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Interview
Niger : la guerre par le mensonge...
A la suprématie militaire des combattants touaregs et aux pertes infiligées à l’armée nigéreinne, cette dernière répond par le mensonge et des crimes sur les populations civiles.
lundi 7 avril 2008
par Masin
L’on sait aujourd’hui ce que valent l’honnêteté, la crédibilité et le professionnalisme des médias de certains Etats. Leurs agences de presse sont de simples bureaux de renseignements généraux qui collectent l’information et qui, très souvent, notamment lorsque la situation l’exige, versent dans l’intox et la désinformation. Les médias nigériens en font partie bien sûr et un bon nombre de médias africains aussi.

Ainsi, le 31 mars, la télévision nigérienne a donné la parole à un porte-parole de l’armée qui a fait état d’attaques de positions touarègues dans l’Aïr et des dégâts causés à la "rébellion", sans aucune preuve à l’appui. Le lendemain, c’est à l’Agence de presse africaine (APA) de prendre le relais en évoquant un communiqué du ministère de la défense nationale nigérien qui fait état d’attaques subies par les bases du MNJ et de pertes infligées à ce dernier par l’armée nigérienne. La dite agence n’a pas pris le soin de vérifier l’information ni d’aller voir du côté du MNJ ; elle s’est contenté de relayer. Elle a du accomplir son devoir et la tâche qui est la sienne !

Jusque là rien n’est surprenant : on ne peut pas s’attendre à mieux de la part de l’Etat nigérien ou de ses relais médiatiques, le mensonge faisant partie de leur culture.

Là où l’on a été surpris, voir scandalisés, c’est de voir des sites Internet berbères faire les relais des relais du régime de Niamey en diffusant, sans même un commentaire, les mensonges auxquels les voyous de Niamey veulent donner écho, alors que même Amnesty International (enfin !) reconnaît les exactions commises par les militaires nigériennes sur les populations civiles touarègues.

Afin de donner une idée à nos lecteurs sur la réalité de la situation dans l’Aïr, nous avons interviewé Kaocen Maïga, porte parole du MNJ en Europe, qui a bien voulu répondre à nos questions notamment sur ces "informations" que certains médias colportent.




[|Entretien avec Kaocen Maïga,
porte parole du MNJ en Europe|]

Tamazgha.fr : Certains médias notamment nigériens diffusent des informations selon lesquelles l’armée nigérienne aurait attaqué des positions du MNJ et a fait des dégâts conséquents (plusieurs morts, des centaines de blessés, des dégâts matériels également).
Qu’avez-vous à dire par rapport à ces informations ?

Kaoce Maïga : Il s’agit d’une vraie campagne d’intoxication et de désinformation menée par le régime dictatorial de Niamey. Si l’armée nigérienne avait fait des dégâts comme elle le prétend, on aurait certainement eu des preuves visuelles. Il faut que ce régime est passé maître dans les mises en scènes.

Je tiens à affirmer qu’aucune de nos bases n’a été attaquée, pas même nos positions sur le terrain. Cependant l’armée s’en est pris à des villages environnants où elle s’est attaqué aux populations civiles et à leurs biens (exécutions sommaires, civils égorgés, bétail massacré, jardins et demeures brûlées,...).

Suite à cela, les combattants du MNJ ont poursuivi les militaires nigériens jusqu’aux abords de la ville historique d’Agadez où ils leur ont infligé de lourdes pertes en hommes et en matériel.

L’épuration ethnique à laquelle s’adonne l’armée nigérienne est un ordre qui est venu de Niamey. Il s’agit là d’un véritable "ethnocide" que cautionnent les capitales occidentales (Bruxelles, Paris…).

A titre d’exemple, l’information donnée par l’Agence de Presse Africaine (APA) en date du 1er avril, reprise par certains médias et sites Internet, est tout simplement un gros mensonge qui participe de la désinformation et l’intox que pratique le régime de Niamey dont le but inavoué est de cacher la vérité et détourner l’opinion sur les massacres qu’il est entrain de commettre sur des civils innocents.


Quelle est alors la réalité de la situation sur le terrain ?

Sur le terrain, la lutte se poursuit. Récemment, nous avions chassé l’armée de la ville de Gougaram qu’ils tenaient depuis 2004. La ville est actuellement sous le contrôle du MNJ. Nous sommes déterminés à défendre le droit des populations autochtones et toutes les autres qui subissent des injustices depuis 1960.

Nous tenons tout le nord du Niger, malgré l’aide militaire apportée par la France et la Chine qui collaborent ouvertement avec le régime "ethnocidaire de Niamey".

Nous sommes engagés dans un combat pour reconquérir notre Liberté. Ce combat peut durer des années, et pour cela nous sommes prêts à payer le prix qu’il faut !

Propos recueillis par Masin Ferkal.

A lire également :


- Prise de la ville de Gougaram : allons-nous vers la libération de l’Aïr ?

- Les combattants touaregs abattent un hélicoptère Mi-24 malien

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