Tract du Comité anti-répression de Tizi-Ouzou
Diffusé à Alger le marddi 22 avril 1980.
Suite à la répression qui s’est abattue sur la communauté universitaire, les travailleurs, étudiants, enseignants de Tizi-Ouzou ont décidé de constituer un Comité anti-répression chargé d’expliquer la nature du mouvement, d’informer sur ses développements, de faire des démarches pour libérer les prisonniers de la communauté universitaire, faire cesser la répression et faire respecter les libertés démocratiques en Algérie.
Depuis quelque temps, les étudiants à Tizi-Ouzou et à Alger, soutenus par les masses populaires, organisent la lutte pour la reconnaissance des langues populaires algériennes et contre la répression dont est victime la culture populaire et notamment la culture berbère. Par ailleurs, la presse officielle et étrangère a tenté de déformer le mouvement aux yeux de l’opinion publique et de lui donner un sens erroné. Dans ce cadre, nous dénonçons toute tentative et fausse interprétation du mouvement.
De même, nous dénonçons la répression qui sévit et les atteintes aux libertés démocratiques en Algérie par :
– La quadrillage policier des universités d’Alger et de Tizi-Ouzou et la violation de l’enceinte universitaire par les Services de Sécurité.
– L’arrestation d’enseignants, d’étudiants, de lycéens et de travailleurs :
• 74 étudiants de Tizi-Ouzou portés disparus.
• L’enseignant SADI Hocine arrêté.
• Les lycéens MEZZI et BENKANOUN portés disparus.
• Le travailleur ABTOUT Arezki arrêté.
– L’utilisation des forces de l’ordre à des fin anti-populaires testées sous des régimes de dictature ( relevé de l’identité de tout jeune se rendant à Alger, arrestation massives et arbitraires ).
– L’utilisation d’armes à feu contre les étudiants comme cela a été le cas à Oued-Aissi le 7 avril 1980 à 22H20.
– La répression qui s’abat sur toutes les villes et villages de la Wilaya de Tizi-Ouzou notamment.
Nous exigeons :
1. la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers arrêtés au cours du mouvement.
2. La cessation de la répression contre la communauté universitaire et les masses populaires.
3. La reconnaissance des langues populaires lgérienne, notamment de la langue berbère.
4. La cessation de la campagne de falsification des objets du mouvement, menée par la presse nationale et les autorités locales (C.N.P.(I), Wali ).
5. Le respect des libertés démocratiques en Algérie.
La communauté universitaire de Tizi-Ouzou est déterminée à poursuivre la lutte jusqu’à pleine satisfaction de ses revendications.
Le Comité anti-répression de Tizi-Ouzou.
Mardi, le 22 avril 1980.
(1) Commissariat National du Parti (NDLR)
N.B. Cette lettre a été diffusée depuis le 7 avril au moins (NDLR)
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