Libye : massacre à huis clos.
20 février 2011
Nettoyage :
Des médias rapportent ce dimanche 20 février que plus de 200 manifestants qui exigent la démission de Kadhafi ont été tués samedi à Benghazi (Est), une ville qui serait sous contrôle total des manifestants.
Des hélicoptères de l’armée ont ouvert le feu sur les protestataires, provoquant plusieurs dizaines de morts. Certaines sources parlent de plus de 900 blessés. Le nombre de victimes serait supérieur à tous les chiffres avancés. Il semblerait que l’ampleur des massacres est sans précédent dans ce pays fermé depuis des années aux médias internationaux.
Le compte macabre continue de s’alourdir depuis le début de la contestation. Les spéculations sur le nombre de morts ne cessent de grandir. Dans ce pays, gouverné d’une main de fer depuis quarante ans par un régime voyou et infréquentable, les « comités révolutionnaires » soutenus par des mercenaires des pays africains voisins ont entamé un nettoyage systématique.
Le massacre est une habitude pour ce régime impliqué dans des actions terroristes internationales et dans des crimes immondes. Habile, ce régime, dont les mains sont toujours entachées du sang, a réussi après des décennies d’« isolement » international à survivre politiquement et à passer du statut de voyou à celui d’un régime fréquentable et « protégé » par l’Occident.
Les raisons du silence de l’Occident :
Contrairement à la Tunisie et à l’Egypte, la communauté internationale semble tourner le dos à la situation chaotique qui prévaut en Libye. Les pays occidentaux ne disposent-t-ils pas de moyens de pression pour amener ce régime à cesser les massacres des civils ? Tout laisse à croire que l’Occident traitera Tripoli différemment pour plusieurs raisons. D’abord, le sous-sol libyen regorge de ressources considérables en hydrocarbures. Elles sont estimées à plus de 40 milliards de barils. Certaines sources avancent que 85 % de ce pétrole est acheté par des pays européens.
Deuxième raison, la Libye compte dépenser 30 milliards de dollars dans les prochaines années pour moderniser ses infrastructures de base. Les multinationales occidentales ne comptent pas laisser ce marché très juteux leur passer sous le nez. Il est clair qu’aucun pays ne s’aventurera pas à critiquer le régime libyen tant que ses intérêts viraux seraient « menacés ».
Troisième raison et non des moindres, la Libye collabore avec les pays occidentaux dans la traque des groupes terroristes, notamment d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ainsi que dans le dossier de l’immigration clandestine. L’Occident a énormément besoin de la coopération du régime libyen dans la lutte anti-terroriste (que ce régime même encourage et finance). Rappelons que Kadhafi avait signé un accord en 2003 avec Washington en vertu duquel il s’engage à cesser tout soutien au terrorisme international, dont il était l’un des financiers. En contrepartie de cet engagement, les Etats-Unis n’appelleraient pas à un changement de régime en Libye.
Le combat continue :
Les Libyens sont déterminés à en découdre avec le régime voyou qui les opprime depuis des décennies. Ils l’ont prouvé en se sacrifiant pour leur liberté. En tant qu’Amazighs, il est de notre devoir de soutenir les Libyens afin qu’ils puissent se débarrasser de ce régime arabo-islamiste implanté sur cette partie de Tamazgha. Ce régime qui interdit jusqu’à l’usage de la langue amazighe et qui, à plusieurs reprises par le passé a usé de méthodes sanginiares avec Imazighen, doit disparaître une bonne fois pour toute.
Si l’Occident n’a pas compris que sa stabilité dépend d’une Libye démocratique et débarrassée de Kadhafi, alors … TANT PIS POUR LUI. L’histoire s’en souviendra.
Lhoussain Azergui
