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Lounès Matoub, un homme libre sans religion...
lundi 11 juillet 2016
par Masin
La voyoucratie algérienne n’a jamais cessé d’œuvrer pour la destruction de l’Amazighité. La Kabylie qui est à l’avant-garde du combat pour l’Amazighité est son terrain favori. Ainsi, au travail permanent d’arabisation, d’islamisation, de perversion et de destruction de toute valeur amazighe, les institutions de l’Etat algérien sont mises à contribution pour s’attaquer aux symboles de la Kabylie. Pour ce faire, l’Etat algérien s’appuie, bien évidemment, sur des collaborateurs locaux qui rendent la tâche possible.



De son vivant, Lounès Matoub a été marginalisé, interdit de scène et de passage y compris à la radio kabyle (version Etat algérien). La gendarmerie algérienne lui a tiré dessus pour le tuer en octobre 1988 : il a miraculeusement survécu à une rafale à bout portant de cinq balles qui lui ont traversé le corps. Puis il fait l’objet d’un rapt terroriste en plein Kabylie en 1994 avant d’être libéré deux semaines plus tard. Mais ce 25 juin 1998, aucune chance ne lui est laissée. Ses assassins lui ont tendu une embuscade sur une route qui mène vers son village et ont mis fin à son existence. La gestion faite de l’affaire de cet assassinat ne fait que "légitimer" la responsabilité de l’Etat algérien et son caractère criminel.
Objectivement parlant, peut-on, aujourd’hui, accuser autre que l’État algérien de cet assassinat ? Le terrorisme était un procédé si cher aux tenants de ce régime. Avant même l’existence du dit État, pendant la guerre qui opposait le FLN [1] à la France, le FLN usait du terrorisme notamment à l’égard de militants favorables à la question amazighe, même lorsque ces derniers sont nationalistes algériens et appartiennent au FLN. Combien de militants qualifiés de "berbéristes" ont été exécutés par le FLN ?
Après la naissance de cet État, le terrorisme a pris d’autres formes, la liquidation physique des porteurs d’espoir pour la cause berbère a suivi, puis les gros moyens ont été dépêchés : "le terrorisme islamiste" comme déguisement à tout crime...

En ce moment, et depuis quelques années, c’est la mémoire de Lounès Matoub qui est visée. Après l’avoir tué, il faut pervertir sa mémoire et la souiller.
En juin 2008 déjà, dans sa maison à Taourit Moussa en Kabylie, l’on se croirait dans un de ces innombrables carrés des martyrs, spécialité du pouvoir algérien, avec des drapeaux algériens exhibés de manière excessive : une véritable débauche !

Au sujet de ces tentatives d’instrumentalisation de la mémoire de Lounès Matoub, nous avons entretenu Nadia Matoub, la veuve de Lounès, qui est revenue sur le fameux projet de classement de la Maison de Lounès comme "patrimoine national algérien", des festivités voulues par les autorités algériennes en "hommage" à Lounès. Dans cet entretien, nous avons également évoqué cette propagande qui veut faire croire que Lounès n’avait rien contre l’islam alors qu’il n’est un secret pour personne que l’idole de la jeunesse kabyle s’était toujours attaqué à cette religion qui a plongé le pays amazigh dans l’obscurantisme et qui représente une menace permanente à notre existence.
Aussi, l’entretien fut l’occasion pour Nadia Matoub de revenir sur la plainte qu’elle a déposée conte H. Hattab, alias Abou Hamza, qui a déclaré avoir tué Lounès matoub, un ennemi de l’islam.
En effet, dans un communiqué transmis au bureau de l’AFP de Londres cinq jours après l’assassinat de Lounès Matoub, H. Hattab revendique cet assassinat. Le dit communiqué précise que "La deuxième zone du GIA [2] revendique la responsabilité de l’opération contre l’ennemi de Dieu, le dénommé Matoub Lounès." Et qu’"une unité de moudjahidine a pris pour cible lors de cette opération l’ennemi de Dieu, Matoub Lounès, et l’a tué, pris ses armes, et blessé son épouse débauchée, qui a eu la vie sauve ainsi que deux autres femmes débauchées." Bien entendu, H. Hattab est un mystérieux personnage qui n’est pas sans relation avec le DRS [3] dont il serait l’agent. Faudrait-il rappeler d’ailleurs que ce terroriste notoire a bénéficié de la loi sur la réconciliation nationale (ou concorde civile) mise en place par l’Etat algérien pour blanchir les terroristes islamistes et leur permettre de reprendre la vie normale et, sans doute, poursuivre leur mission autrement et en toute légalité. Ainsi, H. Hattab serait assigné à résidence depuis 2007 et vivrait dans une villa sur les hauteurs d’Alger bien protégé par les services de sécurité algériens. Et selon le magazineJeune Afrique, le terroriste "a quitté son repère et vit actuellement dans un appartement d’une banlieue de la capitale et bénéficie encore aujourd’hui d’une protection discrète".


La Rédaction.


VIDEO.



Cliquer ici pour accéder au Dossier "Lounès Matoub" sur Tamazgha.fr

Notes

[1FLN : Front de libération nationale, un parti qui a mené la guerre France coloniale avant de prendre le prendre et imposer son hégémonie en 1962, instaurant un système dictatorial.

[2GIA : Groupe islamique armé, un mouvement terroriste qui a énormément servi le DRS avant d’être remplacé en septembre 1998, juste après l’assassinat de Lounès Matoub, par le GSPC dirigé par H. Hattab.

[3Le Département du renseignement et du service (DRS) est l’héritier de la toute puissante Sécurité militaire (S. M.) qui a semé le terreur depuis la création de l’Etat algérien jusqu’à sa dissolution en 1989.

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4 Messages

  • Lounès Matoub, un homme libre sans religion... 12 juillet 15:32, par Salima
    Telha atas tbidyut-agi, akka meqqar ad zren medden.... _Atas n temsal i yeqqimen 3ellqent am temsalt n tdeyyanit d wayen nniden. Tanemmirt i Tamazgha.fr af leqdic d-isskanayen tilla. Afud ilhan

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  • Lounès Matoub, un homme libre sans religion... 12 juillet 17:22, par nath amruc
    hassan hattab etait un "officier terroriste"en service commandé au bénéfice de l’etat algerien.la reconciliation civile de boutef n’etait rien d’autre qu un rappel des troupes militaroterroriste dans les casérnes après avoir fait des massacres dans les populations civiles et surtout des intellectuels en majorité kabyles dont fait parti lewnas et tant d’autres !

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  • Aygher ulac "ur ifur" d "lhedjadj" deg udlis "Mon nom est combat" ed. La decouverte, i yura Yalla Seddiki ? Tughac agi i snat yenna -d lwennas ayen yettmeyiz ghef ddin d wid yessexdamen ddin. Le fait de ne pas les faire figurer dans ce livre est une preuve que depuis au moins 2003 date à laquelle est apparu ce livre, une volonté de déformer la vérité commençait déjà à faire son chemin. Dans ce livre, on a tout simplement censuré ce volet qui aurait dû traiter de ce que pensait lwennas de la religion. Qui avait intérêt à faire oublier ces chassons ?

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  • Lounès Matoub, un homme libre sans religion... 18 juillet 12:38, par La Mécréante !

    la pire des injures qui lui a été faite est de l’avoir enseveli dans ce drapeau de merde.

    le drapeau des assassins, des égorgeurs mahométans.

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