la langue amazighe. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La communication en tamazight emp&#234;che les op&#233;rations de secours et de prise en charge psychologique des victimes du s&#233;isme&#034; est le titre d'un article publi&#233;, en arabe, par le site &lt;i&gt;Hespress &lt;/i&gt; (13/09). &#034;La communication en tamazight&#034; a &#233;t&#233; mise entre guillemets comme si on ne peut pas communiquer dans cette langue profane. Le site fait semblant de d&#233;couvrir qu'il existe des r&#233;gions enti&#232;res o&#249; les habitants ne parlent pas l'arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article explique que les m&#233;decins et les psychologues font recours &#224; des interpr&#232;tes pour communiquer avec les victimes et que la plupart des habitants de cette r&#233;gion ne parlent ni l'arabe dialectal ni l'arabe classique. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'usage de tamazight, s'aventure l'auteur, est susceptible de mettre la vie des habitants en danger par ce que ces derniers ne comprennent pas les consignes de s&#233;curit&#233; dict&#233;es en arabe classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour survivre, il faut parler l'arabe dans un pays dans lequel tamazight, nous dit-on, est langue officielle. Les habitants sont doublement victimes. Non seulement du s&#233;isme qui a frapp&#233; leurs villages, mais aussi de la n&#233;gation de leur langue qu'ils croyaient respect&#233;e et m&#234;me enseign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un r&#233;seau social, une psychologue &#233;crit qu'elle avait les larmes aux yeux en d&#233;couvrant que les sinistr&#233;s ne parlaient pas l'arabe. La citadine bobo venue aider s'est retrouv&#233;e sans aucune utilit&#233; par ce qu'elle a oubli&#233; d'apprendre tamazight. Imazighen devraient-ils apprendre la langue arabe pour qu'ils puissent &#234;tre secourus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi l'&#201;tat marocain n'impose-t-il pas aux m&#233;decins, psychologues, secouristes et autres agents de l'&#201;tat d'apprendre tamazight pour qu'ils puissent &#234;tre pleinement op&#233;rationnels ? Elle est bien une langue officielle de la monarchie. C'est en v&#233;rit&#233; la communication en arabe (dialectal ou classique) qui emp&#234;che les op&#233;rations de secours et de prise en charge psychologique des victimes de ce s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH299/atlas5-c70c8.jpg?1774404727' width='500' height='299' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et apr&#232;s ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce drame est r&#233;v&#233;lateur de m&#233;pris et du peu de consid&#233;ration que les autorit&#233;s marocaines accordent &#224; leurs administr&#233;s. Lorsqu'il s'agit de mater une manifestation, diff&#233;rents corps des forces de s&#233;curit&#233; et de l'arm&#233;e sont achemin&#233;s sur place pour disperser, arr&#234;ter, blesser, tabasser et emprisonner. Mais lorsqu'il s'agit de secourir des habitants du Maroc d'en bas, Rabat ne r&#233;pond pas. Le Rif illustre cette r&#233;alit&#233;. Intervention tardive lors du s&#233;isme de Biya (2004) et r&#233;pression d&#233;mesur&#233;e et sauvage des manifestations pacifiques. Les plus embl&#233;matiques des manifestants sont jet&#233;s en prison et d'autres sont forc&#233;s &#224; quitter le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que deviendront les habitants des r&#233;gions touch&#233;es lorsque &#034;la solidarit&#233; nationale&#034; tant c&#233;l&#233;br&#233;e s'estompera, lorsque les secouristes reviendront chez eux avec le sentiment d'avoir accompli leur devoir, lorsque les m&#233;dias se d&#233;tourneront au profit d'un autre sujet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; parier que ces habitants seront abandonn&#233;s &#224; leur triste sort. Ils se d&#233;brouilleront pour reconstruire leurs maisons et retrouver leur vie d'avant. Plusieurs quitteront certainement leurs villages pour aller grossir les quartiers populaires ou les bidonvilles de Marrakech, Taroudant ou Agadir. Il faut dire que ce s&#233;isme est une occasion qui sera exploit&#233;e par les ennemis de l'identit&#233; amazighe pour d&#233;placer les populations vers les p&#233;riph&#233;ries des grands centres urbains, ce qui facilitera leur arabisation. Cette crainte est largement exprim&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#034;m&#233;dias&#034; marocains parlent des promesses de reconstruction et d'un &#233;norme budget allou&#233; &#224; cette op&#233;ration &#034;sur instruction&#034; du roi des pauvres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une affaire &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Aksil Azergui &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Canaries : le front de la terre amazighe</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Canaries-le-front-de-la-terre-amazighe.html</link>
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		<dc:date>2023-09-08T12:38:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ici la version fran&#231;aise de l'entretien r&#233;alis&#233; par le magazine canarien &#034;I&#7827;uran&#034; avec le po&#232;te, &#233;crivain et peintre amazigh Hawad. &lt;br class='autobr' /&gt;
Hawad qui est pr&#233;sent&#233;, &#224; juste titre, par le magazine I&#7827;uran, comme &#034;l'un des intellectuels et artistes les plus r&#233;volutionnaires du monde touareg et amazigh en g&#233;n&#233;ral&#034; revient sur son travail po&#233;tique et pictural qu'il nomme &#034;furigraphie&#034; qu'il veut po&#233;sie et art &#034;de lutte et d'action, pour relever le soi amazigh&#034;. Il &#233;voque l'amazighit&#233;, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/hawad_logo-2e88e.jpg?1774404727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici la version fran&#231;aise de l'entretien r&#233;alis&#233; par le magazine canarien &#034;I&#7827;uran&#034; avec le po&#232;te, &#233;crivain et peintre amazigh Hawad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hawad qui est pr&#233;sent&#233;, &#224; juste titre, par le magazine I&#7827;uran, comme &#034;l'un des intellectuels et artistes les plus r&#233;volutionnaires du monde touareg et amazigh en g&#233;n&#233;ral&#034; revient sur son travail po&#233;tique et pictural qu'il nomme &#034;furigraphie&#034; qu'il veut po&#233;sie et art &#034;de lutte et d'action, pour relever le soi amazigh&#034;. Il &#233;voque l'amazighit&#233;, la langue, l'&#233;criture tifinagh et donne sa vision de l'identit&#233; qu'il consid&#232;re &#034;infiniment nomade, quand elle s'&#233;l&#232;ve et qu'&#224; chaque pas elle se construit en relation avec l'identit&#233; de l'autre...&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que les id&#233;es d&#233;velopp&#233;es dans cet entretien sont importantes, et que Hawad nous sort des sentiers battus, que nous avons jug&#233; opportun de partager sa version fran&#231;aise avec nos lectrices et lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH77/izuran-894e5.jpg?1774404728' width='500' height='77' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;HAWAD : &#034;Il n'y a pas de vraie ou de fausse identit&#233;, l'important c'est celle que vous choisissez pour &#234;tre ce que vous voulez &#234;tre&#034;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_8577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH266/hawad1-2-2cb5f.jpg?1774404728' width='500' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Hawad
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Hawad&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I&#7827;u&#7771;an : &lt;i&gt;Historiquement, le pays touareg &#233;tait divis&#233; en plusieurs &#201;tats, quels sont les principaux probl&#232;mes rencontr&#233;s par la soci&#233;t&#233; touar&#232;gue en g&#233;n&#233;ral et au Niger en particulier ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hawad :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Akal n Imajaghen,&lt;/i&gt; le pays touareg, a &#233;t&#233; divis&#233; dans les ann&#233;es 1960 entre cinq &#201;tats h&#233;ritiers de la colonisation : le Niger, le Mali, le Burkina Faso (ancienne Haute Volta), la Libye et l'Alg&#233;rie. Les Touaregs aujourd'hui sont &#233;cartel&#233;s entre cinq fronti&#232;res coloniales, ils sont devenus des exil&#233;s dans leur propre pays, sans aucun droit sur leurs terres ancestrales confisqu&#233;es. Ils ont &#233;t&#233; invisibilis&#233;s et diabolis&#233;s face &#224; la ru&#233;e vers les min&#233;raux que contiennent leur territoire (gaz, p&#233;trole, uranium, or, terres rares, etc.), L'expropriation et l'oppression des Touaregs dans le contexte actuel atteint un niveau tel qu'il brise tout r&#234;ve, tout projet. Et m&#234;me celui d'&#234;tre soi-m&#234;me dans un Sahara qui est devenu un enfer v&#233;ritable pour ses habitants, car les industries mini&#232;res et les essais atomiques de la France avant et apr&#232;s ladite &#171; ind&#233;pendance &#187; alg&#233;rienne ont d&#233;vast&#233;, perfor&#233;, d&#233;fonc&#233;, pollu&#233; les terres, l'air et les pr&#233;cieuses ressources en eau des Touaregs. Tout un Sahara atomique, empoisonn&#233; par la radioactivit&#233;, les rebus en plein air des mines d'uranium, et aussi les acides et le mercure inject&#233;s pour l'extraction des min&#233;raux, au profit exclusif des puissances &#233;conomiques internationales et des responsables &#233;tatiques nationaux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quelles sont les caract&#233;ristiques de la po&#233;sie traditionnelle touar&#232;gue en particulier et de la litt&#233;rature touar&#232;gue en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je peux dire, c'est que les registres litt&#233;raires touaregs sont riches et diversifi&#233;s. Il s'agit d'une litt&#233;rature orale tr&#232;s vivante. Elle comporte bien s&#251;r les registres anciens ou &#171; traditionnels &#187; si on veut les appeler ainsi, dont certains s'apparentent &#224; des registres existants dans d'autres r&#233;gions amazighes. Il y a aussi des formes litt&#233;raires innovantes, nombreuses, qui sont cr&#233;&#233;es jusqu'&#224; aujourd'hui, inspir&#233;es par diverses situations politiques et historiques, par la guerre anticoloniale, par les crises et la vie des marges impos&#233;es aux Touaregs par les nouveaux &#201;tats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette litt&#233;rature, il y a aussi bien des contes &#233;ducatifs sophistiqu&#233;s, des r&#233;cits &#233;piques, des &#233;pop&#233;es historiques, des mythes, des proverbes, des pi&#232;ces critiques, des devinettes, et d'autres formes litt&#233;raires libres, avec un imaginaire original, audacieux, parfois surr&#233;aliste. Le domaine de la po&#233;sie, repr&#233;sent&#233; comme un arbre, est immense et ses genres multiples sont class&#233;s en racines, branches, rameaux, feuilles... C'est foisonnant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH246/hawad2-ef476.jpg?1774404728' width='500' height='246' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Votre &#339;uvre po&#233;tique connue sous le nom de furigraphie est connue au-del&#224; du monde touareg pour l'avoir &#233;crite et traduite dans d'autres langues, comment d&#233;finiriez-vous votre po&#233;sie ? Il y a un message pour vous ? Pourquoi avez-vous d&#233;cid&#233; de la faire ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'ai nomm&#233; &#171; furigraphie &#187; (&lt;i&gt;zardazghaneb&lt;/i&gt;) pour d&#233;finir mon travail po&#233;tique et pictural d&#233;passe l'id&#233;e de message et aussi d'esth&#233;tique artistique. Ma po&#233;tique furigraphique est d'abord un geste et un cri ou encore un r&#226;le de combat. C'est une po&#233;sie de lutte et d'action, pour relever le soi amazigh, et aussi le soi (ou l'int&#233;riorit&#233;) de tout &#234;tre oppress&#233;. C'est un acte qui veut rendre subversifs le regard et le souffle du vaincu pour qu'il prenne position au-dessus de son handicap, au-dessus de ses difficult&#233;s et de ses contraintes. L'objectif est de donner au vaincu des outils de r&#233;sistance &#224; partir de rien, de rien de mat&#233;riel, seulement un imaginaire qui force le regard du vaincu &#224; se placer au-dessus de la lunette de tir du vainqueur qui le vise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pour vous, qu'est-ce que cela signifie d'&#234;tre Amazegh (Touareg) ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'id&#233;al transmis par notre &#233;ducation, &#234;tre &lt;i&gt;amajagh&lt;/i&gt;, c'est &#171; tenir sa place m&#234;me si la place est broy&#233;e &#187; (&lt;i&gt;&#233;taf n edeg net ad idegdeg edeg&lt;/i&gt;), maintenir son &#234;tre, son humanit&#233;, son pays, c'est-&#224;-dire r&#233;sister et refuser de se soumettre &#224; qui veut annexer, dominer, &#233;craser. C'est une conscience, une m&#233;moire, une t&#233;nacit&#233;, une obstination &#224; &#234;tre ce que nous voulons &#234;tre. Cela implique de la d&#233;termination, de la g&#233;n&#233;rosit&#233;, un sacrifice de soi pour toutes les terres et tous les &#234;tres pi&#233;tin&#233;s, amoindris, d&#233;truits. Il faut hisser le regard et le tendre vers un horizon d'o&#249; pourra na&#238;tre une forme de libert&#233;, m&#234;me infime, m&#234;me s'il s'agit d'un r&#234;ve ou d'un mirage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le peuple touareg est l'un des peuples amazighs les plus singuliers. Comment sont les relations culturelles et politiques entre la soci&#233;t&#233; touar&#232;gue et les autres peuples amazighs ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple touareg a le sentiment d'&#234;tre pleinement amazigh, il aime l'identit&#233; de sa &lt;i&gt;temujagha&lt;/i&gt;, il a conscience - une conscience tr&#232;s forte - de partager le sentiment d'&lt;i&gt;amujegh&lt;/i&gt; avec ses fr&#232;res du nord de Tamazgha, quels que soient les couleurs de peau, les accents r&#233;gionaux, les modes de vie, les habitats... Il voit toute terre amazighe comme un prolongement de son pays. Mais les diff&#233;rentes couches de colonisation turque, arabe, europ&#233;enne ont &#233;loign&#233; des c&#244;tes m&#233;diterran&#233;enne et atlantique les Touaregs du Sahara. Maintenant les retrouvailles se font dans l'exil et aux marges de Tamazgha. Les Amazighs du Sahara et ceux du Nord partagent la parent&#233; et la solidarit&#233;, chacun tra&#238;ne le poids de ses blessures et de ses difficult&#233;s mais leurs relations contribuent &#224; raccommoder l'&#226;me et le regard de l'Amazigh dans tout ce qu'il a d'unique &#224; faire germer dans sa Tamazgha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les Touaregs sont le seul peuple amazigh qui a maintenu l'&#233;criture amazighe (Tifinagh) et vous avez d&#233;cid&#233; de l'utiliser pour &#233;crire, que signifie le tifinagh pour vous et le peuple touareg ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les Touaregs ont gard&#233; l'usage de l'alphabet des tifinagh, mais ces signes font partie de tous les d&#233;cors du monde amazigh (en architecture, dans le tissage, la poterie, le maquillage, la broderie, etc.). Pour nous Imajaghen (Touaregs), les tifinagh incarnent la singularit&#233; et l'originalit&#233; de notre identit&#233; amazighe. Avant d'&#234;tre une &#233;criture, les tifinagh sont des marqueurs et des symboles de l'esprit, de l'imaginaire et des cosmovisions amazighs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, j'&#233;cris en tifinagh tout simplement parce que je suis amazigh, jamais je n'ai eu l'id&#233;e d'&#233;crire autrement. Les tifinagh sont les munitions graphiques et sonores de l'Amazigh que je suis, je combats avec les armes amazighes que je connais, ce sont des caract&#232;res dont la port&#233;e et l'usage existent depuis la naissance d'une conscience et d'une civilisation infiniment plus anciennes que moi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Il existe plusieurs variantes du tifinagh traditionnel. Que pensez-vous des tentatives d'uniformisation de l'&#233;criture chez les Touaregs ? Et la n&#233;otifinagh de l'Ircam ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous les Imajaghen qui sommes usagers des tifinagh, cela fait longtemps que nous avons &#171; normalis&#233; &#187; notre alphabet. Seules 3 ou 4 lettres se diff&#233;rencient d'une r&#233;gion &#224; l'autre, mais nous connaissons ces variantes n&#233;es de la s&#233;paration, des entraves et de l'oppression que nous avons subies. Nos savants en tifinagh ont depuis longtemps unifi&#233; les tifinagh pour d&#233;passer le niveau de la r&#233;gion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'usage actuel de l'alphabet tifinagh, c'est tr&#232;s bien de l'avoir informatis&#233;, &#231;a multiplie les supports de diffusion et de communication. Mais les neo-tifinagh de l'IRCAM ou encore de l'Acad&#233;mie berb&#232;re, pour nous usagers des tifinagh, &#231;a repr&#233;sente le plus horrible m&#233;pris de soi, un grand complexe et une soumission aux formes et &#224; l'esth&#233;tique dominantes qui ont gauchi le regard du vaincu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous, nous pr&#233;f&#233;rons nous appuyer sur nos propres inspirations pour avancer, plut&#244;t que d'emprunter les b&#233;quilles de ceux qui nous &#233;touffent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les neo-tifinagh rompent les liens entre pass&#233;, pr&#233;sent et futur, entre des signes symboliques puissants, signifiants, tr&#232;s importants pour nous, et une graphie d&#233;sincarn&#233;e r&#233;duite &#224; n'&#234;tre qu'un simple alphabet. Les neo-tifinagh ont amoindri les tifinagh.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH342/hawad_carnet-b998b.jpg?1774404728' width='500' height='342' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Carnet de notes de Hawad en tifinagh (Photo : Rumen Sosa).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous vivez en France mais vous avez &#233;galement visit&#233; plusieurs pays d'Afrique du Nord et vous connaissez d'autres peuples amazighs, que pensez-vous de la conscience amazighe ? Est-il important d'&#233;tablir des liens entre des peuples de m&#234;me origine ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience commune amazighe existe, elle est forte, mais elle n'a pas encore d&#233;pass&#233; le niveau affectif, parfois folklorique, et autre pathos qui emp&#234;chent d'atteindre une haute conscience radicale, une vision qui ne fait aucune concession avec soi-m&#234;me et surtout pas avec tout ce qui menace l'existence d'une vaste communaut&#233; d&#233;termin&#233;e &#224; d&#233;fendre un projet de vie original qui a son propre imaginaire culturel, sa langue, son utopie, au-del&#224; du programme uniforme des dominants ob&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;72&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/femme_tifinagh-2e108.jpg?1774404728' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Femme touareg &#233;crivant du tifinagh sur le sable &lt;br class='autobr' /&gt;
(Photo : J. Drouin).
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous qui connaissez bien la langue touar&#232;gue mais aussi d'autres variantes de tamazight, quelles sont selon vous les plus proches du touareg ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les Touaregs, avons d&#233;j&#224; l'exp&#233;rience de la diversit&#233; &#224; travers notre propre langue qui a ses particularit&#233;s r&#233;gionales et aussi ses parlers secrets, comme la &lt;i&gt;taganawt&lt;/i&gt;, la langue muette des milieux savants, ou la &lt;i&gt;tenaDt&lt;/i&gt;, la langue imag&#233;e occulte des artisans.... Nous avons aussi l'exp&#233;rience des autres parlers gr&#226;ce &#224; notre mobilit&#233; entre les rives du Sahara. Donc le touareg nous para&#238;t proche de tous les parlers amazighs mais surtout de la tachelhit du Sous et de la tamazight du Moyen-Atlas. En fait, c'est parce que ces deux variantes de la langue amazighe ont encore un vocabulaire amazigh riche, non parasit&#233; par des emprunts massifs &#224; d'autres langues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous avez publiquement d&#233;fendu la protection de la montagne sacr&#233;e de Tindaya, pourquoi ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que dans ma perception sensible, Tindaya est un des organes du corps amazigh menac&#233; d'&#234;tre d&#233;truit. Pour moi, toute terre amazighe est un corps, c'est mon corps. La partie qui se situe dans l'Atlantique et qui s'appelle &#171; Ti n daya &#187;, c'est le front de la Tamazgha de l'ouest, c'est mon front...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;106&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH317/hawad_canaries-d10db.jpg?1774404728' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le chercheur canarien V&#237;ctor Perera et l'intervieweur de Hawad, Rumen Sosa, &#224; Las Palmas (novembre 2022)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous avez assist&#233; &#224; la IXe Conf&#233;rence Risco Ca&#237;do qui s'est tenue &#224; Las Palmas (Gran Canaria) en 2022 et avez parl&#233; aux Canaries de l'importance de l'identit&#233; &#233;motionnelle au-del&#224; de la recherche scientifique. Pouvez-vous l'expliquer ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'appelle &lt;i&gt;temusa tan ilaman&lt;/i&gt;, c'est un sujet qui pour en parler n&#233;cessiterait du temps et de la disponibilit&#233;. D&#232;s ma premi&#232;re rencontre avec les Canariens j'ai vu chez eux un souci de d&#233;montrer leur identit&#233; amazighe &#224; travers des faits scientifiques. Pour moi il n'y a pas d'identit&#233; vraie ou fausse, l'important est l'identit&#233; dont la personne s'accapare, celle que la personne a choisi pour &#234;tre ce qu'elle veut &#234;tre. C'est cela que j'appelle l'identit&#233; &#233;motionnelle, et non celle de la raison qui d'ailleurs est le plus souvent fauss&#233;e et orient&#233;e par l'environnement politique et social, par les id&#233;ologies du moment, par les crises...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Il existe une th&#233;orie qui relie le nom des &#238;les Canaries aux mots touaregs &lt;i&gt;kanar&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;tekanart&lt;/i&gt; (front ou front de combat) et tu m'as dit que tu appelais aussi les &#238;les ainsi, peux-tu l'expliquer ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les Touaregs du Sahara, dans l'enseignement que nous avons re&#231;u &#224; partir de nos mythes, notre histoire et notre g&#233;ographie, on nous a appris que l'ouest de notre pays amazigh, l&#224; o&#249; se couche le soleil, s'appelle &lt;i&gt;Tekanart,&lt;/i&gt; terme souvent utilis&#233; au masculin &lt;i&gt;ekanar n akal, &lt;/i&gt;le &#171; front du pays &#187; Par ailleurs, c'est int&#233;ressant de savoir que chez nos voisins du sud, comme les Woloff et les Peuls du S&#233;n&#233;gal, l'individu amazigh est appel&#233; &lt;i&gt;Nar &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Kanar&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous avez beaucoup voyag&#233; depuis votre plus jeune &#226;ge, quelle vision cela vous a-t-il donn&#233; de l'identit&#233; des peuples ? L'identit&#233; est-elle importante pour le d&#233;veloppement humain ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de gravures rupestres, de peintures et de r&#233;cits amazighs, du nord au sud, de l'est &#224; l'ouest, nous apprennent l'importance d'une identit&#233; ouverte qui c&#244;toie et s'accoude sur l'identit&#233; de &#171; l'autre &#187;, c'est-&#224;-dire celui qui n'est pas soi. Concurrent ou alli&#233;, &#171; l'autre &#187; &lt;i&gt;(wa ghaden)&lt;/i&gt; est tr&#232;s important dans la cosmovision touar&#232;gue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et nous voyons l'identit&#233; amazighe non comme un bloc statique mais comme une succession de cinq ou sept &#233;tapes mentales. Donc oui, l'identit&#233; est quelque chose d'important quand elle est infiniment nomade, quand elle s'&#233;l&#232;ve et qu'&#224; chaque pas elle se construit en relation avec l'identit&#233; de l'autre... Celui qui conna&#238;t ce qu'il est et ce qu'il veut &#234;tre ne se perd pas. Aujourd'hui beaucoup d'individus ne savent pas d'o&#249; ils viennent ni l&#224; o&#249; ils sont ni l&#224; o&#249; ils veulent aller. Pour moi l'identit&#233; se r&#233;f&#232;re &#224; la fa&#231;on d'&#234;tre humain mais sans r&#233;f&#233;rence &#224; un drapeau ni &#224; une carte d'identit&#233;, ni &#224; un pays enclos de fronti&#232;res. C'est un projet ouvert, dynamique, qui permet de dialoguer &#224; &#233;galit&#233; avec les autres identit&#233;s et de s'enrichir mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vous &#233;tiez aux Canaries et avez rencontr&#233; des canariens, quelle est votre opinion sur notre pays ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne connais pas bien les Canariens, je n'ai pas eu le temps de les conna&#238;tre vraiment. Mon regard sur les &#238;les Canaries et sur ses habitants est seulement affectif. Les Canaries, pour moi, c'est le &#171; front &#187; du corps amazigh, c'est notre prolongement loin &#224; l'ouest tel que l'imaginaire amazigh l'a r&#234;v&#233;. C'est cela que j'appelle l'identit&#233; &#233;motionnelle, n'est-ce pas toi l'&lt;i&gt;abayfu &lt;/i&gt;des Canaries, petit chevreau de lait amazigh ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Rumen Sosa&lt;/strong&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien publi&#233; en langue espagnole le 16 ao&#251;t 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://izuran.blogspot.com/2023/08/hawad-no-hay-identidad-verdadera-o.html?m=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lire l'entretien, en espagnol, sur le site &#034;I&#7827;u&#7771;an&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bioline&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Po&#232;te et peintre amazigh du d&#233;sert, Hawad est l'auteur de nombreux ouvrages (dont&lt;i&gt; Furigraphie&lt;/i&gt;, Po&#233;sies 1985-2015, Gallimard, 2017 ; &lt;i&gt;Vent Rouge, &lt;/i&gt;Editions du Tout-Monde, 2020 ; et traduit en espagnol, &lt;i&gt;Sahara. Visiones Atomicas,&lt;/i&gt; Poesia del Mundo, Ministerio de la Cultura, Caracas. 2005). Le drame et la r&#233;sistance du peuple touareg ou de tout peuple menac&#233; d'extermination &#233;maillent son univers de fiction. Pour surmonter le d&#233;sastre et le non-sens, Hawad invente la &#171; Furigraphie &#187;, d&#233;marche litt&#233;raire et picturale esquissant des issues hors du sc&#233;nario impos&#233; par la domination et la violence. Ses &#233;crits ont &#233;t&#233; traduits en plusieurs langues et ses encres et toiles expos&#233;es en Europe, Am&#233;rique et Afrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bibliographie et expositions, voir &lt;a href=&#034;https://www.editions-amara.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.editions-amara.info/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arbitraire assum&#233; du r&#233;gime alg&#233;rien</title>
		<link>https://tamazgha.fr/L-arbitraire-assume-du-regime.html</link>
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		<dc:date>2023-07-19T23:23:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;gime alg&#233;rien use de l'arbitraire le plus total et prive des centaines de citoyens de libert&#233; et les jettent en prison o&#249; ils passent plusieurs mois dans des conditions difficiles. Il lui arrive aussi de les acquitter et les sort de prison comme si de rien n'&#233;tait. Et bien entendu, il n'a jamais &#233;t&#233; question de r&#233;paration, pourtant les victimes ont subi de graves dommages, leurs familles &#233;galement. Il est temps peut-&#234;tre d'en parler et agir pour que cet &#201;tat-voyou r&#233;ponde de son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/arton4989-71c19.jpg?1774404728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;gime alg&#233;rien use de l'arbitraire le plus total et prive des centaines de citoyens de libert&#233; et les jettent en prison o&#249; ils passent plusieurs mois dans des conditions difficiles. Il lui arrive aussi de les acquitter et les sort de prison comme si de rien n'&#233;tait. Et bien entendu, il n'a jamais &#233;t&#233; question de r&#233;paration, pourtant les victimes ont subi de graves dommages, leurs familles &#233;galement. Il est temps peut-&#234;tre d'en parler et agir pour que cet &#201;tat-voyou r&#233;ponde de son arbitraire. Son acharnement sur la Kabylie et son action qui vise &#224; la d&#233;truire doivent cesser. La Kabylie doit agir pour recouvrer sa dignit&#233; et sa libert&#233; menac&#233;es par ce syst&#232;me dont elle doit s'en d&#233;barrasser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous publions ci-apr&#232;s la d&#233;claration de &lt;i&gt;Tamazgha&lt;/i&gt; qui d&#233;nonce l'arbitraire du r&#233;gime alg&#233;rien et revient sur les derniers &#034;acquittements&#034; de militants kabyles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5917 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH321/axxam2-265aa.jpg?1774404728' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Kabylie : &#224; quand la fin de la chape de plomb ?
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#201;CLARATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime arabo-islamique pourri, nourri de corruption et d'escroquerie &#8211; et ce depuis son existence &#8211;, a toujours us&#233; de violence, d'arbitraire, de terrorisme et d'humiliation pour tenir en laisse les populations et surtout pour faire taire ceux qui parmi elles osent le d&#233;fier. Les voix discordantes sont particuli&#232;rement cibl&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de rappeler tous les crimes et les violations des droits et libert&#233;s par lesquels ce r&#233;gime s'est illustr&#233; depuis 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette bande de truands (cette mafia plut&#244;t) fait endurer son autoritarisme &#224; l'ensemble des citoyens qui la subissent, n'en demeure que les d&#233;fenseurs de l'Amazighit&#233; sont ceux qui en souffrent le plus. En effet, ce r&#233;gime anim&#233; par l'id&#233;ologie arabo-islamique, et qui depuis quelques ann&#233;es assume ouvertement sa nature dictatoriale, a programm&#233; l'&#233;radication de l'Amazighit&#233; notamment par l'assimilation forc&#233;e. Et la Kabylie qui est l'avant-garde du combat identitaire amazigh et de la remise en cause de la l&#233;gitimit&#233; de ce r&#233;gime subit les pires des r&#233;pressions et oppressions. &#192; noter, et c'est important de le souligner, le r&#244;le important que jouent des Kabyles au sein de ce r&#233;gime notamment au sein de ses services de renseignements (SM, DRS). &#201;videmment, ceci n'est pas propres aux Kabyles : il y a chez tous les peuples des brebis galeuses, des tra&#238;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes la militance kabyle a pay&#233; cher son action durant les ann&#233;es 70-80, mais il faut dire que depuis les ann&#233;es 90 elle a vu l'&#233;tau relativement se desserrer un temps sur elle. Ceci &#233;tant, l'assassinat de Loun&#232;s Matoub en 1998 et la r&#233;pression sanglante de 2001-2002 ont s&#233;rieusement atteint la Kabylie et ont montr&#233; de quoi pouvait &#234;tre capable ce r&#233;gime criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'inspirant de m&#233;thodes ch&#232;res &#224; la monarchie marocaine, mises en &#339;uvre notamment pour mater la r&#233;volte du Rif en 2018, le r&#233;gime alg&#233;rien a proc&#233;d&#233; &#224; la mise &#224; contribution de son syst&#232;me judiciaire, un syst&#232;me aux ordres comme dans toute &#171; bonne dictature &#187;, qui a op&#233;r&#233; des arrestations massives de militants politiques kabyles en usant d'accusations infond&#233;es et fantaisistes, jetant ainsi des centaines de personnes en prison. Cela apr&#232;s avoir laiss&#233; les populations livr&#233;es &#224; elles-m&#234;mes lors de l'&#233;pisode du COVID durant l'&#233;t&#233; 2021 ainsi que lors des incendies criminels qui ont ravag&#233; la Kabylie et ayant fait des dizaines de victimes. Un v&#233;ritable acharnement sur la militance kabyle r&#233;ussissant ainsi &#224; terroriser la population y compris au sein de sa diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les m&#233;thodes polici&#232;res sont innommables, le silence, l'indiff&#233;rence et la complicit&#233; au sein des milieux kabyles restent inexplicables et, disons-le, n'augurent gu&#232;re un bon avenir pour la Kabylie. La peur est dans notre camps et nous devons faire en sorte que cela change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, bien entendu, d'occulter les actions de certains milieux qui ont agi en faveur des prisonniers et qui d&#233;noncent en permanence l'arbitraire de la dictature. N'en demeure que cela reste inefficace devant ce que la Kabylie est capable de fournir et dont elle a fait preuve par le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;gime qui, d'une part, arr&#234;te, jette en prison, humilie, s&#232;me la terreur, condamne arbitrairement et, d'autre part, acquitte, fait sortir de prison des militants, remet en prison des militants d&#233;j&#224; acquitt&#233;s, acquitte des militants mais ils restent non lib&#233;rables, condamne des militants mais ils ne sont pas emprisonn&#233;s, montre &#224; quel point il s'est empar&#233; de la Kabylie comme on s'empare d'un jouet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que plusieurs militants ont quitt&#233; les prisons ces derniers mois. C'est le cas, &#224; titre d'exemple, de Bouaziz A&#239;t Chebib, l'un des symboles du militantisme kabyle. Connu pour son engagement et son d&#233;vouement pour la cause kabyle, son arrestation n'est qu'une fa&#231;on de le faire taire et une mani&#232;re l&#226;che de le neutraliser. Dans la nuit du 12 au 13 juillet, il est acquitt&#233; par l'un des tribunaux devant lequel il a comparu et quitte ainsi la prison apr&#232;s plus de deux ans de privation de libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous r&#233;jouissons que ce valeureux militant, camarade de lutte, retrouve sa famille dont il n'aurait jamais d&#251; &#234;tre priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Acquitt&#233;s &#187;, cela signifie qu'ils ne sont coupables de rien et que les accusations dont ils ont fait l'objet sont infond&#233;es. Et cela du point de vue m&#234;me de l'instrument judiciaire aux ordres du r&#233;gime. Ils ont &#233;t&#233; clairement arr&#234;t&#233;s et emprisonn&#233;s arbitrairement. Autrement dit, cet arbitraire et cette injustice sont synonymes de dommages, graves dommages dont certains sont irr&#233;parables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit-on en rester l&#224; et nous r&#233;jouir de la fin de la privation de libert&#233; ? L'&#201;tat alg&#233;rien doit r&#233;pondre de ces injustices et payer r&#233;paration aux victimes et &#224; leurs familles.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, ce r&#233;gime est disqualifi&#233;, il doit dispara&#238;tre. On ne peut continuer &#224; accepter qu'un &#201;tat/un r&#233;gime fasse subir &#224; des citoyens qui, par ailleurs, ne l'ont ni choisi ni &#233;lu les pires des injustices et humiliations. Et c'est par l'argent du pillage des richesses naturelles du &#171; pays &#187; qu'il r&#233;mun&#232;re ses agents de r&#233;pression et d'oppression&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La Kabylie se doit de sortir de cette nasse o&#249; chaque jour elle perd son honneur et ses valeurs ancestrales. Ne participons pas &#224; la balafre port&#233;e au visage de la Kabylie ; elle saigne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons au sursaut de dignit&#233; lib&#233;ratrice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Tamazgha,&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, le 19 juillet 2023.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chasse aux sorci&#232;res</title>
		<link>https://tamazgha.fr/La-chasse-aux-sorcieres.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tamazgha.fr/La-chasse-aux-sorcieres.html</guid>
		<dc:date>2023-07-03T13:34:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous publions la cinqui&#232;me et derni&#232;re partie du t&#233;moignage de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981) : &#034;Le mouvement de Mai 81 ou l'autre pilier du Printemps berb&#232;re&#034;. Dans cette partie, G&#233;rard Lamari nous raconte les affres de la prison alg&#233;rienne avec son lot d'inhumanit&#233;, la r&#233;sistance et l'abn&#233;gation des jeunes lyc&#233;es de la Soummam ainsi que la solidarit&#233; de la militance berb&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous tenons &#224; remercier G&#233;rard Lamari pour ce t&#233;moignage qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton4988-cf315.jpg?1774404728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la cinqui&#232;me et derni&#232;re partie du t&#233;moignage de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981) : &#034;Le mouvement de Mai 81 ou l'autre pilier du Printemps berb&#232;re&#034;. Dans cette partie, G&#233;rard Lamari nous raconte les affres de la prison alg&#233;rienne avec son lot d'inhumanit&#233;, la r&#233;sistance et l'abn&#233;gation des jeunes lyc&#233;es de la Soummam ainsi que la solidarit&#233; de la militance berb&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons &#224; remercier G&#233;rard Lamari pour ce t&#233;moignage qui contribue &#224; la connaissance de l'histoire contemporaine du mouvement amazigh en Kabylie. De telles initiatives, de la part d'autres acteurs, doivent se multiplier : c'est ainsi que nous contribuerons &#224; &#233;crire notre Histoire.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5916 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH319/gerard-2-6cfe1.jpg?1774404728' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle clandestinit&#233;, nouvelle prison&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Deux voitures. Une devant, pour visionner la situation &#224; quelques kilom&#232;tres, et l'autre derri&#232;re dans laquelle je me trouvais avec mon chauffeur &#233;tudiant. Au bout de quelques quatre heures de route, j'arrive sans encombre, en pleine nuit, aux alentours d'&lt;i&gt;It Xyar&lt;/i&gt; (A&#239;t Khiar), village pr&#232;s des Bibans. Par s&#233;curit&#233;, je finis les dix derniers kilom&#232;tres &#224; pied dans l'obscurit&#233;. J'eus de la chance, car lorsque mon camarade rebrouss&#226;t chemin, il a rencontr&#233; une dizaine de barrages fouillant de fond en comble les v&#233;hicules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouve h&#233;bergement et suis choy&#233;. Mais bien seul cette fois-ci. Le village est tellement &#233;loign&#233; des centres urbains que je suis coup&#233; de toute information. Les cauchemars nocturnes cognant dans ma t&#234;te sont mes seuls souvenirs de ce mois &#034;au vert&#034;. Je n'avais pas de quoi &#233;crire, pas de t&#233;l&#233;phone. Personne ne me connaissait. C'est dans ces p&#233;riodes que l'on se pose les questions existentielles : pourquoi, comment ? Que peuvent faire les individus isol&#233;s devant l'armada d&#233;mesur&#233;e d'une dictature ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me remontais le moral en me convainquant que j'&#233;tais tel un moustique dans le cul d'un mammouth : il avait beau gesticuler en tous sens, mais ne pouvait se d&#233;barrasser de la bestiole. La plupart de mes amis &#233;taient soit en fuite ou en prison &#224; Bgayet ou &#224; Barberousse (Alger).&lt;br class='autobr' /&gt;
Djamel et Aziz purent tout de m&#234;me me faire parvenir le message : &#034;Tu peux revenir &#224; Tizi. Tu ne risques rien jusqu'&#224; notre proc&#232;s pr&#233;vu le 28 octobre 1981 &#224; Bgayet&#034;. M&#233;fiant vis-&#224;-vis des autorit&#233;s, je d&#233;cidai n&#233;anmoins de rester le plus longtemps possible dans ce village. Je r&#233;apparu une semaine avant l'audience. Je passai auparavant devant un jeune juge d'instruction qui refusa cat&#233;goriquement de prendre ma d&#233;claration en langue fran&#231;aise. J'ai d&#251; me souscrire &#224; m'exprimer avec la langue du dominant. J'ai souri &#224; sa lecture des chefs d'accusation qui relevaient plus de la cour de suret&#233; de l'&#201;tat que de la correctionnelle mondaine. C'est que la justice alg&#233;rienne est modulable selon les circonstances&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 octobre comme pr&#233;vu, nous arriv&#226;mes d&#233;sarm&#233;s devant le juge. Nous n'avions pas les moyens de nous offrir un avocat. De toute fa&#231;on, la d&#233;fense n'aurait servi &#224; rien &#233;tant donn&#233; que les peines &#233;taient pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance. Ce simulacre de justice nous condamna avec la plupart des lyc&#233;ens, ainsi que quelques enseignants, &#224; quatre ans de prison ferme. Le trio fut arr&#234;t&#233; &#224; la barre. Aziz fut m&#234;me agress&#233; physiquement en plein tribunal par un policier !&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le fourgon cellulaire qui nous acheminait vers notre prison, nous &#233;tions paradoxalement heureux de retrouver nos amis de Bgayet. Nous en profit&#226;mes pour chanter ensemble et lancer &#224; tue-t&#234;te des slogans tels que &#034;A bas la r&#233;pression&#034; ou encore &#034;Libert&#233; d'expression&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous retrouvions &#224; la prison de Lexmis/ Lekhmiss (Bgayet) nos amis feu Guidjou Kader, Boutrid Nacer, Taybi Salah, Bellache Ch&#233;rif et Boukhalfa, Yanat Nacer, Madaoui Azzedine, feu Zadi Farid, Terki Zoubir, Benamsili Ali, Merabet Laaziz, feu Na&#239;t-Haddad Rabah, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une page de luttes carc&#233;rales aillait commencer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gr&#232;ve de la faim&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Nous avions conscience que nous &#233;tions livr&#233;s &#224; nous-m&#234;mes et qu'une aide ext&#233;rieure &#233;tait hautement improbable. La d&#233;mobilisation &#233;tudiante de Tizi &#233;tait totale. Une longue p&#233;riode de reflux commen&#231;ait. Il ne restait comme recours &#224; nos camarades encore libres que la d&#233;marche envers &lt;i&gt;Amnesty&lt;/i&gt; ou la &lt;i&gt;Ligue Internationale des droits de l'Homme.&lt;/i&gt; Aknine Arab et feu Ouahioune Djaffar s'en occup&#232;rent&#8230;vainement. Un num&#233;ro sp&#233;cial &#034;D&#233;tenus&#034; de &lt;i&gt;Tafsut&lt;/i&gt; nous fut consacr&#233;. Il n'eut pas d'&#233;chos, mais cela nous donna tout de m&#234;me du baume au c&#339;ur : il y avait cette petite flamme vacillante qui chancelait encore&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En prison, nous commen&#231;&#226;mes &#224; nous organiser. Mes cod&#233;tenus &#233;taient en majorit&#233; des lyc&#233;ens. Quelques-uns pass&#232;rent et obtinrent brillamment le bac &#224; la maison d'arr&#234;t de Bgayet. Les autres l'obtiendront l'ann&#233;e suivante &#224; la prison de Constantine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les d&#233;tenus, relevons qu'il y avait aussi des mineurs, tel Aggoune Mokrane alors &#226;g&#233; de seulement 17 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je faisais du haut de mes 24 ans office de vieux patriarche (il en &#233;tait de m&#234;me pour Djamel et Aziz). Notre passif &#224; Berrouaghia &#233;tait respect&#233; et &#233;tions en quelques sortes les r&#233;f&#233;rents de la &lt;i&gt;protesta&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment qualifier un pouvoir qui jetait ainsi la jeunesse tonnante et &#233;blouissante dans ses sombres ge&#244;les ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Initialement m&#233;lang&#233;s avec les &#034;droits communs&#034;, nous obtenons finalement notre regroupement carc&#233;ral dans une salle &#034;politique&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lyc&#233;ens, d'une dignit&#233; exemplaire, se formaient politiquement au jour le jour. Ils prenaient de la maturit&#233;. Les visites des proches &#233;taient toujours suivies de s&#233;ances de d&#233;briefing. Nous faisions la synth&#232;se des informations recueillies au parloir avant de nous lancer dans de profonds d&#233;bats.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous primes conscience que nous &#233;tions sur une autre com&#232;te, et comprimes que nous ne pouvions plus compter sur l'ext&#233;rieur. Cette donn&#233;e renfor&#231;a consid&#233;rablement la solidarit&#233; et la confiance mutuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans cet esprit que nous f&#238;mes appel &#224; un second proc&#232;s. Nous attend&#238;mes quelques jours. Pas de r&#233;ponse du tribunal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;cid&#226;mes alors d'enfoncer le clou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients que seul un coup de boutoir fort pouvait faire bouger les choses &#8211; il ne pouvait provenir en l'&#233;tat que de nous &#8211;, nous lan&#231;&#226;mes une gr&#232;ve de la faim. Une gr&#232;ve de la faim &#224; la prison civile de Bgayet, on n'avait jamais vu cela !&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;cision fut prise &#224; l'unanimit&#233; et la gr&#232;ve fut suivie par tous. Elle d&#233;buta le 14 novembre 1981, soit seulement deux semaines apr&#232;s l'emprisonnement du &lt;i&gt;trio&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre d&#233;claration, nous soulign&#226;mes entre autres &#034;le non-respect des d&#233;lais de garde &#224; vue car certains d&#233;passaient les 120 heures ; s&#233;vices corporels ; instructions prolong&#233;es jusqu'&#224; 2 heures du matin ; &#8230;&#034;. Et en conclusion, nous exige&#226;mes un proc&#232;s politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait nouveau pour ces roitelets qui dirigeaient la Wilaya en toute qui&#233;tude. Les autorit&#233;s, maladroites, ont dans un premier temps tent&#233; de briser le mouvement en faisant venir en toute ill&#233;galit&#233; le p&#232;re de Aziz dans notre salle de gr&#232;ve. Je me souviens qu'il m'implorait d'y mettre fin, que c'&#233;tait sans issue, que nous allions vers la tombe, et que son fils ne l'&#233;coutait plus. Encaisser en cet endroit les supplications d'un vieux hadj respect&#233; &#233;tait quelque chose que je ne pouvais imaginer. &#201;tant faible et allong&#233; sur ma paillasse, il posa sa t&#234;te en pleurs sur ma poitrine et me supplia de raisonner son rejeton. P&#226;le, &#233;crasant une larme puis lui souriant, je le retins par les mains, et pour le rassurer, lui promis de faire quelque chose. Le vieux hadj respect&#233; hante toujours ma m&#233;moire car il me suppliait en sanglotant sur moi. Il savait que nous &#233;tions d&#233;termin&#233;s. Il n'a pas &#233;t&#233; voir Aziz car il estimait qu'il &#233;tait une t&#234;te de mule. Ce qui est vrai. J'ai rassur&#233; le &lt;i&gt;hadj&lt;/i&gt; qui repartit en me faisant confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ouvrit dans un second temps les portes de la prison &#224; quelques camarades qui mirent l'accent sur l'irr&#233;versibilit&#233; des cons&#233;quences que la gr&#232;ve pouvait engendrer pour notre sant&#233;. Nous sommes rest&#233;s inflexibles. Les mouvements se font toujours par une jeunesse d&#233;termin&#233;e. Et nous l'&#233;tions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre action eut ses retours positifs : nous avions bris&#233; le &lt;i&gt;blackout&lt;/i&gt; nous concernant. &#192; tel point que des cousins venant me rendre visite me demand&#232;rent mon avis sur un coup de force pour nous lib&#233;rer&#8230; J'ai d&#251; user de toute ma persuasion pour les faire renoncer &#224; cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de 9 ou 10 jours de gr&#232;ve de la faim et de pressions des n&#244;tres, nous estim&#226;mes que nous pouvions &#233;ventuellement avoir un proc&#232;s &#034;normal&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second proc&#232;s fut un peu plus ouvert. Nous y exige&#226;mes de nous exprimer en kabyle. Ils n'en n'avaient d&#233;cid&#233;ment pas fini avec nous. Le juge potiche demanda un volontaire dans la salle d'audience pour nous traduire en arabe&#8230; Je rappelle que nous &#233;tions au tribunal de Bgayet (!). L'image &#233;tait saisissante : il nous fallait un traducteur en arabe en plein pays kabyle ! Pays meurtri, pays &#233;ternel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendre des comptes, chez nous, &#224; un magistrat issu d'une autre com&#232;te nous &#233;tait insupportable. La salle d'audience avait peine &#224; contenir l'affluence. L'universit&#233; de Tizi, esp&#233;rant nous r&#233;cup&#233;rer, s'est d&#233;plac&#233;e en bus. Je me souviens notamment de la pr&#233;sence de quelques porte-voix &#8211; encore en libert&#233; &#8211; du Printemps berb&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un collectif d'avocats et de b&#226;tonniers, issu majoritairement du barreau d'Alger, s'est mobilis&#233; pour nous d&#233;fendre b&#233;n&#233;volement (Ali Yahia, A&#239;nouz, &#8230;). Tous &#233;taient francophones. Mais ils furent brid&#233;s et contraints d'&#233;taler leurs plaidoiries d&#233;monstratives avec le verbe approximatif du dominant (en arabe). Notre audience fut l'une des premi&#232;res &#224; exp&#233;rimenter l'arabisation totale de l'administration&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dur&#233;es d'incarc&#233;ration furent globalement r&#233;duites de moiti&#233; : pour beaucoup de mes camarades et pour moi-m&#234;me, deux ans de prison fermes furent retenus. Guidjou, jeune professeur, et Boutrid, encore lyc&#233;en, eurent les peines les plus lourdes : trois ans fermes.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chiens de garde&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Profond&#233;ment frustr&#233;s par l'injustice, nous f&#251;mes reconduits vers notre prison. L'hiver &#233;tait rude cette ann&#233;e-l&#224;, tant sur l'aspect climatique que sur le contrecoup du Printemps berb&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lourdeur des condamnations nous laissa penser &#224; juste titre que la prison de Bgayet pouvait s'av&#233;rer &#034;inadapt&#233;e&#034; &#224; notre d&#233;tention. Notamment parce que nous avions r&#233;ussi &#224; &#233;tablir ce lien social qui manque g&#233;n&#233;ralement aux prisonniers. Or, l'objectif d'une incarc&#233;ration est pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;truire l'unit&#233; intellectuelle et morale d'un individu. Ainsi que ses connexions et ses circuits de r&#233;flexion. La tactique de tout r&#233;gime autoritaire envers les d&#233;tenus politiques est toujours reconduite, c'est-&#224;-dire annihiler toute r&#233;sistance. Ce fut auparavant le cas, par exemple, pour Haroun et ses camarades en 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir appelait cela la &#034;r&#233;&#233;ducation&#034;. La solidarit&#233; entre d&#233;tenus est l'unique moyen de r&#233;sister &#224; l'an&#233;antissement programm&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre transfert &#233;tait donc imminent. Vers Lamb&#232;se croyions-nous. Finalement, notre destination sera la prison de Constantine (El Koudia).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour de No&#235;l de 1981, les gardiens sont venus nous r&#233;veiller en pleine nuit (2h du matin environ). Il ne nous fut accord&#233; que quelques instants pour pr&#233;parer nos maigres affaires : nous devons &#234;tre transf&#233;r&#233;s dans les quelques minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gros d&#233;chirement : seule une partie d'entre nous &#233;tait concern&#233;e par le d&#233;placement. Nos camarades restants, la gorge nou&#233;e et larmes aux yeux, nous proposaient de prendre qui un pull, qui un manteau, qui une boite de g&#226;teaux&#8230; Ceux qui sont rest&#233;s sont assur&#233;ment ceux qui ont le plus souffert moralement. Ils savaient que nous allions vers l'inconnu, vers une prison lointaine et hostile. &#201;tant des cibles privil&#233;gi&#233;es, nos amis avaient peur de ce qui pourrait nous arriver, des traitements qui nous attendaient. Les &#034;meneurs contre-r&#233;volutionnaires&#034; allaient subir toute la rigueur de la justice comme ce fut &#233;crit dans &lt;i&gt;El-Moudjahid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remplissons les fourgons cellulaires stationn&#233;s dans la cour de la prison. Saisis par le froid inhabituel, nous f&#251;mes silencieusement install&#233;s dans nos box respectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, j'&#233;tais plac&#233; &#224; l'arri&#232;re droit d'un des fourgons. Je jouxtais la porti&#232;re du fond. Le hasard fait que c'est toujours cette place que j'occupe lors des transferts : il en fut ainsi lorsqu'on me d&#233;pla&#231;a de Tizi &#224; Alger le 20 avril 1980, puis lorsqu'on m'achemina d'Alger &#224; la prison militaire clandestine de Boufarik. Cette cellule grillag&#233;e et exigu&#235; m'a toujours &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la cellule d'en face, on pla&#231;a Kader Guidjou. Celle de sa gauche &#233;tait occup&#233;e par le lyc&#233;en Salah Taybi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis le convoi s'&#233;branla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement, je m'aper&#231;us que la vitre situ&#233;e dans mon dos &#233;tait bris&#233;e, certainement par des manifestants. Je recevais, avec la vitesse du v&#233;hicule, tout le vent glacial de cette nuit. Aussi &#233;tais-je content d'avoir pu prendre mon &lt;i&gt;burnous&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce burnous, que j'ai gard&#233;, avait et a toujours pour moi une grande valeur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui pouvait me prot&#233;ger un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La trou&#233;e d'air p&#233;n&#233;trante gelait le fourgon et j'&#233;tais &#224; la premi&#232;re loge. Au bout d'un moment, l'un des gendarmes qui nous accompagnaient s'est appropri&#233; de force ma laine pour l'enrouler autour de ses jambes. Aucun des passagers d&#233;tenus ne pouvait souffler mot sous peine de repr&#233;sailles muscl&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entam&#226;mes les virages des gorges de Kherrata, enfin je suppose car nous n'avions pas de vue sur l'itin&#233;raire. Salah Taybi, p&#226;le comme un linge, se mit &#224; vomir &#224; m&#234;me le plancher. Personne ne pouvait rien pour lui car nos cellules &#233;taient cadenass&#233;es. Les gendarmes, craignant une mise en sc&#232;ne, ne firent aucun geste. Ils refus&#232;rent d'obtemp&#233;rer par une halte car ils avaient la phobie du guet-apens&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la pratique pacifique de notre lutte, l'&#201;tat ne voyait que complots et coups tordus. La culture des militaires magnats assis au pouvoir, ne comprenait et ne savait combattre que les actes violents. Les luttes des jeunes dans les rues leur &#233;taient totalement myst&#233;rieuses, &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gorges de Kherrata, d'une beaut&#233; sublime, ont &#233;t&#233; d&#233;cidemment t&#233;moins de bien de malheurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Puanteur et froid furent ainsi nos compagnons de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au fil des kilom&#232;tres, je me congelais litt&#233;ralement. L'exigu&#239;t&#233; de la cellule ne me permettait aucun mouvement. Au bout seulement d'une heure de ce calvaire, j'arrivais &#224; peine &#224; bouger tant le froid me tenaillait, me p&#233;n&#233;trait. Je finis par rester statique, les l&#232;vres bleut&#233;es, le corps inerte. R&#233;guli&#232;rement, mon ami feu Kader Guidjou me questionnait sur mon &#233;tat. J'avais du mal &#224; lui r&#233;pondre car j'&#233;tais liqu&#233;fi&#233; comme dit plus haut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arriv&#226;mes &#224; Constantine au petit jour. Titubant, je mis quelques instants avant de pouvoir tenter un geste pour m'extraire du v&#233;hicule. Voyant mes difficult&#233;s &#224; me mouvoir, Kader sauta sur moi pour me r&#233;chauffer et m'embrasser de bonheur. Il eut tr&#232;s peur que je succombe durant ce voyage de l'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Constantine&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La prison de Constantine est une b&#226;tisse coloniale qui a par le pass&#233; enferm&#233; des hommes comme Zighout Youcef. Murailles &#233;paisses, cours aust&#232;res, miradors mena&#231;ants et r&#233;gime strict. C'est l'endroit que je connais le mieux de la cit&#233; de Massinissa. Le Rhumel d&#233;crivant sa s&#233;rie de sinuosit&#233;s se resserrant puis formant des boucles, les ponts &#233;troits, les failles vertigineuses rappellent &#233;videmment un pass&#233; glorieux. Mais pour moi, Constantine est synonyme d'oppression et de repli obscur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes voyages de jeunesse en cette Alg&#233;rie &#034;ind&#233;pendante&#034; furent bien singuliers. &#192; l'aurore d'une vie assoiff&#233;e de curiosit&#233;s, j'ai &#233;cum&#233; durant des mois les bas-fonds de l'Ouest tels que la centrale p&#233;nitentiaire de Berrouaghia ainsi que les ge&#244;les secr&#232;tes de Boufarik. C'&#233;tait maintenant au tour de l'antichambre difforme de l'Est antique. L'Histoire suit son parcours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur de l'enceinte obscure, nous &#233;tions les plus jeunes et les plus instruits. Nos cod&#233;tenus, initialement repli&#233;s et soumis finirent par s'approcher de nous. Pas &#233;vident car nous &#233;tions des politiques. Et les politiques d&#233;termin&#233;s faisaient peur aux d&#233;tenus de droit commun. Le pouvoir a r&#233;ussi &#224; inoculer cette terreur mentale, y compris aux &#034;hors la loi&#034;. Nous fr&#233;quenter pouvait changer leur perception de l'administration p&#233;nitentiaire. Cela me rappelait l'appr&#233;hension qu'avaient envers nous les gros &#034;Droits Communs&#034; de la prison de Boufarik. Certains avaient eu des &#233;changes de r&#233;volvers avec la police suite &#224; des braquages. Mais fraterniser en prison avec des &#034;politiques&#034; leur &#233;tait tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture politique alg&#233;rienne est arriv&#233;e &#224; instaurer le pire des anath&#232;mes : s'opposer au r&#233;gime, y compris d&#233;mocratiquement et de mani&#232;re non violente, est &#233;rig&#233; en crime absolu !&lt;br class='autobr' /&gt;
La case dans laquelle &#233;tait rang&#233;e la nouvelle g&#233;n&#233;ration tumultueuse, d&#233;mocratique et un tantinet libertaire est semblable &#224; celle des intouchables indoues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pire ennemi &#224; une dictature qu'une jeunesse libre dressant ses id&#233;aux &#224; ciel ouvert.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous dispatcha dans plusieurs salles et f&#238;mes graduellement connaissance avec nos nouveaux cod&#233;tenus. Certains avaient d&#233;tourn&#233; des fonds, d'autres &#233;taient des criminels condamn&#233;s lourdement. Le m&#233;lange &#233;tait in&#233;dit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soud&#233;s par la solidarit&#233; de nos convictions, nous fin&#238;mes par prendre notre place. Pour nos vis-&#224;-vis, nous avions os&#233; faire face au pouvoir, avions os&#233; nous r&#233;volter. Nos &#034;colocataires&#034; ne partageaient pas nos convictions, mais notre attitude digne for&#231;ait leur respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les matins nous faisions la queue pour le rasage quotidien. Les d&#233;tenus devaient &#234;tre pr&#233;sentables en cas d'une visite impromptue. La m&#234;me lame de rasoir servait pour 50 d&#233;tenus. Les derniers se faisaient &#233;corcher la peau par l'instrument &#233;mouss&#233;. Dans le contexte, nous gardions tous la moustache. Vivants sous un r&#233;gime m&#233;di&#233;val, les d&#233;tenus de Constantine ne pouvaient qu'&#234;tre moustachus &#224; la Vercing&#233;torix !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions &#224; plusieurs heures de la Kabylie, mais nos parents &#233;taient toujours pr&#233;sents au parloir. Certains venaient en taxis, d'autres &#233;conomisaient pour le d&#233;placement. Tous se levaient aux aurores pour &#234;tre pr&#233;sents &#224; l'heure de la visite. De nos proches, il nous semblait d&#233;tecter un sentiment un tantinet mitig&#233;. Ils &#233;taient fiers de nous et &#233;taient heureux de nous voir indemnes. Mais ils semblaient nous reprocher &#224; travers la vitre &#034;pourquoi vous nous faites subir cela&#034; ? &lt;i&gt;&#034;Aay&#611;er i &#611;-tessaw&#7693;em ar waya ?&lt;/i&gt; Nous ressentions profond&#233;ment la fin des parloirs, vraie d&#233;chirure pour eux de nous laisser de nouveau &#224; l'inconnu. Aussi, &#233;tais-je content lorsque mes parents avaient un emp&#234;chement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant mes moments de solitude, je griffonnais des vers sur l'amour, sur la libert&#233;, sur les frustrations. En ces temps de disette, mes amis trouvaient que j'avais une plume de po&#232;te &#224; tel point qu'ils les apprirent par c&#339;ur. Moh Ch&#233;rif en traduisit m&#234;me quelques-uns en berb&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, un d&#233;tenu intello pour d&#233;lit &#233;conomique m'apprit qu'&#233;crire en prison pouvait &#234;tre sujet &#224; de s&#233;v&#232;res punitions car il en avait v&#233;cu l'exp&#233;rience quelques mois plus t&#244;t. Quelques mois plus t&#244;t me dit-il&#8230; Il est vrai qu'en taule, l'unit&#233; de temps n'est ni le jour ou la semaine. Le r&#233;cent s'exprime g&#233;n&#233;ralement en mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai tenu compte de son conseil, &#224; savoir : &#233;viter d'&#233;crire ou alors &#233;crire clandestinement. J'ai longtemps gard&#233; mes feuillets de prison, puis les ai &#233;gar&#233;s. Peut-&#234;tre les retrouverai-je un jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de quelques semaines &#224; Constantine, le courrier des camarades commen&#231;a &#224; venir. La censure &#233;tait telle qu'il fallait en d&#233;crypter longuement la teneur. Nous relisions avec avidit&#233; les lettres admirables provenant de Tizi. Salem Djebara, Hakem Ramdane et Hend Sadi nous envoyaient r&#233;guli&#232;rement des lettres qui nous donnaient du baume au c&#339;ur. Ces soutiens nous aid&#232;rent &#224; rester nous-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, une fois &#034;bien &#233;tablis&#034;, nous f&#238;mes &#224; l'administration p&#233;nitentiaire la demande de l'octroi d'une salle de cours pour former les d&#233;tenus qui le souhaiteraient. Inattendu en milieu carc&#233;ral alg&#233;rien !&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre demande eut miraculeusement un retour favorable car notre prison pourrait se targuer de transformer des brebis &#233;gar&#233;es en dipl&#244;m&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains droits communs se sont inscrits pour des cours du niveau du brevet. Nos amis lyc&#233;ens qui d&#233;siraient repasser leur bac en trouv&#232;rent de leur c&#244;t&#233; l'opportunit&#233;. Finalement, seuls nos camarades furent assidus. On nous am&#233;nage&#226;t en ce sens une petite salle donnant sur la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propuls&#233; professeur de math&#233;matiques avec Djamel et Aziz, j'avais comme coll&#232;gue de physique Chebbi Tayeb, professeur d'El-Hammadia d&#233;tenu avec nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans ouvrages sous la main, nous nous sommes d&#233;patouill&#233;s avec les moyens du bord. La motivation de nos &#233;l&#232;ves fit le reste. Au final, apr&#232;s un travail acharn&#233;, tous obtinrent le bac en cette prison d'El-Koudia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le mois de juin 1982, nous e&#251;mes des &#233;chos d'apaisement venant du sommet&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils se confirm&#232;rent par un train de lib&#233;rations. Cinq d&#233;tenus ne figuraient pas dans la liste des &#034;amnisti&#233;s&#034; : Kader Guidjou, Nacer Boutrid, Aziz Tari, Djamel Z&#233;nati, G&#233;rard Lamari.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions contents pour nos camarades, mais ceux-ci &#233;taient caustiques. L'un d'entre eux refusa m&#234;me de sortir de prison tant que n'&#233;tions pas tous lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de jours plus tard, nous retrouvions l'air libre &#224; notre tour.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Epilogue&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Une g&#233;n&#233;ration est pass&#233;e et la plupart des acteurs de 1981 sont &#224; l'&#233;tranger. Amers, ils ressentent le d&#233;sarroi dans lequel se trouve la Kabylie de leur jeunesse. Depuis 1980, la Kabylie n'a cess&#233; d'&#234;tre un champ de r&#233;voltes. Les r&#233;pressions successives l'ont plong&#233; chaque fois dans une consternation suppl&#233;mentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, sans &#233;lite intellectuelle et d&#233;poss&#233;d&#233;e de ses leviers &#233;conomiques, &lt;i&gt;Tamurt&lt;/i&gt;, exsangue, est particuli&#232;rement expos&#233;e &#224; une d&#233;sarticulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; moins d'un nouveau soubresaut strat&#233;giquement diff&#233;rent et id&#233;ologiquement original&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-mouvement-de-Mai-81-ou-le-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;La R&#233;bellion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Printemps-berbere-Tizi-se-met-en.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Tizi se met en mouvement...&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-Printemps-berbere-La-revolte.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Troisi&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;L'explosion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-Djurdjura-et-la-Soummam-ne-font.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Quatri&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Le Djurdjura et la Soummam ne font qu'un&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;Avril 1980 : sa gen&#232;se et sa r&#233;alit&#233; actuelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Conf&#233;rence de G&#233;rard Lamari &#224; Paris, le 15 avril 2023&lt;/i&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/sVvUnLqFAOg&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce burnous, que j'ai gard&#233;, avait et a toujours pour moi une grande valeur affective car il a &#233;t&#233; tiss&#233; par ma tante alors que j'&#233;tais en clandestinit&#233; au fond de la Kabylie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Djurdjura et la Soummam ne font qu'un</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Le-Djurdjura-et-la-Soummam-ne-font.html</link>
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		<dc:date>2023-06-11T13:39:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous publions la quatri&#232;me partie du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981). Dans cette quatri&#232;me partie, G&#233;rard Lamari revient sur l'impasse et les dissensions qu'a vu l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou en 1981 et la mobilisation des lyc&#233;ens de la r&#233;gion de la Soumam qui a aboutit aux manifestations du 19 mai 1981. &lt;br class='autobr' /&gt;
La R&#233;daction. &lt;br class='autobr' /&gt; Le mouvement de Mai 81 ou le l'autre pilier du Printemps Berb&#232;re Quatri&#232;me partie : Le Djurdjura (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/arton4985-06c4b.jpg?1774404728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la quatri&#232;me partie du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981). Dans cette quatri&#232;me partie, G&#233;rard Lamari revient sur l'impasse et les dissensions qu'a vu l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou en 1981 et la mobilisation des lyc&#233;ens de la r&#233;gion de la Soumam qui a aboutit aux manifestations du 19 mai 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement de Mai 81 ou le l'autre pilier du Printemps Berb&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me partie : Le Djurdjura et la Soummam ne font qu'un&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_5910 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH320/gerard-4-7a41a.jpg?1774404728' width='500' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bgayet a tayri-inu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la rentr&#233;e de septembre 80, nous nous sommes mis en qu&#234;te de jeter un pont entre l'universit&#233; et les lyc&#233;ens kabyles. Apr&#232;s tout, ils &#233;taient destin&#233;s &#224; devenir de futurs &#233;tudiants &#224; Tizi ou ailleurs. Certains viendront effectivement nous rejoindre un an plus tard. D'autres, comme Kamel Amzal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Amzal Kamel a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; la cit&#233; universitaire de Ben Aknoun (Alger) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, poursuivront leurs &#233;tudes &#224; Alger, et, enfin, le cort&#232;ge des lyc&#233;ens de Bgayet finira &#224; la nouvelle universit&#233; de S&#233;tif.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de nos rencontres &#233;tait de les mettre &#224; notre niveau d'information et de tisser une coordination entre nous tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous organisions nos rendez-vous au petit amphi de Oued-A&#239;ssi tous les premiers jeudis de chaque mois. Tous les lyc&#233;es de Kabylie &#233;taient repr&#233;sent&#233;s. Outre Kamel Amzal de Michelet, nous conn&#251;mes ainsi Moh Ch&#233;rif et Boukhalfa Bellache, Nacer Boutrid, Salah Taybi, Amirouche Sadi, Ali Benamsili, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s ponctuels, malgr&#233;, d'une part, les lourds probl&#232;mes de transport et, d'autre part, le bac qui se profilait, ils &#233;taient toujours ravis de nous retrouver en ces apr&#232;s-midi de week-end. Tr&#232;s motiv&#233;s, ces jeunes avaient soif d'informations et souhaitaient mieux s'armer politiquement. Ils ne pouvaient trouver meilleur endroit. Ils suivaient en effet assidument les &#233;changes d'analyses entre l'extr&#234;me-gauche et la branche culturaliste du FFS.&lt;br class='autobr' /&gt;
En mars 1981, le pouvoir rendit publique ses conclusions li&#233;es au &#171; Dossier Culturel &#187;. Nous re&#231;&#251;mes ensemble le coup de massue du rejet de nos revendications.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; partir de ce moment que la coh&#233;sion de la t&#234;te du mouvement au sein de l'universit&#233; de Tizi va se fissurer ouvertement, avant de se fendre d&#233;finitivement en deux p&#244;les irr&#233;conciliables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier, de tendance gauche-r&#233;volutionnaire, voulait impulser une nouvelle mobilisation massive et engager un nouveau bras de fer avec le pouvoir. Ce courant &#233;tait repr&#233;sent&#233; par Djamel Z&#233;nati, Aziz Tari, Ramdane Hakem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il finira par se ranger &#224; la position &#171; d'apaisement &#187;. Contraints par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et G&#233;rard Lamari.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second, culturaliste et/ou FFS, cherchait l'apaisement tout en pr&#233;conisant la production culturelle. Cette aile, craignant une nouvelle r&#233;pression, correspondait en fait &#224; un certain attentisme en vue de jours meilleurs. Elle &#233;tait plut&#244;t repr&#233;sent&#233;e par les enseignants FFS ou assimil&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notons que cette course vers le leadership laiss&#226;t pour compte la majorit&#233; des &#233;tudiants. Nous devrions retenir qu'un mouvement de masse ne saurait &#234;tre que pluriel et consensuel. Les deux courants commettaient une lourde erreur en se combattant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justifier une strat&#233;gie &#224; posteriori est toujours ais&#233;e me dira-t-on. Aussi ne me bornerai-je qu'&#224; la citation du pompier A. Brerhi, ministre de l'enseignement sup&#233;rieur de l'&#233;poque :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;A la veille de son premier anniversaire [Avril 81], la rumeur annon&#231;ait de grandes manifestations en Kabylie. Un conseil minist&#233;riel pr&#233;sid&#233; par le Premier ministre fut convoqu&#233; en toute urgence. [&#8230;] Apr&#232;s un long d&#233;bat, je proposais [&#8230;] l'ouverture d'une post graduation sur l'amazighit&#233; &#224; Alger [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abdelhak Bererhi, &#034;Un d&#233;tonateur d&#233;mocratique. T&#233;moignage, analyses et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait donc bel et bien panique &#224; bord !&lt;br class='autobr' /&gt;
Que nous d&#233;tinssions une plus forte capacit&#233; de mobilisation, et les acquis eussent &#233;t&#233; certainement plus importants !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la disposition au combat &#233;tait somme toute relative &#224; ce moment-l&#224;. Le traumatisme induit par l'agression physique du 20 avril 1980 conjugu&#233; aux nouvelles divergences internes ne pouvait accoucher que d'une p&#233;riode statique.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'oppos&#233;, il y avait &#224; contrario une effervescence accrue dans les &#233;tablissements de Bgayet, d'Akbou, de Sidi-A&#239;ch, de Seddouk&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la derni&#232;re rencontre avec les lyc&#233;ens (mi-avril 81), quelques &#233;l&#233;ments de Bgayet sond&#232;rent &#034;le trio&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi appelaient-ils le groupe Aziz-Djamel-G&#233;rard. Je n'ai eu connaissance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; quant &#224; l'opportunit&#233; d'une marche pacifique pour le 19 mai&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le choix de la date faisait r&#233;f&#233;rence &#224; l'appel du 19 mai 1956 enjoignant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; suivant. Les revendications seraient celles d'Avril 80 auxquelles sera int&#233;gr&#233;e l'exigence du maintien du projet de construction de l'universit&#233; de Bgayet. Pour punir les Kabyles, cette derni&#232;re avait &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e au profit de Jijel. Nous conv&#238;nmes de nous retrouver pour centrer la discussion sur ce dernier point. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours plus tard, nous re&#231;&#251;mes des &#233;missaires nous invitant &#224; une r&#233;union de pr&#233;paration &#224; Bgayet. La date pr&#233;vue &#233;tait celle du jeudi 7 mai 1981. Quant au lieu pr&#233;cis, il &#233;tait pr&#233;vu qu'il nous serait communiqu&#233; plus tard. Nous donn&#226;mes notre accord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous accueillir le jour J, les organisateurs post&#232;rent toute la matin&#233;e des &#233;l&#233;ments &#224; tous les terminaux de Bgayet (les deux gares, les stations de taxi, etc.). Nous avions, quant &#224; nous, pr&#233;vu de venir par l'unique bus de 6h30 faisant la liaison Tizi-Bgayet. Je me souviens que nous n'avions pu nous r&#233;veiller qu'&#224; 6 heures (manque de sommeil en ces jours tendus). De Oued-A&#239;ssi, il nous &#233;tait impossible d'arriver &#224; temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions persuad&#233;s que notre absence reporterait automatiquement la rencontre de Bgayet. Puis nous n'y repens&#226;mes plus vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Soummam, alter &#233;go du Djurdjura&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 mai 1981 retentit &#224; Bgayet une gigantesque d&#233;flagration que personne n'attendait. Pas &#224; Tizi en tout cas. Si le coup de tonnerre &#233;clata dans un ciel d'apparence sans nuages visibles, le feu couvait depuis au moins une ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en fin d'apr&#232;s-midi que j'appris l'&#233;v&#233;nement. Je me souviens que j'&#233;tais &#224; Oued-A&#239;ssi et que la nouvelle me fit grand plaisir. La Soummam prenait le relais. Mon premier r&#233;flexe fut d'appeler mon lyc&#233;e d'origine : El-Hammadia. Je tombai sur le surveillant g&#233;n&#233;ral. Lui dont la s&#233;v&#233;rit&#233; &#233;tait notoire se montra si enthousiaste que j'en fus transport&#233;. Je sentais qu'il &#233;tait heureux d'&#233;changer avec un ancien &#233;l&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le surveillant du lyc&#233;e m'expliqua que ses pensionnaires n'&#233;taient pas encore rentr&#233;s et qu'ils avaient massivement manifest&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux cort&#232;ges d&#233;marr&#232;rent en m&#234;me temps : l'un du lyc&#233;e El-Hammadia, l'autre du lyc&#233;e Ihaddaden. La jonction se f&#238;t &#224; l'entr&#233;e du quartier &#034;Lekhmis&#034;. La marche pacifique, gigantesque, clamait des slogans tels que &#034;Tamazight langue nationale&#034;. Alternativement, elle reprenait des chants r&#233;volutionnaires tels que &#034;Tizi b-bwassa&#034; du groupe &lt;i&gt;Imazighen Imula&lt;/i&gt;. Le d&#233;fil&#233;, joyeux et bon enfant, arriva sans encombre au centre-ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un manque lancinant venait d'&#234;tre combl&#233;. Bgayet et la Soummam, qui &#233;taient parties prenantes du mouvement berb&#232;re de 1980, &#233;taient frustr&#233;es depuis une ann&#233;e. Il leur manquait cette expression massive et ouverte qu'a connue Tizi auparavant. Le foss&#233; venait d'&#234;tre combl&#233;. C'est au niveau du centre-ville que la r&#233;pression s'abattit. F&#233;roces, les brigades anti-&#233;meutes charg&#232;rent violemment. Les matraques frappaient sans distinction les jeunes manifestants et, en quelques minutes, les gaz lacrymog&#232;nes enveloppaient l'atmosph&#232;re. A partir de ce moment, la marche d&#233;g&#233;n&#233;ra en &#233;meutes qui se poursuivirent toute la journ&#233;e. D&#233;pass&#233;s, les &#034;services&#034; de s&#233;curit&#233; furent renforc&#233;s par leurs coll&#232;gues des d&#233;partements avoisinants, &#224; savoir S&#233;tif, Jijel et Bordj Bou Arr&#233;ridj. Une aubaine pour casser du kabyle. D&#233;vast&#233;, le p&#233;rim&#232;tre du centre ressemblait &#224; une ville venant de subir une secousse tellurique de forte magnitude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la vall&#233;e de la Soummam, il se reproduisit les m&#234;mes sc&#232;nes. Comme ceux de Bgayet, les lyc&#233;ens d'Akbou furent lourdement r&#233;prim&#233;s. Sidi-A&#239;ch s'illumina en &#233;cho. A Seddouk, les manifestations faillirent se transformer en insurrection. Les jeunes prirent possession de la mosqu&#233;e et utilis&#232;rent ses haut-parleurs pour lancer des appels &#224; la population. Bref, la Basse-Kabylie &#233;tait en flammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant l'ampleur de la r&#233;volte, l'&#201;tat mobilisa ses forces r&#233;pressives centrales (d'Alger notamment) pour tuer ce mouvement avant qu'il ne fasse tache d'huile. En quelques jours, tous les architectes de la r&#233;volte (lyc&#233;ens notamment et enseignants tels que Guidjou, principal artisan de la r&#233;volte) furent arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Il faut tuer le trio&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi &#233;tait d&#233;nomm&#233; &#224; l'&#233;poque le triangle &#034;Aziz-Djamel-G&#233;rard&#034;. Comme je l'ai pr&#233;cis&#233; plus haut, je ne l'ai su qu'assez r&#233;cemment. Dans la Soummam, la vague d'arrestations a compl&#233;tement d&#233;cim&#233; le noyau animateur du mouvement qui s'est retrouv&#233; en quelques jours d&#233;capit&#233; de sa jeune &#233;lite locale. Et pour faire d&#233;finitivement place nette, les autorit&#233;s ont d&#233;cid&#233; d'en finir avec le &#034;trio&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tant &#233;tudiants influents &#224; Tizi, et originaires de la Soummam, nous pouvions redonner un &#233;lan &#224; la protestation, et, notamment d&#233;velopper un mouvement de soutien qui ferait relai. Les deux Kabylies seraient enfin r&#233;unies en symbiose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela, le pouvoir voulait l'emp&#234;cher absolument. &#192; Alger, tous nos amis &#233;taient arr&#234;t&#233;s. &#192; Tizi, le moral &#233;tait en berne, mais un sursaut &#233;tait toujours possible. D'o&#249; la d&#233;cision de la dictature d'an&#233;antir toute r&#233;sistance potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin mai 1981, nous appr&#238;mes par une indiscr&#233;tion que nous &#233;tions susceptibles d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s &#224; notre tour. Nous &#233;tions alors en pleine pr&#233;paration de nos examens universitaires. Que faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'universit&#233; de Tizi n'&#233;tant pas mobilisable &#224; ce moment-l&#224;, et nos amis fiables &#233;tant en prison, nous d&#233;cid&#226;mes d'entrer en clandestinit&#233;. Tizi n'&#233;tait plus s&#251;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le taxieur Brahim fut de nouveau sollicit&#233;. Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, nous ne pouvions plus prendre son v&#233;hicule. Je lui ai remis un message qu'il a achemin&#233; &#224; mon p&#232;re : &#034;viens nous chercher cette nuit sur la route surplombant Oued-A&#239;ssi &#224; 2 heures du matin. La police veut nous arr&#234;ter&#034;. Nous nous appr&#234;tions &#224; sacrifier par ce geste un nouveau semestre d'&#233;tudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re arriva &#224; l'heure dite. Nous nous engouffr&#226;mes dans sa &#171; 204 Peugeot &#187; fraichement retap&#233;e, puis part&#238;mes par les petites routes montagneuses. Nous f&#251;mes cours&#233;s au d&#233;part, mais mon p&#232;re r&#233;ussit &#224; semer nos poursuivants. C'est qu'il avait de la bouteille mon vieux en tant qu'ancien acheminant des &#171; porteurs de valises &#187;. Il revivait, 25 ans plus tard, les trajets Paris-B&#244;ne &#224; travers ce Tizi-Akbou via Icella&#7693;en.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arriv&#226;mes, au petit matin, au village de Tizerght, voisin d'Aguemoun, berceau de mon enfance. Loin de tout, accoud&#233; au flan d'une montagne majestueuse, il nous offrait sa beaut&#233; et une qui&#233;tude passag&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous y passerons l'&#233;t&#233;. C'est d'Aguemoune que nous apprendrons par la radio (notre seul m&#233;dia) que la France &#233;tait pass&#233;e &#224; &#034;gauche&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La clandestinit&#233; totale est une exp&#233;rience incroyablement absolutiste : &#234;tre recherch&#233; par toutes les polices, ne pas pouvoir se d&#233;placer, ne pas pouvoir aller au caf&#233; du coin, se cacher tout en analysant la situation demande une force de conviction, de caract&#232;re aussi. Loin de son milieu naturel, le militant peut flancher &#224; ce moment-l&#224;. C'est arriv&#233; &#224; l'un de mes deux compagnons. &#202;tre choy&#233; par la &#034;masse&#034; apporte toujours du baume au c&#339;ur, mais l'isolement peut nuire conjoncturellement &#224; un militant non vraiment pr&#233;par&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions comme morts et nous regardions le monde &#224; travers notre p&#233;riscope.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions connu, une ann&#233;e auparavant, la prison militaire de Boufarik, puis le sinistre p&#233;nitencier de Berrouaghia. Mais la clandestinit&#233; est diff&#233;rente : on se fait prisonnier soi-m&#234;me dans une tour d'ivoire pr&#233;par&#233;e par soi. On se met volontairement hors-vie hors du milieu social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la rentr&#233;e de septembre 81, nous nous m&#238;mes en accord &#224; distance (tous les trois) pour rejoindre individuellement l'universit&#233; de Tizi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois sur le site, nous appr&#238;mes que les forces de s&#233;curit&#233; avaient occup&#233; tout l'&#233;t&#233; durant notre campus pour emp&#234;cher le d&#233;roulement de &#171; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; &#187; organis&#233;e par les militants &#034;culturalistes&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Branche FFS du mouvement de 80.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos camarades nous confirm&#232;rent que nous &#233;tions plus que jamais recherch&#233;s&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
A la convocation de nous rendre au commissariat central de Tizi, Djamel et Aziz d&#233;cid&#232;rent d'y donner suite. Ils furent interrog&#233;s, puis lib&#233;r&#233;s en attendant le proc&#232;s de Bgayet. Pour ma part, j'eu une autre attitude : reprendre la clandestinit&#233; jusqu'&#224; nouvel ordre. Ce fut notre seconde dissonance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la Chape de plomb, et face &#224; un pouvoir requinqu&#233; et liquidateur, il est toujours difficile de trouver la bonne attitude. Pour ce qui me concerne, j'ai pris l'option &#034;absent&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soup&#231;onnant une arrestation &#224; tout moment, avec Hend Sadi et Aknine Arab, nous pass&#226;mes la nuit dans un abri pr&#232;s de Oued-A&#239;ssi. Le lendemain, je pris la poudre d'escampette gr&#226;ce notamment &#224; Aknine Arab et Amrane Hocine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-mouvement-de-Mai-81-ou-le-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;La R&#233;bellion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Printemps-berbere-Tizi-se-met-en.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Tizi se met en mouvement...&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-Printemps-berbere-La-revolte.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Troisi&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;L'explosion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;Avril 1980 : sa gen&#232;se et sa r&#233;alit&#233; actuelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Conf&#233;rence de G&#233;rard Lamari &#224; Paris, le 15 avril 2023&lt;/i&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/sVvUnLqFAOg&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Amzal Kamel a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; la cit&#233; universitaire de Ben Aknoun (Alger) par les islamistes le 2 novembre 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il finira par se ranger &#224; la position &#171; d'apaisement &#187;. Contraints par les n&#244;tres, nous d&#251;mes mettre en autodaf&#233; les dizaines de milliers de tracs pr&#233;vus pour l'appel &#224; la population &#224; une grande manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abdelhak Bererhi, &#034;Un d&#233;tonateur d&#233;mocratique. T&#233;moignage, analyses et r&#233;flexions&#034;, Avril 80 : insurg&#233;s et officiels du pouvoir racontent le &#034;Printemps Berb&#232;re&#034;, ouvrage collectif coordonn&#233; par Arezki A&#239;t Larbi, &#233;ditions KOUKOU, 2010, p. 221-250.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi appelaient-ils le groupe Aziz-Djamel-G&#233;rard. Je n'ai eu connaissance de cette appellation affective qu'en mai 2014, soit 33 ans apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le choix de la date faisait r&#233;f&#233;rence &#224; l'appel du 19 mai 1956 enjoignant les &#233;tudiants &#224; monter au maquis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Branche FFS du mouvement de 80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Printemps berb&#232;re : La r&#233;volte</title>
		<link>https://tamazgha.fr/Le-Printemps-berbere-La-revolte.html</link>
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		<dc:date>2023-06-01T23:18:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous poursuivons la publication du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981). Dans cette troisi&#232;me partie, il revient sur l'&#034;interdiction&#034; de la conf&#233;rence de Mouloud Mammeri sur &#034;La po&#233;sie kabyle ancienne&#034; &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou. Une interdiction qui suscit&#233; l'indignation de la Communaut&#233; universitaire kabyle dont la mobilisation qui a dur&#233; 40 jours a fin par &#234;tre violemment r&#233;prim&#233;e par le r&#233;gime alg&#233;rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton4984-531d8.jpg?1774404728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous poursuivons la publication du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari qui porte sur le Printemps berb&#232;re en Kabylie (1980 et 1981). Dans cette troisi&#232;me partie, il revient sur l'&#034;interdiction&#034; de la conf&#233;rence de Mouloud Mammeri sur &#034;La po&#233;sie kabyle ancienne&#034; &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou. Une interdiction qui suscit&#233; l'indignation de la Communaut&#233; universitaire kabyle dont la mobilisation qui a dur&#233; 40 jours a fin par &#234;tre violemment r&#233;prim&#233;e par le r&#233;gime alg&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement de Mai 81 ou le l'autre pilier du Printemps Berb&#232;re
&lt;p&gt;Troisi&#232;me partie : L'explosion&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_5909 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/gerard-3_bis-eb8ff.jpg?1774404728' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La finalit&#233; de cette partie n'est pas d'&#233;grener les classiques dates, ni de rappeler nos &#034;faits d'armes&#034;. Ce devoir de m&#233;moire consiste &#224; apporter modestement des &#233;clairages tant sur ce qui n'a pas encore &#233;t&#233; dit ou &#233;crit, que sur l'&#233;tat d'esprit qui nous animait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on le sait, l'ann&#233;e 1980 fut tr&#232;s riche en &#233;v&#233;nements. L'historiographie du Printemps berb&#232;re est assez abondante quoiqu'encore imbib&#233;e de relents partisans, et donc toujours malheureusement d'objectivit&#233; incertaine. Des essais de rang universitaires commencent cependant &#224; voir le jour, et c'est tant mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'acte fondateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le 12 janvier 1980 que fut c&#233;l&#233;br&#233; pour la premi&#232;re fois Yennayer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvel an berb&#232;re&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'acte eut lieu &#224; l'Universit&#233; de Tizi-Ouzou. Les trois campus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oued-A&#239;ssi, Ihesnawen et M'douha (cit&#233; de jeunes filles).&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; y particip&#232;rent avec un enthousiasme d&#233;bordant. Habill&#233;es en tenues kabyles, je trouvais les &#233;tudiantes particuli&#232;rement &#233;l&#233;gantes. Si on devait attribuer une prime sp&#233;ciale pour l'occasion, on devrait la leur accorder car, de plus, elles montr&#232;rent ce jour-l&#224; leur capacit&#233; de gestion de l'&#233;v&#233;nementiel. Ce fut r&#233;ellement f&#233;&#233;rique malgr&#233; nos modestes moyens. Rendons aussi un hommage particulier &#224; la m&#233;moire de feu Djaffar Ouahioune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il sera l&#226;chement assassin&#233; en mai 1997 devant ses &#233;l&#232;ves &#224; Ath Yenni.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui fut un artisan essentiel de cette renaissance de l'An berb&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yennayer 2930 scella ainsi d&#233;finitivement la lib&#233;ration de l'universit&#233; de Tizi-Ouzou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; prenait le large et commen&#231;ait &#224; jouer un r&#244;le rayonnant. Nous &#233;tions en m&#234;me temps &#233;pi&#233;s par la direction locale du FLN qui attendait sans doute un faux pas. En d&#233;pit de la surveillance dont faisait l'objet notre comit&#233;, nous v&#233;c&#251;mes, de janvier &#224; d&#233;but mars 80, une p&#233;riode plut&#244;t sereine et confiante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vint le 10 mars 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour de la conf&#233;rence tant attendue de Mouloud Mammeri est enfin arriv&#233;. Cette douce journ&#233;e qui pr&#233;sageait un beau printemps allait finalement voir son cr&#233;puscule se transformer en cauchemar.&lt;br class='autobr' /&gt;
A mesure que 14h30 approchait, la foule s'agglutinait autour du restaurant universitaire d'Ihesnawen, lieu de la conf&#233;rence. Nous ouvr&#238;mes les portes en avance, esp&#233;rant que la salle &#8211; c'&#233;tait la plus grande dont &#233;tait dot&#233; le campus &#8211; pourrait contenir le public. Nous n'avions pourtant annonc&#233; l'&#233;v&#233;nement que par trois ou quatre affiches manuscrites accol&#233;es aux murs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le flux des voitures s'amplifiant, le parking de l'universit&#233; s'av&#233;ra rapidement trop exigu. Les derni&#232;res arriv&#233;es durent se garer le long du chemin montant vers le stade. L'ambiance faisait penser &#224; un grand match de foot.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'affluence &#233;tait nombreuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La conf&#233;rence de Kateb Yacine sur &#171; La r&#233;volution culturelle &#187; (fin 1980 il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et beaucoup de personnes durent se r&#233;signer &#224; des places debout au fond de la salle, ou vers l'aile lat&#233;rale. L'auditoire &#233;tait d'&#226;ge vari&#233; et beaucoup de personnes firent le d&#233;placement d'Alger, de Bgayet, etc. L'ambiance d&#233;tendue se voyait sur les visages souriants des convives. Personne ne pouvait imaginer que le grand &#233;crivain serait interdit de conf&#233;rence. Qui plus est, dans une enceinte universitaire, chez lui en Kabylie !&lt;br class='autobr' /&gt;
La po&#233;sie kabyle ancienne serait donc suspecte, voire dangereuse&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire d'autre si ce n'est que ce fait est r&#233;v&#233;lateur de la culture funeste et n&#233;faste du r&#233;gime alg&#233;rien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; nous, nous compr&#238;mes en compl&#233;ment que les autorit&#233;s locales (le &lt;i&gt;mouhafed&lt;/i&gt; notamment) remettaient &#224; jour le contentieux de l'automne 1979.&lt;br class='autobr' /&gt;
La salle &#233;tait bond&#233;e lorsqu'on me fit savoir que Mouloud Mammeri se trouvait au standard de Oued-A&#239;ssi et qu'il souhaitait rencontrer les organisateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'accourus sur le champ avec un &#233;tudiant d'Ihesnawen. Accompagn&#233; de Salem Chaker, le conf&#233;rencier nous confirma que le wali lui avait signifi&#233; qu'il &#233;tait &lt;i&gt;persona non grata&lt;/i&gt; &#224; Tizi-Ouzou. Car nous voulions l'utiliser pour poursuivre des objectifs antir&#233;volutionnaires. D&#233;sarmant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, nos camarades rest&#233;s avec le public durent faire passer la pilule : la conf&#233;rence est annul&#233;e. Ils ne purent donner d'explications par manque d'informations. Abasourdis, les gens repartirent, am&#232;res mais calmement, qui &#224; Alger qui &#224; Bgayet. Plus qu'un malaise, ils ressentirent l'humiliation, l'&#233;crasement, l'&#233;crabouillement : la Kabylie n'&#233;tait plus rien !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, il s'ensuivit le sempiternel &#171; que faire ? &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens que nous &#233;tions d&#233;sempar&#233;s sur le coup. Avec Tari Aziz et Taleb Mohammed&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tudiant en physique, il &#233;tait l'une des voix de notre groupe. Il a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous nous r&#233;un&#238;mes en apart&#233; pour envisager la suite. Il fallait r&#233;agir, mais comment ? Apr&#232;s un long moment de silence, je pris la parole pour expliquer &#224; mes camarades que nous avions en face de nous une machine qui pourrait nous broyer et qu'il fallait nous limiter &#224; marquer notre d&#233;sapprobation : organiser une gr&#232;ve comme initiative basse ou &#224; la limite un sit-in devant la Wilaya comme initiative haute. Pour moi, il fallait simplement sauver l'honneur. Pour Aziz, c'&#233;tait l'occasion de bondir vers une r&#233;volte &#224; ciel ouvert. Ses arguments firent mouche et nous convainquirent sur le champ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne savions pas que nous &#233;tions sur le point de d&#233;verrouiller une frustration ancestrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive que le d&#233;terminisme historique prenne une acc&#233;l&#233;ration inattendue par le fait d'une personne ou d'un petit groupe. C'est ce qui se passa ce 10 mars 1980.&lt;br class='autobr' /&gt;
La manifestation fut pr&#233;par&#233;e le soir-m&#234;me dans l'amphi de Oued-A&#239;ssi avec l'ensemble des &#233;tudiants de sciences exactes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce faire, nous avions fait du porte-&#224;-porte au sein de la cit&#233; universitaire r&#233;serv&#233;e aux sciences exactes &#224; Oued-A&#239;ssi. L'AG d&#233;buta vers 21 heures. Nous (Aziz Tari, Mohammed Taleb et moi-m&#234;me) expos&#226;mes la situation ainsi que notre indignation suite &#224; l'interdiction de la conf&#233;rence.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, le pouvoir voulait nous &#233;craser. Et nous nous devions de r&#233;agir et faire un bond en avant. L'AG durera moins d'une heure car il y avait unanimit&#233; quant &#224; manifester le lendemain dans les rues de Tizi. Les t&#226;ches &#233;taient distribu&#233;es et nous commen&#231;&#226;mes la pr&#233;paration de notre r&#233;volte &#224; ciel ouvert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les derni&#232;res banderoles furent peintes au petit matin. Les supports &#233;taient nos draps ficel&#233;s &#224; des b&#226;tons de fortune. Le lendemain, &#224; 8 heures du matin, nous &#233;tions tous &#224; Ihesnawen pour faire converger les &#233;tudiants des sciences sociales vers le restaurant universitaire. L'objectif &#233;tait de tenir une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de tous les &#233;tudiants de l'universit&#233; pour faire passer le message de la manifestation. La r&#233;union fut finalement une AG-&#233;clair car il n'y eut que deux interventions pour convaincre les &#233;tudiants de la n&#233;cessit&#233; d'une marche : la mienne suivie de celle Aziz.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re marche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 11 mars, vers 10 heures, notre cort&#232;ge de 1 500 &#233;tudiants s'&#233;branla depuis le portail d'Ihesnawen. Les anciens d'El-Hammadia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rabia, Djamel Belhabib, G&#233;rard, Aziz, Mourad Allam, Hamid, Li&#232;s Adjou&#8230;&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; formaient le premier rang. Surpris, les flics ne purent r&#233;agir sur l'instant. Nous ne rencontr&#226;mes leur maigre barri&#232;re que vers le milieu de la c&#244;te menant &#224; l'h&#244;pital Nedir. Le commissaire principal tenta de nous intimider, mais la pouss&#233;e vigoureuse des manifestants fit c&#233;der le barrage. Il n'y eut plus d'obstacles par la suite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;s &#224; la cit&#233; des Gen&#234;ts, des youyous commenc&#232;rent &#224; fuser des balcons. Mes cheveux s'h&#233;riss&#232;rent d'&#233;motion. Machinalement, nous hiss&#226;mes fi&#232;rement plus haut nos banderoles. Le slogan principal nous vint en pleine manifestation : &#171; &lt;i&gt;ne&#603;ya di lba&#7789;el, tamazi&#611;t mazal tella &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ral le bol des injustices, le berb&#232;re est encore pr&#233;sent. Ral le bol des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pass&#226;mes par le lyc&#233;e Amirouche et f&#238;mes une halte devant la wilaya. Nous trouv&#226;mes le portail barricad&#233;. Le wali devait probablement craindre une d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la manifestation. Apr&#232;s la halte, nous repr&#238;mes notre marche. Notre r&#233;ponse &#224; l'affront &#233;tait inesp&#233;r&#233;e et nous rendit heureux m&#234;me si elle compromettait notre avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de revenir au campus d'Ihesnawen, Aziz, Taleb et moi nous congratulons chaleureusement ; nous nous murmur&#226;mes cet &#171; au revoir et bonne chance &#187; qui signifiait que d&#233;sormais tout pouvait nous arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au niveau d'Ihesnawen que je m'aper&#231;us de l'immense foule. Les deux tours des art&#232;res ont donc entrain&#233; l'adh&#233;sion-participation de la ville. Par ce temps radieux, le d&#233;briefing improvis&#233; en plein air et sans sono, fut, mine de rien, le tout premier meeting populaire libre de l'Alg&#233;rie postcoloniale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Printemps berb&#232;re venait d'&#234;tre lanc&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement s'articule et se met en route&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, nous ne perdions pas de temps d'autant plus que les lyc&#233;ens se mirent en gr&#232;ve par solidarit&#233;. Nous nous activions &#224; la r&#233;daction d'une lettre ouverte au pr&#233;sident de la r&#233;publique. Ne disposant pas de machine &#224; &#233;crire, nous la pr&#233;senterons sous la forme manuscrite. Nous organis&#226;mes un petit concours d'&#233;criture aux &#233;tudiants, puis chois&#238;mes les 10 meilleures copies. Il &#233;tait pr&#233;vu que nos d&#233;l&#233;gations les acheminent sous cette forme aux diff&#233;rents minist&#232;res, ainsi qu'au Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence. Puis nous fin&#238;mes par r&#233;cup&#233;rer une machine &#224; &#233;crire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ramdane Achab nous tapera le texte &#224; la dactilo.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La lettre ouverte finissait par l'exigence de la reconnaissance de la langue berb&#232;re comme langue officielle (sic !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication de &#171; langue officielle &#187; figurait d&#233;j&#224; dans notre tout premier texte (12 mars 80) qui fut du reste largement diffus&#233;. A ce moment, le mouvement &#233;tait strictement &#233;tudiant et pas encore g&#233;n&#233;ralis&#233; &#224; la Communaut&#233; universitaire. Pour favoriser le consensus avec les enseignants du PRS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti de la R&#233;volution Socialiste de Boudiaf (de tendance encore un tantinet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les mod&#233;r&#233;s du FFS, nous avions abandonn&#233;, la mort dans l'&#226;me, le slogan phare de &#171; Tamazight langue officielle &#187;. Au profit de &#171; langues nationales &#187; et de &#171; unit&#233; dans la diversit&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le 20 avril, le PRS adresse une lettre de soutien au pouvoir, puis disparait suite &#224; des dissensions internes. Il n'y eut, suite &#224; cette lettre de soutien, aucun d&#233;tenu PRS. &#192; ce propos, il serait int&#233;ressant de prendre connaissance de leur &#171; brochure jaune &#187; produite &#224; l'&#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le FFS s'est, en parall&#232;le, divis&#233; entre politiques et culturalistes. Les politiques cons&#233;quents furent mis en prison avec nous. Il serait int&#233;ressant de lire leurs t&#233;moignages, mais il n'y en a pas pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effervescence va monter crescendo et s'&#233;tendre en m&#234;me temps : gr&#232;ves des lyc&#233;ens de toute la r&#233;gion, mobilisation des usines et m&#234;me du personnel de l'h&#244;pital de Tizi. La vall&#233;e de la Soummam ainsi que la ville de Bgayet s'&#233;taient mises en branle &#224; leur tour. Les premi&#232;res arrestations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arezki About, Mokrane Chemime.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les calomnies de la presse du r&#233;gime (dont l'article ordurier contre Mammeri) nous amen&#232;rent &#224; d&#233;cider d'une deuxi&#232;me manifestation (26 mars). Elle se d&#233;roula sans heurts. Elle avait aussi pour but d'alerter l'opinion sur les cas de Mokrane Chemime et d'Arezki Abboute qui furent arr&#234;t&#233;s quelques jours plus t&#244;t pour cause de distribution de tracts. L'absolutisme du r&#233;gime &#233;tait &#224; ce point. Arezki notamment a &#233;t&#233; lourdement tortur&#233;. Il a produit, en libert&#233;, un t&#233;moignage de supplices digne des Goulags.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avions pas encore suffisamment de poids pour exiger leur lib&#233;ration. Plus tard, nous les retrouverons comme cod&#233;tenus &#224; la prison de Berrouaghia. Mokrane me racontera qu'alors maltrait&#233; dans les locaux de la gendarmerie, il discernait, larmes de bonheur aux yeux, les clameurs de notre marche.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Kabylie se d&#233;senclave&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un virage d&#233;cisif sera op&#233;r&#233; avec la manifestation du 7 avril &#224; Alger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours auparavant, circulaient des rumeurs selon lesquelles une manifestation se pr&#233;parait &#224; Alger. Et que des hommes de culture comme Kateb Yacine y participeraient. Des amis enseignants nous le confirm&#232;rent la veille. Nous men&#226;mes en urgence une AG (elle eut lieu en fin d'apr&#232;s-midi du 6 avril) qui d&#233;cida de participer massivement &#224; la marche. Il &#233;tait important de d&#233;senclaver le mouvement. D&#232;s la fin de la r&#233;union, nous (Aziz, Djaffar et moi) cour&#251;mes en catimini au rendez-vous fix&#233; avec l'ami feu Brahim&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je tiens &#224; rendre un hommage tout particulier &#224; Brahim le taxieur. Militant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous bourr&#226;mes le coffre de sa 404 Peugeot de banderoles et de tracts, puis nous fil&#226;mes vers Alger. Nous d&#233;charge&#226;mes le tout chez le fr&#232;re de Aziz &#224; T&#233;lemly puis nous fon&#231;&#226;mes avec Hend Sadi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur de math&#233;matiques &#224; Tizi-Ouzou. Il sera plus tard le pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; vers Ben Aknoun pour rencontrer, vers 23 heures, le Comit&#233; &#233;tudiant : Mustafa Bacha&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tudiant en &#233;conomie &#224; Alger, puis &#224; Tizi-Ouzou. Issu de l'extr&#234;me gauche, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Salah Boukrif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tudiant en droit &#224; Alger. Issu lui aussi de l'extr&#234;me gauche, il &#233;voluera (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Ali Brahimi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tudiant en droit &#224; Alger. Il deviendra d&#233;put&#233; du FFS, puis du RCD, puis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s un rapide &#233;change sur la situation, nous primes rendez-vous pour le lendemain &#224; la biblioth&#232;que universitaire (B.U.) de la Fac centrale d'Alger. Objectif : distribuer notre lettre ouverte accompagn&#233;e du texte de Mouloud Mammeri r&#233;pondant &#224; la diffamation subie dans les colonnes d'&lt;i&gt;El-Moudjahid&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La journ&#233;e du 7 avril sera rude mais nous basculera dans un autre monde : celui de la libert&#233; affich&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous inondons la Fac centrale d'Alger de notre prose, puis nous nous d&#233;p&#234;chons de nous rendre &#224; la place du 1er Mai. La marche &#233;tait pr&#233;vue pour 10 heures. Arriv&#233; sur place, je trouve cent &#224; deux cents personnes qui se regardaient dans le blanc de l'&#339;il. Personne ne semblait reconnaitre personne. Je fus aussi frapp&#233; par l'absence des &#233;tudiants de Tizi. J'appris plus tard que tous les bus &#233;taient bloqu&#233;s d&#232;s le matin, et que le train Tizi-Alger, rempli d'&#233;tudiants, &#233;tait stopp&#233; &#224; M&#233;nerville (Th&#233;nia). Seuls quelques camarades v&#233;hicul&#233;s purent passer &#224; travers les mailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de banderoles apparentes, pas de mots d'ordres. Un petit groupe (&#233;taient-ce les organisateurs, &#233;taient-ce les services du pouvoir ?) nous orient&#226;t vers l'arri&#232;re de l'h&#244;pital Mustapha, i.e. vers un parcours excentr&#233; et qui nous &#233;loignait du centre-ville. Bizarre !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous parcour&#251;mes quelques dizaines de m&#232;tres avant de nous engouffrer dans une rue-traquenard longeant l'enceinte de l'h&#244;pital. C'est &#224; ce niveau que les forces de l'ordre sortirent de tous les c&#244;t&#233;s. Coinc&#233;s par le mur sur notre aile droite et agress&#233;s sur notre gauche par des flics en surnombre, nous n'avions aucune &#233;chappatoire. A part finir dans les ge&#244;les du commissariat central. C'est ce qui est arriv&#233; &#224; la majorit&#233; d'entre nous. Je me souviens de Hend Sadi, qui, voulant se faire passer pour un journaliste, prenait des photos. Le subterfuge ne tint pas et il fut pouss&#233; sans m&#233;nagement dans un fourgon de police. &#171; Imazighen &#187; mugit-t-il avant que la porte arri&#232;re ne se refermait sur lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'eu pour ma part la chance d'en r&#233;chapper en prenant la poudre d'escampette en courant sur les capots et toits des voitures stationn&#233;es. Me voyant faire, Aziz pr&#238;t mon exemple. Il y eut ce jour-l&#224; plus de cent arrestations. Bacha et Boukrif en faisaient partie.&lt;br class='autobr' /&gt;
De toutes les manifestations organis&#233;es en 80, celle-l&#224; fut certainement la plus mal pr&#233;par&#233;e. Mais elle permit d'amorcer un tournant positif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je repartis &#224; la Fac centrale donner un coup de main aux &#233;tudiants qui s'&#233;taient mobilis&#233;s pour faire lib&#233;rer les d&#233;tenus du jour. Nous tent&#226;mes plusieurs sorties, mais les forces de l'ordre, nombreuses, obstruaient totalement le portail. Cela a dur&#233; toute la journ&#233;e. Notre t&#233;nacit&#233; a tout de m&#234;me permis la lib&#233;ration de la plupart de nos camarades en d&#233;but de soir&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
En parall&#232;le, l'universit&#233; de Tizi d&#233;cr&#233;ta une occupation illimit&#233;e. Cela signifiait que l'universit&#233; &#233;tait en gr&#232;ve, que son fonctionnement &#233;tait stopp&#233; et qu'enfin elle &#233;tait d&#233;sormais libre et entre les mains des insurg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tizi en r&#233;volte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je retrouve Tizi le 8 avril au soir. Je fus accueilli comme un maquisard revenant du front. En seulement deux jours d'absence, je d&#233;couvris une ambiance radicalement nouvelle. Un Comit&#233; Anti-R&#233;pression fut cr&#233;&#233;. Pour g&#233;rer l'occupation de l'universit&#233; ainsi que l'organisation du mouvement, le Comit&#233; se d&#233;clina en quatre commissions. Le climat g&#233;n&#233;ral &#233;tait exceptionnellement fraternel. La p&#233;riode 8 avril-19 avril fut incontestablement la plus riche de toutes. Notre universit&#233; &#233;tait le centre du monde. Les m&#233;dias occidentaux couvraient largement notre mouvement tandis que ceux du pouvoir nos insultaient. La dichotomie nous amusait et les blagues allaient bon train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne m&#233;nageait ses efforts. Je dormais si peu que je fus &#171; heureux &#187; d'&#234;tre arr&#234;t&#233; le 20 au petit matin : je pensais na&#239;vement pouvoir me reposer tranquillement dans une cellule. Ces 12 jours qui &#233;branl&#232;rent le syst&#232;me furent vraiment uniques et ne se reproduisirent plus. Nous recevions de partout des d&#233;l&#233;gations apportant des motions de soutien. Elles &#233;taient p&#234;le-m&#234;le sign&#233;es &#171; &#201;tudiants kabyles d'Oran &#187;, &#171; Groupe kabyle de l'universit&#233; de Constantine &#187;, ou encore &#171; Collectif des &#233;tudiants kabyles de&#8230; &#187;. Apr&#232;s &#233;changes, les visiteurs repartaient avec nos papiers et des informations.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'universit&#233; &#233;tait devenue un haut lieu culturel. Les activit&#233;s s'y succ&#233;daient quasiment 24 heures sur 24. On pouvait par exemple assister &#224; une repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale &#224; 2 heures du matin ou &#233;couter un groupe de musique &#224; 4 heures. Il y eut beaucoup de conf&#233;rences sur la langue, la civilisation berb&#232;re, etc. Bref, tous les interdits de sc&#232;ne eurent leur moment de gloire au campus d'Ihesnawen. En parall&#232;le, l'universit&#233; restait ouverte &#224; la population. Le Comit&#233; de vigilance qui filtrait les entr&#233;es ne jouait qu'un r&#244;le symbolique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux jours apr&#232;s le d&#233;but de l'occupation, une foule plus importante vint nous demander de plus amples informations sur ce qui se passait dans les autres villes et villages de Kabylie. Des &#233;changes se produisirent mais ils s'av&#233;raient insuffisants au vu de l'ampleur des &#233;v&#233;nements (manifestations &#224; Azazga, Akbou, occupation du lyc&#233;e de Michelet, interpellations, &#8230;). Pour pallier au manque et pour avoir un panoramique de la situation, nous install&#226;mes un podium sonoris&#233; devant la B.U. Vers midi, nous diffuserons notre premier bulletin d'information ; inviterons les gens &#224; &#233;mettre celles en leur possession. Un r&#233;seau social avant l'heure venait ainsi d'&#234;tre mis sur pied !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela rentrera dans les m&#339;urs. A partir de ce jour, la population descendait &#224; midi pr&#233;cises suivre et commenter le bulletin du mouvement. Radio libre sans ondes&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant toute l'occupation, l'ambiance &#233;tait exceptionnelle. L'universit&#233; &#233;tait une v&#233;ritable ruche. &#201;tudiants, enseignants et travailleurs formaient une unit&#233; sans distinctions. Les textes diffus&#233;s &#233;taient g&#233;n&#233;ralement destin&#233;s &#224; la population et &#233;taient sign&#233;s &#171; Communaut&#233; universitaire &#187;. Les filles commen&#231;aient &#224; s'affirmer, rompant par-l&#224; avec la tutelle paternelle. Un bouleversement des m&#339;urs &#233;tait en train de s'op&#233;rer sous nos yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sempar&#233;e, la dictature ne sut g&#233;rer ce mouvement d'un genre nouveau. Obnubil&#233;e par le chim&#233;rique &#171; complot &#187;, elle ne pouvait apporter de r&#233;ponse positive &#224; la fronde berb&#232;re aux relents libertaires. Son seul souhait &#233;tait de faire &#233;teindre le volcan. Elle r&#233;agit comme elle le f&#238;t pour les poseurs de bombes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Groupe de Haroun posa le 5 janvier 1976 trois bombes, l'une au si&#232;ge du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou le faux-largage d'armes &#224; Cap Sigli&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la p&#233;riode o&#249; Boumedienne agonisait, les m&#233;dias alg&#233;riens firent leur chou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#233;norme campagne de presse diffamatoire visant &#224; discr&#233;diter toute une jeunesse en lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant ces journ&#233;es, nous nous posions en filigrane la question logistique : et si le pouvoir d&#233;cidait de bloquer les livraisons au restaurant universitaire ? Il ne le fit sans doute pas par peur de voir la cit&#233; des Gen&#234;ts toute proche prendre en charge la restauration. Un pas suppl&#233;mentaire aurait &#233;t&#233; franchi : l'unit&#233; universit&#233;-quartiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, il fallait pr&#233;ciser nos revendications. Nous en dress&#226;mes deux volets : la question berb&#232;re et les libert&#233;s d&#233;mocratiques. R&#233;dig&#233;e &#224; la h&#226;te la veille par Djamel, Aziz, G&#233;rard et Ramdane Hakem, elle fut adopt&#233;e sans r&#233;serve le lendemain devant la communaut&#233; universitaire. Elle sera soumise publiquement au ministre Brerhi qui nous dira, en l'occurrence, que le dossier culturel &#233;tait ouvert.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions &#224; trois jours de la grande r&#233;pression&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nonobstant, notre force &#233;tait inh&#233;rente &#224; notre strat&#233;gie, &#224; savoir le fondement pacifique et l'expression massive du mouvement. Nous &#233;tions particuli&#232;rement vigilants sur ces deux points.&lt;br class='autobr' /&gt;
En seulement quelques jours, nous emmagasin&#226;mes une exp&#233;rience exceptionnelle. Du 7 au 20 avril 80, nous gagn&#226;mes vingt ans de maturit&#233; et d'assurance. A partir de notre lib&#233;ration de la prison de Berrouaghia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration des 24 d&#233;tenus le 25 juin 1980.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous serons consid&#233;r&#233;s comme de vieux routiers du militantisme, solides et in&#233;branlables. Je n'avais pour ma part que 22 ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vint en juillet 80 le s&#233;minaire d'Yakouren. Les principaux animateurs du mouvement s'y sont retrouv&#233;s. Une brochure d&#233;veloppant et argumentant des propositions de changements fut r&#233;dig&#233;e, puis diffus&#233;e. Ce, en attendant la r&#233;ponse du pouvoir. Cette derni&#232;re viendra suite aux d&#233;bats nationaux sur la &#171; charte culturelle &#187; de f&#233;vrier 1981. L'affirmation est uniciste et sans appel : la civilisation constitutive de l'Alg&#233;rie est exclusivement arabo-islamique !&lt;br class='autobr' /&gt;
Une nouvelle confrontation &#233;tait in&#233;luctable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-mouvement-de-Mai-81-ou-le-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;La R&#233;bellion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Printemps-berbere-Tizi-se-met-en.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Deuxi&#232;me partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Tizi se met en mouvement...&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;Avril 1980 : sa gen&#232;se et sa r&#233;alit&#233; actuelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Conf&#233;rence de G&#233;rard Lamari &#224; Paris, le 15 avril 2023&lt;/i&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/sVvUnLqFAOg&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouvel an berb&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Oued-A&#239;ssi, Ihesnawen et M'douha (cit&#233; de jeunes filles).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il sera l&#226;chement assassin&#233; en mai 1997 devant ses &#233;l&#232;ves &#224; Ath Yenni.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La conf&#233;rence de Kateb Yacine sur &#171; &lt;i&gt;La r&#233;volution culturelle&lt;/i&gt; &#187; (fin 1980 il me semble) drainera aussi un public tr&#232;s nombreux. Nous d&#251;mes m&#234;me installer des hauts parleurs &#224; l'ext&#233;rieur de la salle. L'&#233;crivain lancera d'ailleurs un d&#233;fi aux autorit&#233;s en leur demandant un stade pour s'exprimer. Nous f&#238;mes, quelques jours plus tard, la d&#233;marche aupr&#232;s du wali qui refusa.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tudiant en physique, il &#233;tait l'une des voix de notre groupe. Il a abandonn&#233; le militantisme suite &#224; la r&#233;pression du 20 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rabia, Djamel Belhabib, G&#233;rard, Aziz, Mourad Allam, Hamid, Li&#232;s Adjou&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ral le bol des injustices, le berb&#232;re est encore pr&#233;sent. Ral le bol des injustices, le berb&#232;re est encore pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ramdane Achab nous tapera le texte &#224; la dactilo.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Parti de la R&#233;volution Socialiste&lt;/i&gt; de Boudiaf (de tendance encore un tantinet mao&#239;ste &#224; l'&#233;poque). Ennemi jur&#233; du PAGS, stalinien r&#233;formiste et entriste sur la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire&#8230; Mais ces deux formations, totalement clandestine pour la premi&#232;re et semi-clandestine pour la seconde, nous &#233;taient &#233;trang&#232;res. Notre lumi&#232;re &#233;tait le renouveau. Nos intuitions nous donn&#232;rent raison &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arezki About, Mokrane Chemime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je tiens &#224; rendre un hommage tout particulier &#224; Brahim le taxieur. Militant de l'ombre, il n'a jamais refus&#233; nos sollicitations. La plupart des transports et acheminements d&#233;licats se feront dans son taxi. Un ulc&#232;re s&#233;v&#232;re aura malheureusement raison de sa sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur de math&#233;matiques &#224; Tizi-Ouzou. Il sera plus tard le pr&#233;sident du RCD-France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tudiant en &#233;conomie &#224; Alger, puis &#224; Tizi-Ouzou. Issu de l'extr&#234;me gauche, il rejoindra en 1989 le RCD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tudiant en droit &#224; Alger. Issu lui aussi de l'extr&#234;me gauche, il &#233;voluera vers la social-d&#233;mocratie de droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tudiant en droit &#224; Alger. Il deviendra d&#233;put&#233; du FFS, puis du RCD, puis enfin sera ind&#233;pendant politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Groupe de Haroun posa le 5 janvier 1976 trois bombes, l'une au si&#232;ge du journal El-Moudjahid et les deux autres au niveau des tribunaux militaires d'Oran et de Constantine. Noyaut&#233;, ce groupe fut imm&#233;diatement arr&#234;t&#233; et inhumainement tortur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la p&#233;riode o&#249; Boumedienne agonisait, les m&#233;dias alg&#233;riens firent leur chou gras sur l'affaire du largage d'armes &#224; Cap Sigli (12 d&#233;cembre 1978). Un avion-cargo marocain devait larguer des armes &#224; des opposants. Autre grosse couleuvre dirions-nous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lib&#233;ration des 24 d&#233;tenus le 25 juin 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Printemps berb&#232;re : Tizi se met en mouvement...</title>
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		<dc:date>2023-05-23T16:54:26Z</dc:date>
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		<dc:creator>Masin</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous poursuivons la publication du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari sur la p&#233;riode qui a marqu&#233; la fin des ann&#233;es 1970 et le d&#233;but des ann&#233;es 1980 particuli&#232;rement ce qui est connu sous le nom de Printemps berb&#232;re en Kabylie. Dans son t&#233;moignage, G&#233;rard Lamari &#233;voque la deuxi&#232;me d&#233;flagration qui a eu lieu et a touch&#233; essentiellement la r&#233;gion de la Soummam, un &#233;pisode peu connu pourtant fondateur lui aussi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette deuxi&#232;me partie, G&#233;rad Lamari &#233;voque l'ouverture du Centre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://tamazgha.fr/-La-Une-.html" rel="directory"&gt;La Une&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L150xH76/arton4983-8515c.jpg?1774404728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous poursuivons la publication du t&#233;moignage (en cinq parties) de G&#233;rard Lamari sur la p&#233;riode qui a marqu&#233; la fin des ann&#233;es 1970 et le d&#233;but des ann&#233;es 1980 particuli&#232;rement ce qui est connu sous le nom de Printemps berb&#232;re en Kabylie. Dans son t&#233;moignage, G&#233;rard Lamari &#233;voque la deuxi&#232;me d&#233;flagration qui a eu lieu et a touch&#233; essentiellement la r&#233;gion de la Soummam, un &#233;pisode peu connu pourtant fondateur lui aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette deuxi&#232;me partie, G&#233;rad Lamari &#233;voque l'ouverture du Centre universitaire de Tizi-Ouzou en 1977 o&#249; il s'inscrit pour poursuivre ses &#233;tudes universitaires et o&#249; commence, avec ses compagnons de lutte, une autre aventure riche en lutte syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La R&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement de Mai 81 ou le l'autre pilier du Printemps Berb&#232;re&lt;br&gt;
Deuxi&#232;me partie : Tizi se met en mouvement&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;
&lt;div class='spip_document_5906 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tamazgha.fr/local/cache-vignettes/L500xH353/gerard2-24b4d.jpg?1774404728' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Tizi des interdits&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le centre universitaire de Tizi-Ouzou (CUTO) ouvrit ses portes en 1977. Le site de Oued-A&#239;ssi (aujourd'hui disparu) accueillait simultan&#233;ment l'administration, les deux r&#233;sidences universitaires (filles et gar&#231;ons), les instituts de sciences exactes, de biologie et de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mes amis du lyc&#233;e El-Hammadia, je faisais partie de la premi&#232;re promotion dont l'effectif s'&#233;levait &#224; 500 &#233;tudiants. Aujourd'hui, l'universit&#233; en compte 52 000. Pour la petite histoire, j'&#233;tais le quatri&#232;me inscrit des registres administratifs. La mastodonte universit&#233; de Tizi d'aujourd'hui a une influence risible par rapport &#224; notre promotion de 500 &#233;tudiants. La roue a tourn&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CUTO regroupait, pour sa premi&#232;re ann&#233;e d'existence, des &#233;tudiants provenant des lyc&#233;es de Tubiret (Bouira), Tizi et Bgayet (Bougie). Nous &#233;tions entre Kabyles et cette donn&#233;e allait favoriser la connivence &#171; transr&#233;gionale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instar des &#233;tudiants originaires de Bgayet (les Bougiotes, comme on nous appelait &#224; l'&#233;poque), j'&#233;tais assez d&#233;sappoint&#233; par l'atmosph&#232;re qui pr&#233;valait dans la ville de Tizi. Le wali de l'&#233;poque &#8211; Kherroubi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le wali Mohammed Ch&#233;rif Kherroubi, kabyle de service, ne supportait ni (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; administrait ses sujets comme un proconsul. Arabo-islamiste z&#233;l&#233;, le &#171; gouverneur &#187; est all&#233; jusqu'&#224; interdire les d&#233;bits de boissons alcoolis&#233;es &#224; l'&#233;chelle de toute la Wilaya. Seuls les &#233;trangers pouvaient se ravitailler aux &#171; Galeries Alg&#233;riennes &#187; du centre-ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les bars de Tizi-Ouzou rouvrirent en 1981, suite &#224; une intervention d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nos sentiments allaient de la &#171; soupe &#224; la grimace &#187; &#224; l'inacceptable humiliation : il fallait faire patte blanche envers nos camarades libanais pour pouvoir siroter une bi&#232;re &lt;i&gt;made in Algeria&lt;/i&gt;. Pour ma part, j'avais la chance d'avoir un look europ&#233;en qui me permettait de passer &#224; travers les mailles de l'interdit. Avec mon cercle de camarades nous profitions bien de l'aubaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers la fin de cette ann&#233;e universitaire 1977-1978 que les &#233;tudiants commenc&#232;rent &#224; donner du sens &#224; ce centre de vie qu'est la cit&#233; &#233;tudiante. Comme premi&#232;re animation artistique, nous invit&#226;mes le grand A&#239;t Menguellet. Sans raison avou&#233;e, le gala fut purement et simplement interdit par les autorit&#233;s locales. Am&#232;res, nous b&#251;mes le breuvage jusqu'&#224; la lie. Nous &#233;tions encore tendres mais commencions &#224; engranger de l'exp&#233;rience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;sillusions font m&#251;rir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, les activit&#233;s culturelles s'&#233;toff&#232;rent. Une troupe de th&#233;&#226;tre &#233;tudiante vit le jour et les r&#233;p&#233;titions battaient leur plein. Nous en suivions assid&#251;ment le d&#233;roulement. Il y avait de quoi car il s'agissait de la mise en sc&#232;ne de la pi&#232;ce mythique &#171; La guerre de 2 000 ans &#187; de Kateb Yacine qui se pr&#233;parait. Et en kabyle s'il vous plait ! Une premi&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#233;tait fin pr&#234;te pour le 19 mai, la journ&#233;e officielle de l'&#233;tudiant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et vlan ! La programmation est interdite sous le pr&#233;texte fallacieux &#171; &lt;i&gt;th&#232;me ne concordant pas avec les id&#233;aux de la r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous pouvons confirmer que &#171; La guerre de 2000 ans &#187; ne concorde aucunement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous rongions notre frein&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenant plus palpable, la tension glissait graduellement vers des conflits ouverts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les int&#233;gristes, import&#233;s des r&#233;gions arabophones limitrophes, commen&#231;aient &#224; montrer le bout du nez. L'administration leur octroya en catimini deux salles de pri&#232;res (l'une &#224; Oued-A&#239;ssi, et l'autre &#224; la cit&#233; de M'douha). Par une nuit d'hivers, ces deux endroits furent simultan&#233;ment saccag&#233;s et incendi&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux &#171; mosqu&#233;es &#187; furent tr&#232;s rapidement remises en service gr&#226;ce &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; par des inconnus. Bien qu'&#233;trangers &#224; ces actes, les soup&#231;ons se port&#232;rent sur notre groupe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aziz Tari, Mourad Allam, Rachid Bouchenna, etc.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &#171; Fr&#232;res Musulmans &#187; de tout le pays se mobilis&#232;rent pour fustiger les m&#233;cr&#233;ants de Tizi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons tout de m&#234;me que durant ces deux premi&#232;res ann&#233;es eurent lieu deux gr&#232;ves pour des probl&#232;mes socio-p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; &#224; Tizi la rebelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en avions gros sur le c&#339;ur en cette rentr&#233;e de septembre 1979. Particuli&#232;rement les &#233;tudiants en sciences exactes qui repr&#233;sentaient quelque part &#224; cette &#233;poque la conscience et le fer de lance des luttes universitaires. Notre alter &#233;go &#233;tait le comit&#233; de cit&#233; de Ben Aknoun repr&#233;sent&#233; par Feu Mustapha Bacha, Feu Salah Boukrif et Ali Brahimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la moindre provocation, nous nous sentions pr&#234;ts &#224; jeter notre d&#233;volu sur le prochain combat qui se pr&#233;senterait.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'occasion allait vite venir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos conditions d'&#233;tudes devenaient calamiteuses : tr&#232;s peu de transport, manque de mobilier pour &#233;tudier, biblioth&#232;que sans ressources p&#233;dagogiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la deuxi&#232;me semaine d'octobre 1979. Nos conditions de vie s'&#233;taient nettement d&#233;grad&#233;es et le malaise des &#233;tudiants &#233;tait de plus en plus palpable. Avec Aziz Tari, Djamel Zenati, Mourad Allam, Rachid Bouchenna et quelques autres dont j'ai oubli&#233; les noms, nous avons pris &#224; br&#251;le-pourpoint la d&#233;cision de convoquer une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; Oued-A&#239;ssi. Spontan&#233;e, l'initiative se manifestera en d&#233;but de soir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif &#233;tait simple mais difficile : nous prendre, enfin, en charge ind&#233;pendamment de l'UNJA, structure organique d&#233;l&#233;t&#232;re et chausse-trape. Nous estimions que le temps de faire place nette &#233;tait venu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuit &#233;tait assez avanc&#233;e lorsque nous achev&#226;mes le porte-&#224;-porte invitant les &#233;tudiants de Oued-A&#239;ssi &#224; une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale imminente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de la gr&#232;ve fut prise rapidement. Il faut dire qu'&#224; Oued-A&#239;ssi, la connivence entre nous tous &#233;tait exceptionnelle ! Nous conv&#238;nmes de prendre les premiers bus du lendemain matin pour rejoindre Ihasnawen et d'y organiser une nouvelle AG regroupant cette fois l'ensemble des &#233;tudiants de Tizi. Ce qui fut fait.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette fa&#231;on de proc&#233;der deviendra une tradition. Elle sera reconduite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, nouveau porte-&#224;-porte et parcours des salles de cours pour regrouper les &#233;tudiants au restaurant universitaire. L'AG confirme la gr&#232;ve. Nous sommes le 13 octobre 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savions pas que cette date sera le point de d&#233;part d'un long mouvement qui allait monter crescendo et se cristalliser au fur et &#224; mesure. Cette gr&#232;ve, riche en &#233;v&#233;nements, durera pr&#232;s d'un mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La gr&#232;ve prendra fin le 13 novembre 1979, suite &#224; la reconnaissance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle finira par augurer, quatre mois plus tard, le basculement d&#233;finitif de la Kabylie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de la manifestation du 11 mars 1980. Cette marche est retenue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais revenons &#224; l'automne 79&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence de mani&#232;re anodine, mais on le sait les grands mouvements ne sauraient se d&#233;cr&#233;ter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Appuy&#233;e par les &#233;tudiants, une d&#233;l&#233;gation se porte volontaire pour d&#233;marcher le recteur et le directeur du COUS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre des &#338;uvres Universitaire et Sociales. Le centre g&#232;re la cit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (au sujet des probl&#232;mes sociaux et p&#233;dagogiques). Ces deux plus hauts responsables de l'universit&#233; nous firent savoir que la &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gation&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;l&#233;gation &#233;tait notamment compos&#233;e de Aziz Tari, G&#233;rard Lamari, Djamel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pourtant issue de l'AG, ne saurait &#234;tre repr&#233;sentative ! De bonne gr&#226;ce jusqu'&#224; ce moment-l&#224;, la &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gation&lt;/i&gt; d&#233;cide de tenter sa chance chez le wali. Des vigiles &#233;vacueront &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; le groupe d'&#233;tudiants de la salle d'attente de la Wilaya. Pour les autorit&#233;s, seul le comit&#233; de l'UNJA &#233;tait recevable et fr&#233;quentable. Nous n'e&#251;mes pas plus de succ&#232;s aupr&#232;s du Secr&#233;taire G&#233;n&#233;ral du minist&#232;re qui nous accusa de berb&#233;ristes malveillants.&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de l&#224;, la mobilisation subit une mue naturelle et la question de la repr&#233;sentativit&#233; autonome des &#233;tudiants devint prioritaire. Les d&#233;boires des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, avec notamment les interdictions r&#233;p&#233;t&#233;es, nous poussaient instinctivement &#224; crever d&#233;finitivement l'abc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, et pendant un mois, le terme de &#171; d&#233;l&#233;gation &#187; d&#233;signera la t&#234;te du mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;bats vont s'axer sur l'ill&#233;gitimit&#233; de l'UNJA et de sa CNE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission Nationale des &#201;tudiants.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fantoche. Cette derni&#232;re a d'ailleurs tout fait pour torpiller le mouvement. Pour nous contrer, plusieurs &#171; contre-AG &#187; mineures furent tent&#233;es. La diff&#233;rence num&#233;rique &#233;tait de taille avec nos assembl&#233;es que le restaurant universitaire contenait &#224; peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;tudiants nous &#233;taient acquis !&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au bout de quelques jours de luttes acharn&#233;es et de mobilisation intense que les autorit&#233;s commen&#231;aient &#224; percevoir la &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gation &lt;/i&gt;comme dangereuse. Nous commencions &#224; &#234;tre visibles et &#224; &#234;tre rep&#233;r&#233;s comme de futurs &#233;l&#233;ments subversifs. Les termes en vogue &#233;taient alternativement &#171; r&#233;actionnaires &#187;, &#171; t&#233;l&#233;guid&#233;s par le roi du Maroc &#187;, &#171; au service de l'imp&#233;rialisme &#187;, etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'or&#233;e de nos 20 ans, nous n'&#233;tions pas encore r&#233;ellement form&#233;s politiquement. Mais notre remise en cause du maillage structurel et id&#233;ologique &#233;tait insupportable aux autorit&#233;s. Nous nous affirmerons &#224; la mesure des coups encaiss&#233;s, mais aussi par le brassage avec quelques a&#238;n&#233;s plus exp&#233;riment&#233;s (les professeurs notamment). Je reviendrai plus loin sur ce dernier point&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;unjistes &lt;/i&gt;s'&#233;tant enfin retrouv&#233;s marginalis&#233;s, le terrain purement &#233;tudiant appartenait d&#233;sormais &#224; la mouvance autonomiste. La gr&#232;ve se durcissait et la revendication principale s'est recentr&#233;e sur la question de la repr&#233;sentativit&#233;. Le d&#233;brayage devenait politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte &#233;tait tr&#232;s d&#233;favorable avec l'installation du r&#233;cent &lt;i&gt;mouhafed&lt;/i&gt; baathiste nomm&#233; Bourezem&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il sera l'instigateur de l'interdiction de la conf&#233;rence de Mouloud Mammeri (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette donne n'entama pas notre d&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de la deuxi&#232;me semaine d'arr&#234;t des cours, la situation &#233;chappait totalement aux autorit&#233;s. Esp&#233;rant reprendre la main, le couple &lt;i&gt;mouhafed-wali&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francophone, le wali (Sidi Sa&#239;d) semblait vouloir composer avec ce nouveau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; prit l'initiative d'organiser une AG un soir &#224; Ihasnawen. Je me souviens du restaurant universitaire bourr&#233; &#171; d'&#233;tudiants &#187; baathistes venus d'on ne sait o&#249;. De plus, les casseurs de gr&#232;ves habituels &#233;taient pr&#233;sents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment Messaoudi, &#171; &#233;tudiant &#187; repr&#233;sentant l'UNJA ainsi que la vermine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objectif &#233;tait manifestement de noyer les &#233;tudiants dans un vaste oc&#233;an hostile, avant de briser leur mouvement. C&#244;t&#233; locution, il me semble que parmi toutes les r&#233;unions auxquelles j'ai particip&#233;, c'est bien la seule qui fut d'expression en langue arabe. Les &#233;l&#233;ments de l'UNJA ainsi que le CNP ne s'en priv&#232;rent pas. Maladresse ou ignorance, l'utilisation de l'arabe les desservaient, l'immense majorit&#233; des &#233;tudiants s'exprimant en kabyle et en fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La confrontation eut donc l'effet inverse &#224; celui escompt&#233; car le mouvement se renforcit et s'aguerr&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'&#233;tions pas au bout de nos peines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours plus tard, plusieurs bus virent d&#233;verser &#224; l'universit&#233; quelques deux cents ou trois cents militants du FLN ( !...). Ils avaient un certain &#226;ge et portaient des brassards aux bras. Edifiant, le spectacle &#233;tait &#224; la hauteur de notre stup&#233;faction. Leurs dirigeants leur avaient expliqu&#233; qu'une minorit&#233; aux gros bras emp&#234;chait la majorit&#233; d'aller en cours. Les militants du FLN de toute la wilaya se sont donc retrouv&#233;s &#224; Ihasnawen pour manager la normalisation. Apr&#232;s une journ&#233;e de moult discussions avec les &#233;tudiants, les &#171; visiteurs &#187; admettent qu'ils avaient &#233;t&#233; bern&#233;s. Ils repartirent bredouilles, une main devant, une main derri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il restait aux autorit&#233;s une derni&#232;re carte : l'usure et le pourrissement, ajout&#233;s &#224; l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s brandie au-dessus de nos t&#234;tes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une travers&#233;e du d&#233;sert est entam&#233;e pendant quelques jours. La situation est bloqu&#233;e et les assembl&#233;es successives n'engendrent pas de perspectives. Le d&#233;couragement et le doute commenc&#232;rent &#224; saisir une frange d'&#233;tudiants. L'abattement se d&#233;teignit m&#234;me sur un ou deux camarades qui propos&#232;rent un changement de forme de la lutte. Autrement dit la reprise des cours. Des d&#233;bats vifs s'engagent entre nous lorsque deux &#233;claircies successives et inattendues survinrent de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re, encourageante, nous vint du comit&#233; de cit&#233; de Ben Aknoun. L'un de ses membres, feu Mustapha Bacha, nous apporte une motion de soutien appuy&#233;e. Cela lui valut une interpellation au commissariat de Tizi. Il lui fut signifi&#233; l'interdiction de tout contact avec nous sous peine de poursuites.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde initiative est salvatrice. Elle nous vint d'un groupe d'enseignants qui nous apporta la propulsion d&#233;finitive. Politis&#233;s pour la plupart et partisans d&#233;sint&#233;ress&#233;s pour certains, ils se sont constitu&#233;s en collectif avant de s'approcher de notre groupe. Ils nous propos&#232;rent d'&#234;tre notre interface tout en se positionnant comme corps interm&#233;diaire entre les &#233;tudiants et le recteur. Nous ne pouvions attendre mieux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, plus de quatre d&#233;cennies se sont &#233;coul&#233;es mais j'ai toujours la m&#234;me &#233;motion en me rem&#233;morant ce groupe d'enseignants. Je cite p&#234;le-m&#234;le Ahmed Bouguermouh&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#232;re du cin&#233;aste, feu Bouguermouh Abderrahmane.&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, feu Rachid Chaker&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#232;re de Salem.&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Ramdane Achab, Hend Sadi, Lebsir, Salhi, Amrane Hocine&#8230; Ils &#233;taient une vingtaine en tout, mais leur apport fut consid&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviendrai toujours de la r&#233;union que nous e&#251;mes &#224; Oued-A&#239;ssi avec le recteur. Nous &#233;tions le lundi 12 novembre 1979. La r&#233;union tripartite (le collectif d'enseignants, le recteur et la &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gation&lt;/i&gt;) commen&#231;a &#224; 10 heures. Le recteur, habitu&#233; &#224; pr&#233;sider les s&#233;ances, intervient le premier et remercie d'embl&#233;e les professeurs de leur d&#233;marche consistant &#224; &#339;uvrer pour la normalisation du centre universitaire. Il d&#251;t vite ravaler sa salive. Un enseignant, Chaker il me semble ou alors Bouguermouh, pr&#233;cise que ce sont les enseignants en tant qu'interm&#233;diaires qui doivent diriger les d&#233;bats et distribuer la parole. Nous appuy&#226;mes la proposition et le recteur s'ex&#233;cuta.&lt;br class='autobr' /&gt;
La reconnaissance de la &lt;i&gt;d&#233;l&#233;gation &lt;/i&gt;comme repr&#233;sentant &lt;i&gt;l&#233;gitime et autonome&lt;/i&gt; des &#233;tudiants est enfin consacr&#233;e. Une premi&#232;re dans l'Alg&#233;rie &#171; ind&#233;pendante &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain eut lieu une derni&#232;re AG pour le compte-rendu. Elle se termina en f&#234;te improvis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verrou cadenassant la vie &#233;tudiante vient de sauter. Nous nous engouffrons d'embl&#233;e hors des chemins battus en d&#233;cidant de mettre &#224; profit au plus vite notre nouveau statut de repr&#233;sentants autonomes. Nous n'&#233;tions pas berb&#233;ristes dans le sens r&#233;ducteur en vogue &#224; l'&#233;poque, i.e. limit&#233;s aux clich&#233;s tels que fervents supporters de la JSK, admirateurs sans limites du boxeur Hamani ou d'A&#239;t Menguellat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeunesse imp&#233;tueuse. Politiquement, nous nous situions tr&#232;s &#224; gauche. Grosso modo, nous nous mouvions dans une n&#233;buleuse se nuan&#231;ant quelque part entre l'anarchisme libertaire et les courants trotskisants. Gauche r&#233;volutionnaire donc. Contrairement &#224; ce que j'ai pu lire ici ou l&#224;, il n'y avait pas de PAGS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti d'Avant-Garde Socialiste. Aujourd'hui disparu, ce parti repr&#233;sentait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; parmi nous, ni &#224; Tizi d'ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pass&#226;mes la fin du premier semestre de l'ann&#233;e universitaire 79-80 et une partie des vacances d'hivers &#224; la mise sur pied d'un programme d'activit&#233;s qui devait d&#233;buter d&#232;s janvier 80. Nous pr&#233;v&#238;mes de prendre s&#233;rieusement en charge la question berb&#232;re et d'ouvrir largement l'universit&#233; aux censur&#233;s et pers&#233;cut&#233;s. &#201;crivains et hommes de th&#233;&#226;tre tels que Kateb Yacine, chanteurs libres et groupes subversifs tels que Imazighen Imula &#233;taient les &#171; plateaux &#187; que nous mijotions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prolixe en &#233;v&#233;nements pr&#233;curseurs, l'ann&#233;e 1979 se termine avec la gr&#232;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle prendra fin le 20 janvier 1980 et obtiendra gain de cause.&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nationale des &#233;tudiants arabis&#233;s. Se succ&#233;dant &#224; la n&#244;tre, elle revendiquait l'arabisation totale de l'administration. Orchestr&#233; par les baathistes, le mouvement &#233;tait clairement t&#233;l&#233;guid&#233; par une frange du sommet de l'&#201;tat. L'attitude globalement affable du pouvoir a permis d'&#233;tendre leur mobilisation avant de r&#233;pandre leur action comme une train&#233;e de poudre suffocante. Tous les instituts arabis&#233;s ont d&#233;bray&#233;, y compris ceux de Tizi (institut de lettre arabe, institut de sciences juridiques). Avec Aziz Tari, nous sommes &#171; mont&#233;s &#187; &#224; Ihasnawen pour nous entretenir avec les gr&#233;vistes. Bien qu'arabis&#233;s et nettement diff&#233;rents de nous, nous avions toujours eu avec eux des rapports de &#171; bon voisinage &#187;. Il nous &#233;tait donc assez facile de discuter le fond, puis les tenants et aboutissants&#8230; Et enfin le leurre vers lequel ils allaient s'engouffrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#233;r&#233;s par le groupe meneur qui venait d'Alger pour les briefer, nous sommes quelque peu bouscul&#233;s et menac&#233;s. Notre d&#233;marche ne fut pas vaine car les deux instituts, mal &#224; l'aise, mirent tout de m&#234;me fin &#224; leur gr&#232;ve d&#232;s le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tizi fut par la suite la seule ville qui se mit dans la singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; nous, je ne connais &#233;videmment pas toutes les motivations de mes camarades, ni ce qui les a fait basculer un jour ou l'autre dans la r&#233;volte ouverte et frontale. Pour ma part, je puis affirmer que cette gr&#232;ve r&#233;ussie des baathistes (hors Tizi) a &#233;t&#233; d&#233;terminante sur mon parcours. Elle me laiss&#226;t un go&#251;t saum&#226;tre, annulant presque notre victoire pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intuitivement, je sentais qu'il fallait renverser la vapeur avant que les conqu&#234;tes baathistes ne deviennent irr&#233;versibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='https://tamazgha.fr/Le-mouvement-de-Mai-81-ou-le-l.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Premi&#232;re partie :&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;La R&#233;bellion&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;strong&gt;Avril 1980 : sa gen&#232;se et sa r&#233;alit&#233; actuelle&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Conf&#233;rence de G&#233;rard Lamari &#224; Paris, le 15 avril 2023&lt;/i&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/sVvUnLqFAOg&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le wali Mohammed Ch&#233;rif Kherroubi, kabyle de service, ne supportait ni l'intelligence ni les luttes contre l'ali&#233;nation, particuli&#232;rement lorsqu'elles s'exprimaient en berb&#232;re. Il prendra du galon et sera nomm&#233;&#8230; ministre de l'&#201;ducation Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les bars de Tizi-Ouzou rouvrirent en 1981, suite &#224; une intervention d'un &#233;tudiant interpellant le Wali Hamid Sidi-Sa&#239;d en pleine assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; Ihasnawen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous pouvons confirmer que &#171; La guerre de 2000 ans &#187; ne concorde aucunement avec les id&#233;aux du FLN. La pi&#232;ce de Kateb Yacine remonte dans l'Histoire aux p&#233;riodes ant&#233;islamiques durant lesquelles les Berb&#232;res r&#233;sistaient aux envahisseurs successifs. Quelques sc&#232;nes mettent en relief la guerre h&#233;ro&#239;que de la Kahina face &#224; l'invasion arabe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les deux &#171; mosqu&#233;es &#187; furent tr&#232;s rapidement remises en service gr&#226;ce &#224; la complicit&#233; des autorit&#233;s. Elles seront ensuite ferm&#233;es par la grande mobilisation des &#233;tudiants, suite &#224; l'assassinat &#224; Ben Aknoun du jeune &#233;tudiant Kamel Amzal, le 2 novembre 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aziz Tari, Mourad Allam, Rachid Bouchenna, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette fa&#231;on de proc&#233;der deviendra une tradition. Elle sera reconduite jusqu'&#224; la veille de la premi&#232;re manifestation d'Alger le 7 avril 1980. Cette manifestation r&#233;prim&#233;e engendrera l'occupation de l'universit&#233; jusqu'au 20 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La gr&#232;ve prendra fin le 13 novembre 1979, suite &#224; la reconnaissance officielle du comit&#233; &#233;tudiant autonome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de la manifestation du 11 mars 1980. Cette marche est retenue comme &#233;tant le point de d&#233;part du Printemps Berb&#232;re. En r&#233;alit&#233;, sa gen&#232;se remonte &#224; octobre 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Centre des &#338;uvres Universitaire et Sociales. Le centre g&#232;re la cit&#233; universitaire ainsi que la restauration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;l&#233;gation &#233;tait notamment compos&#233;e de Aziz Tari, G&#233;rard Lamari, Djamel Zenati, Rachid Bouchenna, Rachid A&#239;t Ouakli, Mohamed Taleb.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission Nationale des &#201;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il sera l'instigateur de l'interdiction de la conf&#233;rence de Mouloud Mammeri (10 mars 1980). Connaissant la suite, nous pouvons le remercier &#224; post&#233;riori. De son c&#244;t&#233;, le pouvoir le &#171; remercia &#187; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francophone, le wali (Sidi Sa&#239;d) semblait vouloir composer avec ce nouveau ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment Messaoudi, &#171; &#233;tudiant &#187; repr&#233;sentant l'UNJA ainsi que la vermine Bedrane. J'ai crois&#233; par hasard ce dernier en 2006. Il me fit une surprenante accolade. Il me dit &#234;tre chef de cabinet du wali de Tizi. Je mis alors sa chaleureuse accolade sur le compte d'un remerciement &#224; mon &#233;gard pour lui avoir donn&#233; involontairement la courte-&#233;chelle sociale. Notons tout de m&#234;me que, comme la mafia, le FLN n'oublie pas les siens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#232;re du cin&#233;aste, feu Bouguermouh Abderrahmane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#232;re de Salem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti d'Avant-Garde Socialiste. Aujourd'hui disparu, ce parti repr&#233;sentait le courant r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle prendra fin le 20 janvier 1980 et obtiendra gain de cause.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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