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Assassinat de Mécili : 19 ans après !
lundi 10 avril 2006
par Masin
Plus de 200 personnes étaient au rendez-vous au Cimetière Père Lachaise ce samedi 8 avril pour rendre hommage à André Mécili, avocat kabyle opposant au régime algérien assassiné en 1987 par un certain Amalou, un autre kabyle mercenaire du régime algérien.


Il est à déplorer que les organisateurs de la commémoration n’aient pas fait une communication à la hauteur de l’évènement. En effet, très peu de gens ont eu l’information qui a circulé dans des cercles très restreints, pratiquement limité aux militants du FFS et leurs proches. A titre d’exemple, la rédaction de Tamazgha.fr n’a reçu aucune information à ce sujet de la part des "organisateurs". Cela donne d’ailleurs à réfléchir quant aux prochaines commémorations. La Mémoire d’André Mécili appartient à tous les Kabyles et même au-delà. Et c’est l’ensemble des acteurs kabyles en région parisienne qui doivent s’impliquer dorénavant pour perpétuer la mémoire de Mécili.

Comme tous les ans, il y avait à cette commémoration sa femme, Annie, ses enfants, Léa et Yelhan, Hocine Aït-Ahmed et plusieurs compagnons de lutte d’André Mécili.
Il y avait Ramdane Achab et Ahcène Taleb, anciens militants du MCB en Kabylie, Ahmed Djedaï, ex-secrétaire général du FFS.

Après quelques mots d’Annie Mécili, comme "de tradition", c’est Aït-Ahmed qui donne lecture à un texte par lequel il s’adressait à son compagnon pour lui rappeler tous leurs "rêves". Il rappelle, dans son intervention, que ce 19e anniversaire de l’assassinat de Mécili coïncide avec le 10e anniversaire de l’assassinat des sept moines en Algérie. Il souligne que ces assassinats ont en commun une chose : la raison d’Etat, "la raison de deux Etats qui ne savent fonder ce qu’ils appellent leur amitié que sur l’oubli et l’impunité. L’impunité que l’un accorde d’avance à l’autre pour de multiples raisons : la peur, la rente pétrolière et gazière [...]".
Hocine Aït-Ahmed termine son intervention, son message à Mecili, en lui disant "nous tous, ici, refusons l’oubli. Nous le refusons grâce à Annie, ta femme, et à tes enfants qui s’obstinent à perpétuer la mémoire qui est aussi celle d’une fidélité à tes idées et à ton combat."
Emue Annie Mécili remercie Aït-Ahmed pour son intervention et rappelle qu’au-delà de la commémoration, c’est d’un combat qu’il s’agit, un combat pour la vérité et pour que la justice soit faite. Elle invite l’assistance à réfléchir à ce qui peut se faire autour de Mécili à l’occasion du 20ème anniversaire de son assassinat.
Espérant que l’appel d’Annie Mécili soit entendu et que les acteurs kabyles en région parisienne se mobilisent pour marquer ce 20ème anniversaire et faire en sorte qu’il soit une commémoration à la hauteur de l’Homme qui a tant donné pour diverses causes. Mais aussi pour dire aux détracteurs de nos combats que nous n’avons pas oublié et nous n’oublierons jamais. Et nous ferons en sorte de transmettre aux générations à venir qui continueront le combat.

Une rue à Paris au nom d’André Mécili...
Au moment où le Maire de Paris fait savoir sa volonté de dédier une rue de Paris à une personnalité berbère, n’est-il pas opportun que cette rue porte le nom d’André Mécili ? Berbère, ayant habité et travaillé à Paris, militant des droits de l’Homme, avocat qui a défendu "toutes les causes justes", assassiné pour ses idées à Paris,... N’y a-t-il pas là suffisamment d’éléments qui plaideraient pour lui ? Un hommage largement mérité.

Masin

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