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Droits de l'Homme et respect de la diversité
Table ronde organisée par à Nantes le mardi 18 mai 2004.
vendredi 14 mai 2004
par Masin
La Table ronde "Diversité de langues et de cultures et droits de l’homme" est ue proposition du Conseil Culturel de Bretagne et le Collectif d’Associations "Unité dans la diversité" dans le cadre du Forum Mondial des Droits de l’Homme organisé par la Ville de Nantes (Bretagne) avec le soutien de l’UNESCO et qui aura lieu à Nantes du 16 au 19 mai 2004.
Parmi les intervenants cette Table ronde, Salem Chaker qui aura à traiter de la situation des langue et culture berbères en France.




FOROM BEDEL EVIT GWIRIOÙ AN DEN
FORUM MONDIAL DES DROITS DE L’HOMME
Nantes / Naoned, Bretagne, 16-19 mai 2004

Les buts
Dans un monde où les inégalités, l’intolérance et la violence ne cessent d’augmenter, les droits de l’Homme doivent, plus que jamais, être promus et protégés.

L’idée
Le Forum réunira, sur un pied d’égalité, des représentants des pouvoirs publics, des organisations intergouvernementales, des ONG, de la société civile, spécialistes, chercheurs, militants... avec un but essentiel : renforcer les liens entre la recherche, la politique et l’action.

Les organisateurs du Forum
La Ville de Nantes, à l’initiative et avec le soutien de l’UNESCO, en association avec des partenaires locaux pour certaines tables rondes.

La forme
Trois journées thématiques où des assemblées plénières introduisent des tables rondes.
Des traductions trilingues : anglais, espagnol, français.

La participation des militants linguistiques et culturels
Plusieurs organisations : EBLUL- Bureau Européen des Langues Moins Répandues, le Conseil Culturel de Bretagne et le Collectif d’Associations "Unité dans la diversité" proposent le mardi 18 mai de 15 heures à 18 heures la table ronde :

Diversité de langues et de cultures et droits de l’homme
Yezhoù, liesselezh sevenadurel ha gwirioù an den.

Les intervenants

Fernand de VARENNES, ancien directeur du Centre Asie Pacifique pour les droits de l’homme et la prévention des conflits ethniques, Australie ; School of Law, Murdoch University (Australie)

Juana VASQUEZ VASQUEZ, dirigeante indienne zapotèque de l’Union de Mujeres Yalatecas et du Taller de la Lengua Zapoteca Uke Ke Uken (Etat de Oaxaca, Mexique)

Tilman ZULCH, président de la Société pour les Peuples Opprimés - statut consultatif auprès des Nations unies - ECOSOC (Allemagne) (sous réserves)

Salem CHAKER, professeur des Universités, enseignant de Berbère à l’INALCO, président de la Maison de la Culture Berbère de France,

Henri GIORDAN, ancien directeur de recherche au CNRS (France), président du Forum des Langues de France, auteur de rapports sur les minorités et les langues minoritaires pour le ministre français de la Culture (1982), l’OCDE, la Commission européenne, l’Unesco et la Confédération suisse.

Markus WARASIN, secrétaire général d’EBLUL (Bureau européen des langues moins répandues, statut consultatif auprès de la Commission et du Parlement Européen, du Conseil de l’Europe et des Nations unies - ECOSOC ),

Anna-Vari CHAPALAIN, membre du Conseil d’administration et ancienne présidente de EBLUL, modératrice des débats.



Droits de l’Homme et respect de la diversité

La plupart des Etats sont composés d’une diversité de peuples, de communautés, de minorités, de langues et de cultures.

Cette diversité de langues et de cultures est une richesse qui appartient au patrimoine de l’humanité. Elle est aussi la garante de la créativité de la société, du pluralisme, de la démocratie et du respect de la personne humaine.
Néanmoins plus de 50% des 6 000 langues du monde sont en danger de disparition. Notre diversité linguistique doit, par conséquent, être préservée face au risque d’uniformisation engendré par un grand marché qui réduirait la culture à une simple consommation de masse. Mais elle est aussi mise en cause dans les Etats où un groupe dominant a imposé sa langue et sa culture aux membres des autres groupes qui se trouvent ainsi privés du droit d’être reconnus et de se réaliser pleinement dans leurs identités.

Cette absence de reconnaissance des groupes linguistiques et culturels a souvent des conséquences graves qui entraînent le plus fréquemment la dévalorisation de la personne jusqu’à induire des conduites pathogènes telles que suicides, alcoolisme, consommation de drogues, maladies mentales et violence, mais aussi plus collectivement la déstructuration du tissu social.

Ce manquement est contraire à l’article 27 du Pacte international sur les droits civils et politiques à l’article 30 de la Convention relative aux droits de l’enfant ou encore à la Convention de l’UNESCO sur la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement (article 5c notamment) qui prévoient que les membres de ces groupes ont le droit d’avoir leur propre vie culturelle et d’employer leur propre langue avec les autres membres de leur groupe.

Il est aussi en contradiction avec la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle qui affirme sans ambiguïté que "cette diversité s’incarne dans les groupes et les sociétés composant l’humanité", que "les droits culturels sont partie intégrante des droits de l’homme, qui sont universels, indissociables et interdépendants"... "que toute personne a droit à une éducation et une formation de qualité qui respectent pleinement son identité culturelle".

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies a eu l’occasion de rappeler que "l’égalité devant la loi ne permet pas toujours d’assurer l’égalité de la jouissance des droits de l’homme, et en particulier des droits économiques, sociaux et culturels, par certains groupes minoritaires dans un pays".

En effet, en empêchant certains groupes, peuples ou communautés de faire usage de leurs langues à l’école et dans les medias, dans la vie publique, ou en limitant abusivement cet usage, en occultant aussi pour certaines populations l’accès à leur propre histoire, voire en la falsifiant au profit d’une histoire officielle de l’Etat, c’est la liberté d’expression et la liberté de pensée et de conscience, et même le droit à la vie privée et familiale des personnes qui font partie de ces groupes qui peuvent être violés (articles 17, 18 et 19 alinéa 2 du Pacte).

En outre, en ne reconnaissant qu’une seule langue et une culture sur tout le territoire, l’Etat crée une discrimination entre le groupe dont l’identité est ainsi pleinement reconnue et valorisée, et les groupes qui ont une langue et une culture différentes et dont l’identité et la culture sont niées ou dévalorisées (articles 2 alinéa 1 et article 26 du Pacte).

Aussi, une nouvelle sensibilité pour notre diversité linguistique et culturelle en danger est nécessaire.

Au-delà du constat et de l’analyse, l’objectif de cette table ronde est d’examiner :

-  comment faire en sorte que les Etats reconnaissent et promeuvent réellement la diversité, c’est-à-dire la réalité des groupes et peuples qui les composent,

-  comment éduquer à l’esprit de tolérance à l’égard des peuples ou minorités, et faire que les différents groupes participent à la vie de la collectivité dans son ensemble,

-  et quels moyens doivent être mis en œuvre afin d’assurer une réelle égalité de tous les citoyens devant leurs droits fondamentaux.

La forme du débat

La journée du mardi 18 mai est consacrée aux thèmes des Droits de l’homme et de la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Ce sera le thème de la séance plénière du matin, où les participants débattront autour du point de vue développé par un expert, Monsieur Doudou DIENE, rapporteur spécial de la Commission des droits de l’Homme (ONU) sur les formes contemporaines de racisme, discrimination raciale, xénophobie et intolérance.

Suite à la pause déjeuner, les participants se répartiront entre les différentes tables rondes.

Pour traiter de notre thème, Diversité de langues et de cultures et droits de l’homme -Yezhoù, liesselezh sevenadurel ha gwirioù an den, nous avons invité cinq personnalités de différents continents.

Nous avons réuni des personnes qui ont une expérience concrète dans la défense et la promotion de la diversité des langues et des cultures en tant qu’outil de développement social, de respect et de promotion de la personne humaine, ainsi que dans des actions au niveau de la défense des droits de l’Homme avec des organismes internationaux.

Nous attendons du débat qu’il permette de mettre en évidence les conditions nécessaires au respect de ces droits et qu’il se prolonge par des objectifs de travail en ce sens.

Les intervenants

- Fernand DE VARENNES est ancien directeur du Centre Asie Pacifique pour les droits de l’Homme et la prévention des conflits ethniques, et fondateur du Journal juridique des droits de l’homme pour l’Asie et le Pacifique. Il est reconnu comme un des meilleurs experts juridiques internationaux sur les droits linguistiques et a écrit cinq ouvrages sur le sujet. Ses nombreux articles scientifiques ont été traduits en 17 langues.

Il donne des conférences dans le monde entier sur les droits linguistiques, en particulier en Europe et en Asie, et a travaillé avec de nombreuses organisations internationales dont le groupe de travail des Nations unies sur le droit des minorités ou l’UNESCO.

Il est associé aux travaux de très nombreuses publications et universités dont en particulier le Centre Européen pour les questions des minorités à Flensburg (Allemagne), l’Université Seikei à Tokyo, le Centre d’étude des droits de l’homme de Katmandou (Népal), l’Université de Manado (Indonésie), l’Académie Européenne de Bolzano (Italie)...

- Juana VASQUEZ VASQUEZ est indienne zapotèque, originaire de la communauté de Yalalag, dans l’état de Oaxaca, au Mexique. Elle est dirigeante de la Union de Mujeres Yalaltecas et du Taller de la Lengua y la Cultura Zapoteca Uke Ke Uken.

C’est une des figures féminines les plus importantes du mouvement indien mexicain. Depuis les années 70, elle a fait dans sa région un important travail politique de revalorisation et récupération des langues et de la culture zapotèques.

Elle a participé activement à la lutte des peuples indiens du Mexique pour la reconnaissance de leurs droits culturels. A la fin des années 90, elle a fait partie des personnalités reconnues consultées par l’armée Zapatiste (EZLN) pour les négociations avec le gouvernement.

- Tilman ZULCH, président de la Société pour les Peuples Opprimés (statut consultatif auprès des Nations unies -ECOSOC). - sous réserves -

- Salem CHAKER, spécialiste de linguistique berbère, est professeur de berbère à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) de Paris. Il y dirige le Centre de recherche berbère, qu’il a créé en 1990.
Il a également exercé une dizaine d’années à Aix-en-Provence (CNRS et Université de Provence : 1981-1989) et à l’Université d’Alger (1973-1981). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreuses études de linguistique et sociolinguistique berbères. Il est aussi directeur de l’Encyclopédie berbère (25 volumes parus, Aix, Edisud), et du projet de Dictionnaire biographique de la Kabylie (Aix, Edisud).

- Ancien professeur de littérature française à l’Université de Fribourg (Suisse) et ancien directeur de recherche au CNRS (France), Henri GIORDAN s’est spécialisé depuis plusieurs années dans l’étude pluridisciplinaire des minorités linguistiques européennes.

Il est l’auteur en 1982 du premier rapport officiel sur les langues et cultures régionales de France. Il a effectué, à partir de 1983, plusieurs missions de conseil et d’études sur la politique concernant les langues régionales et minoritaires auprès du ministère de la Culture (France), de
la Commission européenne, de l’UNESCO, de l’OCDE et du Conseil fédéral de la Confédération Suisse. Il a collaboré à plusieurs programmes de recherche sur ces questions aussi bien en France qu’à l’étranger (Québec, Italie et Suisse).

- Markus WARASIN, né en 1971 au Tyrol du sud, est actuellement Secrétaire Général du Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues (EBLUL). Il a une connaissance approfondie des affaires européennes et plus particulièrement des politiques linguistiques de l’Union Européenne. Après ses études en Autriche, en Angleterre, en France et en Espagne, il a travaillé pour le Comité Economique et Social des Communautés Européennes et pour le Parlement Européen comme assistant parlementaire. Avant d’entrer à EBLUL, il a été assistant auprès de la Convention Européenne pour les Droits Fondamentaux. Actuellement il donne également des cours au département de sciences politiques à Innsbruck (Autriche).
Son intervention portera sur le projet de constitution européenne sous l’angle de la diversité linguistique et culturelle.

Modératrice des débats :

Anna-Vari CHAPALAIN, membre du Conseil d’administration et ancienne présidente de EBLUL (Bureau européen des langues moins répandues, statut consultatif auprès de la Commission et du Parlement Européen, du Conseil de l’Europe et des Nations Unies - ECOSOC ).

(Traductions simultanées : anglais, français, espagnol).

Les organisateurs de la table ronde

- Le Conseil Culturel de Bretagne est le représentant du monde associatif lié à la culture bretonne.

Créé par la Charte culturelle de Bretagne en 1977, qui était un acte de reconnaissance de la personnalité culturelle de la Bretagne, le Conseil Culturel de Bretagne est un organisme consultatif auprès de la Région Bretagne et des 5 départements bretons en vue de "répondre au désir de respect de leur identité exprimé par la population et ses élus".

Il rassemble plus de cinquante grandes fédérations ou associations culturelles actives dans des domaines aussi variés que la langue bretonne, la musique, la danse, les jeux traditionnels, les médias ou les arts plastiques, ainsi que des élus des collectivités (Conseil Régional, Conseil Economique et Social, Conseils Généraux, Villes...)
À travers ses multiples composantes, il fédère plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Centre Culturel de Bretagne (CCB)
7, straed Jeneral Guillaudot
35069 Roazhon/Rennes
T/f : 02 99 87 17 65
ksb.ccb wanadoo.fr
Site : www.kuzul.org

- EBLUL est une organisation non gouvernementale indépendante créée en 1982, à la suite du vote de la résolution Arfé par le Parlement Européen, premier pas pour une politique européenne de défense des langues régionales ou minoritaires.

Elle regroupe des associations bénévoles et des institutions actives dans la promotion de la diversité linguistique européenne.

En France elle est composée des comités alsacien, basque, breton, catalan, corse, occitan et des langues d’oïl.
EBLUL a un statut consultatif auprès du Parlement Européen, de la Commission Européenne, du Conseil de l’Europe et des Nations unies (Comité économique et social). Elle entretient des relations régulières avec l’UNESCO.

European Bureau for Lesser Used Languages Bureau Européen des Langues Moins Répandues (EBLUL)
49, rue Saint-Josse
B-1210 BRUSSELS
Tél : +32/2/218/25/90 - Fax : +32/2/218/19/74
eblul eblul.org
Site : www.eblul.org

- UNITE DANS LA DIVERSITE

Le collectif "Unité dans la diversité" regroupe des associations qui se sont réunies pour promouvoir la diversité des langues et des cultures et le respect des droits des personnes attachées à la défense de leur propre identité à l’occasion du Forum Mondial des Droits de l’Homme de Nantes.

"Unité dans la diversité" comprend notamment : Euskal Konfederazioa (Pays Basque), Défense et promotion des langues d’Oïl, l’Institut Culturel de Bretagne, le Collectif Breton pour les Droits de l’Homme et la Démocratie, Bretagne Réunie / CUAB, Diwan, Div Yezh, UGB / Union des Enseignants de Breton, Bertaeyn Galleiz, Agence Culturelle Bretonne de Loire-Atlantique, Fest Yves/Gouel Erwan...

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