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LIBYE. Syrte, l'ultime refuge pour Mouammar Kadhafi ?
Le Nouvel Observateur, le 25 août 2011
jeudi 25 août 2011
par Masin
La ville natale du dirigeant libyen constitue une des poches de résistance les plus actives aux combattants rebelles.

Les rebelles libyens vont tenter d’encercler Syrte, dernier bastion de Mouammar Kadhafi sur la côte méditerranéenne, a déclaré jeudi 25 août un porte-parole des insurgés. Cependant, ils continuent d’affronter les forces loyalistes de la ville, située 450 km à l’est de Tripoli et où habitent de nombreux membres de la tribu de Kadhafi.

Introuvable, Mouammar Kadhafi pourrait selon la rébellion se réfugier à Syrte, sa ville natale où il recevait jadis les visiteurs en grande pompe, à moins qu’il n’opte pour l’exil en Afrique du Sud ou au Venezuela, évoqués comme possibles pays d’accueil. Bien que le colonel a assuré s’être promené incognito dans Tripoli dans un message sonore diffusé mercredi avant l’aube depuis un lieu tenu secret, la rébellion assure contrôler plus de 90% de la ville depuis qu’elle a pris Bab al-Aziziya, le quartier général du colonel. Mais le "Guide" libyen pourrait bien avoir déjà déserté la capitale.

Syrte : là où la légende de Kadhafi commence

Dans ce cas, il ne disposerait que d’une marge de manoeuvre réduite, dans un pays dont le point faible est le Sud-sahélien aux frontières poreuses, selon la rébellion. Pour Abdelmoneim Al-Houni, représentant du CNT, l’organe politique des rebelles, auprès de la Ligue arabe, "Mouammar Kadhafi n’a que trois possibilités en Libye : la région de Jefra, dans le désert, l’oasis de Traghen, dans l’extrême-sud à la frontière avec le Niger, et Syrte, sa ville natale".

Né, selon sa propre légende, sous une tente dans la ville côtière, il pourrait y compter sur sa tribu, les Guedadfa, dont les membres sont encore bien implantés et armés. Les rebelles peinent d’ailleurs à négocier avec tous les chefs de tribu leur entrée sans violence dans ce grand port, connu depuis l’Antiquité, où le colonel Kadhafi avait fait construire un centre de conférences, au style grandiloquent et moderne, anomalie architecturale dans la modeste localité.

S’il ne trouve pas refuge chez les siens, Mouammar Kadhafi, qui fait face depuis février à une insurrection qui s’est transformée en conflit armé, dispose d’autres réseaux, tribaux là aussi, chez les Touaregs. Grâce au clientélisme qui lui a si longtemps réussi, le Guide libyen a pu compter sur eux en leur garantissait un intéressement sur le commerce transfrontalier en échange de la stabilité de la région. Mais les nouvelles victoires de la rébellion pourraient changer la donne.

Une menace : les loyalistes qui joignent les rangs des rebelles

Certains Touaregs ont en effet déjà rejoint les insurgés en ouvrant le front du sud à Morzuk dans la région du Fezzan, un noeud de communication vital vers le Niger, le Tchad et l’Algérie organisé autour de la capitale régionale Sebha où les Guedadfa jouent un rôle politique et économique clé. Au-delà des régions du sud, Mouammar Kadhafi pourrait également traverser les frontières et tirer profit de l’absence de contrôle au sud du pays, rejoignant l’Algérie, par exemple. Dans les rues de Benghazi, le ressentiment est grand à l’égard du voisin algérien accusé d’avoir soutenu Kadhafi jusqu’au bout.

Quelques jours avant la chute de son QG, des informations de presse prêtaient à Kadhafi l’intention de s’exiler en Afrique du sud, voire au Venezuela, annonçant même l’arrivée dans la région d’avions qui le transporteraient avec sa famille vers l’un des deux pays.
Si l’Afrique du sud a démenti lundi par la voix de sa ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane tout projet sud-africain d’exfiltrer Kadhafi, le président vénézuelien Hugo Chavez a alimenté les rumeurs sur un possible exil du fantasque "Guide" du côté de Caracas en lui renouvelant mardi son soutien.

L’ancien numéro deux du régime, Abdessalem Jalloud, qui a fait défection, n’imagine lui d’autre sortie pour Kadhafi que la mort s’il n’a pas déjà quitté Tripoli. "Et comme il n’a pas le courage de se suicider, il pourrait charger l’un de ses proches de le tuer", a-t-il assuré à la chaîne satellitaire al-Arabiya.

Le Nouvel Observateur - AFP

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