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Tensions au poste frontière de Dehiba...
Une dépâche de l’AFP
lundi 25 avril 2011
par Masin
Une dépêche de l’AFP rend compte de la situation au poste de frontière conquis par les combattants libyens.
Des militaires tunisiens montrent leur hostilité à la langue berbère.

Nous publions ci-après l’intégralité de la dépêche de l’AFP.




A la frontière de Dehiba, tension tunisienne, euphorie libyenne


DEHIBA (AFP) - 22 avril 2011

La tension au poste-frontière tuniso-libyen de Dehiba monte d’un cran. Des douaniers tunisiens nerveux viennent de découvrir quatre chargeurs de kalachnikov et des balles dans un 4x4 de rebelles libyens. On leur rendra "leurs affaires" quand il repartiront en Libye.

Poste frontière de Dehiba, le 20 avril 2011



16h30. La tension au poste-frontière tuniso-libyen de Dehiba monte d’un cran. Des douaniers tunisiens nerveux viennent de découvrir quatre chargeurs de kalachnikov et des balles dans un 4x4 de rebelles libyens. On leur rendra "leurs affaires" quand il repartiront en Libye.

Côté tunisien, les visages des forces de l’ordre sont fermés. Depuis que des rebelles ont chassé jeudi matin les forces loyales à Kadhafi de Dehiba, tout le monde redoute une contre-offensive meurtrière.

Toutes les voitures sont désormais minutieusement fouillées par la douane. Tous les passagers descendent, les chiens reniflent.

"Arrêtez de parler en berbère, c’est quoi ces messes basses ?", lance un militaire à deux libyens qui discutent en berbère. "Nous n’avons rien à cacher", répondent-ils.

A quelques mètres de là, un habitant de Dehiba interpelle trois militaires devant la guérite. " Vous verrez ! Les milices de Kadhafi vont revenir nous attaquer ce soir. Elles sont pas loin dans les montagnes. Je vous prendrai vos armes pour aller combattre".

102 soldats libyens pro-Kadhafi et une dizaine d’officiers, dont le chef du détachement, sont passés en Tunisie jeudi vers 09H00, fuyant les rebelles qui avaient fondu sur le poste-frontière, 200 km au sud de Ras Jdir, le plus important point de passage entre les deux pays.

Quelques heures plus tard, des militaires tunisiens les ont ramenés en territoire libyen, à une vingtaine de km de Dehiba.

Côte tunisien, les uns disent qu’ils vont revenir rapidement pour contre-attaquer, tandis qu’un militaire dit à l’AFP qu’ils seraient partis vers Tripoli.

A l’hôpital régional de Tataouine, cinq soldats loyalistes se remettent de l’attaque. Un a dû être opéré, les autres sont légèrement blessés. "Il sont sous le choc et ne veulent pas parler, ils savent qu’il y a de nombreux rebelles dans le coin", dit le chef du service chirurgie. Il a déjà soigné des rebelles blessés ces derniers jours.

"L’accueil est le même pour tous les blessés, d’un camp ou de l’autre", affirme-t-il.

A Dehiba, on s’organise côté "libyens libres". Deux hommes distribuent des yaourts et des gâteaux à des civils qui font la queue pour entrer ou sortir de Tunisie.

Six Egyptiens, qui arrivaient de la ville libyenne de Zenten, n’en demandaient pas tant.

Ils sont passés par le désert "parce que l’axe Zenten-Dehiba n’est pas sûr. Des snipers de Kadhafi pourraient se cacher dans les montagnes", disent-ils.

Les rebelles libyens sont euphoriques et fiers de cette victoire : ils vont pouvoir amener leurs blessés en Tunisie et trouver des vivres.

Les drapeaux verts "kadhafistes" ont été décrochés et remplacés par les drapeaux monarchistes.

"Bienvenue en Libye Libre", écrit Azro sur les préfabriqués du poste. En berbère, en arabe et même en français.

Réfugié au camp de Remeda, à 45 km au nord-ouest du poste-frontière, ce jeune libyen de 17 ans est venu voir cette "victoire" de ses propres yeux.

Mais pour les rebelles, toutes les nouvelles ne sont pas aussi bonnes.

Youssef al Kraïch, un membre de la "commission d’information" de Zenten, indique qu’il y a toujours des forces pro-Kadhafi "à l’entrée est de la ville de Nalout", à une quarantaine de km face à Dehiba.

"Yefren et Galaa sont coupées du monde et encore bombardées", ajoute-t-il.

Quant aux habitants de Wazzan, une localité à 5 km de la frontière toujours aux mains des forces pro-Kadhafi, "il n’y aura pas de représailles", assure Oussama, originaire de Nalout. "Qu’on soit berbère ou arabe nous sommes tous Libyens. Il n’y a pas beaucoup d’habitants à Wazzan, c’est pour ça qu’ils n’ont pas pu se soulever", dit-il.

Après avoir été totalement désert depuis mercredi le poste-frontière ressemblait jeudi soir à un grand embouteillage. Débordé, le chef de la police tunisienne a renoncé à compter les centaines de véhicules qui passent dans un sens ou dans l’autre.


© 2011 AFP






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