Accueil > Débats > Analyses > Françalgérie : sang, intox et corruption
Françalgérie : sang, intox et corruption
Une analyse de François Gèze
dimanche 18 avril 2010
par Masin (Date de rédaction antérieure : 1er juin 2003).
L’on se pose toujours des questions sur le curieux soutien qu’apporte la France au régime algérien. L’on se demande aussi quel intérêt a la "République" a soutenir et protéger un régime aussi corrompu et voyou que le régime algérien.
La complicité de la France va jusqu’à tolérer sur son sol la présence d’une force policière algérienne nombreuse. Parmi les missions de cette force policière (Sécurité militaire - S.M.) l’infiltration des associations berbères. Cette stratégie d’infiltration et d’occupation du terrain leur permet d’empêcher une véritable organisation du mouvement amazigh (berbère).

Pour comprendre tout cela, et d’autres choses encore, nous vous proposons une analyse de François Gèze, directeur des Editions "La Découverte" (Paris), parue dans la revue Mouvements n° 21-22 de mai 2002.

Françalgérie : sang, intox et corruption

par François Gèze



Le système de la Françalgérie est sans doute un des secrets les mieux gardés de la Ve République. C’est un système complexe dont le cœur est l’argent, celui des "commissions" prélevées par les généraux du "cabinet noir" sur les échanges commerciaux avec l’étranger.

Depuis 1999, le voile d’opacité recouvrant l’atroce guerre civile qui ensanglante l’Algérie depuis 1992 commence à se déchirer. Après les documentaires de France 2 sur le massacre de Bentalha et de Canal Plus sur l’assassinat du chanteur Matoub Lounès[1], après les livres de Nesroulah Yous et du lieutenant Habib Souaïdia[2], d’autres témoignages ont confirmé, et au-delà, ce qu’attestaient déjà ces documents : la responsabilité écrasante, dans cette tragédie interminable, des hauts responsables de l’armée (dirigée par le général Mohammed Lamari) et des services secrets (le Département de renseignement et de sécurité, DRS, successeur de la Sécurité militaire[3], dirigé par les généraux Mohamed Médiène, dit « Tewfik », et Smaïl Lamari, dit « Smaïn »). Avec les généraux Larbi Belkheir et Khaled Nezzar, les véritables « parrains », ce sont eux que l’on a appelé les « janviéristes », car ils ont été les organisateurs du coup d’État de janvier 1992.

La manipulation de la violence islamiste


Deux de ces témoignages, émanant d’anciens officiers du DRS, ont particulièrement frappé l’opinion. Celui du colonel Mohamed Samraoui, d’abord, qui, lors d’une longue interview à la chaîne arabe El Djazira, le 5 août 2001, a notamment déclaré, détails à l’appui : « Les GIA (Groupes islamistes armés), c’est la création du pouvoir : ils ont tué des officiers, des médecins, des journalistes et beaucoup d’autres. [...] L’intérêt des généraux est d’appliquer la politique de la terreur pour casser les revendications légitimes du peuple, celle de partager le pouvoir. » Celui du commandant Hichem Aboud, ensuite : si son livre La mafia des généraux, paru en février 2002[4], pèche souvent par omission, il n’en contient pas moins de nombreuses révélations qui confirment les nombreux témoignages délivrés depuis 1994 dans la presse occidentale, jusque-là anonymement, par d’anciens membres des forces de sécurité.

Il explique ainsi, notamment : « Comment ces généraux, qui disent sortir des grandes écoles de guerre françaises et russes, n’arrivent-ils pas en dix ans à éliminer des bandes années commandées par des tôliers, des marchands de poulets et autres repris de justice ? [...] Ce n’est plus un secret pour personne : le terrorisme intégriste est leur produit, leur instrument et leur allié le plus sûr pour maintenir leur domination sur le peuple algérien. La politique de l’infiltration et de la manipulation est l’arme absolue utilisée par les services du général Tewfik. Les groupes terroristes sont créés et dissous au gré des conjonctures et des événements [p. 184] [...].

« L’intégrisme n’a jamais constitué un ennemi pour la mafia des généraux. Bien au contraire, ils s’en servent pour perpétuer leur pouvoir, perpétrer leurs crimes et réprimer toute opposition à leurs desseins. Que d’assassinats, commis à la faveur de cette ambiance marquée par la violence et le terrorisme, et mis sur le compte des GIA, qui n’est en fait qu’un produit sorti de leurs laboratoires [p. 186] [...].

« Évidemment, l’énumération des assassinats commis par la mafia des généraux ne peut absoudre les groupes islamiques armés de leurs crimes. Cependant, il est utile de rappeler qu’une fraction de ces groupes est la création des services dirigés par le général-major Tewfik [p. 192] [...]. Il faut rappeler que les GIA se distinguent par l’absence d’un commandement unifié. Plusieurs bandes de criminels repris de justice ont pris eux aussi l’étiquette GIA pour perpétrer vols, racket, viols et assassinats. Cependant, les GIA de Djamel Zitouni et de ses successeurs sont, sans le moindre doute, l’œuvre du duo Tewfik-Smaïl [p. 194-195]. »

On peut être certain que d’autres témoignages de ce type viendront, à l’avenir, compléter ce tableau, même si les généraux d’Alger ne ménagent aucun effort pour effacer les traces de leurs crimes, notamment en liquidant régulièrement ceux qu’ils ont chargé de les commettre et qui « en savent trop ».

Dans ce contexte, seuls ceux, désormais très minoritaires, qui ont choisi de se boucher yeux et oreilles peuvent continuer à croire que la tragédie algérienne ne s’explique que par la lutte sans merci, comme on nous le raconte depuis dix ans, entre des « démocrates sincères » et des islamistes « afghans ». D’ailleurs, ces dernières années, les analyses n’avaient pas manqué expliquant comment la dérive dans la folie sanguinaire du « cabinet noir » algérien s’inscrivait dans une tradition historique de manipulation de la violence[5].

On peut comprendre que l’opinion occidentale - et française en particulier -, abusée par une entreprise de désinformation à large échelle (j’y reviendrai), a pu pendant si longtemps rester relativement indifférente au drame à huis clos qui se déroule à deux heures d’avion de Paris. En revanche, cette explication ne tient pas pour les gouvernements français qui se sont succédé dans la période : ceux-ci sont en effet parfaitement informés, par les services de renseignement (DST et DGSE), de la nature réelle de la « sale guerre », de la torture généralisée, des « escadrons de la mort », de l’amnistie de fait accordée aux terroristes par la loi de « concorde civile » (1999), de la misère dans laquelle a été plongée la population, de la corruption qui gangrène le corps social et permet à une infime minorité de s’enrichir scandaleusement.

La DGSE dispose de longue date de moyens d’écoute sophistiqués qui lui permettent d’intercepter les communications des forces de sécurité algériennes ; quant à la DST, ses liens « historiques » avec la SM lui ont toujours assuré un excellent niveau d’information sur les actes et les motivations de ses interlocuteurs. Et au-delà, les liens entre responsables politiques et économiques des deux pays sont permanents : il n’est pas exagéré de dire que pour les véritables dirigeants algériens, la capitale de leur pays est Paris, où certains séjournent presque plus souvent qu’à Alger...

Mais alors, pourquoi le silence de la France, « patrie des droits de l’homme » ? Pourquoi, comme l’indiquait un récent appel d’intellectuels européens et algériens, tout au long de ces années, les autorités françaises et européennes ont-elles « préféré "faire comme si...". Comme si les gouvernements successifs issus depuis 1992 de coups de force ou d’élections truquées représentaient authentiquement la démocratie algérienne. Comme si la lutte contre les groupes armés islamistes, à quelques "bavures" près, avait été menée avec les armes du droit. Comme si l’économie algérienne était une économie "normale"[6] » ?

La réponse à cette question n’est pas simple et implique plusieurs niveaux d’explication étroitement imbriqués, que l’on pourrait résumer en cinq actes : complicité historique, cynisme d’État, chantage au terrorisme, agit-prop médiatique, corruption et « rétrocorruption ».

Complicité historique et cynisme d’État

Le premier facteur est d’ordre contextuel. Il tient aux liens étroits qui se sont tissés depuis l’indépendance entre les dirigeants algériens et les dirigeants français. À droite, les gaullistes ont su, par-delà les tensions périodiques, entretenir des relations solides avec Alger, sur fond d’intérêts communs bien compris, de l’exploitation des hydrocarbures au front anti-américain sur la scène internationale. Les partis de la gauche officielle (PCF et PS), quant à eux, avaient à se faire pardonner leur attitude durant la guerre de libération, lors de laquelle ils avaient soutenu la violence d’État contre les « moudjahidines », ce qui explique le constat dressé par l’historien (et ancien militant du PSU) Bernard Ravenel, dans un article remarquablement documenté : « Dans la décennie 1971-1981, la gauche française tout entière a donné son soutien acritique au système de pouvoir construit par Boumediene. Ce faisant, elle lui a attribué un surcroît de légitimité. [...] En se limitant pour l’essentiel au niveau de relation acritique d’État à État, la gauche française, avec des nuances mais globalement au moins jusqu’en 1988, a légitimé le système de pouvoir algérien. À ce titre, elle a sa part de responsabilité dans les malheurs et les drames d’aujourd’hui[7]. »

Enfin, il ne faut pas oublier les véritables liens d’amitié qui ont pu se nouer, pendant la guerre d’Algérie, entre la minorité de gauche et d’extrême gauche qui apporta courageusement son soutien au FLN, et ses dirigeants de l’époque. Des liens souvent gardés intacts et qui ont pu jouer un rôle important dans le soutien apporté par la France à l’Algérie officielle ces dernières années, et dans l’aveuglement d’une partie de la gauche intellectuelle sur la vraie nature du pouvoir militaire.

Le deuxième niveau d’explication est celui que l’on peut parfois entendre dans les salons feutrés du Quai d’Orsay : l’Algérie est un fournisseur important de la France et de plusieurs États de l’Union européenne pour le gaz et le pétrole, et il est donc important, pour assurer la sécurité de ces approvisionnements, qu’elle ne soit pas « destabilisée » par l’islamisme radical. D’autant qu’une telle déstabilisation aurait un « effet domino » sur les deux pays voisins, Maroc et Tunisie, où la « menace islamiste » est également présente. Cette crainte était très forte en 1989-1991, au moment de la montée en puissance du Front islamique de salut (FIS), au point que l’armée française décida en 1991 des manœuvres militaires sur les côtes languedociennes, sur le thème : comment faire face à un afflux de « boat-people » algériens chassés par une dictature islamiste ?

La version moins euphémisée de cette doctrine, comme le relevait l’appel précité, est la suivante : « Face au "péril vert", mieux vaut soutenir des militaires notoirement corrompus et sanguinaires (c’est la "doctrine Nixon" : "C’est un fils de pute, mais c’est notre fils de pute", appliquée au cas du dictateur chilien Pinochet) ».
Mais cette explication, si elle joue à l’évidence un rôle, est loin d’être la plus décisive. À elle seule, elle ne saurait en effet justifier un soutien aussi constant et déterminé à l’une des dictatures les plus brutales de ces dernières décennies. D’une certaine façon, il s’agit surtout d’un discours de justification - parfois sincère, parfois franchement cynique - principalement porté par le « deuxième cercle » du pouvoir : celui des « experts », intellectuels et journalistes influents fascinés par la raison d’État.

Chantage au terrorisme


Au sein du « premier cercle » des décideurs politiques français, d’autres raisons jouent un rôle plus important. La première est certainement le chantage au terrorisme exercé sur la France par les généraux d’Alger, surtout depuis 1994.
Rappelons les faits, tels que les évoquait en 1996 Lucile Provost : « Depuis septembre 1993, date à laquelle deux géomètres français avaient été tués dans l’ouest de l’Algérie, les attentats dirigés contre la France n’ont pas cessé. Certains ont été particulièrement spectaculaires comme l’enlèvement de trois fonctionnaires consulaires à Alger en octobre 1993, le meurtre de cinq agents de l’ambassade (dont trois gendarmes) par un commando armé en août 1994, ou le détournement d’un Airbus d’Air France en décembre 1994. Les attentats sur le sol français à l’été et à l’automne 1995 sont ensuite venus nourrir les craintes d’une exportation de la violence. Après une demi-année de relative tranquillité, le rapt puis l’exécution en mai 1996 de sept moines, dans la région de Médéa, suivie de l’assassinat de Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, le 1er août 1996, ont montré encore une fois que ni le régime ni les groupes armés n’avaient renoncé à faire de la France un des enjeux de leur lutte[8]. »

La plupart de ces crimes ont été attribués aux Groupes islamistes armés (GIA). Pourtant, les informations qui ont filtré depuis montrent qu’ils relèvent pour l’essentiel d’une « stratégie de la tension » mise en œuvre par les services algériens, par islamistes manipulés interposés, pour faire pression sur la France et prévenir toute tentation de sa part de leur retirer son soutien.

Plusieurs phases peuvent être distinguées. Dans les premières années (1993-1994), le moins qu’on puisse dire est que prévaut une certaine confusion, révélatrice des rapports tordus entretenus de longue date entre services français et algériens. Il est en effet pratiquement établi que les actions les plus spectaculaires contre la France attribuées aux GIA dans cette période sont le résultat de manipulations, parfois élaborées en commun entre la SM et certaines branches des services français, dans le but de « conduire les autorités françaises à s’engager résolument aux côtés de l’État algérien dans la logique de répression[9] ». Le ministre de l’Intérieur de l’époque, M. Charles Pasqua, aurait ainsi joué un rôle-clé dans l’affaire du « vrai-faux enlèvement » des trois fonctionnaires du consulat français, Jean-Claude et Michèle Thévenot et Alain Fressier, sequestrés le 24 octobre 1993, puis relâchés, par un commando « islamiste » dirigé par un certain Sid Ahmed Mourad (alias Djaafar el-Afghani) : le récit circonstancié de cet épisode par les journalistes Roger Faligot et Pascal Krop n’a fait l’objet d’aucun démenti[10].

Cette affaire a en tout cas été le prétexte de l’« opération chrysanthème » du 4 novembre 1993, vaste rafle conduite par la police dans les milieux islamistes de l’Hexagone. De même, à la suite de l’assassinat de cinq Français le 5 août 1994, dix-sept militants et sympathisants islamistes ont été assignés à résidence à Folembray, dans l’Aisne. Et le 12 août 1994, les GIA exigeaient l’arrêt de « tout appui » de Paris au pouvoir algérien, faute de quoi ils menaçaient de « frapper violemment les intérêts français ». L’affaire de l’Airbus, en décembre de la même année, s’inscrit clairement dans cette séquence et relève plus que probablement d’une autre manipulation du DRS.

En 1995, on change de registre, car les plus hauts responsables politiques français semblent considérer que les généraux algériens sont allés trop loin. Et ils commencent à mesurer leur soutien. La riposte des « groupes islamistes de l’armée » (comme les appelle la rue algérienne, depuis des années) est brutale : du 25 juillet au 17 octobre, sept attentats à la bombe, à Paris (RER Saint-Michel, place de l’Étoile, boulevard Richard-Lenoir, métro Maison-Blanche, RER Musée d’Orsay) et dans la région lyonnaise, tuent dix personnes et font des dizaines de blessés. Dans cette période, on apprend que l’« émir » des GIA Djamel Zitouni a adressé, le 19 août, une lettre au président de la République Jacques Chirac l’invitant « à se convertir à l’Islam pour être sauvé » et que, par un communiqué du 7 octobre, il a menacé la France de nouvelles « frappes militaires ».
Les autorités françaises reçoivent ces « messages » cinq sur cinq, comme le reconnaît prudemment, dès juillet 1995, un conseiller du Premier ministre Alain Juppé : « C’est sans aucun doute le travail des islamistes. Mais qui est derrière eux ? Peut-être un clan de la Sécurité militaire algérienne ou du pouvoir qui voudrait nous entraîner comme allié dans leur combat contre le terrorisme[11] ? »

Certains responsables français se poseront cette même question après le martyre des sept moines de Tibhérine en mai 1996. Henri Tincq, le journaliste chargé des questions religieuses au quotidien Le Monde, s’en fera l’écho dans une enquête publiée en juin 1998 : « La version officielle de la responsabilité unique de groupes islamiques armés est mise en doute, aussi bien dans des cercles ecclésiastiques à Rome que par d’anciens officiers de la sécurité algérienne. Selon des témoignages récents, la sécurité avait infiltré les ravisseurs des moines et, parce qu’elle n’aurait pas supporté que les services français entrent eux-mêmes en contact avec les islamistes, l’affaire aurait mal tourné[12]. »

Ces doutes, le leader socialiste Lionel Jospin les exprimera plus globalement, en janvier 1997, cinq mois avant sa nomination au poste de Premier ministre. Celui qui est alors le chef de l’opposition de gauche déclare, très lucidement, évoquant le drame algérien : « On continue à hésiter entre le risque de l’indifférence et celui de l’engrenage si on s’exprime trop clairement. Voilà, je crois, les raisons du silence. [...] Il n’est pas question d’une capitulation devant des forces qu’on peut à peine identifier, mais nous devons dire que nous ne sommes pas prêts, pour autant, à soutenir le pouvoir algérien quoi qu’il fasse. [...] Un gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche en France, peut se demander si certains, ici ou là, ne pourraient pas être tentés de frapper si nous nous exprimions plus nettement. [...] On peut certes espérer qu’en ne disant rien on sera moins touché. Mais on peut aussi se dire que, si le conflit ne trouve pas de solution, l’accumulation de ces violences est lourde de conséquences pour le futur. Il faut donc faire des choix[13]... »

Et pourtant, en septembre 1997, trois mois après son entrée en fonction et quelques jours après les grands massacres de civils à Raïs et Sidi-Youcef, le même Lionel Jospin déclare : « Même si nous ressentons un sentiment d’horreur et de compassion [...], avons-nous toujours à nous sentir coupables ? La France n’est plus responsable de ce qui meurtrit l’Algérie aujourd’hui. Au plan officiel, le gouvernement français est contraint dans son expression [souligné par nous]. Prendrait-il des initiatives qu’elles ne seraient pas reçues, nous le savons[14]. »

Ce revirement spectaculaire, rarement relevé à l’époque, s’explique très trivialement : dès la constitution du gouvernement de Lionel Jospin en juin 1997, de discrets émissaires de la SM ont expliqué en substance au Quai d’Orsay et à certains responsables français que si le gouvernement français « s’exprimait plus nettement », il leur serait bien difficile d’empêcher que « certains, ici ou là », soient « tentés de frapper ». En termes plus crus, que les « Groupes islamistes de l’armée » pourraient à nouveau porter leur guerre sur le territoire français.
Là encore, le message a été reçu. Et le gouvernement a cédé au chantage. Au lieu de mobiliser la puissance de ses services de police pour traquer les islamistes de l’armée présents sur le territoire français (agents directs de la SM ou militants islamistes manipulés), il a déclenché une opération diplomatique d’envergure, en particulier au sein de l’ONU, pour contrer la revendication d’une « commission d’enquête internationale ».

Agit-prop médiatique

Car la manifestation du 10 novembre 1997 à Paris, à l’initiative de l’association « Un jour pour l’Algérie » et de nombreuses ONG, a mis en avant le mot d’ordre de commission d’enquête internationale pour la vérité sur les massacres et les violations des droits de l’homme en Algérie, visant aussi bien le terrorisme islamique que le pouvoir. Des milliers de personnes sont descendus dans la rue, et la manifestation a eu un impact considérable.
Face à cette initiative, les militaires algériens ont pris peur : si la pression de l’opinion internationale parvenait à imposer une « opération vérité » susceptible de mettre à jour les manipulations de la violence qu’ils exerçaient depuis des années, la base même de leur pouvoir et de leur richesse risquait d’être gravement ébranlée. Ils ont donc déclenché une contre-offensive d’envergure, leurs alliés civils multipliant les contacts avec des personnalités et des intellectuels français[15]. C’est dans ce climat que se sont inscrits un meeting à la Mutualité le 20 janvier 1998 et une émission sur la chaîne franco-allemande Arte, le lendemain, qui ont donné l’un et l’autre un large écho aux thèses des courants « éradicateurs » proches du pouvoir.
Dès la fin 1997, plusieurs dignitaires du régime (dont Ali Haroun, ancien dirigeant de la Fédération de France du FLN) sont venus discrètement à Paris délivrer la bonne parole à quelques personnalités politiques et intellectuelles, surtout de gauche, jugées influentes. Alors même que les tueries redoublaient (plus de 1 000 victimes dans une série de massacres dans l’Ouest du pays), cette démarche était suivie d’un véritable ballet de visites, officielles ou non, de personnalités françaises et européennes en Algérie (dont Claude Cheysson, Yvette Roudy, Francis Wurtz, Jack Lang), qui toutes sont revenues en affirmant les mêmes convictions : « Il est clair que ce sont les islamistes, ces fous de Dieu, qui tuent[16] », et face à eux, « seule la contre-violence est possible[17] ».

Les philosophes Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, les premiers, ont ramené de leur visite des reportages qui ne passeront pas inaperçus[18] - et vaudront à leurs auteurs un hommage empoisonné du « parrain » des « janviéristes », le général Khaled Nezzar (« Ils ont par leur courage fait connaître la vérité », écrira-t-il début février dans El Watan, avant d’assurer « ces hommes de courage et de conviction » de « son plus grand respect » et de sa « plus haute considération »[19]).
Mais l’offensive n’a pas été que médiatique. Ainsi, Jack Lang, le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, qui réclamait en novembre 1997 la commission d’enquête internationale (c’était le bon sens, disait alors également Bernard-Henri Lévy), a-t-il déclaré trois mois plus tard, curieusement, le contraire. C’est qu’entre-temps Jack Lang a rencontré à Alger les dignitaires du pouvoir, il a donné des interviews lénifiantes dans la presse locale[20] et il est revenu en France, expliquant que la commission d’enquête était inutile. De même, en février 1998, la préparation d’une délégation des parlementaires européens a fait l’objet d’une bagarre feutrée - mais très vive - entre les représentants des ONG de défense des droits de l’homme et les « éradicateurs » algériens et européens (principalement français et belges). Ces derniers ont reconnu certaines « bavures » du pouvoir, tout en soulignant que l’essentiel était de ne pas déstabiliser l’armée, dernier « rempart » contre l’islamisme. Après la visite, la conclusion du président de la délégation sera sans surprise : les forces de sécurité « ne sont pas impliquées dans les massacres mais constituent une armée mal entraînée et mal équipée pour lutter contre les formes mutantes de terrorisme[21] ». Une complaisance que la journaliste algérienne Salima Ghezali, qui venait justement de recevoir du Parlement européen le prix Sakharov des droits de l’homme, jugera en ces termes : « Ainsi l’Europe continue, sans surprise, à ne pas se définir et, en fait, à soutenir le régime algérien à l’instigation de Paris[22]. »

De fait, dans le même temps, les diplomates français s’activeront discrètement et efficacement dans les couloirs de l’ONU pour torpiller définitivement la revendication d’une commission d’enquête internationale pour connaître les commanditaires des massacres, qu’avait pourtant soutenue James Rubin, le porte-parole du Département d’État américain[23]. Ce sinistre « succès diplomatique » montrait une nouvelle fois à quel point la France donne le « la » au niveau mondial sur le « dossier algérien » : tout se passe comme si, aux yeux des États démocratiques occidentaux, l’Algérie restait, quarante ans après son indépendance, une « affaire intérieure » française.

Cette remarquable entreprise de verrouillage a enfin été complétée, en France même, par la liquidation « en douceur » des dizaines de comités de solidarité avec l’Algérie qui s’étaient créés à l’époque. Cette opération a été pilotée par les hommes de la Sécurité militaire présents sur le territoire : des militants « éradicateurs » français et algériens, sans doute pas toujours conscients d’être ainsi manipulés, ont été invités par des relais civils de la SM à rejoindre ces comités qui, sous leur influence, ont progressivement abandonné le mot d’ordre de commission d’enquête internationale - parfois au prix de vifs déchirements - et ont presque tous disparu en quelques mois, dans la confusion et le découragement des militants sincères.

La SM en France

Cet épisode illustre un autre élément essentiel du fonctionnement de la « Françalgérie » : la France est sans doute la seule grande démocratie au monde à tolérer sur son sol la présence d’une force policière nombreuse d’un État étranger. La SM dispose en effet en France, en permanence, de plusieurs centaines d’agents et de milliers d’indicateurs. Leur rôle premier est la surveillance serrée de la communauté algérienne immigrée. Dans les années post-indépendance, ils l’assuraient sous le couvert de l’Amicale des Algériens en Europe. Depuis les années quatre-vingt, avec l’enracinement des immigrés dans la société française, cette structure est tombée en déshérence, mais la fonction de surveillance, visant à éviter toute structuration d’une opposition au pouvoir dans l’immigration, est toujours une priorité de la SM. Ses agents sont bien sûrs présents dans les dix-huit consulats, mais ils usent aussi de diverses « couvertures » civiles.

Traditionnellement coordonnée par un colonel en poste au consulat de Paris, leur action consiste à repérer les opposants, à neutraliser les plus actifs (par la récupération ou les menaces sur la famille restée au pays), à infiltrer et noyauter tous les regroupements, même les plus anodins (c’est ainsi qu’à l’automne 2001, la « branche française » de la SM à réussi à infiltrer et à faire scissionner l’Association des taxis kabyles de Paris, qui commençait à se mobiliser contre la répression en Kabylie...). Ce contrôle policier explique dans une large mesure la crainte dans laquelle vivent les Algériens de France et leur faible mobilisation face aux horreurs que vivent leurs familles restées au pays, dont ils connaissent pourtant parfaitement les responsables.

Depuis le début de la « seconde guerre d’Algérie », la SM en France a également joué un rôle actif pour relayer, auprès de la presse et de la classe politique française, les opérations de désinformation concoctées dans les bureaux algérois du service d’action psychologique du DRS, dirigé jusqu’à la fin 2001 par le fameux colonel Hadj Zoubir.
Toutes ces actions sont parfaitement connues des services français de renseignement, et en particulier de la DST, qui entretient de longue date les meilleurs rapports avec la SM (rappelons simplement l’assassinat en plein Paris, le 8 avril 1987, de l’opposant Ali Mécili : arrêté deux mois plus tard par la brigade criminelle, son assassin, Abdelmalek Amellou, sera identifié comme un agent de la SM, commanditaire de l’opération ; Amellou sera pourtant relâché, après intervention à « haut niveau » et pourra regagner Alger sans encombres[24]...).

Corruption et « rétrocorruption »

Mais le cœur de ce complexe système de la « Françalgérie » est sans conteste l’argent, celui des « commissions » prélevées par les généraux du cabinet noir sur les échanges commerciaux avec l’étranger.

On le sait, l’économie algérienne est totalement dépendante des exportations de pétrole et de gaz, qui représentent 97 % des exportations (et 60 % des recettes fiscales de l’État). La production nationale de biens de consommation est sinistrée et l’essentiel doit être importé. Depuis les années quatre-vingt, la poignée de généraux qui contrôlent le pouvoir a fait passer à une échelle industrielle le « systèmedescommissions » consistant à prélever à leur profit, par divers mécanismes occultes, 10 % à 15 % de ces flux d’exportationet d’importation[25]. Ce que résume sobrementencestermes l’ancien ministre du Commerce Smaïl Goumeziane : « De l’aveu même du président de la République, le commerce extérieur du pays serait entre les mains de dix à quinze personnes. [...] Par ce biais, on estime qu’un milliard et demi à deux milliards de dollars fuient le pays chaque année. En trente ans, ce sont ainsi quelque 30 à 40 milliards de dollars de richesse nationale qui s’en sont allés se loger off shore dans les comptes numérotés de quelques banques internationales vertueuses, ou s’investir hors du pays dans l’hôtellerie, dans l’immobilier ou dans le négoce international[26]. »

Cette corruption est le moteur fondamental de la « sale guerre » que les « décideurs » militaires mènent contre leurs compatriotes : sa fonction première est de briser et d’« éradiquer » tous les germes qui pourraient entraîner le peuple dans une révolution risquant de mettre fin à leurs privilèges et de tarir définitivement les sources de leur fortune.

Or ce « moteur » ne pourrait fonctionner sans complicités en France, premier partenaire commercial de l’Algérie, comme l’a rappelé Lucile Provost : « C’est en premier lieu par rapport à la France, aux firmes françaises, aux intermédiaires qui travaillent avec elles, que le pouvoir algérien organise la mise sous contrôle de l’économie. C’est le plus naturel. Les entreprises françaises sont sur place, les hommes se connaissent. Ce sont donc de véritables réseaux d’influence politico-économiques qui se sont mis en place avec l’ancienne métropole et existent encore aujourd’hui. Les Français ont d’ailleurs bénéficié, comme les Algériens, des retombées de cette économie de la dépendance. Les contrats sur l’Algérie étaient réputés particulièrement rentables, la surfacturation étant couramment de l’ordre de 30 % à 40 %. [...] Les liens entre affaires et politique ne se sont jamais démentis, que ce soit à droite ou à gauche[27]. »

Pour dire cela plus brutalement : comme l’a montré l’« affaire Elf » à propos de la Françafrique, il n’est pas concevable que ce système de corruption franco-algérien, fondé sur les commissions, puisse fonctionner depuis plus de vingt ans sans que des « rétrocommissions » venues d’Algérie alimentent les corrupteurs français et les caisses des partis politiques, ainsi encouragés à fermer les yeux. Un système qui, assurément, fonctionne encore en 2002.

Malheureusement, il est impossible d’en dire plus, car ce système est sans doute l’un des secrets les mieux gardés de la Ve République. Bien sûr, aucune enquête n’a jamais été menée, alors même que les services de renseignements n’ignorent rien des nombreuses propriétés françaises des « janviéristes » et de leurs associés (chaînes de restaurants, hôtels, immeubles, boîtes de nuit, etc.). Et que les bureaux du ministère des Finances connaissent depuis des années les bénéficiaires algériens des commissions versées par les entreprises françaises, puisque celles-ci doivent les déclarer au Trésor pour les déduire de leurs impôts, comme l’a souligné le journaliste belge Baudouin Loos : « La France est l’un des rares pays européens à autoriser le versement de commissions par ses entreprises dans les transactions commerciales internationales[28]. »

Le sang de dizaines de milliers d’Algériens a été versé pour que ce système de corruption perdure à l’abri du secret. On comprend donc que ceux qui cherchent à le percer risquent leur vie. L’exemple emblématique en est - rien moins - celui du président Mohammed Boudiaf, assassiné le 29 juin 1992 : il est désormais attesté que les généraux du « cabinet noir », qui l’avaient convaincu de prendre la tête de l’État après le putsch de janvier 1992, ont organisé son assassinat parce qu’il avait décidé d’enquêter en profondeur sur leurs circuits de corruption. Boudiaf avait envoyé à Paris, en juin 1992, cinq officiers de confiance pour obtenir du Premier ministre Pierre Bérégovoy les informations détenues par ses services sur ces circuits et leurs bénéficiaires[29]. Fin de non recevoir. De retour à Alger, les cinq hommes ont été assassinés, bien sûr par des « islamistes »... Quelques jours après, c’était le tour de Boudiaf lui-même.

Dix ans plus tard, rien n’a bougé sur ce plan, le secret reste bien gardé. Mais l’Algérie est exsangue, et le « système » est au bout du rouleau, au point que ses protagonistes, après les révélations des livres et des films de 2000-2001, se déchirent (clan Belkheir contre clan Tewfik) au grand jour, non sans relancer les tueries aveugles d’islamistes manipulés pour tenter de donner le change.

Il est plus que probable, dans ce contexte, que des « traîtres » commencent à « lâcher le morceau » pour se préserver. Et dès lors, on peut parier sans risque que, si la vérité sur la « Françalgérie » éclate, cela deviendra en France un scandale politique majeur, au côté duquel l’« Affaire Elf » fera figure de bluette... Le seul vœu qui puisse être formulé, dans cette perspective, est que cela permette d’engager l’indispensable nettoyage des réseaux de la « Françalgérie », dont les membres français (politiques et hommes d’affaires) ont permis trop longtemps aux généraux d’Alger d’agir impunément.


(*) Directeur général des Éditions La Découverte. Article paru dans la revue française Mouvements, n° 21-22, le 16 mai 2002, dans le cadre d’un dossier « De la Françafrique à la mafiafrique » (http://www.mouvements.asso.fr/).

Notes

1. Jean-Baptiste RIVOIRE et Jean-Paul BILLAULT, Bentalha, autopsie d’un massacre (diffusé en Suisse le 8 avril 1999, dans le cadre de l’émission « Temps présent » de TSR 1, et en France, dans une version plus longue, le 23 septembre 1999 dans « Envoyé spécial », sur France 2) ; Michel DESPRATX et alii, L’affaire Lounes Matoub, la grande manip, Canal Plus, 31 octobre 2000.

2. Nesroulah YOUS, Qui a tué à Bentalha ?, La Découverte, Paris, 2000 ; Habib SOUAÏDIA, La sale guerre, La Découverte, Paris, 2001.

3. Depuis 1962, la Sécurité militaire est le cœur du pouvoir algérien. C’est pourquoi, malgré son changement d’appellation en 1988, les Algériens continuent le plus souvent à la désigner par son acronyme redouté, la « SM » (sur le rôle de la SM, voir l’impressionnant dossier constitué par Salah-Eddine SIDHOUM, « La Sécurité militaire au cœur du pouvoir. Quarante ans de répression impunie en Algérie, 1962-2001 », Algeria-watch, septembre 2001 (<http://www.algeria-watch.de/mrv/mrv...>).

4. Hichem ABOUD, La mafia des généraux, Lattès, Paris, 2002.

5. Voir notamment : Lahouari ADDI, « L’armée algérienne confisque le pouvoir », Le Monde diplomatique, février 1998 (<http://www.monde-diplomatique.fr/md...> ; François GEZE, « Aux origines de la violence », Mouvements, nov.-déc. 1998.

6. « L’Algérie après le 11 septembre : et les droits de l’homme ? », <http://www.algeria-watch.de/farticl...>.

7. Bernard RAVENEL, « La gauche française au miroir de l’Algérie », Mouvements, nov.-déc. 1998.

8. Lucile PROVOST, « Poursuite de la violence, impasses politiques : Paris et Alger entre brouilles et complicités », Le Monde diplomatique, septembre 1996.

9. Selon les termes de Jocelyne Césari, chercheuse au CNRS, dans un article de 1995 fort pertinent, qui ne formulait toutefois pas à l’époque l’hypothèse de la manipulation (Jocelyne CESARI, « Les rapports France-Algérie : l’effet "Airbus" », Les Cahiers de l’Orient, n° 36-37, 1994-1995, p. 179).

10. Roger FALIGOT et Pascal KROP, DST police secrète, Flammarion, Paris, 1999, p. 450-452 ; voir aussi la version, un peu différente, qu’en donne le Mouvement algéFrançalgérie : sang, intox et corruptionrien des officiers libres (MAOL), « L’affaire des otages du consulat français », septembre 2000, <http://www.anp.org/affairedesotages...>.

11. Cité par Claude ANGELI et Stéphanie MESNIER, Sale temps pour la République, 1995-1997, Grasset, Paris, 1997, p. 81.

12. Henri TINCQ, « La sécurité algérienne pourrait être impliquée dans le drame de Tibehirine », Le Monde, 7-8 juin 1998.

13. Interview à Libération, 27 janvier 1997.

14. Interview au Monde, 16 septembre 1997.

15. Voir François GEZE et Salima MELLAH, « Crimes contre l’humanité », postface à Nesroulah YOUS, Qui a tué à Bentalha ?, op. cit., p. 293-298.

16. Yvette ROUDY, El Watan, 1er mars 1998.

17. Claude CHEYSSON, L’Express, 22 janvier 1998.

18. Bernard-Henri LEVY, « Choses vues en Algérie », Le Monde, 8 et 9 janvier 1998 ; « Ce que j’ai vu en Algérie », Carnets de route d’André Glucksmann, documentaire de Malik Aït Aoudia, France 3, 6 mars 1998.

19. Cité par Jean-Pierre TUQUOI, « Les succès de communication du pouvoir algérien », Le Monde, 20 février 1998.

20. Il s’est dit convaincu « que la démocratie [algérienne] a réussi à construire un Parlement pluraliste, un Conseil de la nation, à tenir des élections locales et à donner la parole et la responsabilité au peuple et la liberté d’expression à la lumière d’un pluralisme réel et un État de droit au sens propre du terme » (Reuters, 4 avril 1998).

21. Cité par Marcel SCOTTO, « Les députés européens qui se sont rendus à Alger sont hostiles à une enquête internationale », Le Monde, 19 février 1998 ; voir aussi : André SOULIER, « Le déclic ? », La Provence, 21 février 1998.


23. Daily Press Briefing released by the Office of the Spokeman, US Department of State, 6 janvier 1998.

24. Voir Hocine AÏT-AHMED, L’Affaire Mécili, La Découverte, Paris, 1989.

25. Voir à ce sujet l’une des très rares études documentées sur la question : Abderrahim ZEROUALI, « Les circuits de l’argent noir », in REPORTERS SANS FRONTIERES (éd.), Le drame algérien, La Découverte, Paris, 1996, p. 112. Ainsi que : Fatiha TALAHITE, « Économie administrée, corruption et engrenage de la violence en Algérie », Revue Tiers-Monde, n° 161, septembre 2000.

26. Smaïl GOUMEZIANE, « Économie algérienne : enjeux et perspectives », intervention au séminaire du CIPA à Paris le 27 avril 2000, <http://www.algeria-watch.de/farticl...>.

27. Lucile PROVOST, La Seconde Guerre d’Algérie, Flammarion, Paris, 1996, p. 41.

28. Baudouin LOOS, « L’Europe et l’Algérie », Institut européen de l’Université de Genève, Genève, 26 mai 1999 (revu et augmenté le 13 mars 2000), <http://www.algeria-watch.de/farticl...>.

29. MOUVEMENT ALGERIEN DES OFFICIERS LIBRES (MAOL), « Opération Boudiaf », <http://www.anp.org>, juin 2000.

Article reproduit avec l’autorisation de l’auteur.

Articles dans la rubrique :

Analyses
27/09/10
9
Nous avons assisté récemment à quelques interventions d’intellectuels algériens, parfois mal placés (...)

Lire l'article

25/07/10
0
La codification graphique du berbère : Etat des lieux et enjeux. 2par Salem Chaker2 (Université (...)

Lire l'article

02/05/10
8
Nous publions ci-après l’article de Salem Chaker paru dans l’ouvrage collectif, coordonné par (...)

Lire l'article


Rejoignez nous


9 Messages

  • > Françalgérie : sang, intox et corruption 16 avril 2004 10:06, par Vargas
    Dieu rend fou ceux qu’il veut perdre. Chirac et quelques autres ne perdent rien pour attendre.
    • salutations a tous ceux qui se revoltent contre le pouvoir mafieux d’alger. je tiens a apporter mon temoignage apres la lecture de cet article pour vous confirmer encore plus la these que les gia sont la pure invention des generaux du malheur car j’ai vecu pas mal de situations ou je suis tombe dans des faux barrage en kabylie et de part ma connaissance de la region et de toutes les ficelles de l’armée,j’atteste que les pseudos terroristes qui m’ont arreté " voir sequestré " pendant plus de deux heures de temps,moi ,ma femme et ma fille,n’etait autre que des militaires deguisés en terro,ce qui me prouve que c’etait des militaires : ils avaient de fausse barbes. leurs armes etaient toutes les memes type pmak "kalachnikov a crosse pliantes appareils de transmitions militaires façon de marcher vocabulaire ou jargon militaire connu des camions militaires etaient postés cachés dans la foret les attendaient pour les recuperer apres avoir raquetté leurs victime et j’en passe sur d’autres details flagrants............ alors agissons tous ensemble si on veut vraiment instaurer un regime democratique en algerie...............
      • > Françalgérie : sang, intox et corruption 8 janvier 2007 21:45, par rampa

        Cher Internaute

        Jamaisl’Algérie ne sera un pays démocrate tant que L’Islam sera la Religion de L’Etat.L’Islam est une religion rétrograde,vielle de plus d’un millénaire !Il faut que l’Algérie devienne un pays Laique !Seule une Kabylie Fédérale ,Autoname,Laîque peut sauver L’Algérie !Adhérer en Masse au "MAK3 QUI SEUL peut sauver L’Algérie. EL MAHDI

      • sang, intox et faux barrages 6 mai 2010 06:47, par La Mécréante !

        salut anonyme,

        et tu comptes sur les kabyles pour "démocratiser" ton algérie muZ-arabite ?

        j’ose espérer que tu t’es juste trompé d’adresse. non ?

  • Françalgérie : sang, intox et corruption 30 avril 2010 16:30, par MOUMOUH LE MONTAGNARD
    Aucune révélation dans écrit ...le dernier des algériens illétré bilingue sait quoi penser des relations du régime mafieux et des représentants de l’Etat Français de droite ou de gauche... Cependant, l’auteur qui appartient à " la gauche caviar" paternaliste qui ne voit le salut de l’Algérie que dans l’Islamisme, ne dit mot sur les liens de la gauche caviar avec le régime mafieux... On se souvient tous de l’époque des envoyés permanents du Monde, qui fesaient la promotion du régime en contre partie de la pube d’appel d’offre et d’un cahier spécial algérie par trimeste ...(j’en ai gardé quelqu’uns avec des articles de JINQUA et d’autres, en négre de "ministres de BOMEDIENNE )... PAR CONSEQUENT, gauche caviar, ferme ta guelle car tout ce qui ce qui y transite ,
  • Françalgérie : sang, intox et corruption 5 mai 2010 17:41, par Saga des Gémeaux

    Si la France aide tant "l’Algérie" qui est sa créature n’est-ce pas pour avoir une part du magot pétrolier ? Et tant pis si les revendications républicaines du peuple kabyle sont mises en paranthèses, ce qui compte c’est que les dirigeants tant français qu’ "algériens" ne puissent pas faire l’objet d’un procès devant la Cour pénale internationale. C’est grâce à "l’Algérie" que la Ve République (régime antidémocratique et anti parlementaire par dessus le marché) doit sa naissance. Merci à toi Général de brigade à titre provisoire.

    Saga des Gémeaux.

    P.S : Le jour où la Kabylie sera indépendante, il faudra demander saisir la Cour pénale internationale juger ces criminels des côtés de la Méditerranée.

    • Françalgérie : sang, intox et corruption 5 mai 2010 22:49, par adbouz

      Azul

      d’Habitude tu es raisonnable. Mais cette fois tu viens de dire une vrais connerie. On ne va rien exiger de la france. Nous n’allons pas commencer a menacer tout les pays qui ont des relations avec l’etat algerien...

      Si relation il y’a eu , c’est bien a cause de notre immobilisme.

      Donc, cessons de menacer nos voisins.
      Merci

      • Françalgérie : sang, intox et corruption 6 mai 2010 12:26, par Saga des Gémeaux

        S’agit-il de menacer nos voisins comme tu le dis dans ton message ? La seule chose que je veux voir c’est que les responsables politiques français puissent répondre de leurs relations coupables avec un régime qui souhaite notre extermination sans le dire. Ces mêmes responsables français de droite comme de gauche se sont fait les complices de ce régime répugnant qui opprime le peuple kabyle depuis 1962. Par conséquent leur comparution devant la Cour pénale internationale se justifie. Dois-je te rappeler que c’est grâce à cette prétendue guerre d’indépendance que la Ve République (régime antidémocratique et anti-parlementaire) est née ?

        Saga des Gémeaux

        P.S : si je voulais ne pas être raisonnable aucun de mes commentaires ne seraient publier sur Tamazgha.fr

    • Françalgérie : pas mon affaire ! 6 mai 2010 06:57, par La Mécréante !

      Oups ! que t’arrive-t-il Saga des Gémeaux ? Te rends-tu compte que tu parles comme barbeFLN ?

      pourquoi pas remonter jusqu’au déluge aussi ?... excuse-moi de te rappeler que "quémander et jérémiader" est une spécificité arabo-muZ.

      la spécificité kabyle c’est : bosser, bosser et encore bosser. C’est pour cela qu’il existe encore en 2010, une Kabylie et des kabyles.