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Comprendre AQMI
Avec François Gèze et Salima Mellah
mercredi 25 juillet 2012
par Masin
Le terrorisme islamiste, ou le terrorisme tout court, en Afrique du Nord a vu le jour et a pris de l’ampleur sur le territoire algérien quelques années après la pseudo-ouverture démocratique voulue par le régime algérien. S’il n’y a pas de doute concernant l’existence d’éléments djihadistes acquis à la nostalgie de la Oumma et à l’idée selon laquelle la planète entière se doit de se soumettre à la loi islamique, il y a encore moins de doute quant à l’instrumentalisation du terrorisme isalmiste par les services de renseignements algériens devenus alors, avec la "nouvelle ère", le DRS (Département du renseignement et du service). Cette instrumentalisation est résumée par cette expression du génie populaire "Groupes islamistes de l’Armée" utilisée pour désigner les GIA !
Pour mieux comprendre cette question assez complexe de terrorisme islamiste qui ne cesse de marquer l’actualité en Afrique du Nord, notamment dans l’Azawad en ce moment, nous mettons à la disposition de nos lecteurs un dossier réalisé par François Gèze et Salima Mellah intitulé "Al-Qaida au Maghreb, ou la très étrange histoire du GSPC algérien". Ce dossier est publié par le site Algeria Watch en 2007. Très bien documenté, ce dossier est le fruit de plusieurs années de travail et reste la référence en matière d’analyse de cette histoire de terrorisme islamiste en Afrique du Nord. Et la compréhension de ce phénomène facilitera certainement la compréhension des enjeux de la situation qui prévaut dans l’Azawad et surtout le rôle des services de renseignements algériens (le DRS) dans ce conflit.




François Gèze, directeur des éditions La Découverte, et Salima Mellah, journaliste, passent en revue les activités des terroristes algériens notamment entre 1998 et 2007. Ils nous suggèrent suffisamment d’éléments pour comprendre le lien qui existe entre des groupes terroristes et le DRS. Ils nous donnent aussi des éléments de compréhension quant à l’intérêt des États-Unis d’Amérique de laisser s’installer des groupes islamistes, de préférence liés à Al Qaïda, dans l’Azawad. D’où ce besoin de passer d’une organisation locale (algérienne) à une organisation supranationale liée à Al-Qaïda : ce qui expliquerait le passage de GSPC à AQMI. L’on apprend comment certains émirs de ces groupes terroristes ont souvent "plusieurs vies" : nombre d’entre eux, après être annoncés morts, ils refont surface...

Si vous avez du mal à comprendre l’intérêt des services algériens d’instrumentaliser ces groupes islamistes, vous trouverez dans cette analyse des éléments de réponse.

Les dossier est présenté en six parties ainsi qu’une conclusion et la chronologie du GSPC (1998-2007).

Ci-après le résumé du dossier suivi des liens vers les différentes parties du dossier à lire sur Algeria Watch.
Nous vous suggérons également le dossier en un fichier PDF (voir plus bas).

La Rédaction.



Al-Qaida au Maghreb, ou la très étrange histoire du GSPC algérien


par François Gèze et Salima Mellah

RESUME


Créé en septembre 1998, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a progressivement supplanté les "GIA" sur la scène du "terrorisme islamiste" en Algérie. D’abord cantonné dans une seule région du pays (la Kabylie), où il était relativement peu actif, il a acquis une notoriété internationale avec l’enlèvement d’une trentaine de touristes européens au Sahara, au premier semestre 2003. Depuis lors, il a multiplié attentats et actions armées dans le nord du pays, ciblant principalement les forces de sécurité, puis des civils et des cibles étrangères, au point d’être considéré comme une menace majeure en Europe, par ses "réseaux dormants" prêts à perpétrer des attentats meurtriers. Une menace confirmée par le ralliement du GSPC à Al-Qaida en septembre 2006 et sa transformation, en janvier 2007, en "Organisation d’Al-Qaida au Pays du Maghreb islamique" (AQMI).

Dans cet article, nous montrons que l’exploitation rigoureuse et critique des nombreuses "sources ouvertes" disponibles sur le GSPC algérien (sites Web de l’organisation, articles de la presse algérienne et de la presse occidentale), combinée à l’analyse des singularités du régime algérien depuis 1962, ne laisse place à aucun doute : le GSPC est une création des services secrets de l’armée algérienne, le Département de renseignement et de sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire), dont les chefs contrôlent, depuis la guerre civile des années 1992-1999, la réalité du pouvoir. Derrière la façade civile du président Abdelaziz Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, le "terrorisme résiduel" du GSPC est un de leurs instruments pour consolider leur mainmise sur les richesses du pays et pour se légitimer auprès des puissances occidentales, en particulier auprès des États-Unis grâce à l’adhésion à la "Global War on Terror" de l’administration Bush.

Exposant la chronologie, en cinq phases successives, de l’histoire du GSPC de 1998 à 2007, nous expliquons pourquoi l’intensification de ses actions terroristes depuis 2006 s’explique par celle de la lutte des clans au sein du pouvoir pour le contrôle de la manne pétrolière (considérablement accrue par l’envolée des prix des hydrocarbures) : celui du général Mohammed "Tewfik" Médiène, chef du DRS depuis 1990, a vu sa prééminence contestée par le "clan Bouteflika", qui conteste l’alliance privilégiée nouée avec les États-Unis pour l’exploitation des hydrocarbures par le "clan Tewfik". D’où le choix de ce dernier, pour déstabiliser le clan adverse, de multiplier les actions terroristes du GSPC-AQMI, y compris contre des cibles étrangères. Et de préparer, après cette acmé de terreur, une éventuelle relève de ce groupe armé de plus en plus discrédité.


Télécharger le dossier en format PDF (72 pages)
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Table des matières

- Une information aux sources très orientées
- Des GIA au GSPC : de la terreur généralisée à la terreur sélective.
- GIA, action psychologique et massacres de masse.
- 1999 : "concorde civile" et renouvellement de la "façade démocratique".


- Première phase (1998-2002) : la constitution du groupe
- Le GSPC, héritier direct des GIA.
- La paradoxale implantation du GSPC en Kabylie
- Le curieux parcours de Hassan Hattab.


- Deuxième phase (2003) : l’affaire des otages du Sahara
- Un très étrange enlèvement.
- Une opération made in DRS, pour justifier l’implantation militaire américaine au Sahel.


- Troisième phase (2003-2004) : la mutation du GSPC
- Le surprenant parcours d’Abderrazak El-Para, "islamiste" made in DRS.
- 2004 : la fin du GSPC "première manière" et le nouvel émir national Abdelmalek Droukdel.


- Quatrième phase (2004-2007) : du GSPC à "Al-Qaida au Maghreb"
- Un combat d’abord cantonné à l’Algérie.
- 2002-2004 : les "preuves" très fragiles de l’allégeance du GSPC à Al-Qaida
- Juin 2005 : l’attaque par le GSPC de la caserne mauritanienne de Lemgheity.
- L’affiliation à Al-Qaida et la menace du GSPC contre la France.


- Cinquième phase (2006-2007) : le GSPC instrument de la lutte des clans au sommet du pouvoir
- Les fissures au sommet du pouvoir et l’affaire Brown & Root-Condor.
- Mars-avril 2007 : attentats terroristes et messages codés.
- Vers la fin du GSPC et de la lune de miel algéro-américaine ?


- Conclusion : comment en finir avec le GSPC-AQMI-DRS ?


- Annexe : chronologie du GSPC (1998-2007)

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- Lire également : Françalgérie : sang, intox et corruption

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5 Messages

  • Comprendre AQMI 26 juillet 2012 03:51, par La Mecreante !

    qui n’a encore pas "compris AQMI" aujourd’hui ?...

    quant à ça : « médias occidentaux, qui préfèrent véhiculer contre toute vraisemblance la fable d’un Bouteflika tout-puissant depuis 1999, dont le tort aurait été d’encourager le terrorisme islamiste, à travers les lois de « concorde civile » et de « réconciliation nationale », « réhabilitant les islamistes » et « balayant les principes démocratiques et laïques ». »

    c’est de la grosse foutaise pour 3 neurones. et bien fait pour la gueule des 3 neurones !

    les "DRS-CIA-DGSE" ont mis la tête de Boutef sur le billot pour qu’il signe toutes les concordes et autres amnisties qui lui ont été mises sous le nez ! et en prime, qu’il la boucle sur sa chialante de "première violence" ...

    après ça, "on enterre les moines", on oublie tout, on ne peut plus poursuivre qui que ce soit, et hop ! on fait des affaires comme si de rien n’était.

    il s’en est suivi un défilé de charognards : Russes, Américains, Français... qui allaient en recevoir "chacun selon son oeuvre"...

    Le DRS et ses potes sauvés, la vie (ou plutôt la mort) continue...

    pendant ce temps la marionnette Boutef crève à petit feu. Il lui reste en travers du gosier "la première violence" faite à ses talibans.

    au final : rien, que dalle. je pose zéro et je recommence tout. l’algérie est et restera le-trou-dcul-du monde. parce que les ângériens sont d’accord. et les KDS aussi.

    Rien à cirer !

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  • Comprendre AQMI 27 juillet 2012 20:21, par Aksil
    C’est drole que l’assassinat de Boudiaf n’a jamais eté cité. L’Algerie est devenue comme un chien enragé...La guerre ideologique Amazigho-arabe ne’est qu’a ses debuts. L’ennemi numero 1 est la France qui ne reconnait pas la dimension amazighe en Afrique du nord. Elle a peur, meme tres peur de la rive sude ! Elle prefere qu’elle soit arabe...pour le Petrole comme et le Golfe d’Arabie pour l’Oncle Sam.

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    • Comprendre AQMI 30 juillet 2012 08:03, par La Mecreante !

      « Elle prefere qu’elle soit arabe...pour le Petrole »

      Aksil,

      détrompe-toi. la françarabia veut ce que son ângérie veut non pour "le pétrole" comme la rue ângérienne le croit mais pour des considérations politiques et commerciales pour les boîtes-lobbyste françaises.

      la françarabia n’en a rien à cirer du "pétrole" ângérien. elle a des fournisseurs tout le tour du ventre et depuis toujours. Mais il est de "bonne diplomatie" d’en acheter partout...

      http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF11348

      ta comparaison avec le saoud-USA n’est pas bonne non plus. Le saoud est à la botte US qui lui assure protection et immunité. Sans les USA l’iranien en aurait fait une bouchée depuis bien longtemps...

      Tous les keffiehs du Golfe sont sous protection américaine, bases américaines, parapluie nucléaire américain, désidérata américain... etc.

      fais passer le message à ceux qui délirent sur "le pétrole" acheté à des crevards de la faim et qui n’ont que ça pour bouffer... un peu + un couffin de misère une fois l’an...

      repondre message

  • Comprendre AQMI 3 août 2012 15:09, par Ilelli

    Point de vu américain sur le financement des islamistes. Cette vidéo en illustre le point de vu qu’il ne serait changé qu’en apportant des preuves irréfutables sur une implication de pays extérieurs.

    http://www.youtube.com/watch?v=BLf6L_xM6Z8&feature=player_embedded

    http://www.amazighworld.org/human_rights/index_show.php?id=2985

    quelques traductions de la vidéo.
    Moussa ag Ataher affirmant à la journaliste de CNN : Le Qatar intervient directement dans le financement de toute aide pour l’Azawad. Au lieu d’acheminer directement cette aide, il la met exclusivement à la disposition des moujahidines et el Qaida et nous pensons que ceci est un parti prix en faveur des islamistes dans la région.
    La journaliste qui pose la question au secrétaire d’état adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson : Secrétaire Carson, Le Qatar est le plus grand allier des US dans le moyen orient et ces accusations sont condamnables.
    Mr Carson : Je ne suis pas sûr que ces accusations soient vraies. Ce que je sais avec certitude, les activités de l’aqmi et des islamistes sont auto-financées. Ils sont impliqués dans des kidnapping d’étrangers que nous condamnons ainsi que les pays qui payent les rançons car celles-ci aident à financer leurs activités. L’aqmi est aussi associée à des contrebandiers qui trafiquent des biens à travers les frontières de la région et qui sont impliqués dans des vols. Beaucoup d’armements qu’ils utilisent ont été récupérés pendant les 3 derniers mois de l’armé malienne au cours de sa déroute dans la région du nord. Peut être qu’il y a eu quelque argent qui est rentré de l’extérieur mais il est aussi vrai qu’il y a eu des ressources à gagner par l’aqmi par des kidnapping d’étrangers ainsi que par de la contrebande et le vol dans la région.

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    • Comprendre AQMI 3 août 2012 23:25, par La Mecreante !

      oui Ilelli,

      le monde entier est au courant que les keffiehs (qatar et saoud) financent et arment les égorgeurs mahométans.

      c’est une aubaine pour eux quand des peuples soumis se soulèvent (Tunisie, Egypte, Libye, Azawad, Syrie) ils s’empressent de placer leurs pions assortis de millions...

      les amerloks ne sont pas innocents dans l’histoire, ils sont encore plus pourris que les keffiehs à leur botte !

      les keffiehs ont tout tenté pour "se faire" l’ângérie, mais les généraux qui aiment trop le champagne, le whisky et le caviar ne se sont pas laissé faire. Ils ont envoyé chier tous les projets grandioses de marina de la baie d’Alger etc.

      La méthode "douce" n’ayant pas marché, les keffiehs ont tout misé sur les qaïda et autres égorgeurs. Ils mettront le temps, mais l’ângérie tombera dans leurs filets.

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