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Déclaration d'organisations de la société civile touarègues
jeudi 12 juillet 2012
par Masin
A l’occasion de la cinquième session du mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies qui s’est tenue à Genève, des associations et organiosations de la société civile touarègues présentes à cette occasion ont rendu publique une déclaration que nous publions ci-dessous.




POUR UNE RESOLUTION POLITIQUE DU CONFLIT TOUAREG

Ces derniers mois le Sahara central et le Sahel connaissent un regain de tension qui met en lumière une situation déjà ancienne avec d’une part le conflit qui oppose la communauté touarègue à l’Etat du Mali et d’autre part l’implantation de groupes terroristes.
En outre, depuis une vingtaine d’années les Touaregs de cette bande sahélo saharienne interpellent la Communauté internationale pour attirer son attention sur la situation des droits humains au Niger et au Mali. Ces appels ont été souvent ignorés par les instances internationales y compris quand il s’est agit de violations graves comme les massacres de populations civiles.
Alors, pourquoi la communauté internationale qui est restée silencieuse et passive pendant un demi-siècle face au drame vécu par les populations touarègues et maures ne sort de son mutisme que maintenant pour mettre à l’index le mouvement national touareg qui a décidé de se battre pour afin que le peuple touareg retrouve sa dignité et sa liberté ?
Les Touaregs revendiquent le droit de préserver leur culture et leur identité menacées par la marginalisation et la répression dont ils sont l’objet depuis la création des Etats du Niger et Mali. Ces deux pays sont des anciennes colonies françaises qui ont accédé à leur indépendance en 1960. Depuis cette date les touaregs réclament d’être associés, au même titre que les autres communautés, à la vie politique et économique de ces nouveaux pays dans lesquels leurs territoires ont été intégrés par l’administration coloniale française.
Comme réponse à cette revendication légitime, ces Etats ont toujours préféré la répression et les manipulations au lieu de proposer des solutions concrètes et durables. Face à cette absence de volonté politique des Etats et au désintérêt de la Communauté internationale, la situation ne pouvait qu’empirer. Cela abouti à l’échec des différents accords de paix signés entre les différentes parties.
Un nouveau conflit armé a éclaté en janvier dernier entre l’Etat du Mali et le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad). Très vite le territoire du Nord du Mali appelé AZAWAD est tombé sous le contrôle du MNLA. Celui-ci par la suite été surpris de voir brusquement apparaitre des groupes islamistes dont certains seraient des émanations d’Al-Qaeda implantées dans la région depuis plus de 10 ans avec la bénédiction à peine dissimulée de l’Etat malien. Il faut rappeler que l’Etat malien n’a jamais rien fait pour empêcher l’installation d’Al-Qaeda dans le nord du pays. Ces groupes islamistes, qui bénéficient manifestement de soutiens de plusieurs organisations voire Etats et dont les moyens sont pratiquement illimités, ont fini par s’imposer et menacer la stabilité de la sous région. Le MNLA ne bénéficiant d’aucun soutien autre que celui d’une population, déjà éprouvée par la situation n’est pas en mesure de faire face a une coalition d’intérêts qui allient terroristes narcotrafiquants, et certains Etats aux desseins inavoués.

1. Le MNLA a toujours alerté sur le danger fondamentaliste dans l’AZAWAD mais la communauté internationale est restée passive
Le MNLA, a dès sa création, alerté les pays voisins et la communauté internationale sur la menace fondamentaliste et terroriste au sahel et, en particulier, dans l’AZAWAD.
Aussi, le MNLA a privilégié constamment le dialogue à la violence armée en prenant attache preuve à l’appui, bien avant le 17 janvier 2012 avec les autorités de Bamako mais son offre de paix est resté vaine.
Depuis le déclenchement de sa lutte de libération, le MNLA n’a rencontré que silence et passivité de la part de la communauté internationale qui est plus préoccupée par la perspective d’indépendance de l’AZAWAD que par la menace terroriste.
Tout d’abord, l’installation au Mali de groupes narco trafiquants et Jihadistes (AQMI) sont incontestablement un héritage légué par le Mali, qui a pourtant profité de la générosité financière, technique et matérielle de la communauté internationale pour lutter contre la présence de ces groupes cette partie du territoire. Au contraire, l’engagement du Mali à lutter contre le terrorisme s’est mué en une intelligence malsaine avec les responsables d’AQMI et les groupes des narco trafiquants.
Ensuite, pendant que le monde libre et démocratique garde ses distances avec le MNLA et l’Azawad en général, des organisations obscurantistes et certains Etats suscitent et appuient de nouvelles créations islamo terroristes. C’est ainsi que surgiront du néant le groupe Ansar Eddine et d’autres factions terroristes auxquels certains Etats fournissent approvisionnements et soutiens financiers pour atteindre des objectifs inavoués.
Face à cela Le MNLA a maintenu sa ligne de conduite historique consistant à promouvoir la liberté, l’unité, la justice et la démocratie dans cette partie du Sahel. Incompris politiquement, il a fini par se retrouver dans une posture d’isolement.

2. Le MNLA, comme alternative objective pour la stabilité sous régionale et la paix internationale
Si une action de la communauté internationale s’impose face au défi terroriste et l’obscurantisme religieux, cela devra se faire avec responsabilité et discernement. Elle devra coordonner ses efforts avec des partenaires appropriés. De ce point de vue, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad constitue une alternative objectivement incontournable. Toute option qui ne tiendrait pas compte de cette réalité ne ferait que précipiter la sous région dans le chaos et rendre la situation incontrôlable pendant longtemps. Ainsi, le MNLA disposerait d’appuis et soutiens adéquats et contribuerait substantiellement à la lutte internationale contre toute présence obscurantiste et terroriste dans le Sahel.
Nous appelons par conséquent la Communauté internationale à soutenir le MNLA dans sa volonté de lutte contre les groupes terroristes et de mettre en place les mécanismes ainsi que les modes opératoires pour un traitement politique adéquat du différend qui oppose l’Azawad au Mali avec une implication des nations unies pour régler définitivement cette question.
Les délégués des associations civiles touarègues attirent, enfin, l’attention de la communauté internationale sur la situation dramatique que vivent les refugiés de l’Azawad qui sont plus de 350 000 repartis entre l’Algérie, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger. Elles félicitent et remercient les Etats d’accueil, en particulier, la Mauritanie, le Burkina et le Niger ainsi que les ONG locales et internationales ainsi que le système des Nations pour les efforts déployés pour soulager la détresse de nos compatriotes.
Toutefois, nous alertons, encore une fois sur la situation désastreuse des populations restées dans l’AZAWAD qui sont de plus en plus coupées de tous centres d’approvisionnement et d’accès aux services sociaux de base (santé, eau…). Dans les camps de réfugiés, notamment, en Mauritanie, des débuts d’épidémies sont déjà signalées (rougeole..). Si une réponse rapide n’est apportée la situation pourrait être dramatique au regard de la concentration humaine dans le camp de Mbera qui abrite plus de 80000 personnes.

Les associations touarègues remercient chaleureusement le Gouvernement des Etats Unis d’Amérique pour son geste de solidarité en faveur des refugiés de l’Azawad et l’assure de leur total engagement à ne ménager aucun effort pour contribuer à la construction du dialogue dans une perspective d’un règlement du conflit et pour une paix durable.

ORGANISATIONS SIGNATAIRES

Temoust, Niger
Tinhinan, Burkina Faso,
Tassaght, Burkina Faso
Tidawt, Tinbuktu
Coordination des associations touarègues en Mauritanie,
ARVRA, Mauritanie,
ADJMOR, Tinbuktu
CMA, section nationale, Tinbuktu
Taflist, Razelma (Goundam),
Coordination des camps de réfugiés en Mauritanie
Coordination des camps de réfugiés au Burkina Faso
Coordination des cadres de l’AZAWAD

Genève, 12 juillet 2012

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