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Le MNLA prend l'opinion internationale à témoin
Plateforme politique du Mouvement national pour la libération de l’Azawad
mercredi 3 octobre 2012
par Masin
Depuis quelques mois, les médias réduisent l’actualité de l’Azawad à l’activité des terroristes islamistes dont les principaux sponsors sont Alger et Qatar. Tout est fait pour que le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) soit complètement marginalisé.

Le MNLA, qui a pris le temps de la réflexion et de la réorganisation de ses forces, vient de rendre publique une plateforme politique dans laquelle il trace les grandes lignes de son projet et de ses aspirations. Avec cette plateforme politique, on ne peut plus claire quant aux objectifs du MNLA, personne ne peut prétendre ne pas avoir compris l’objectif et les intentions du MNLA. Personne ne peut s’obstiner à créer ou à entretenir une confusion entre le MNLA et le terrorisme islamiste.

Le document revient ainsi en détail sur un certain nombre de propositions qui consolident le projet politique du MNLA.



Après un bref rappel du contexte historique qui a vu naître le jeune mouvement qui, en réalité, prend racine de la période pré-coloniale française, et qui regroupe anciens et jeunes militants ayant vécu les précédentes rebellions ou leurs conséquences, le document revient sur la réalité géographique, économique, sociale et politique du territoire de l’Azawad.

La deuxième partie du document est, quant à elle, axée sur les aspirations du MNLA pour la construction d’un État, l’Azawad, sur des bases modernes, démocratiques et laïques. Une attention particulière doit être portée à l’affirmation, sans laisser l’ombre d’un doute, de la volonté du MNLA à porter haut et fort le souhait des populations de l’Azawad de recouvrer la libération totale de leur territoire du joug colonialiste malien et des groupes terroristes que ce dernier a laissé s’y installer depuis des années.

Aussi, il convient ici de souligner l’attachement fort, une nouvelle fois affirmé, du MNLA au principe de laïcité qui fonde la société azawadienne malgré de nombreuses tentatives de faire croire à un lien entre le MNLA et les les islamistes présents dans l’Azawad.

La Communauté internationale, et à sa tête certaines puissances comme la France, osera-t-elle encore feindre d’ignorer le MNLA ?

Après avoir reproché au MNLA sa tentative de discussion avec les obscurantistes d’Ansar Dine, c’est dans le silence le plus total que certains États (dont l’État algérien et l’État malien) s’assoient à la table des discussions avec des terroristes de tous bords (Ansar Dine, MUJAO dont nul n’ignore les liens avec Aqmi, etc.).

Après un fort "tapage" médiatique qui a fait de la confusion entre le MNLA et autres islamistes et groupes terroristes une règle de communication, après toutes les tentatives notamment des services algériens afin de neutraliser le MNLA dans l’Azawad en prêtant main forte à Ansar-Dine, MUJAO et AQMI, par ailleurs grassement rémunérés par le Qatar, après "l’offensive"diplomatique de la France, menée par Laurent Fabius accréditant les thèses des médias (et à leur tête l’incontournable AFP) quant à l’implantation du terrorisme dans l’Azawad, afin de convaincre notamment les Nations Unies de la nécessité d’une intervention militaire, aujourd’hui le MNLA, avec sa plateforme politique, prend à témoin l’opinion internationale et ne laisse aucune place au doute.

Tout porte à croire que ce qui pose problème c’est bien l’affiliation amazighe de l’Etat Azawad...

Le MNLA est plus que jamais déterminé à aller au bout de son combat même si le chemin semble plus que jamais épineux. En effet, les pressions externes et le minage de l’intérieur compliquent davantage la tâche du MNLA qui doit faire face à tout cela. Le MNLA qui, aussi, a plus que jamais besoin de la solidarité concrète de l’ensemble eds Imazighen mais aussi des épris de justice et de liberté. Il est temps d’assister le MNLA en mobilisant tous les moyens de communication, de lui apporter aide financière et que les jeunes Amazighs qui le souhaitent rejoignent l’Azawad au sein des unités combattantes.

Nous publions ci-après la plateforme politique du MNLA.


La Rédaction.



Plateforme politique du Mouvement nationale pour la libération de l’Azawad




Préambule

Par cette plateforme, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) aspire à aider le peuple de l’Azawad à recouvrer intégralement sa souveraineté en jouissant ainsi de son identité, de
la maîtrise politique, sécuritaire, économique, financière, sociale, culturelle et environnementale de son territoire. Le règlement politique du conflit qui l’oppose au Mali est une étape incontournable en
vue de la réalisation de ses aspirations.

En procédant ainsi, le MNLA :
- Invite le Mali à admettre que le règlement pacifique du conflit reste une chance exceptionnelle de paix, de développement et de voisinage harmonieux ;
- Sollicite la communauté internationale à comprendre nos revendications, à accompagner les négociations pour l’obtention d’une solution définitive, équitable et respectueuse de la volonté du peuple de l’Azawad et à contribuer à l’application des engagements pris
lors des négociations.

INTRODUCTION


Au sein du Mali indépendant, les populations de l’Azawad, en particulier, Touaregs et Maures, ont vécu plus de cinquante ans d’humiliations, de brimades, de massacres, de génocides et de
spoliations érigées en système d’Etat timidement reprouvés par la communauté internationale.
Confinées dans la stigmatisation, dans l’illettrisme, l’analphabétisme, la précarité et l’injustice, leur seule perspective est la révolte, puis l’exode massif vers les pays voisins et dans certains cas plus
lointains.

De manière constante, la presse malienne et le discours politique abondent en clichés et stéréotypes lorsqu’ils abordent la question des populations de l’Azawad. Et, à la moindre révolte pour exprimer une situation de détresse ultime, la presse malienne, les partis politiques et les intellectuels maliens rivalisent de discours pour justifier la marginalisation, les exactions ainsi que les massacres et les violations flagrantes des droits humains par l’Etat malien et ses forces armées.
Sans retenue, ce microcosme s’égosille à nier le fait que c’est l’Etat malien et ses démembrements qui opposent les uns contre les autres, Maures contre Maures, Touaregs contre Touaregs, Sonrhaïs contre Touaregs… en les catégorisant "bons" et "mauvais" citoyens. Ce discours redondant a fini par convaincre le Malien ordinaire que les Azawadiens et Azawadiennes ne peuvent être que de mauvais citoyens, exécrables patriotes, fainéants, bandits, brigands et
menteurs.

Depuis l’indépendance du Mali, tout est fait pour persuader les Maliens qu’ils sont deux groupes ; ceux du sud, dominants et auxquels, l’Etat doit tout, et ceux du nord qui devront s’assimiler, se soumettre sinon disparaître.

C’est ainsi que les Azawadiens et Azawadiennes, devenus maliens malgré eux en 1960, ont été traités comme des citoyens de seconde zone par l’Etat. Ce statut leur est rappelé régulièrement et
très souvent par la violence, les exactions et les massacres.
En 1960, la population touarègue et maure au Mali était estimée, selon les sources de l’administration coloniale, à un peu plus de 500 000 personnes. Les recensements maliens, notamment celui de 1998, indique une population touarègue de moins de 300 000 personnes.
Comment expliquer scientifiquement une telle régression démographique, sauf à penser que le croît naturel chez ces groupes soit nuls pendant que le Mali affiche l’un des taux de croissance
démographique les plus élevés d’Afrique (le pays est passé de 3 millions en 1960 à 15 millions en 2010) ?
A près une accumulation avérée de plus de cinquante ans d’échec patent de gouvernance au Mali, et sur la base du principe qui dispose que ‘’…dès lors que la force publique ou la loi contredit les
droits ou le principe de justice, elle n’a plus le droit d’exister et doit être contestée…’’, le peuple de l’Azawad s’octroie l’usage du droit universel de légitime défense y compris en prenant les armes
contre l’Etat malien.

Le refus d’un système bafouant les libertés fondamentales et portant massivement atteinte à la vie humaine est inscrit dans les principales déclarations qui font référence depuis le 18ème siècle. Ainsi,
le peuple de l’Azawad s’approprie notamment les dispositions de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 août 1789, inspirée de la Déclaration d’indépendance
américaine du 4 juillet 1776, incluant parmi les quatre droits naturels imprescriptibles de l’Homme, celui de "la résistance à l’oppression", repris dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 en son article 33 qui précise que "La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’Homme."

Aussi, les dispositions de l’article 35 de cette dernière Déclaration qui énonce que "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." ne fait que légitimer le combat du peuple de l’Azawad.

Considérant le drame vécu, depuis plus d’un demi-siècle, le peuple de l’Azawad n’a plus d’autres choix que de recouvrer la maîtrise totale de son territoire et prendre en main son destin.


1. LE MOUVEMENT NATIONAL DE LIBERATION DE L’AZAWAD / MNLA

1.1. Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) est une organisation politico-militaire sans affiliation tribale, ethnique, culturelle ou confessionnelle.
Créé en novembre 2011, le mouvement est né de la fusion du Mouvement national de l l’Azawad (MNA), mis en place le 1er novembre 2010 à Tombouctou et dont les jeunes de l’Azawad constituent la principale force d’animation, l’Alliance Touarègue Nord Mali (ATNM) et une frange de l’Alliance Démocratique pour le Changement (ADC) du 23 mai 2006. Les ex-combattants des précédents soulèvements des années1963 et 1990 y compris ceux de la diaspora ainsi que les éléments intégrés aux forces armées maliennes dans le cadre des accords de paix (1990 et 2006) rejoindront la coalition qui va former le mouvement actuel.
Quintessence des composantes du peuple de l’Azawad (Touaregs, Songhays, Arabes et Peuls), le MNLA a été rejoint, dès sa création, par des leaders d’opinion, des chefs coutumiers, des cadres et
des élus des communautés de l’Azawad.

Le MNLA est une continuité de la lutte engagée par le peuple de l’Azawad depuis la fin des années 1940 lorsque que notre peuple a compris que la France coloniale a choisi de mettre son destin, dans
le cadre des indépendances africaines, entre les mains de l’ex-colonie du Soudan français, devenue République du Mali en 1960.

Successivement, en 1957 et 1958, les chefs coutumiers, les notables, les érudits de toutes les composantes de l’Azawad, ont adressé des correspondances au Général de Gaule pour signifier à la France leur volonté explicite d’aller à l’indépendance qui se profile à l’horizon séparément du futur Mali.

Dès sa création, le MNLA a opté pour le dialogue et le règlement pacifique du conflit. Fidèle, à cette ligne de conduite, le Mouvement a entrepris des démarches officielles en direction de l’Etat malien et
d’autres acteurs de la communauté internationale pour proposer des alternatives à la guerre et engager une négociation dans la perspective de rétablir la paix sur le territoire de l’Azawad. Toutes
nos offres de dialogue politique ont reçu une fin de non-recevoir de la part du régime malien.

1.2. Notre territoire : AZAWAD
Nous luttons pour la libération totale de notre territoire que le Mali désigne par des numéros de régions administratives (Gao, Kidal, Tombouctou) ou encore ‘’Nord Mali’’.


L’appellation AZAWAD (littéralement cuvette en langue tamashagh) est très ancienne. Le nom est bien connu comme l’attestent les premières esquisses cartographiques du Sahara central établies
par des explorateurs arabes et européens bien avant la pénétration coloniale.

A la fin des années 40, et tout au long des années 50 du siècle dernier, les notables de la Boucle du Niger ont consacré politiquement cette appellation dans la correspondance adressée au Général
de Gaule pour demander l’indépendance de ce territoire à l’instar des autres colonies françaises
d’Afrique.

Depuis, tous les soulèvements (1963, 1990, 2006, 2010), y compris celui de 2012, porté par le MNLA, ont réaffirmé l’appellation "AZAWAD". L’accord de paix signé le 11 avril 1992 entre les Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad (MFUA) et le gouvernement malien consacre cette appellation.

L’Azawad couvre une superficie de 932 490 km2. Notre pays est physiquement, climatiquement, économiquement, socialement et culturellement différent du Mali. Il est limité à l’Est et au Nord par
l’Algérie, au Nord ouest par la Mauritanie, au Sud par le Niger et le Burkina et à l’Ouest par le Mali. Il est arrosé par le Fleuve Niger sur une longueur d’environ 780 km.

En dépit de l’absence d’un recensement fiable y compris pendant la période coloniale, la population de l’Azawad est estimée à 3 millions de personnes dont 50% exilés depuis de nombreuses années.
En Particulier, les Touaregs et les Maures, représentant près de 60% de la population autochtone du territoire, ont été contraints de s’exiler pour une large part dans les pays voisins en raison de la
répression qui les a toujours visé. Globalement, la marginalisation en terme de développement, a obligé plusieurs centaines de milliers d’Azawadiens à quitter leur territoire pour émigrer, au sud du
pays et dans les pays côtiers et au nord vers les pays voisins.

La répartition spatiale de la population indique que les Touaregs et les Maures occupent la quasi totalité du territoire pendant que les autres composantes se concentrent surtout dans les grands centres urbains et semi urbains.

Les Touaregs, les Songhaïs, les Maures et les Peuls qui constituent les communautés historiques de l’Azawad ont toujours vécu de façon harmonieuse et complémentaire. Des liens culturels, historiques, économiques et sociaux interdépendants soudent profondément le sentiment d’appartenance de ces quatre composantes depuis longtemps au territoire de l’Azawad. Le rapport identique à la nature, à l’eau, à l’espace, à la terre dont dépend la survie solidaire a créé une
volonté de vivre en commun bien avant l’arrivée des premiers colons.
Sur le plan économique, l’élevage, l’agriculture fluviale et pluviale, l’artisanat et la cueillette mais aussi le commerce sont les principales activités économiques de l’Azawad.

Le sous-sol du territoire regorge d’importantes ressources minières et énergétiques. Les nappes souterraines, mises à jour dans le bassin de Taoudenni (Nord de Tombouctou) et dans le Tamasna, sont parmi les plus importantes du Sahara.

1.3. Objectifs et vision politique du MNLA

L’exercice du droit à l’autodétermination du peuple de l’Azawad représente une phase essentielle de la finalité de la lutte du MNLA afin de permettre au peuple de l’Azawad de réaliser ses aspirations. Même quand nous avons toutes les raisons d’utiliser la force, le MNLA a toujours opté et réaffirme sa préférence pour le dialogue et la négociation comme méthode de règlement de conflits avant tout recours à la force.

Notre vision politique est résolument axée autour de l’édification d’une société démocratique et moderne. L’Etat de droit, les libertés individuelles et collectives, la justice, le respect intégral des
droits de l’Homme, le développement économique, social et culturel ainsi que la coopération et la paix avec les autres peuples, représentent, in fine, le mode de gestion politique du modèle de
société pour lequel nous nous battons.

Le projet apporte la promesse d’un avenir meilleur pour les populations de l’Azawad afin de mettre fin à l’oppression, à la marginalisation, aux discriminations, aux exactions, au mépris et à
l’insécurité entretenus par les régimes successifs de Bamako depuis 1960.


Dans notre projet politique, une attention particulière est accordée à la coopération entre peuples, au bon voisinage entre Etats et à l’insertion harmonieuse dans le concert des nations libres et
démocratiques dans une perspective de développement, de sécurité et de paix dans la sous région ainsi que sur le plan international.
Pour traduire la ferme volonté du peuple de l’Azawad à l’émancipation, le MNLA adhère et s’engage au respect des instruments du droit humanitaire international, notamment les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels.
Le MNLA rejette toutes les formes d’extrémisme et d’intégrisme, qu’elles soient le fait de groupes ou d’Etats. Convaincu que les groupes narco-terroristes représentent une véritable menace pour
l’Azawad, la sous région et le reste du monde, le Mouvement est résolument engagé, dans le cadre d’une coopération globale, à contribuer à l’éradication de ce fléau.


1.4. Légitimité

La légitimité du MNLA à porter le combat de libération de l’Azawad repose sur une adhésion massive des populations à l’exercice du droit à l’autodétermination consacré par les principaux instruments juridiques internationaux, notamment à l’article 3 de la déclaration des Nations Unies sur le droit des peuples autochtones du 13 décembre 2007, la charte des Nations Unies, la charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples.

1.4.1. Les composantes de l’Azawad, réunies en assemblée générale le 10 octobre 2011 à Zakak, dans la région de Kidal, ont solennellement proclamé leur ferme engagement à prendre
définitivement et irrévocablement leur destin en main en tant que Peuple de l’Azawad :

"Extrait de la déclaration de l’Assemblée générale de Zakak"
« Aucun peuple africain n’est remis en question mais ce sont les Etats relais de systèmes coloniaux caducs et anti-démocratiques, leurs gestions corrompues, népotiques et sans vision égalitaire pour le bien commun qui sont remis en cause.
En réponse à la faillite du système étatique malien à instaurer une gouvernance équitable, nous sommes déterminés à prendre notre destin en main, à nous gouverner nous-mêmes selon des principes démocratiques tirés de nos valeurs afin de vivre en harmonie avec tous les peuples voisins pour :

N’être plus contraint à nous engager dans des guerres interminables ;
Assurer un avenir durable à notre Peuple sur notre Territoire ;
Ne plus avoir à subir des génocides, substituer à la violence aveugle et gratuite une autorité légitime, juste et soucieuse du bien de notre peuple ;
Permettre à notre Peuple de ne plus avoir à subir les humiliations et les brimades dans des camps de réfugiés ;
Ne plus signer ou conclure des traités avec des régimes qui n’ont ni parole, ni engagement ;
Assurer nous-mêmes la sécurité des biens et de toutes les personnes dans l’Azawad ;
Garantir à chacune des communautés qui composent le Peuple de l’Azawad son épanouissement culturel, socio économique, politique… conformément aux principes des droits humains reconnus dans divers instruments juridiques internationaux, notamment, la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones ;
Co-construire un contrat social conforme aux aspirations légitimes du Peuple de l’Azawad.

Par tous ces motifs, nous, Peuple de l’Azawad, déclarons qu’il n’y a pas d’autres voies que celle de nous diriger nous-mêmes et mandatons solennellement le MNLA à faire aboutir nos
aspirations à l’indépendance. »

1.4.2. Rencontre à Gao des leaders d’opinion, notables et cadres de l’Azawad.

Au cours de cette rencontre, organisée les 25 et 26 avril 2012, les notabilités de l’Azawad ont réaffirmé leur exigence d’exercer leur droit à l’autodétermination et encouragé le MNLA à poursuivre le plaidoyer pour la reconnaissance de l’Etat indépendant de l’Azawad, proclamé
unilatéralement le 6 avril 2012 suite à la libération totale de notre territoire.

Les chefs coutumiers ont réitéré leur confiance au MNLA et demandé à la Communauté internationale de reconnaître au plus tôt l’indépendance de l’Azawad afin de mettre fin aux souffrances du peuple de l’Azawad. Ils ont enfin exigé des groupes narco-terroristes de quitter, sans délais, le territoire de l’Azawad.

Les responsables des organisations de la société civile de l’Azawad (femmes, jeunes, ONG…) ainsi que des camps des réfugiés avaient eux-mêmes exigé le retour de la sécurité sur le territoire
de l’Azawad et exhorté le MNLA à trouver une solution durable au conflit.

La légitimité du MNLA à porter la lutte fut également démontrée à maintes occasions. Ainsi, lors de la cérémonie d’investiture des membres du Conseil transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), de
nombreuses notabilités, cadres et leaders d’opinion ont effectué le déplacement à Gao (9 juin 2012).

Le MNLA, fort de l’adhésion des communautés de l’Azawad, s’appuie également sur les principaux instruments juridiques internationaux relatifs aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes (Charte
des Nations Unies, Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples…), au droit à l’autodétermination (Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples autochtones).

Plus de cinquante ans de gestion calamiteuse et cycliquement dramatique (massacres, discriminations, exclusions, génocides, corruption, collusion flagrante avec les narco-terroristes…)
ont mis à nu toute l’ineptie du rattachement du territoire de l’Azawad à l’ancienne colonie du Soudan français, devenue indépendante sous le nom de Mali en 1960.

Le Mali a fait preuve de toute son incapacité à gérer notre territoire depuis Bamako, à définir une gouvernance adaptée à nos réalités, aux besoins de nos populations, à nos spécificités économiques, culturelles et sociales.


2. NOS ASPIRATIONS

Après plus d’un demi-siècle d’occupation, d’oppression, de drames, de déni identitaire et d’injustice, le peuple de l’Azawad demande à vivre dignement son identité sur son territoire.
Notre projet de société pour l’Azawad libre ne devra être perçu par aucun peuple, Nation ou Etat comme une menace ou atteinte à sa sécurité ou à ses intérêts nationaux. Notre sens élevé de
responsabilités, doublé de notre volonté ferme de vivre en harmonie avec les autres peuples, constituent une garantie incontestable pour tous nos voisins.

L’aspiration fondamentale de notre mouvement est d’aider notre peuple à recouvrer intégralement sa souveraineté et jouissant ainsi de son identité, de la maîtrise politique, sécuritaire, économique,
financière, sociale, culturelle et environnementale de son territoire.
Notre mouvement est convaincu que cette aspiration ne se réalisera que par le triomphe de la liberté, de la démocratie, des droits de l’Homme, de la justice, de l’équité et de la promotion d’une
gouvernance appropriée sur le territoire de l’Azawad libre.
Nous nous engageons fermement à édifier une société démocratique et moderne dans la perspective de construire le bien-être commun et garantir les libertés individuelles et collectives.

Notre projet de société s’attachera à faire du principe de l’égalité des chances une règle de base entre tous les citoyens et citoyennes de l’Azawad sans distinction de race, de couleur, de croyance,
de sexe ou d’opinion politique. Toute chose que l’Etat malien n’a pu assurer ou garantir après plus de cinquante de gestion de notre territoire.
Notre mouvement fait du respect scrupuleux de la dignité humaine un principe fondamental et accorde une attention singulière à la sauvegarde et à la promotion des droits de l’Homme. La question des droits de l’Homme et de la lutte contre l’impunité, constituent l’une des priorités de notre action. Le MNLA réaffirme son engagement à lutter contre l’impunité y compris dans ses rangs et à contribuer autant que ses moyens le lui permettent à apporter aide et assistance à toute
démarches dans ce sens.

La séparation stricte de l’Etat et de la religion, garantissant la liberté du culte, sera une des pierres angulaires de notre système politique. Nous prenons l’engagement solennel de garantir la séparation des pouvoirs, leur équilibre, une répartition objective des pouvoirs entre différents niveaux de représentations (local, régional, national) ainsi que l’établissement de mécanismes opérationnels de contrôle internes et externes afin d’en évaluer, périodiquement, la pertinence,
l’efficacité et l’efficience, la redevabilité et la transparence.
Le choix, le format et le mode de fonctionnement de nos institutions se fera sur la base d’une consultation la plus large possible de l’ensemble des citoyens et des citoyennes de l’Azawad libre.

Leur fonctionnement, en particulier, s’appuiera sur notre identité et nos systèmes socio politiques traditionnels. Ces systèmes, qui ont pré existé tant à la colonisation qu’à l’occupation malienne, restent encore très prégnants dans l’imaginaire collectif et la gestion des relations interindividuelles et intercommunautaires. Ils avaient la particularité de réussir une régulation sociale, économique, politique, effective et efficace. Ces systèmes qui avaient réussi à atténuer les chocs aussi divers que variés ne peuvent prendre leurs pleins effets que débarrassés des scories de la souveraineté malienne. Ils serviront de base à l’organisation politique et institutionnelle de l’Etat de l’Azawad.
La préférence à des d’institutions et instruments modernes de gestion des services publics permettra à notre système politique de s’adapter au contexte dans lequel évolue notre société.

L’administration, pour être le plus près des populations, sera conçue à partir des niveaux locaux en étroite concertation avec les communautés qui en assureraient un contrôle direct à travers les
organes élus.
Notre système électif sera conçu de façon à permettre une saine compétition aux suffrages des citoyens selon un processus transparent et dont l’Etat garantira l’obligation stricte du respect des
résultats.<br<
Les contre pouvoirs seront mis en situation optimale de jouer pleinement leur rôle et d’accomplir leur mission sans interférence politique de l’Etat. Le multipartisme politique, le pluralisme médiatique, la dynamique civile de la société, seront garantis de manière à disposer d’un levier régulateur du modèle démocratique qui régira l’Etat de l’Azawad.

Dans un souci de transparence et de gouvernance appropriée, des mécanismes de contrôle citoyens de l’action publique seront mis en place et validés par l’ensemble des acteurs. Sous cet angle, le système politique fera de la redevabilité une exigence impérative. Les mandats et les gestionnaires de la moindre portion du pouvoir et des deniers publics auront l’obligation impérative de rendre compte selon des modes et des formats à définir.

Par rapport à cet aspect, nous nous engageons à mettre en place des mécanismes efficaces de lutte contre la corruption, phénomène qui jadis nous est inconnu mais qui a été distillé dans notre société
par les pratiques politiques et administratives maliennes.
Les Azawadiennes et Azawadiens ont longtemps souffert de l’injustice, des inégalités flagrantes et d’iniquités manifestes qui leur ont été imposées par le système colonial malien depuis 1960.
Nous nous engageons à promouvoir une justice indépendante de toutes influences des autres pouvoirs, la plus proche à tous points de vue des citoyens et dotée des ressources adéquates (humaines, matérielles, techniques et financières). Le système judiciaire que nous prévoyons pour l’Azawad sera doté de mécanismes de contrôle appropriés tant au niveau interne qu’externe.

Le respect et la promotion des spécificités culturelles et linguistiques des différentes composantes de l’Azawad, qui représente un des socles de notre combat de libération de l’Azawad, est indispensable afin de réhabiliter chaque membre du corps historique de l’Azawad et consolider la pyramide nationale de l’Azawad effritée par des décennies de mépris culturel et une pratique politique d’uniformisation selon le moule dominant érigé en politique d’Etat par Bamako.

La liberté d’expression trouvera son épanouissement dans le cadre de lois et règlements adoptés par des institutions dans lesquelles se reconnaissent les populations à travers un système électoral
largement participatif et transparent.
Une attention particulière sera accordée à la question de l’égalité hommes femmes. L’une des principales spécificités de notre société, dont nous tirons une immense fierté, est bien avant tout la
place, le rôle et le statut que notre société réserve à la femme. Notre projet de société s’engage non seulement à consolider cette pratique mais aussi à combattre tous les facteurs rétrogrades que
représentent les interférences politiques ou religieuses extérieures et aussi paradoxalement l’entrée dans la modernité. La scolarisation des filles comme des garçons, l’accès égalitaire des femmes et
des hommes aux fonctions électives, aux postes de décision, aux emplois supérieurs et secteurs privés et publics seront garantis.

Dans le modèle politique de l’Azawad libre, la dimension sécuritaire occupe une place centrale afin de permettre aux populations et institutions de l’Azawad de prendre en charge elles-mêmes leur sécurité et de juguler l’insécurité et les trafics multiformes que la faillite de l’Etat malien a entretenus sur notre territoire depuis qu’il en a eu frauduleusement la destinée.

Notre projet est une réponse effective et active non seulement aux aspirations de paix de nos concitoyens et concitoyennes, mais aussi aux préoccupations des peuples voisins, y compris malien, de stabilité de la sous région et aux impératifs mondiaux de paix.
Seuls des Azawadiennes et Azawadiens libres et responsabilisés pourraient annihiler les forces obscurantistes qui menacent l’Azawad, la zone saharo sahélienne, la sous région et le reste du
monde. Aucune force, fut-t-elle la plus puissante et la plus déterminée, ne réussirait à le faire mieux que notre peuple. Dans cette perspective, notre projet pour l’Azawad est une forme de
renouvellement de nos engagements à travailler étroitement avec les initiatives visant à réduire les nouvelles menaces pour la paix locale, sous régionale et internationale apparues ces dernières années dans la zone saharo sahélienne du fait des turpitudes de l’Etat malien et sur la base d’interférences politiques toxiques extérieures.

Répondre aux besoins sociaux économiques des populations constitue un autre pilier essentiel de notre projet de société, contribuant à l’atteinte des aspirations d’une population qui a été exclue,
marginalisée et discriminée dans tous les secteurs du développement y compris ceux essentiels comme l’accès à l’éducation, à l’eau, à la santé ainsi qu’aux services économiques et financiers de base.

Un aménagement du territoire, fondé sur les réalités de nos communautés et articulé aux spécificités d’ensemble de notre territoire, servira de fil conducteur au développement harmonieux et équilibré de l’Azawad. Le développement local, prenant appui sur un modèle de décentralisation concerté et approprié, sera le meilleur garant d’une redistribution équitable des ressources, un accès effectif aux services et biens publics pour le bien-être commun.

Le développement d’infrastructures permettra à l’Azawad libre de sortir de l’enclavement routier, aéroportuaire et fluvial à travers un réseau approprié de desserte à l’échelle nationale et aussi pour
relier l’Azawad aux pays voisins et nous connecter, enfin, au reste du monde.

Le Mali s’est constamment, attelé, à dévaloriser le potentiel économique de notre territoire, à nier, souvent, à coup d’études fort coûteuses, que le pastoralisme, premier pilier avéré de l’économie du
territoire n’est pas productif. Or, depuis toujours, c’est bien l’élevage de l’Azawad qui fournit en produits carnés le sud du pays ainsi que les pays voisins. Mieux, le secteur est de plus en plus investi par les communautés sédentaires de l’Azawad, traditionnellement agriculteurs, qui le considèrent depuis une trentaine d’années comme une valeur refuge.

Dans notre vision, nous mettrons tout en oeuvre pour valoriser, dans le respect de l’environnement, de l’écologie et des intérêts des générations futures, toutes les ressources naturelles avérées et
potentielles de notre territoire. Nous serons particulièrement vigilants par rapport aux ressources minières et parmi celles-ci à celles énergétiques. Leur mise en valeur sera soumise à une
réglementation stricte de manière à ce que les azawadiennes et azawadiennes en tirent le plus grand profit dans le respect strict de notre biotope qui a permis au peuple de l’Azawad de résister et
de survivre à divers choc. Nous mettrons un accent particulier sur des formes modernes d’exploitation des sources d’énergie propre que, représentent le soleil et le vent dont la nature a généreusement doté notre territoire. En somme, nous marquons fermement notre rapport singulier à la nature en tant que peuple autochtone et notre souci à la sauvegarde et à la valorisation de l’environnement pour notre peuple et en solidarité avec les autres peuples.

Notre mouvement ne ménagera aucun effort pour recouvrer les droits des victimes des répressions de l’Azawad par l’Etat malien qui a fait de l’impunité une règle de gestion du pouvoir pendant un demi siècle. Nous lutterons contre l’impunité dans toutes ses formes et apporterons toute l’aide requise dont nous serons capables pour son éradication.

Nous nous battrons continuellement, et jusqu’au bout, pour défendre les intérêts de nos compatriotes réfugiés et de ceux contraints de se déplacer dans des zones autres que celles de leur vie habituelle dans l’Azawad afin d’améliorer leurs conditions de vie et de soulager leur détresse.

Notre mouvement s’est engagé dans une réflexion stratégique pour mettre fin à leur exil et préparer leur retour digne sur leurs terres.

Le MNLA en appelle à l’esprit de justice, d’équité, de solidaire humanisme, des femmes et des hommes à travers le monde, des Nations Unies, des organisations intercontinentales continentales
(Union Africaine, Union Européenne), régionales, aux organisations humanitaires internationales et celles de défense des droits de l’Homme (CICR, HRW, Amnesty international…) afin que cesse le drame qui se joue en silence dans l’Azawad depuis 1960. Nous les invitons à agir en toute objectivité afin que ne soit sacrifiée une partie de l’humanité sur l’autel d’enjeux géopolitiques et stratégiques égoïstes et de principes décadents.

Pour terminer, il convient de reconnaître, qu’au cours des vingt dernières années, l’Etat malien a fourni des efforts pour démarginaliser les populations de l’Azawad mais le constat est amer, la
gouvernance malienne a montré toutes ses limites à prendre en charge nos besoins, nos intérêts et nos spécificités.

Aussi, au regard de tout ce qui précède, nous exigeons, d’exercer librement, comme le prévoient différents instruments juridiques internationaux, le libre droit à l’autodétermination.


Septembre 2012.

Mouvement national pour la libération de l’Azawad.



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5 Messages

  • Le MNLA prend l’opinion internationale à témoin 3 octobre 2012 22:38, par Amazigh marocain
    Azawade amazigh libre.Vive azawad. Amazigh Marocain.

    repondre message

    • AZUL AKKWIT S-UMATA,

      Assa azekka attifrir tagut, aqlegh da ay atmaten Imajjeghen u-ZZawad, anugwir ar zdat, tughalin ar deffir ulac,, issefkk yal Amazigh ad yegbes af tadarfit ttlelli bw aghlan ennegh !

      Tumasst ennegh attidir, tettrugu i kra bw ansa n tmurt ennegh !

      Tuksedha attmedhren ghef inuggwen/icengga b ugdud ennegh !

      Assa azekka tamazight tella, tella.

      Agwzul

      repondre message

    • Le MNLA prend l’opinion internationale à témoin 5 octobre 2012 12:59, par La Mecreante !

      @ Amazigh marocain

      cher ami,

      êtes-vous amazigh ou marocain ?...

      toute l’affaire est là...

      repondre message

  • Le MNLA prend l’opinion internationale à témoin 6 octobre 2012 10:56, par Saga des Gémeaux

    La plate-forme du MNLA est tout à fait conforme à nos valeurs républicaines ancestrales. De même que la référence à la Déclaration d’indépendance américaine est pertinente. Par contre faire référence aux textes de la pseudo-révolution française n’est pas judicieux quand on sait que la France est l’alliée de nos ennemis arabo-musulman et ce depuis l’alliance contre-nature entre François 1er et Soliman (le sultan turc du XVIe siècle). Cependant je m’interroge de savoir si les Occidentaux auront la sagesse de prendre le MNLA comme l’interlocuteur des populations de l’Azawad ou bien continueront-ils à ne traiter qu’avec ceux qui les méprisent depuis belle lurette (ils sont tellement obnubilés par la prétendue civilisation islamique que le Musée du Louvre à Paris y a consacré un département sur "l’art islamique" ; et que le Qatar va pouvoir faire son prosélytisme dans les banlieux française sous prétexte d’aider les jeunes en difficulté).

    Saga des Gémeaux

    repondre message

  • Le MNLA prend l’opinion internationale à témoin 7 octobre 2012 13:12, par lurcher

    Tout le monde entier se mobilise ( d’apres la media Algerienne )pour supporter le POLISARIO pour achever son independance et creer un autre Etat Arabe en Afrique du Nord.
    Pour ce qui est de l’AZAWAD malgre la lutte des Autochtones qui dure des decennies. C’est le contraire. Dapres ce torchant Express algerien tous ces memes pays qui se mobilisent pour l’independance du POLISARIO, sont entrain de se mobiliser contre l’independance de l’AZAWAD. C’est quoi la raison de cette justice a deux poids et deux mesures ? Pourquoi ce n’est pas seulement les arabes qui sont contre les Amazighs ? Et pourquoi ces Occidents detestent les vrais habitants originaires d’Afrique du Nord ?
    Pourtant malgre musulmans, les autochtones d’Afrique du Nord, sont Laics, et croient a la democratie et aiment la culture Occidentale.
    Malheureusement la seule chance et le seul espoir qui restent aux Berbers, c’est leur UNION et MOBILISATION.Ne comptez pas sur les nations etrangeres, ces nations sont toutes corrompues et cherchent que leurs interets, elles n s’enfichent du droit humain et da la democratie.

    DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL
    Le Maroc à la barre
    Par Mohamed TOUATI - Dimanche 07 Octobre 2012 - Lu 726 fois
    Taille du texte : Decrease font Enlarge font
    Le droit a l’autodermination du peuple, un droit inaliénableLe droit a l’autodermination du peuple, un droit inaliénable

    La 4e commission de l’ONU chargée des questions politiques et de décolonisation débattra à partir de demain jusqu’au 15 octobre, des questions de décolonisation liées aux seize territoires non autonomes dont le Sahara occidental.

    La Commission de l’ONU chargée des questions politiques et de décolonisation (4e Commission) qui a adopté le 4 octobre à l’unanimité son programme de travail se penchera sur la situation qui prévaut au Sahara occidental - au même titre que les 15 autres derniers territoires inscrits sur la liste des territoires autonomes des Nations unies- et examinera les points dont elle a été saisie pendant la 67e session de l’Assemblée générale de l’ONU. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la pratique de la torture dans les territoires occupés du Sahara occidental ainsi que la détention arbitraire de militants des droits de l’homme sahraouis.

    Le Makhzen dos au mur
    Epinglé par les deux derniers rapports du Centre Robert Kennedy et du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, pour la Justice et les droits de l’homme, le pouvoir marocain ne sera pas convié à une sinécure. La délégation du RFK Center qui a séjourné au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis du 25 au 31 août a recueilli des témoignages accablants qui attestent de la pratique de la torture et de la violence. Son rapport fait état de cas de disparitions, de torture, de détentions arbitraires, de menaces, d’exécutions extrajudiciaires... par les forces d’occupation marocaines. Lors de la visite qu’il a effectuée au Maroc et au Sahara occidental entre les 15 et 22 septembre 2012, le rapporteur spécial de l’ONU a, quant à lui, évoqué des « témoignages crédibles faisant état de pressions physiques et mentales excessives sur des détenus au cours d’interrogatoires ». « Il ne devrait pas être surprenant que des actes équivalant à la torture soient commis à l’occasion d’événements particulièrement intenses, tels que des grandes manifestations... », a ajouté Juan Mendez, lors de la conférence de presse qu’il avait tenue à Rabat à la fin de sa mission. C’est dans la foulée de ces visites d’associations, de délégations et d’organisations internationales de défense des droits de l’homme que s’est élevée la voix de l’Espagne, acteur historique du conflit. « L’Espagne en tant que membre du Groupe des Amis du Secrétaire général pour le Sahara occidental, réitère son soutien au SG de l’ONU et son envoyé personnel pour le Sahara occidental, Christopher Ross », a déclaré devant la 67e Assemblée générale de l’ONU, le président du gouvernement espagnol, Marieno Rajoy, qui a réaffirmé l’engagement de son pays « en faveur d’une solution juste et durable et mutuellement acceptable au Sahara occidental qui consacre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux principes de la Charte des Nations unies. »

    Les USA enfoncent le clou
    Les travaux de la 4e Commission de l’ONU chargée de se pencher sur le dossier sahraoui se dérouleront sous les cris d’indignations des défenseurs des droits de l’homme tant le Maroc donne l’impression d’avoir redoublé de férocité à l’égard des militants sahraouis. La Ligue française des droits de l’homme (LDH) s’est montrée très préoccupée à ce sujet. Elle a exprimé sa « vive inquiétude » face à la multiplication des procès intentés aux Sahraouis qui luttent pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et l’indépendance du Sahara occidental. « Cette revendication n’a pas à être criminalisée, sauf à transformer une opinion politique en crime... le Maroc doit cesser de poursuivre les militants (sahraouis) opposés à sa politique (d’occupation) au Sahara occidental », indique la LDH dans un communiqué rendu public le 3 octobre.
    Le renvoi de plusieurs d’entre eux devant le tribunal militaire « atteste, s’il en était besoin, du caractère politique des poursuites », dénonce-t-elle. Quatorze prisonniers sahraouis ont été condamnés le 25 septembre par le tribunal d’El Ayoun, à des peines de prison allant de 8 mois à 3 ans. C’est, cependant, le rapport du département américain qui va faire certainement grand bruit au sujet des droits de l’homme malmenés au Sahara occidental. Il met le pouvoir marocain dans une posture inconfortable.
    Le document qui a été transmis au Congrès américain souligne que « la situation générale des droits de l’homme dans les territoires sahraouis soulève un certain nombre de sérieuses inquiétudes... » (Voir L’Expression du 6 octobre). Du coup, Washington, qui s’est fermement opposé au retrait de confiance de l’envoyé spécial de l’ONU, renforce la position de Christopher Ross et met à mal la décision marocaine.
    C’est probablement le revers le plus cuisant que le Makhzen vient de subir depuis le début du conflit sahraoui...

    Voir en ligne : Le MNLA prend l’opinion internationale a temoin

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