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Les Touaregs dans l'espace saharo-sahélien...
Conférence-débat avec Habaye Ag Mohamed
mercredi 7 juin 2017
par Masin
Tamazgha organise une conférence-débat avec Habaye Ag Mohamed sur le thème "Espace saharo-sahélien : quelle issue pour les Touaregs face aux appétits internationaux ?", le dimanche 11 juin 2017 à Paris (12, rue Moulin des Lapins - 75014 Paris).
L’actualité dans l’espace saharo-sahélien et les enjeux auxquels font face les Touaregs au quotidien seront au centre de la conférence et du débat qui s’en suivra.

Espace saharo-sahélien :
quelle issue pour les Touaregs face aux appétits internationaux ?

Présence militaire internationale massive, États locaux en faillite, terrorisme islamiste sciemment installé et organisé dans le pays touareg, principalement coordonné par les services algériens, appétits démesurés des puissances occidentales, notamment la France avec l’exploitation sauvage de l’uranium dans l’Aïr pour alimenter ses centrales nucléaires... A tout cela, il faut rajouter l’attitude de certains Touaregs engagés dans les soulèvements et qui ont fini par tourner le dos à leurs compatriotes, cédant à la corruption en cautionnant des projets visant l’éradication de Temoujgha, en contre partie de minables postes pour de misérables salaires. D’autres Touaregs ont vendu leurs âmes et se sont laissé embarquer dans le projet islamiste dévastateur du pays et de sa civilisation, contribuant ainsi à la mise à mort de temoujgha et l’instauration de l’obscurantisme en terre touarègue.
La communauté internationale fait semblant de chercher des solutions pour la stabilité de la région tout en ignorant tout un peuple et ses intérêts. Son projet est d’assimiler ce peuple et le fondre dans un ensemble artificiel dirigé par une bande de supplétifs qui ont fait de la violence, l’humiliation et la corruption les principes fondamentaux de leur pouvoir.
C’est dans ce contexte que les Touaregs qui défendent leur pays, survivent, résistent et essayent d’exister.

Une solution viable ainsi que la stabilité de la région peuvent-t-elles être envisagées sans qu’il soit tenu compte de la donnée touarègue ? La France pourra-t-elle poursuivre sa politique de mépris des Touaregs en cautionnant les plans visant leur éradication ?
Sur la question particulière de l’Azawad, peut-on continuer à faire croire à une pseudo-solution qui ne tienne pas compte des réalités locales en faisant confiance à un État en faillite ? Peut-on croire que la solution viendra du texte d’Alger, présenté comme "accord" comme l’a annoncé encore récemment le président de la république française, Emmanuel Macron ?
Les Touaregs peuvent-ils continuer à renouveler les expériences qui ont montré leurs limites et ont toujours conduit à l’échec et à la fragilisation du Mouvement touareg ? L’option armée, même si elle est légitime, est-elle la seule voie pour la libération du territoire et l’accès à la souveraineté ?

C’est à toutes ces questions, et d’autres encore, que Habaye Ag Mohamed tentera de répondre lors de sa conférence, ce dimanche 11 juin à Paris.

Avocat de formation, Ansari Habaye Ag Mohamed est natif de Tombouctou. Il milite très tôt pour l’identité et la culture touarègues et a assuré le lien au début des années 90 entre les militants touaregs et les autres composantes amazighes. Très actif dans le soulèvement des années 90, Habaye représente, avec d’autres, le courant indépendantiste du mouvement touareg.
Habaye a toujours su expliquer lucidement les enjeux des luttes qu’a connu l’Azawad et le Mouvement touareg de manière plus générale. Il a toujours défendu la question touarègue l’intégrant dans l’ensemble amazigh auquel elle appartient naturellement. Habaye considère que "l’activisme et la mobilisation amazighe aux quatre coins du monde ont permis de faire connaître le sort dramatique des Touaregs", tout en affirmant également que "si les Touaregs échouent ou disparaissent c’est l’originalité et la mémoire de la civilisation amazighe qui s’éteint définitivement. En revanche, si les Touaregs réussissent à prendre en main leur destin sur leur territoire, c’est le renouveau de la civilisation amazighe qui est consolidé".



Espace saharo-sahélien :
quelle issue pour les Touaregs face aux appétits internationaux ?

Conférence-débat

avec
Habaye Ag Mohamed
Juriste
Porte-parole de la Coordination des cadres de l’Azawad



Dimanche 11 juin 2017 à 16h30

Local associatif
12, rue Moulin des Lapins
75014 Paris.

Métro : Pernéty (ligne 13)

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Entrée libre




Tamazgha - Contact :


Tel : +33.6.52.10.15.63.
E-mail : tamazgha.paris gmail.com
Tamazgha sur Facebook : @tamazghaparis
Tamazgha sur Twitter : @tamazghainfo

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1 Message

  • « Il n’y a pas d’issue militaire au bourbier malien »
    Corinne Dufka

    Directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch
    LDH-Toulon, mardi 23 mai 2017

    « Presque deux ans après sa signature, l’Accord de paix du 20 juin 2015 est aujourd’hui fragilisé par la stratégie des groupes armés djihadistes, qui s’activent à étendre le conflit du Nord Mali vers les régions du centre et les pays limitrophes. La recrudescence de l’insécurité y entraîne désengagement de l’État, violences intercommunautaires, et exactions de l’armée malienne et des groupes armés, fournissant un terreau idéal à l’extension des groupes terroristes. Il est urgent que la communauté internationale renforce les moyens de la MINUSMA dans les régions centrales du Mali et que les autorités maliennes engagent par ailleurs une véritable lutte contre l’impunité. » (Extrait d’un article du site de la FIDH)
    Il n’y a pas d’issue militaire au bourbier malien
    par Corinne Dufka, publié sur Jeune Afrique, le 19 mai 2017

    « Les djihadistes font la loi maintenant », m’a dit un vieil homme.

    « Le jour même où a pris fin l’opération menée par la France, les islamistes étaient de retour dans les villages », a précisé un autre, faisant référence à l’intervention militaire mise en place en avril près de la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. L’efficacité du recrutement par les djihadiste et l’attrait qu’ils suscitent auprès de nombres villageois attestent de l’insuffisance des opérations militaires pour en venir à bout. Le nouveau président français, Emmanuel Macron, devra garder cette réalité à l’esprit lorsqu’il se rendra au Mali vendredi.

    Saluée comme un succès militaire, la mission déployée par la France dans le nord du Mali en 2013 avait mis fin à l’occupation de la région par des séparatistes Touaregs et des islamistes armés affiliés à Al-Qaeda. Mais depuis 2015, les attaques visant les forces maliennes et les abus perpétrés par des groupes liés à Al-Qaïda se sont étendues aux régions du centre du Mali, auparavant stables, et même au-delà des frontières, l’année dernière, jusqu’au Burkina Faso.

    Depuis 2015, j’ai mené des entretiens avec des dizaines de témoins et de victimes de violations des droits humains dans le centre du Mali. Ils m’ont décrit de quelle manière, au cours des derniers mois, des groupes de combattants islamistes – comptant parfois jusqu’à une cinquantaine de membres – ont fermé les écoles, interdit aux femmes de circuler à bord de motos conduites par des hommes autres que leurs maris et imposé leur version de la charia. « Des jours durant, nous célébrions mariages et baptêmes, en chantant et en dansant tous ensemble ; mais plus aujourd’hui », a constaté un habitant.

    Ceux qui sont accusés d’être des informateurs à la solde du gouvernement malien sont souvent retrouvés morts. Depuis 2015, les islamistes ont exécuté au moins 40 hommes en détention, y compris des chefs de village et des responsables locaux. Certains ont été assassinés devant leurs propres familles. Plusieurs personnes ont affirmé avoir subi de fortes pressions afin que l’un de leurs fils rejoigne les rangs des islamistes.

    Des villageois m’ont rappelé les circonstances dans lesquelles des militaires ont détenu et abattu trois membres de la même famille en janvier

    Cependant, autant de villageois m’ont dit qu’ils se félicitaient de la présence des islamistes dans le centre du Mali, les considérant comme une alternative positive à un État qui est, à leurs yeux, l’incarnation d’une gouvernance abusive et corrompue. Beaucoup se sont emportés devant moi, relatant les abus dont l’armée malienne se serait rendue coupable dans le cadre de ses opérations antiterroristes, notamment des arrestations arbitraires, des actes de torture et des exécutions.

    Depuis la fin 2016, j’ai documenté les allégations d’exécutions extrajudiciaires de 12 détenus par des militaires, la plus récente remontant à début mai, ainsi que la disparition forcée de plusieurs autres. Des villageois m’ont rappelé les circonstances dans lesquelles des militaires ont détenu et abattu trois membres de la même famille en janvier. « Nous avons entendu des coups de feu au loin », a raconté un témoin. « J’ai suivi les traces de pneus laissées par le véhicule de l’armée avant de trouver les corps de nos proches dans une fosse commune. » Cette semaine, j’ai reçu un courriel désespéré du frère d’un homme qui avait contraint, le 3 février dernier, de monter à bord d’un pickup blanc par un homme en uniforme : « Nous n’avons rien entendu ; nous avons cherché partout », m’écrit son frère.

    Malgré une amélioration de leur comportement ces dernières années, les autorités maliennes n’ont manifesté aucun empressement à enquêter sur les membres des forces de l’ordre accusés de violations.

    Les villageois m’ont expliqué que les islamistes, eux, parviennent justement à leurs fins en instrumentalisant les frustrations nées de ces abus commis par les forces de l’ordre, mais aussi de la pauvreté, des actes de banditisme répétés, des rivalités locales au sein des tribus peules, et surtout de la corruption.

    « Les djihadistes parlent beaucoup de la corruption (…), de la manière dont les autorités nous pillent, nous torturent et nous font souffrir », a expliqué un sage. « Honnêtement, ils n’ont pas besoin d’insister beaucoup pour recruter les jeunes. »

    Les islamistes comblent progressivement les insuffisances de l’État

    Les villageois ont également déclaré que les islamistes comblent progressivement les insuffisances de l’État. Ils ont salué les efforts des islamistes pour enquêter sur les vols de bétail et réprimer ces actes, y compris en exécutant les responsables. D’autres ont loué les décisions prises en vertu de la charia en faveur de victimes de violences domestiques ou d’abandon par leur conjoint. Des chefs de clan des ethnies bambara (sédentaire) et peule (pastorale) ont salué les efforts déployés par les islamistes fin 2016 pour résoudre des conflits fonciers meurtriers, qui ont selon eux considérablement atténué les violences communautaires dans certaines régions.

    « Nous en avons marre de payer des pots de vin à chaque fois que nous croisons un homme en uniforme ou un fonctionnaire d’État », a expliqué un villageois. « Les islamistes font tout sans demander d’impôt ou d’argent, ou nous prendre une de nos vaches. »

    Ce sont la corruption, la mauvaise gouvernance et la conduite répréhensible des forces de l’ordre qui ont précipité le spectaculaire effondrement du Mali en 2012. Il revient bien entendu avant tout au gouvernement malien de résoudre cette situation. Mais la stratégie française au Mali et dans l’ensemble du Sahel visant à mettre fin au soutien croissant dont bénéficient les groupes islamistes armés ne sera couronnée de succès qu’en aidant Bamako à extraire le Mali de ce bourbier qui ne fait qu’empirer. Les opérations militaires, y compris celles appuyées par la France, ne suffiront pas à elles seules.

    Lorsque le président Emmanuel Macron se trouvera au Mali vendredi, il devrait exhorter le gouvernement à professionnaliser ses forces de l’ordre et à les tenir pour responsables de leurs actes, à revitaliser un système judiciaire moribond et à prendre des mesures concrètes contre la corruption endémique. Renforcer les institutions affaiblies de l’État de droit au Mali est une tâche complexe, mais aucune stratégie de lutte antiterroriste ne saurait être couronnée de succès sans en passer par là.

    Corinne Dufka
    Directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch.

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