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Mobilisons-nous contre le Coronavirus !
Tamazgha appelle à la mise en place de Comités populaires sanitaires.
vendredi 20 mars 2020
par Masin
L’Humanité fait face aujourd’hui à une menace sanitaire sans précédent. Un virus intraitable pour l’heure est en circulation et a pu gagner les quatre coins de la planète. Les pays où la médecine connait un développement de haut niveau sont dépassés par ce fléau et ont recours à des mesures de confinement que l’histoire de l’Humanité n’a jamais connu.
Devant cette menace, il est à craindre que sur les territoires où sévissent des régimes voyous nourris de la corruption cette pandémie provoquera des catastrophes sanitaires sans précédent. Ces régimes, on le sait, n’ont pas investi dans le bien-être des populations. En cela, le système de santé laisse à désirer, les politiques de santé inexistantes sont incapables de faire face à une crise sanitaire comme celle qui menace l’Humanité aujourd’hui.
Tamazgha estime que les Amazighs qui subissent ces régimes doivent faire appel à leur intelligence et ne pas attendre que ces régimes se mobilisent pour les protéger. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des populations amazighes, là où elles sont, dans le Rif, en Kabylie, dans les Aurès, à Adrar n Infusen, au Mzab, à Tiniri, dans le Sous, à At-Willul ou encore à Djerba ou à At-Wab et partout ailleurs de se mobiliser pour mettre en place les mesures radicales de confinement indispensables pour combattre ce virus et limiter ses dégâts. Les populations amazighes doivent adopter les mesures barrières qui sont la base de la lutte contre ce fléau qui nous menace.
Tamazgha estime que l’organisation doit s’opérer dans les villages et les quartiers afin d’organiser la mise en place des mesures, mettre en place également des plans de communication et de sensibilisation et veiller à une application stricte et optimale des mesures à même d’éviter les catastrophes sanitaires. Cette organisation pourrait se concrétiser sous forme de Comité populaires sanitaires. Ainsi chaque village, chaque quartier pourrait se doter de son Comité populaire sanitaire qui doit mobiliser, étudiants (notamment en médecine), enseignants, personnel soignant, ...
Dans une telle situation, il conviendrait également de se mobiliser pour ne pas permettre que des énergumènes, qui aiment se nourrir du malheur des autres, profitent de la situation pour abuser de la population par la spéculation notamment dans les prix de certains produits notamment alimentaires.
La Kabylie, qui est un pays très dense (quelques 3700 villages comptant près de 12 millions d’habitants) – ce qui rend la propagation du virus extrêmement rapide – doit plus qu’ailleurs prendre les choses très au sérieux et mette en place un plan urgent avec des mesures drastiques.
Nous appelons les populations à se prendre en charge ; il s’agit de leurs vies. Elles ne doivent pas attendre des initiatives étatiques qui ne viendraient peut-être jamais.

Dans ce qui suit, nous donnons les éléments scientifiques qui montrent la dangerosité de ce virus et les seuls et uniques moyens que nous avons aujourd’hui pour le combattre.

Nous appelons toutes et tous à la responsabilité et à user du bon sens afin d’éviter une catastrophe sanitaire sur nos territoires. Le pire est de croire que l’hôpital peut tout faire. Il faut se rendre à l’évidence que l’hôpital ne peut pas tout. L’hôpital ne peut pas tout pour tout le monde et au même moment.

La pandémie du Coronavirus : implications et retombées

Le devoir qui incombe à tous, scientifique, médecin, biologiste, infirmier, aide-soignant et citoyen responsable est celui de dire la vérité, d’expliquer afin de contribuer à la sensibilisation du plus grand nombre d’entre nous, à ce qui risque d’être une des plus grandes tragédies de notre histoire commune.

La pandémie due au Coronavirus (Covid-19) est liée à un virus encapsidé (possédant une enveloppe dans laquelle se trouve le matériel génétique qui est aussi la partie pathogène – celle qui rend malade – du virus).
C’est un virus de type ARN (acide ribonucléique de 29881 nucléotides [1]donc un brin codant d’ARN de grande taille), il a la faculté de se répliquer (possibilités de faire des copies du génome viral) rapidement, d’où la contamination extrêmement rapide.
Nous ne connaissons pas tout sur ce virus, notamment son degré d’immunisation après infection (production de cellules de défense du corps – anticorps – contre le Covid-19).
Il s’agit d’un nouveau virus qui semble mieux s’adapter dans les voies respiratoires humaines. Il s’agirait d’un virus fragile qui ne résisterait pas trop longtemps en dehors des muqueuses (le virus ne circule pas dans l’air), qu’il n’y aurait pas de transmission à travers le placenta chez la femme enceinte [2], d’autres observateurs spécialisés rapportent que la membrane qui entoure le matériel génétique ne résisterait pas au savon et aux solutions hydro-alcooliques … ce qui explique l’intérêt du respect des règles d’hygiène et d’auto-décontamination répétées.
Le Covid-19 est transmis d’un individu à un autre individu, de personne à une autre personne, il s’agit d’une contamination interhumaine. Il se transmet par les gouttelettes (contenant les virions) lors d’une toux ou d’un éternuement, d’où la nécessité de la distanciation sociale (interpersonnelle) de 1,50 m voire plus ; par le contact direct en se déposant sur les surfaces (les mains, les poignées de portes...) d’où la nécessite de savoir toujours où on a posé ses mains et de faire attention de ne pas les porter au visage et sur les muqueuses (nez, bouche, yeux), de se laver les mains avec du savon ou avec une solution hydro-alcoolique autant que nous pouvons.

Quoi qu’il en soit, cette épidémie est extrêmement grave.

Les symptômes principaux sont de la fièvre, un syndrome pseudo grippal, des maux de têtes, des douleurs dans les articulations et les muscles dans un premier temps. Dans un deuxième temps, des signes respiratoires, toux, crachats et essoufflements, jusqu’à des pneumonies qui peuvent être sévères dans les cas les plus graves. En sachant que l’on peut aussi développer seulement ce qui s’apparente à un simple rhume [3], [4].
Même si dans 85 %, les infections au Covid-19 seraient des infections bénignes (sans gravité chez l’Homme), il n’en demeure pas moins que lorsque l’infection est associée à une comorbidité (patient ayant des maladies déjà installées comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le tabagisme, l’hypertension artérielle) elles causent de nombreux décès.
En Afrique du Nord, même si, ne serait-ce que dans certaines régions, il y a un très bon personnel médical (médecins, infirmiers, aides soignant.e.s, biologistes...), consciencieux, compétent et qui aime faire son métier du mieux qu’il le souhaite, nous n’avons jamais bénéficié d’une politique de santé susceptible de répondre à ce genre de pandémie.
Considérons d’une part :

- que nos structures de soins sont insuffisantes pour couvrir tous les territoires ;
- que nos structures hospitalières sont complètement obsolètes face à ce genre de déferlante ;
- que nos hôpitaux sont peu ou très peu équipés notamment en terme de matériels sophistiqués (respirateurs, ventilation, oxygénation...) ;
- l’absence de laboratoires scientifiques capables de produire des Kit-tests PCR (Polymerase Chain Reaction : une méthode permettent de détecter le virus dans le sang, la gorge et le nez, l’urine ou les selles (une méthode directe de détection du génome des agents infectieux ou parasitaires par amplification enzymatique) ;
- que nous n’avons pas de recherche scientifique et de recherche épidémiologique soutenue pouvant réagir dans l’urgence et/ou anticiper la mise en place de modèles épidémiologiques et d’essais thérapeutiques ad hoc.

Considérons, d’autre part, que :

- ce nouveau virus serait très peu immunisant (il ne produirait pas d’immunité à long terme) ;
- qu’il n’existe, à ce jour, aucun vaccin, ni aucun médicament anti-viral contre ce virus ;
- que la contagiosité est extrêmement rapide (la transmission du virus d’une personne à une personne) ;
- que nous sommes une société méditerranéenne très tactile (contacts rapprochés et parfois prolongés, cuisine et partage de préparations fréquentes, espaces partagés à grande fréquentation, célébration de mariages dans des salles, veillées funèbres, visites collectives aux malades, etc.) ;
que la plus grande majorité des gens est tributaire des transports en communs (taxi, fourgons...).

Face à toutes ces incertitudes deux choix sont possibles :
- Le premier c’est celui qui consiste à laisser faire, en attendant que l’infection de masse (toute la population est atteinte par le virus) stimule le développement d’une immunité individuelle anti-Covid-19. Dans ce cas, ce sont les lois de la biologie qui régiront la propagation. Il y aura, sans aucun doute, une grande mortalité (c’est la sélection naturelle).

- Le second cas, certes contraignant, reste le confinement social généralisé. Il limiterait les contacts physiques y compris au sein d’une famille qui partage un espace de vie. Les transports publiques seraient réduits. Les cafés, les bars, les lieux de culte et les divers lieux de rencontres seraient fermés.
Seul ce deuxième cas de figure peut freiner et casser la courbe ascendante des contaminations.


Crainte légitime des populations.


Oui, nous craignons pour nous-mêmes, nos enfants, nos parents, nos familles, nos amis et nos concitoyens car nous sommes conscients que nous n’avons pas un système de soins capable de faire face [5].

C’est pour cela qu’il est un devoir pour chacune et chacun, il est du devoir de tous, de prendre des mesures radicales.
Le virus Covid-19 n’a ni pieds pour marcher, ni ailes pour voler, il a trouvé en l’Homme son transporteur gratuit (vecteur de transmission). C’est pour cette raison que la limitation des contacts a un sens. C’est à travers le respect de mesures sanitaires de bon sens (se laver scrupuleusement les mains, éviter les contacts main-main, visage contre visage), le respect des mesures dites barrières dont la distanciation interhumaine (parler à quelqu’un à 1,50 m de distance) que nous pouvons, tous ensemble, venir à bout de cette pandémie.
Le confinement à la maison éviterait l’afflux massif de malades qui submergerait les structures hospitalières (pas de moyens humain et matériel).

Le confinement à la maison est la seule réponse face à une telle pandémie (non contamination d’autrui).

Le confinement à la maison éviterait de contaminer le personnel soignant. La population doit lui faire confiance, respecter ses consignes et ses directives. La discipline incombe à tout un chacun dans ces moments difficiles.

Il est du devoir de chacun de nous de ne pas sous-estimer l’ampleur de cette épi/pan/démie pour se protéger et protéger ses parents et ses grands-parents.

Il est du devoir de chacun de nous de sensibiliser les siens autour de son périmètre quant à la propagation de fausses informations qui, déjà, installent un climat de psychose au sein de la population.

Tout ce qui est écrit ici et là sur Internet n’est pas forcément une vérité scientifique. Ni les prières, ni le gingembre, ni les huiles essentielles et encore moins l’alcool n’empêchent la propagation du Covid-19. Ces fausses informations banaliseraient la maladie et rendraient les gens moins conscients quant à la gravité sanitaire. Cette affaire est très sérieuse, elle ne doit pas se suffire de croyances ou de remède grand-mère. Elle est l’affaire de toutes et de tous. Elle est l’affaire de l’Humanité entière.

Il est du devoir de chacun de nous de ne pas céder à la psychose générale, à la peur collective (plus de 85 % des cas sont des formes bénignes : notre intelligence doit faire en sorte que seuls les malades présentant de graves symptômes accèdent à l’hôpital pour ne pas le saturer).

Il est du devoir de chacun de nous de prôner les valeurs humaines d’entraides qui ont toujours caractérisé notre personnalité et qui ont permis à nos aînés de faire face à tant d’épidémies, dont la plus récente, en Afrique du nord, était l’épidémie de la peste.

Il est du devoir de chaque citoyenne, de chaque citoyen (scientifique, biologiste, médecin, infirmièr.e, aide-soignant.e, commerçant.e, ouvrier.e, cadre...) de garder ces propres valeurs humaines pour venir à bout de cette pandémie.

Ce n’est ni aux religieux, ni aux politiques de définir les contours de cette pandémie. Les politiques publiques doivent aviser et mettre à la disposition des soignants des moyens matériels et humains.

Ce n’est ni aux religieux, ni aux politiques de définir le contour spatial et temporel de l’épidémie mais aux scientifiques.


Tamazgha,
Paris, le 18 mars 2020.



A lire sur le sujet :

- https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30411-6/fulltext
- https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-l-afrique-inquiete-l-oms_3839243.html
- https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(20)30144-4/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30460-8/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(20)30067-0/fulltext
- https://www.thelancet.com/infographics/coronavirus
- https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(20)30058-X/fulltext
- [[ https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30633-4/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(20)30175-4/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30673-5/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30528-6/fulltext
- https://www.thelancet.com/journals/lanpub/article/PIIS2468-2667(20)30050-5/fulltext

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