L'Etat algérien et Tamazight
Extrait du rapport
vendredi 22 septembre 2017
par Masin
A l’occasion de la 94ème session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies, l’Etat algérien présente un rapport pour vanter ses efforts pour lutter contre les discriminations. Ci-dessous ce que l’Etat algérien affirme au sujet des langue et culture amazighes. Vos commentaires sont les bienvenus.

Promotion de la langue amazighe

65. La langue tamazight a été constitutionnalisée comme langue nationale en avril 2002 et officielle depuis le 7 février 2016 en vertu de l’amendement de l’article 4 de la Constitution.

66. Le Gouvernement algérien a franchi un grand pas dans le processus de réhabilitation de l’amazighité en Algérie. Cette reconnaissance constitutionnelle est accompagnée par la création d’une académie algérienne de la langue amazighe rattachée au Président de la République.

67. Des efforts sont déployés par le Gouvernement algérien, à travers le Haut-Commissariat à l’Amazighité, pour la promotion et le développement de la langue amazighe, à travers ses activités scientifiques, notamment l’édition d’ouvrages et de périodiques en tamazight ainsi que son soutien au mouvement associatif.
68. L’Algérie continue de travailler pour la levée des différents verrous entravant l’enseignement de la langue amazighe, en assurant :
• L’impression d’une version en Tamazigh de la Constitution révisée ;
• La formation continue et de qualité pour les enseignants de tamazigh ;
• L’opérationnalisation d’une chaine de radio permanente ;
• L’institutionnalisation de nombreux festivals annuels (cinéma, théâtre) ;
• La suppression du caractère optionnel de la matière de tamazight dans l’école algérienne par l’amendement de la loi d’orientation de l’éducation nationale ;
• La généralisation graduelle de cet enseignement à travers toutes les wilayas du pays (on atteindra 32 wilayas au cours de l’exercice 2016/2017).

69. Afin d’élargir l’enseignement de tamazight, le Gouvernement algérien a prévu des postes d’enseignants à même de couvrir l’ensemble des besoins exprimés. Un nombre de postes budgétaires a été octroyé, pour le recrutement d’enseignants en langue tamazight à travers tout le pays.

70. La stratégie de globalisation de l’enseignement de tamazight, prévoit l’ouverture de postes supplémentaires et le recrutement d’enseignants dans d’autres wilaya, et ce en suivant des plans de recrutement à court et moyen termes et en effectuant un travail de sensibilisation sur le terrain.

71. De nouvelles classes sont ouvertes pour la première fois dans sept (7) wilayas du pays, l’enseignement de tamazight est passé donc de onze (11) à vingt-deux (22) wilayas pour l’année scolaire 2015/2016. Selon les statistiques fournies par le Ministère de l’Éducation nationale, l’enseignement de la langue amazighe est passé de 233 enseignants pour 37 690 apprenants en 1995/1996 dans seize wilayas à 2 600 enseignants pour 277 176 apprenants durant l’année scolaire 2015/2016 et l’on envisage de recruter 500 nouveaux enseignants pour la rentrée scolaire 2016/2017.

72. Par ailleurs, convaincu que la promotion de la langue amazighe doit impérativement passer par l’encouragement de l’édition en langue amazighe et de la nécessité de mettre à la disposition du grand public des publications en langue amazighe, les institutions nationales se sont investies totalement dans le créneau de l’édition et de la coédition en tamazight.

73. Il existe plus de 300 titres, tous genres confondus. Pour l’année 2014, le HCA a édité une vingtaine de titres écrits en tamazight pour ainsi renforcer son palmarès dans ce domaine.

74. Sur le plan de la communication, tamazight s’est enrichie par le lancement d’un fil d’information générale et multimédia relevant de l’Agence Presse Services (APS), qui vise à former les journalistes exerçant en tamazight au niveau des radios régionales, de la Télévision publique et chaine privées et ceux relevant de la presse écrite.

75. Enfin, un dispositif d’enseignement et d’apprentissage de tamazight pour adultes a été initié par les institutions nationales en collaboration avec la société civile, en vue de permettre à tous les algériens d’apprendre à lire et à écrire cette langue.

Promotion des droits économiques, sociaux et culturels des amazighs

76. L’État œuvre à promouvoir les droits économiques, sociaux et culturels de tous les citoyens algériens. La finalité de tous ses efforts se trouve être concrétisée par l’officialisation de la langue amazighe, ce qui permettra de renforcer sa promotion sur toute l’étendue du territoire nationale.

77. Sur le volet culturel, il y a lieu de mettre en exergue l’importance du nouvel acquis mentionné dans la constitution à savoir le droit à la culture conformément l’article 37 bis.

78. Depuis janvier 2014, le gouvernement a mis en place un dispositif spécial « Sortie sur le terrain » en partenariat avec les Départements de langue et culture amazighes des Universités algériennes, pour la collecte et la préservation du patrimoine culturel et linguistique amazigh des différentes régions du pays. C’est ainsi que des régions comme le grand sud algérien (Djanet, Adrar, Timimoun, Tamanrasset), l’Ouest (Tlemcen, Chlef, Oran) et de l’Est (Tébessa, Constantine, Souk Ahras, Batna, Khenchela…) ont accueilli durant l’année 2014 et le premier semestre 2015 des équipes de chercheurs. L’objectif principal de ces sorties étant la confection du grand dictionnaire pan-amazigh.

Droit d’utiliser les prénoms amazighs

79. Tous les Algériens jouissent de la liberté du choix des prénoms de leurs enfants et ce à travers les services de l’état civil.

80. L’article 64 (alinéa 1) de l’ordonnance no 70-20 du 19 février 1970 portant Code de l’état civil modifiée et complétée, prévoit que les prénoms doivent être de consonance algérienne. De facto, les prénoms amazighs sont des prénoms algériens protégés par toutes les lois en vigueur, notamment la constitution.

81. Le Code de l’état civil, permet aussi d’inscrire les enfants nés de parents appartenant à une confession non musulmane, sous des prénoms autres qu’algériens.

82. Outre le cadre légal susmentionné, inhérent aux procédures juridiques d’attribution des prénoms, le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, a initié une liste non-exhaustive des prénoms au niveau des communes sur laquelle s’appuient, à titre indicatif et non limitatif, les officiers de l’état civil lors de la déclaration des naissances, ce qui garantit la liberté de choix des prénoms par les parents ou le déclarant.

83. À ce titre, le Haut-Commissariat à l’Amazighité, en se référant au décret no 26/ 81 du 27 mars 1981 notamment l’article 5 qui stipule que la révisons du lexique national des prénoms doit se faire tous les 3 ans, a proposé une liste de 500 prénoms algériens.

84. Les quelques refus signalés et qui sont imputables individuellement a des fonctionnaires et non à l’administration ont été diligemment pris en charge et réglés dans des délais très courts. C’est ainsi qu’en 2014, les instances compétentes ont été saisis par le HCA pour faire inscrire des prénoms tels que Aderyan et Tara (Tizi-Ouzou), Maylana (Alger) et Atmas (Oran).

Pour consulter le rapport de l’Etat algérien

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