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Imider, la répression comme seule réponse
vendredi 3 janvier 2014
par Yafelman
Face aux habitants qui organisent pacifiquement un sit-in depuis août 2011 au sommet d’Alebban à Imider contre la Société métallurgique d’Imider (SMI), une entreprise faisant partie du holding royal marocain, les autorités ont, comme à leur habitude, choisi l’option de la répression systématique. Le harcèlement des militants et leurs familles est une de leurs pratiques également. Certains ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison. Ils sont poursuivis pour des chefs d’inculpation montés de toutes pièces. D’autres ont été corrompus et amenés à signer des "accords" au nom des manifestants qui ne leur avaient jamais accordé leur confiance. D’aucuns ont été également agressés physiquement. Ci-après un petit rappel des violences subies par ces militants pacifiques.



Lundi 30 décembre 2013, Ichou Hamdan, un militant de la cause d’Imider, a été arrêté par les gendarmes et transféré à Tinghir. Les circonstances de cette arrestation restent toujours mystérieuses. L’on ignore également ce que les autorités lui reprochent précisément.

Samedi 28 décembre 2013, Hamid Berki, un militant de cette même cause, a été sauvagement agressé par deux hommes près de la route nationale qui passe près d’Alebban. Il a été jeté de force dans un véhicule et embarqué à la gendarmerie de Tinghir. Ce militant est toujours détenu dans les locaux de la gendarmerie. Toutes les personnes qui lui rendent visite ou qui se déplacent pour s’informer des raisons de son arrestation sont menacés par les gendarmes.

Le 17 juillet 2013, ce même militant a été agressé sauvagement par un groupe composé de sept personnes qui le recherchaient spécifiquement dans le but de le faire taire. Ces derniers avaient utilisé des barres de fer lors de cette agression, lui provoquant plusieurs lésions au niveau de la tête, de la poitrine et des pieds. Ils l’avaient laissé pour mort. Aucun des agresseurs n’a été inquiété par la suite. Et aucune enquête n’a été ouverte.

Le 7 juin 2013, un deuxième militant, H. Mounas, a été également agressé par des hommes connus pour leurs liens avec les autorités. Plusieurs personnes qui s’étaient interposées avaient aussi été agressés physiquement.

Le 12 juillet 2012 , cinq militants amazighs, membres du Mouvement sur la voie de 96 ont été arrêtés arbitrairement par la police de la monarchie marocaine. Ils avaient été traduits devant le tribunal de Ouarzazat le 26 juillet 2012. Il s’agit de Moha Bennaser, Karim Lahcen, Faska Laadad, Taïeb Omar et Moha Ouljihad. Ces militants avaient été libérés par la suite, grâce à la mobilisation de la population.

Février 2012, Mustapha Ouchtoubane, un militant de cette même cause, arrêté en décembre 2011, a été condamné par la Cour d’appel d’Ouarzazat à quatre ans de prison ferme.

La répression des habitants d’Imider qui se battent depuis plus de trente ans pour leurs droits ne date pas des trois dernières années. En effet, en 1996, et pendant quarante-huit jours, les villageois ont occupé les abords de la mine. La police intervient sauvagement pour disperser les populations et brûler leurs tentes. L’intervention musclée des forces de répression marocaines a ainsi fait vingt-deux blessés. Vingt-trois personnes, dont deux femmes, ont été arrêtées ; seize parmi elles ont été relâchées après la garde à vue et six seront condamnées à des peines de prison allant de un à deux ans de prison ferme.

Il paraît que dans le plus beau pays au monde, seul l’arbitraire et la répressions sont rois.


A. Azergui

- Accumulation de richesses et défis du développement durable du territoire

- La résistance berbère : la mine d’Imider (Aldeah)

- La résistance berbère : la mine d’Imider (Mediapart)

- La cause d’Imider sur le site "Barricades"



Alebban

Une chanson d’Abdu Ummad


Traduction des paroles de la chanson.
Je vis misérablement sur le mont d’Alebban
Mes cris de détresse semblent inaudibles
Je ne suis pas un étranger, je suis fils de ce pays
Je veux juste avoir des droits comme tous les autres
Ils ont volé la terre, confisqué l’eau, occupé les montagnes et saccagé l’histoire
Aujourd’hui, nous nous révoltons pour revendiquer nos droits
Et défendre tous ceux qu’ils ont méprisé
Merci à tous ceux qui ont rejoint notre combat
Et à ce mouvement qui défend nos droits
Oh mon village, je porte en moi tous tes soucis
Malgré ma vie dure, je t’abandonnerai jamais
Je ne suis pas un hypocrite, je me bâterai pour mes droits
Mon histoire, je l’écrirai s’il faut avec mon sang.
Ceux qui nous détestent ne sont que des traîtres
Qu’ils soient maudits à jamais.

Texte : Abdu Ummad
Traduction : A. Azergui

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