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Pour Salem Chaker, la Kabylie est toujours l'objet d'une gestion attentive du régime algérien...
Interview réalisée par Marie-Pierre Olphand, diffusée sur RFI, le dimanche 24 avril 2011.
lundi 25 avril 2011
par Masin
Dans une interview de quatre minutes, accordée à Marie-Pierre Olphand, diffusée sur RFI le dimanche 24 avril 2011, Salem Chaker s’exprime sur le mouvement des Archs, sur l’introduction de tamazight dans la constitution algérienne, sur les relations entre la Kabylie et le régime d’Alger ainsi que l’implantation des islamistes armés en Kabylie.



A propos de 2001, Salem Chaker dit que c’est la première fois en Kabylie, depuis au moins 1963, qu’il y a une violence complètement ouverte contre la population et une volonté d’en découdre du côté des autorités qui était assez nette, ce qui a conduit à la radicalisation des revendications. Et la condamnation du régime et du système est absolument radicale, un système qui est dénoncé comme corrompu et corrupteur.

A la question "qu’est-ce qui reste du mouvement des Archs ?", Salem Chaker dit que s’il en reste peu de choses sur le plan organique, il demeure une référence symbolique extrêmement forte. Et, tout comme le Printemps 1980, ce sont des dates et des références dans la mémoire collective kabyle qui restent extrêmement fortes et qui continuent à mobiliser.

Pour l’introduction de tamazight comme langue nationale dans la Constitution algérienne, Salem Chaker estime qu’elle n’a induit que des changements extrêmement ténus dans la réalité sociale : l’arabe classique reste la langue officielle, la langue de l’administration, la langue de la justice, et il est totalement impossible d’utiliser le berbère dans l’ensemble de ces espaces. Les conditions de maintien, de développement et de la pérennité de la langue berbère ne sont pas assurées malgré cette modification constitutionnelle, dit-il, et il cite, pour exemple, les citoyens qui sont en procès, même en Kabylie, parce qu’ils n’arrivent pas à inscrire leurs enfants sous des prénoms berbères.
Il estime que la Kabylie est une des zones permanentes de contestations diverses mais cycliques, ce qui fait qu’elle est l’objet d’une gestion attentive...

Concernant les raisons politiques de l’implantation d’islamistes armés en Kabylie, depuis maintenant une bonne douzaine d’années, et à titre d’hypothèse, Salem Chaker a tendance à penser que cette implantation serait le reflet de la confusion politique qui règne en Kabylie. Une Kabylie qui, selon lui, est ans une certaine dé-sérance liée à l’effondrement de l’ancrage des partis politiques traditionnels RCD et FFS et du MCB qui a implosé après 1990, ce qui laisse libre cours à l’émergence d’autres forces.


Ecouter l’interview



Salem Chaker, Professeur de berbère à l’Université de Provence et fondateur du Centre de Recherche Berbère à Paris

(04:36)

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