Accueil > Annonces top site 2 > BIYA > Message de Aminatou Walet Bibi, depuis sa cellule à la (...)
Message de Aminatou Walet Bibi, depuis sa cellule à la prison de Bamko
mardi 28 février 2012
par Masin
Nous publions ci-après le message de Aminatou Walet Bibi, présidente de l’Association des Femmes de l’Azawad qui s’adresse aux Azawadiens en lutte. Elle les exhorte à tenir bon et aller au bout de leur combat. Même si son frère, député malien, serait plutôt un Touareg au service de Bamako, Aminatou fait preuve d’amazighité. C’es tout à l’honneur de la femme touarègue.




Message de Aminatou Walet Bibi

Mes chers frères et sœurs de lutte !

Courage !

La lutte pour la liberté et la dignité est un combat de tous les jours et de tous les instants. Il n’est jamais chose acquise.

Nous les Azawadiens, pensons triompher dans notre bataille, pour garantir leurs droits humains à nos frères et nos sœurs à travers le monde.

Nous avions fait du refus du racisme, de la générosité, de l’ouverture envers les plus démunis et ceux qui ne partagent ni notre vision politique, ni notre religion, ni notre race ou notre culture, un sacerdoce.

Mais le despotisme s’accroche, telle une bête féroce, qui refuse de mourir. A chacun des coups que nous lui infligeons, il tombe et se relève de nouveau, ruse, feinte, résiste, s’enferre dans son entêtement à garder les pouvoirs, tous les pouvoirs, reprenant de plus belle et à l’envi ses travers, ses turpitudes et ses crimes.

Azawadiens !

Mes frères, n’abandonnez plus jamais, un pouce de votre dignité, trop longtemps bafouée. Le chemin que vous avez parcouru est infiniment plus fastidieux que celui qu’il vous reste à accomplir.

Ne perdez pas espoir ! C’est dans l’adversité que les nations se construisent de grandes destinées. Inspirez-vous de vos glorieux ancêtres qui ont toujours su résister à l’envahisseur, la tyrannie ou les despotes et les défaire.

Notre pays est beau, incomparable, riche et divers. Ils l’ont confisqué et en ont fait un jardin privé dont ils cueillent des fruits succulents, qu’ils dégustent avec délectation, sous nos yeux d’affamés. Mais, grâce à nous, qui n’avons jamais cessé de nous battre, il est en route pour la liberté, la dignité et l’égalité.

Patience ! Maintenez la pression.

La lutte est coûteuse, le chemin long, ardu et souvent barré par ceux qui cherchent a nous infiltrer, affaiblir, fragmenter et détruire notre détermination.

Tenez bon ! L’heure est enfin venue ! La nôtre !

La victoire ne fait aucun doute. Elle sera de notre côté, et seulement du nôtre. Elle n’en sera que plus belle et plus éclatante !

Vive l’Azawad libre !
Vive la liberté !


Aminatou Walet Bibi

P.-S.

Il est à déplorer dans le message d’Aminatou Walet Bibi la référence à la religion. En effet, le passage "Nous avions fait du refus du racisme, de la générosité, de l’ouverture envers les plus démunis et ceux qui ne partagent ni notre vision politique, ni notre religion, ni notre race ou notre culture, un sacerdoce." nous paraît malvenu notamment lorsqu’il était fait référence à la religion. Comment parler de liberté si on s’impose une religion ? Aussi, depuis quand Imazighen (les Berbères) ou les Touaregs ont UNE religion ? Depuis quand notre sort est liée à UNE religion ? Les Touaregs, et Imazighen de manière générale, sont des femmes et hommes libres. S’ils ont une religion, elle ne peut être autre que la Liberté. Sinon concernant les religions monothéistes, il est malvenu de parler d’une religion pour Imazighen. Ces derniers ont connu toutes les religions et aucune en même temps. Si les religions les plus connues et pratiquées dans le pays amazigh sont les religions animistes, Imazighen ont connu les trois religions monothéistes qui sont toujours présentes chez eux. Aujourd’hui s’il y a des Touaregs, des Imazighen qui sont de religion judaïque, de religion chrétienne, de religion musulmane et d’autres de religions animistes, il y a également parmi eux des agnostiques et des athées. Oui, la Liberté n’est pas un vain mot. Si les valeurs amazighes nous tiennent à cœur, la première des choses est de ne pas se mettre à la place des autres et leur attribuer une religion qu’ils n’ont pas choisie. La question religieuse est une une question individuelle qui ne doit en aucun cas venir piétiner le domaine public.

Cette réflexion nous tient à cœur, car c’est là le genre de questions que nous avons à régler si nous voulons accomplir notre combat de libération nationale... D’autant plus que nombre d’Amazighs ont tendance à lier nos identité et culture à une certaine religion qui est responsable de l’essentiel des malheurs que nous vivons depuis plus de 14 siècles. Il ne faut pas oublier que cette religion est venue en conquérante en commettant des massacres, des viols, tortures, etc. avant de s’installer dans le pays des femmes et hommes libres...

Articles dans la rubrique :

BIYA
11/11/16
0
Après une semaine de répit, mais aussi de travail, la rue a été de nouveau investie à Biya (...)

Lire l'article

11/11/16
0
Deux semaines après le cruel assassina de Mohcine Fekri à Biya (Housayma) sur ordre d’un officier (...)

Lire l'article

07/11/16
0
Quelques milliers de manifestants ont manifesté dimanche 6 novembre 2016 à Rabat en solidarité (...)

Lire l'article


Rejoignez nous


2 Messages

  • Message de Aminatou Walet Bibi, depuis sa cellule à la prison de Bamko 29 février 2012 04:57, par La Mécréante !

    j’approuve 5/5 le post scriptum.

    cette dame est doublement prisonnière : de sa "religion" d’abord, prison dont elle ne sortira jamais. Puis des geôles de Bamako d’où son dieu ne pourra l’extraire...

    - « sur les portes des prisons, j’écris ton nom »... ouais... mais quel est ce nom ?...

    Qui veut de ce poème ?

  • Message de Aminatou Walet Bibi, depuis sa cellule à la prison de Bamko 29 février 2012 11:08, par Saga des Gémeaux

    La lettre en elle-même est excellente. Mais cette référence à la religion (sous-entendue la musulmane) ne me convient guère. Néanmoins la lutte pour la liberté est une lutte de tous les jours. En tant que Kabyle indépendantiste je ne peux que souscrire à cette lettre (excepté la référence à la religion musulmane), car elle est le témoignage d’une personne étant déterminée à ce que son peuple puisse de nouveau être libre sur ta terre ancestrale. La libération de notre terre amazighe doit être l’occasion d’une rupture mentale avec les valeurs véhiculées par l’impérialisme arabo-musulman. C’est l’une des conditions sine qua non si nous voulons redevenir nous mêmes. Nous pourrions faire nôtre la devise du Grand-Duché de Luxembourg qui dit notamment ceci : "Nous voulons rester ce que nous sommes". La libération de Tamazgha de l’impérialisme et du colonialisme arabo-musulman ne peut se faire que par une décolonisation mentale à l’instart de ce qu’on fait les "Eveilleurs tchèques" du XIXe siècle qui ont ainsi préparé la lutte pour l’indépendance de leur pays lors la Première Guerre mondiale.

    Saga des Gémeaux