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Rapport de Tamazgha aux Nations Unies
lundi 28 avril 2014
par Masin
Extrait du rapport de Tamazgha sur la violation des droits économiques, sociaux et culturels des Imazighen par la monarchie marocaine. Le rapport est soumis au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des nations Unies.



Partie 2.

PRINCIPALES VIOLATIONS DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS


B - Une arabisation oppressive

Les institutions de l’Etat sont les gardiennes de la Constitution. Ainsi, elles ont toutes été appelées en garantie par le gouvernement marocain pour la réalisation de l’arabisation, qui comme nous l’avons vu, constitue le socle identitaire et linguistique de l’Etat. En tout
premier lieu, c’est l’administration et les services de police qui ont été mis à contribution.
Citons quelques événements qui témoignent de ce que le mouvement amazigh, lancé pour la reconnaissance officielle de tamazight (berbère), fait l’objet d’une répression officielle sévère.

1- Arrestations, violences et répression

En 1994, lors de la commémoration du 1er mai à Goulmima (Sud Est marocain), des militants berbères ont défilé avec des banderoles écrites en tifinagh (alphabet berbère) revendiquant la reconnaissance officielle des langues et culture berbères. Deux jours plus tard, le 3 mai 1994, sept d’entre eux sont arrêtés sur ordre du gouverneur de la province.
Après perquisition de leurs domiciles, sont jetés en prison. Ils devaient, en effet, répondre des chefs d’inculpation suivants : "atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat", "incitation au dépassement des institutions" et "atteinte à la Constitution". Le 9 mai 1994, ils sont
présentés devant la Cour d’Errachida. Le collectif de 74 avocats qui s’est spontanément formé demande leur libération sous caution. La demande est refusée, le procès reporté au 17 mai 1994. Les sept détenus entament avec succès une grève de la faim afin que leur
soit accordé le statut de prisonniers politiques. Le 17 mai, le procès a lieu. Durant l’instance, les détenus ont catégoriquement refusé de s’exprimer en arabe. Le verdict, prononcé le 27 mai, prononce trois peines de prison et de lourdes amendes. A la suite d’une mobilisation massive du mouvement berbère, des organisations des Droits de
l’Homme, les trois détenus politiques ont été libérés le 3 juillet et amnistiés par la Grâce Royale. Seulement, à la suite de leur libération, les autorités administratives ne leur permettent plus d’exercer leurs métier d’enseignants et ce, bien qu’amnistiés.

Notons aussi que le contexte du procès des détenus de Goulmima dont nous venons de voir la trame, a été l’occasion aux autorités marocaines d’interdire de nombreuses activités associatives marocaines notamment celles de l’AMREC et d’ILMAS, comme le rapporte un communiqué du Comité de solidarité avec les détenus de Goulmima daté du 28 mai 1994.

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