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Un voyage de rêve en pays amazigh
dimanche 31 juillet 2011
par Masin

Aller en Libye était quelque chose d’inenvisageable pour moi. Oui, comment visiter un territoire sous domination du système de Kadhafi ? Même en Kabylie pourtant mon pays natal, cela fait dix-huit ans que je n’y suis pas allé. En effet, pourquoi me rendre en terre kabyle sous régence quasi coloniale, voire purement colonisée ? M’y rendre serait en effet pour moi, quelque part, l’acceptation du fait accompli, à savoir vivre dans son propre pays l’humiliation au quotidien…

Mais, ce lundi 25 juillet, tout a été enfin possible pour moi sous un autre ciel berbère. Oui, j’ai atterri sur un territoire amazigh débarrassé de la colonisation, un pays sous contrôle total d’Amazighs... Croisons les doigts pour que ce le soit pour toujours.

Pour me rendre en Libye, j’ai fais confiance à mes frères de combat qui se battent depuis février pour la chute du régime du dictateur de Tripoli. Ils m’ont invité à m’y rendre pour partager avec moi le bonheur qu’ils vivent depuis plusieurs semaines. Cette invite arrivait à un point nommé : c’est que j’envisageais en parallèle de concrétiser mon engagement dans la guerre livrée à Kadhafi et à son régime par une visite dans le pays amazigh afin de leur exprimer mon soutien à leur combat. Je tenais aussi à leur exprimer de facto la solidarité de Tamazgha, une organisation berbériste dans laquelle je milite depuis dix-huit ans.

Tamazgha s’est effectivement engagée dans une action contre le régime de Kadhafi depuis décembre 2010, lorsque deux militants amazighs, Mazigh et Madghis Bouzakhar, furent arrêtés arbitrairement par le régime de Kadhafi qui leur préparait une condamnation à mort. Ces deux militants appartiennent aussi à l’organisation Tamazgha.
C’est donc tout naturellement que nous nous sommes joints au soulèvement du 17 février que nous l’avons accompagné très particulièrement à Adrar n Infusen et Zwara en œuvrant depuis Paris. Ce soutien à distance est très important et nécessaire, mais une présence physique aux côtés des combattants est encore plus significative sur le plan psychologique. Leur rendre visite et en rendre compte est encore mieux…

Sur le plan personnel, cela me permettait également d’être conséquent avec moi-même dans la mesure où je suis partisan du combat pour la libération des territoires amazighs colonisés par les régimes arabo-musulmans. En effet, quoi de plus naturel qu’un berbériste aille apporter son aide à des combattants amazighs qui se battent pour se libérer ?

Mon voyage a commencé par la visite de familles de Lalut (Nalut) réfugiés à Douiret (Tunisie). La visite a été facilitée par des Amazighs de Tunisie qui sont en contact avec les réfugiés libyens. Ma surprise a été agréable lorsque le vieux Ahmed Sliman, qui semblait être le représentant de ces familles, me parlait de tamazight comme ne le feraient pas beaucoup de prétendus militants berbères. J’étais impressionné autant par sa culture et ses connaissances que par ses convictions concernant la langue et la culture amazighes. La rencontre fut courte mais très enrichissante. Il m’a, par exemple, repris en évoquant "Nalut" en me précisant que "Nalut" est le nom que Kadhafi a attibué à cette ville qui s’appelle en réalité "Lalut".

Vers 17h, Fethi et son fils Madghis ont mis au point les derniers détails de la mission de mon transport vers Ifrane (Libye) par Mohand et Abdellah venus de Tunis avec un véhicule chargé de marchandises. Pour que je puisse me rendre à Ifrane (Yefren), Mahmoud, le troisième voyageur, a dû renoncer à sa place. On a alors rajouté à la charge de la voiture mon sac à dos ainsi que 100 drapeaux amazighs.

Passé le poste frontalier Dehiba-Wazzen, nous sommes entrés en territoire sous contrôle des combattants amazighs : liberté je t’embrasse ! Dès le premier point de contrôle, je n’ai pas résisté à l’envie de demander à mes accompagnateurs de marquer une pause et à descendre saluer les combattants qui assuraient la surveillance du point de contrôle. Mon "azul" a été accueilli chaleureusement par les combattants armés qui m’ont invité à prendre le thé avec eux. J’ai décliné leur invitation : "Non, merci, je tenais juste à vous saluer et à vous féliciter pour votre travail. Nous sommes fiers de vous !" leur-ai-je dit. Je leur ai demandé également s’il était possible de prendre des photos avec eux. Ils ont accepté avec enthousiasme. J’ai aussi tenu à prendre l’arme de l’un d’entre eux ornée d’un beau "zad". Il me l’a confiée avec joie. Notre échange s’est entièrement effectué en tamazight. Je ne peux exprimer l’émotion que j’ai ressentie à cet instant, un sentiment de liberté et d’existence tout simplement. J’étais enfin sur un territoire sous contrôle amazigh !

J’ai notamment échangé avec Abdellah et Mohand autant sur la « révolution » que sur la question amazighe. Notre long voyage nocturne était accompagné par les chansons d’Oulahlou, Matoub, Idir, Akli D. et d’autres...

Abdellah et Mohand (au volant)





J’ai passé toute la journée du mardi 26 juillet à Ifrane (Yefren) où j’ai visité différents villages. Il a fallu d’abord réaliser que j’étais bien à Adrar n Infusen et apprécier le paysage. Sur la route qui nous a conduits jusque là, moi et mon hôte, j’ai dû constater les dégradations gratuites commises par les troupes kadhafistes dans les villages d’Ifrane.

A Ifrane, on ne peut ne pas ne pas visiter le Centre Médias d’At-Yefren (At-Yefren Media center) dirigé par Mazigh Bouzakhar. En plus du travail d’information et de communication que ce centre effectue, le bâtiment qui l’accueille abrite déjà plusieurs associations et organisations de la société civile des villages d’Ifrane (Tanit, association pour les femmes et les enfants d’At-Yefren, Tira pour la langue et la culture amazighes, l’Association nationale pour la culture amazighe, le Centre d’Adrar n Infusen pour les études et la recherche historiques, l’Association Ifri pour la toponymie amazighe, Tiwattriwin pour l’émancipation de la femme, l’Association des artistes amazighs). Ce centre abrite également le Projet Asirem pour la solidarité avec At-Yefren ainsi que le Musée de la guerre d’At-Yefren. Au moins deux publications paraissent à Ifran : Tilelli et Tamellult. Au moins deux associations assurent régulièrement des cours de tamazight aux enfants.

L’ensemble des responsables des associations rencontrés ainsi que les usagers du centre sont dans un état d’esprit exceptionnel. J’ai été impressionné par leur engagement et leur dynamisme ainsi que leur volonté d’arriver vite vers leurs objectifs. Inutile de vous dire que la question amazighe n’est plus taboue à Ifrane. L’amazighité est vécue le plus naturellement du monde. J’en veux pour preuve que toute la documentation, toute la littérature, toutes les indications, sont en tamazight (en caractères tifinagh). L’arabe est la deuxième langue à Ifrane. Parfois, l’anglais vient en troisième position.

Les rues d’Ifran sont déjà aux couleurs amazighes. Ainsi, on aperçoit des motifs amazighs un peu partout dans la ville, des zad mis par-ci, par-là et des drapeaux amazighs qui flottent sur les toits de certaines maisons. J’ai eu l’honneur de passer ma première nuit à Ifrane dans une demeure sur laquelle flottait notre drapeau.


J’étais entrain de visiter l’ancienne prison [1] de la ville lorsque j’ai entendu de loin la musique du chanteur kabyle Idir populaire à Adrar n Infusen. Plus rien ne pouvait me surprendre dans ce pays réellement libéré... Mais je voulais comprendre d’où était diffusée la musique. De plus, dans un pays en guerre on ne peut pas imaginer que les populations puissent avoir le temps de diffuser de la musique. Pourtant tel était bien le cas à Ifrane. Madjer, mon guide pour la journée, m’a expliqué que la musique venait de Taddart n Tlelli (la Maison de la liberté). Je lui ai demandé, bien entendu, de m’y conduire. Taddart n Tlelli est l’un de ces bâtiments qu’occupait, il y a peu, l’administration de Kadhafi où était édifiée une grande effigie de son fameux "livre vert". Les jeunes d’Ifrane ont investi ce lieu dès le début du soulèvement de février 2011. Ils ont détruit le monument de propagande et réquisitionné le bâtiment aujourd’hui transformé en un lieu de rencontre de débat et de libre expression. D’ailleurs le nom du lieu l’indique bien. Dans Taddart n Tlelli on trouve une exposition des différentes armes que les troupes kadhafistes ont utilisées pour tirer sur les populations. Des peintures murales relatent les événements vécus par la ville. Une sonorisation mise en place dans les jardins du bâtiment diffuse la musique du chanteur kabyle Idir.

Madjer est artiste. Il s’occupe de l’Association des artistes amazighs. Il parle parfaitement tamazight. Dire qu’il y a seulement cinq ans qu’il a commencé à l’apprendre. Auparavant il habitait à Tripoli et ne parlait qu’en arabe. Comme tous les jeunes d’Ifran, Madjer a pris les armes (d agrawli : c’est ainsi qu’on appelle les combattants à Adrar n Infusen) au début du soulèvement. Et malgré ses diverses activités notamment au Media Center, il lui arrive d’aller au front (iteffegh) et son arme est soigneusement gardée. Dans les rues d’Ifran, on croise des compagnons de combat de Madjer, tous jeunes, qui étaient contents de rencontrer un Kabyle dans leur village. Très vite, ils m’ont accaparé, ils m’ont fait monter dans leur pick-up pour me faire visiter la ville et ils m’ont raconté avec beaucoup d’enthousiasme leurs exploits contre les troupes kadhafistes. Par la suite, ils m’ont conduit au Centre de commandement militaire d’Ifrane qu’ils m’ont fait visiter. C’est un Club sportif qui l’abrite, ce qui permet d’ailleurs l’utilisation de ses équipements pour la (re)mise en forme physique des combattants. Quelle agréable surprise et quel bonheur ce fut de voir le drapeau amazigh flotter dans ce Centre de commandement militaire. C’est un ex-officier de l’armée libyenne qui coordonne les opérations militaires dans la région depuis ce Centre. Les combattants me montrent des véhicules pris aux troupes kadhafistes lors d’accrochages. Il est difficile de voir un véhicule qui ne porte pas un insigne amazigh ; c’est dire à quel point l’amazighité est ancrée dans cette région et que leur détermination à vivre pleinement leur identité est acquise. Pour l’anecdote la quasi-totalité des combattants portent des t-shirts avec des symboles amazighs : certains avec le signe zad d’autres avec des drapeaux amazighs au dos, d’autres avec des tifinaghs, …

Agrawli





Certains combattants sont très jeunes. C’est le cas d’un jeune de dix-neuf ans venu de Zwara (Iwlellen) toujours sous occupation du régime de Kadhafi. Il est venu pour se battre aux côtés de ses frères dans cette région libérée. Lorsque je l’ai revu le soir de ce mardi 26 juillet partir au front, j’ai eu la chaire de poule et les larmes aux yeux. Il fait partie des renforts envoyés d’Ifrane vers le front Ouest où une bataille était annoncée pour tenter de récupérer d’autres localités notamment Ghazayat. Le 28 juillet, alors que j’étais déjà de retour à Paris, j’ai appris que les combattants amazighs avaient repoussé les troupes kadhafistes et avaient pu récupérer trois localités.

Madjer, mon guide, ayant observé ma sensibilité au patrimoine qui caractérise la région, m’a offert un véritable voyage dans l’Histoire de l’Afrique du Nord. C’est ainsi qu’il m’a emmené voir, de loin, les villages troglodytes. Il m’a fait visiter un village juif en état de délabrement, un cimetière juif, une mosquée ancienne en état de délabrement également, un temple judéo-chrétien. Il m’a fait visiter un ardjan, une ancienne habitation souterraine où les femmes et les enfants notamment se réfugiaient quand les troupes kadhafistes tiraient leurs GRAD sur les habitations. J’ai même pu visiter Taddart n Iselyan, un musée où sont rassemblés notamment différents objets anciens caractérisant la culture locale.


Madjer chantant la Libye


A l’exception du centre de commandement militaire, je n’ai vu aucune personne porter une arme durant toute ma visite. Les combattants eux-mêmes, en revenant du front, laissent leurs armes au Centre de commandement militaire pour les reprendre lorsqu’ils repartent au front.

Sur l’itinéraire qui m’a conduit à Ifrane, je me suis arrêté à Djerba où j’ai rencontré des Amazighs de Libye, principalement de Zwara, réfugiés dans l’île. J’ai longuement discuté avec eux. Du séjour provisoire imposé dans cette ville, ils consacrent leur temps à produire. Ils participent ainsi à la révolution de manière intellectuelle. Ils m’ont présenté le journal Tgrawla qu’ils publient à Djerba et qu’ils font parvenir au pays. Un groupe parmi eux travaille à la réalisation d’outils pédagogiques pour l’enseignement de tamazight. Certains sont déjà publiés, d’autres sont au stade de la réalisation. C’est dans le cadre de la Société nationale de la culture amazighe (Tasetnit tanamurt n tadelsa tamazight) qu’ils effectuent ces travaux. C’est dire à quel point tamazight est au centre de leur combat.


Tamazight langue officielle.

A Ifran, les Imazighen ne sont pas dupes : le futur Etat libyen devra décréter tamazight langue officielle. Cela va de soi. Tout naturellement tamazight est utilisée comme langue de travail. A titre d’exemple, l’ensemble des documents officiels du CNT local d’Ifrane sont produits dans deux langues : tamazight et arabe.
En prévision du projet constitutionnel que le CNT envisage d’élaborer, plusieurs réunions se sont tenues pour en débattre. La question amazighe a été, naturellement, au centre des débats. Pour Imazighen d’Adrar n Infusen, il est hors question que tamazight soit marginalisée. Son intégration comme langue officielle dans le projet constitutionnel devra être sanctionné.
Six organisations de la société civile à Ifran ont soumis au débat un document de deux pages (en tamazight et en arabe) dans lequel ils ont insisté sur la nécessité d’instaurer un Etat moderne basé sur la démocratie, la pluralité. Dans la première ébauche du document, les six organisations estiment que tamazight et l’arabe sont les deux langues officielles de la Libye et qu’elles doivent avoir les mêmes droits dans leur usages dans les institutions nationales.

Négocier avec Kadhafi !!
Cela est évident pour tout le monde : pour eux, Kadhafi et sa famille appartiennent au passé et rien, mais vraiment rien, ne peut justifier une quelconque négociation avec ce tyran et ses mercenaires. Les Imazighen d’Adrar souhaitent juste une chose : que Kadhafi voit le pays libre et vivre son amazighité, cette amazighité qu’il a toujours eu la volonté d’annihiler.

Les Kabyles.
Les Kabyles et la Kabylie restent un repère pour tous les gens. J’ai été impressionné par le nombre de personnes, même très jeunes, qui m’ont dit avoir été en Kabylie. Lorsque je leur ai dit que j’étais de Kabylie, ils m’ont quasiment tous demandé "d’où exactement en Kabylie ?"
Un jeune m’a même dit "Nekki h’udjegh-d di Tewrt n Musa" ("j’ai accompli un pèlerinage à Taourit Moussa, village de Matoub Lounès"). Cette phrase montre en même temps la place qu’a Matoub à Adrar n Infusen mais aussi la popularité d’Oulahlou dans cette région. Cette formule est en effet un passage d’une chanson d’Oulahlou : "La Kabylie". Leur culture kabyle dépasse, j’en suis sûr, celle de nombre de Kabyles de Kabylie.

Mais demeure une équivoque. Imazighen d’Adrar se posent des questions sur le silence des kabyles et la Kabylie devant la situation dramatique qu’ils vivent. En effet, ils ne comprennent pas pourquoi en Kabylie, la population ne s’est pas exprimée publiquement en faveur du combat des Imazighen contre Kadhafi. Ils s’étonnent que les Kabyles n’aient pas dénoncé l’attitude de l’Etat algérien qui soutient Kadhafi et ses mercenaires. Alors qu’ils savent que les kabyles, au delà du soutien de principe qu’ils pouvaient apporter à leur combat, auraient dû saisir l’occasion pour se libérer eux-mêmes.
Question de tempo dirais-je spontanément…
Je leur ai, bien entendu, promis de transmettre leur message.

Chabane, un Kabyle héros à Zwara.
Lors de mon passage à Djerba, j’ai rencontré un groupe d’habitants de Zwara qui a une grande reconnaissance envers Chaabane, un Kabyle installé à Zwara. Il a pris les armes auprès des combattants en tant que berbère. Tout le monde le connaît au pays, il doit avoir la quarantaine. Les combattants libyens ont insisté pour qu’il rentre en Kabylie mais il a refusé et a tenu à rester au front. C’est en quelque sortes notre représentant kabyle au feu des armes.

Musique.
Même si les jeunes d’Adrar écoutent beaucoup la musique kabyle, notamment Oulahlou, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de chanteurs en tamazight à Adrar. Si vous visitez le Centre Media At-Yefren vous repartirez avec une compilation de cinq artistes amazighs de Libye [La Rédaction de Tamazgha.fr s’efforcera de mettre en ligne cette compilation]. Et dans cet article, je vous propose d’écouter la chanson "D Imazighen alamma nemmut" ("Berbères jusqu’à la mort !") de Ali Ftis qui donne une idée de l’engagement amazigh à Adrar.

Il m’est difficile de résumer tout ce que j’ai vécu lors de mon incursion dans ce pays amazigh. Mais, le but ici est d’essayer de partager avec les lecteurs de Tamazgha.fr un peu du bonheur avec lequel j’ai été comblé trois jours durant... et contribuer à faire connaître la situation réelle que vivent les Imazighen d’Adrar qui se battent pour en finir avec le régime de Kadhafi.

Avec ce voyage, je suis revenu déterminé à poursuivre mon action aux côtés des militants de Tamazgha et à redoubler d’efforts pour convaincre de l’urgence pour les autres Imazighen de prendre conscience de la chance historique qui se présente à nous et pour l’avenir de Tamazight. L’Histoire nous en voudra notre indifférence et notre silence.

La mobilisation du plus grand nombre d’Imazighen aussi bien en Afrique du Nord qu’en Europe notamment en France s’impose. Imazighen d’Adrar n Infusen ont besoin de notre soutien et nous avons besoin d’eux. Ce qu’ils sont en train d’accomplir est déterminant pour l’avenir du combat amazigh. En les aidant, nous améliorerons nos chances de victoire dans un milieu hostile à l’amazighité ; et si nous les laissons livrés à eux-mêmes, l’Histoire nous demandera des comptes.

Quant à moi, j’ai promis d’y retourner le plus tôt possible : je ne peux résister à l’envie de vivre en pays amazigh libre et je ne peux rester indifférent aux appels de tous ces combattants libres et décidés de rendre à Tamazght sa dignité.

Je ne peux terminer ce témoignage sans remercier toutes les personnes qui ont facilité mon voyage. Je remercie très particulièrement le Dr. Fethi Bouzakhar, basé à Tataouine. Il a managé mon voyage et s’est occupé de l’ensemble des questions matérielles et logistiques. Youssef Amrou qui m’a accueilli à Djerba. Il m’a été d’un grand conseil. Je n’oublierai jamais qu’avec lui je me suis offert, à contre cœur, un téléphone portable qui finalement m’a été, je l’avoue, très utile lors de mon voyage. Merci à Kamal Boucetta qui a notamment facilité mon séjour à Djerba.
Merci Imad Benyahiatène, du village At Uresighen, qui m’a fait découvrir quelques merveilles de l’île amazighe notamment le village d’Iqellalen.
Merci à Nouri Nemri, de Matmata.

Que soit remercié Mahmoud contraint à rester trois jours à Tataouine pour que je puisse me rendre à Ifrane.
Toutes mes reconnaissances à Mohand et Abdellah avec qui j’ai fait la route Tataouine-Ifran.

Les frères Madghis et Mazigh Bouzakhar qui m’ont encouragé à me rendre à Ifrane. Madjer qui a été mon guide à Ifrane ce mardi 26 juillet 2011 et avec qui j’ai appris beaucoup de choses.

Enfin, je tiens à remercier tous les Libyens qui m’ont accueilli comme un frère.

Masin Ferkal.

Chanson "Imazighen" d’Ali Ftis
MP3 - 4.4 Mo


Vidéo du voyage (Première partie)


Voyage à Adrar n Infusen (Première partie) par Tamazgha_Paris

Voir d’autres vidéos du voyage




Une maison sur laquelle flotte un drapeau amazigh



Avec les jeunes combattants d’Ifrane


dans la rue à Ifrane


Avec un jeune combattant


Belgacem, responsable de "Taddart n Tlelli"


Un carrefour à Ifrane


Un jeune combattant de 19 ans, venu de Zwara


Le centre de commandement militaire d’Ifrane


Dans un quartier à Ifrane


Avec l’artiste Madjer (à gauche) et Mazigh Bouzakhar (à droite)


Avec Abdellah au poste frontière Dhiba-Wazzen


Au poste frontière de Wazzen

A un point de contrôle de Kabaw

Ifran : anciennes maisons troglodytes







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Notes

[1Très vite après le 17 février, la prison d’Ifrane a été attaquée par les jeunes qui ont pu chasser les troupes kadhafistes offrant, ainsi, la liberté à l’ensemble des prisonniers. J’ai pu me rendre compte des conditions inhumaines dans lesquelles vivaient les prisonniers.

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41 Messages

  • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 04:57, par Aksil
    Desolé mais "Yerfren" ne veut absolument pas dire "Ifran". Yefren derive de "A fran" ou Trier, expurger, (se) distinguer. etc.. Ifran est le pluriel de Ifri ou une cachette. "Ayt Yefren" se prononce en tant que tel.
    • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 07:50, par Masin

      Azul,

      Est-ce que vous parlez en connaissance de cause ou ce sont juste vos hypothèses ?
      Je ne sais pas si vous connaissez cette ville, mais il faut savoir que la région est montagneuse et rocheuse sachant que les villages anciens sont des maisons dans des roches (Ifran) : maisons troglodytes.
      Aussi, je tiens à vous signaler que ce n’est pas de mùon propre chef que j’ai décidé de mettre "Ifran" à la place de "Yefren". C’est suite à la discussion que j’ai eu avec Dda Hmed, le vieux de Lalut réfugié à Douiret, qu’il m’a appris que le véritable nom de la région est bien "Ifran" et non "Yefren". Tout comme d’ailleurs pour Lalut.

      Voilà cher Aksil.

      Masin.

      • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 12:07, par nidh maatig
        je suis de chenini de tataouine et je confirme que la maison troglodyte s’appelle irji en tamazight de chez nous qui est le même dans la région de nafoussa. Vous avez beaucoup de courage d’avoir réaliser de reportage dans un pays en guerre. A tafedh el khir
        • Un voyage de rêve en pays amazigh 7 septembre 2011 15:03, par Mme massinissa
          Azul, Ifran est lep pluriel de ifri, qui veut dire trou, ou grotte dans la montagne, ou maison creusé dans la montagne. au maroc, le pouvoir a procedé de la même manière et a changé Ifran en Yafran, seulement les gens ne veulent rien savoir et continuent de l’appeler Ifran, belle vielle de l’Atlas marocians .
      • Un voyage de rêve en pays amazigh 1er août 2011 20:00, par Aksil
        Cela depend de ce que vous appelez "connaissance de cause"...je trouve qu’un nom de Lieu principalement habité par des amazighophones ne se deforme pas si facilement...respectant toujours l’avis de Dda Hmed. Sachant pertinemment que le lieu nommé IFRAN existe bien au Maroc, et peuve de constater qu’IFRAN (au Maroc) demeure "millenairement" invariable. Ce qui pousse a croire que pour muter Ayt Ifran en Ayt Yefren releve de l’absude voire de l’impossible. PS : Les maisons taillées dans les rochers existent partout a Tamazgha, s’appellent TI-GHENNIFIN (sing. Ta ghennift) a ne pas assimiler a ’Ifri’ designant a abri ou cachette.
        • Un voyage de rêve en pays amazigh 1er août 2011 20:19, par Masin

          Là, je vois que vous insistez vraiment. Je ne veux vraiment pas polémiquer. Mais votre "absurde" m’étonne : on dirait que vous ne connaissez pas les pratiques des Etats en place en Afrique du Nord. Je vais donner quelques exemples : savez vous que du côté de Michelet il y a un endroit qui s’appelle "At Buyusef", l’administration algérienne l’a transformé en "Abi Yusef" ; un autre village du côté d’Akbou s’appelle "Ighil n Yilef" et l’administration algérienne l’a transformé en "Ighil Naser", que dire de "Amechras" qui devine "Mect Ras", et encore "Imceddalen" qui deviennent "Mechd Allah" et j’en passe. Et vous venez me faire croire que l’administration de l’énergumène de Kadhafi n’est pas capable de transformer des noms de lieux !! Soyons sérieux !
          Ceci dit, y a plus important que tout ça !
          Encore une fois, je n’ai aucune intention de polémiquer, mais je veux juste montrer au lecteur non averti votre pseudo analyse qui veut démontrer que la mutation de "Yefren" à "Ifran" est tiré par les cheveux.

          Masin.

          • Un voyage de rêve en pays amazigh 2 août 2011 23:30, par Aksil
            Je n’ai pas parlé de mutation de Yefren a Ifran que vous faites une si "bonne" eloge. Je ne vois pas la raison d’une telle mutation. A fortiori, malgres qu’Iazugen s’appelait AZAZGA deja du temps de francais, les autochtones s’y referent toujours en tant que tel : IAZUGEN !... a moins qu’il ne rest plus un amazighophone dans le patelin ! Je cherche a vous rappeler a etre pragmatique par mon analyse plutot qu de vous verser dans les sentiments : X a dit ceci, donc c’est parole d’evangile ! Cela s’appelle du fixisme et un manque d’esprit critique.
      • Un voyage de rêve en pays amazigh 10 septembre 2011 15:39, par ghilas
        Ifren c’est un Nom d’ un roi berbere et il correspand aussi a une divinité berbere et afrique ifriqia vient de mot ifri qui etait avant une grande dynastie sa capital Tlemcen reference (WIKIPEDIA)
    • Un voyage de rêve en pays amazigh 1er août 2011 00:21, par muhend awaghlis
      c’est tout ce que tu retenu de tout ce voyage à travers la Libye .................? ill vaut aller rejoindre les troupes de kadafi ............fiston muhend awaghlis
      • Un voyage de rêve en pays amazigh 2 août 2011 22:36, par farid at cemlul aqbayli
        tu me fait de la peine a waggi ! ihi ma te lli-d d a rggaz kec eddu fellak ekker ula d kec ma t’zemr-ed nagh ! haca awal ! aha susem ne sen i rggazen ger w akraren .
  • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 06:27, par La Mécréante !

    Heureux Masin ! ce voyage t’a fait du bien et tu nous remontes le moral.

    n’empêche que je continue à souhaiter une partition. j’ai peur pour eux... après...

    • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 08:14, par AGWZUL

      Azul a Massin AMAZIGH,

      Tanemmirt tameqqwrant af inig agi innek, nnurzen w-atmaten ennegh n’Inefusen amllawus n’yal amazigh !!

      Bravo, c’est la reconnaissance de notre existence même qui se joue en ce moment, notre survie. Pour ce qui est de la Kabylie, il en fut de même lors du massacre de nos frères Imajjeghen (touaregs), alors que l’Amenukal, avait sollicité de l’aide.

      Encore merci, mon coeur se réjouit de telles initiatives.

      Azul seg’ul

      AGWZUL

    • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 09:56

      Tout à fait d’accord avec toi la Mécréante (j’adore les mécréants...).
      Masin nous donne du baume au cœur. Son reportage montre que tout est possible dès lors que nous y mettons une sérieuse volonté. Les berbères libyens seront acculés un jour ou l’autre à la partition. Il vaut mieux pour eux que cela se fasse au plus vite.
      Cela est valable pour les kabyles du reste.
      Sur ce coup-ci, les berbères libyens sont entrain de prendre un train d’avance et sont en passe de devenir la phare de l’Afrique du Nord.

      Tikuk

      • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 11:36, par ImazighenLibya
        Il n’y aucun projet de partition en vue, arretez de disseminer de fausses idees. Le but n’est de faire secession, il est de projeter la question Imazighen sur l’ensemble du territoire de Tamazgha, pas de creers de petits poches separees les unes des autres et vouees a l’echec. Nous sommes dans notre pays et tout le pays appartient a Tamazgha. Seuls les ennemis, les traitres et les secessionistes tels que Gaddafi justement doivent ou partir ou mourrir.
        • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 12:48
          Je précise mon propos : il s’agit de lever les tabous nationalistes et contre-nature. Je respecte beaucoup ce que font les libyens, tant les berbères que ceux de Benghazi. Maintenant si le CNT intègre la question berbère, je m’incline. Nous verrons bien. Pour ma part, je ne me fait pas d’illusions. J’espère seulement que les imazighen de Libye ne reprendront pas le chemin kabyle qui n’a mené nulle part. J’entends par là l’unité "nationale" à tout prix. Ceci étant dit, les sursauts kabyles, chleuhs et autres surgiront un jour ou l’autre. Autre point : il est évident que le pays Tamazgha est partitionné de fait. L’histoire nous a été défavorable, mais elle est passée par là. C’est ainsi et à mon grand regret. Reconstituer une nation berbère une et indivisible est un leurre. Cependant, nous devons œuvrer à la mise en place de passerelles fortes entre les diverses communautés berbères -inéluctablement souveraines... Bien le bonjour camarade. Tikuk
        • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 13:49, par La Mécréante !

          @ "ImazighenLibya"

          c’est quoi cette véhémence !?... j’ai le droit d’avoir "un souhait" sans que tu la ramènes avec ta graine de dictateur à deux balles !

          choisis-toi un autre pseudo ! tu pues l’âne-j’ai-rien de la "une et indivisible" égorgeuse !

          en plus tu racontes des idioties en traitant kadafi (non, les zarabos disent Gaddafi...) de
          séparatiste... pffff ! Ton kadafi a écrabouillé les imazighen dans son salafisme, son livre vert, ses chiffons verts, sa merde verte !

          l’article nous raconte un joli voyage et tu viens chier dedans !

  • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 11:51, par sadali malek
    tannemirt i terza yagi i txedmed yer ineffousiyen deg wakud ig laqen, bghigh ad ruhegh gher din achal aya, ur ssawdagh ara, di teswiat nni yuaar atas, tura nek wejdagh ad ruhagh si lezzayer s tkerrust iw s lmatrikul 06, ad snefk afud nnegh , u ad awigh akamiskup i wakan ad filmigh ayen i walagh ghef tgherma nnegh d wegdud amazigh di libya, akken ad twalin mara leqbayel ahat ad akwin cwit u ad sneqsen di ccdeh i rray. ma yella tebghid ad tughaled mbaad ramdan a nemlil di tunes a neddukel.
  • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 12:23, par Ighemrasen

    Quel bonheur de lire ce petit récit ! Un témoignage comme on en a pas jamais eu sur les Imazighen d’adrar n Ineffusen.

    Si les Agrawliyen tiennent encore véritablement à la langue et culture amazigh ils tiendront tête aux détracteurs de tamazight durant et après Tagrawla. Si l’Histoire leur a appris quelque chose, ils feraient tout pour éviter des visions d’avenir à la Abban Ramdan ou encore à la Krim Belqasem qui consistaient à se taire et à refouler leur identité sous prétexte de pas trop taquiner l’Arabe et de mettre ainsi la révolution en danger. Are you kidding me ? Non, c’est pas des blagues. Abbane, Krim et clique n’ont pas libéré leur pays. Leur pays comme l’entend Masin. Ils ont simplement combattu et battu la France. À leur honneur, bien sûr.

    Ssaramegh i Imazighen n udrar n Ineffusen afud igarzen. Asen inigh ldit allen akken ur ken-tettara ara tmara ad tgem ttrad nniden am win n 1963 i tga tmurt n Iqbayliyen.
    Masin as inigh tanemmirt imi ur tcuh’ed’ ara i wawal s wayes igh-d-mled’ ayen twalad’ d wayen mi th’edred’. Ssaramegh ad tarud’ dighen ugar ghef trezzaf agi inek ar tmurt umazigh acku illa wayen i ghef ur d-ewwid’ ara awal am umkan n ddin, amd’iq n tmettut ama di ttrad ama di tnettit. I lakul d acu-t wudem-is ussan-a n ttrad ?

  • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 13:59, par Zyane Mustapha alias Yan Adam
    Azul umas Masin... Tout d’abord, je tien à te remercier de façon personnelle car celà fait de longues années que je n’ai pas lu un article qui me fait autant de plaisir et autant d’émotion que mes larmes d’habitude difficiles ont coulé avec abandance que j’aurais aimé te prendre dans mes bras toi et chacun des héros des Neffoussa qui démontrent au monde entier ; aux amis comme aux ennemis, que Timmouzgha ne meure pas et même le Tyran le plus fou du monde n’a pas pu l’éradiquer... Alors ; je te prie d’agréer mes remerciments et l’expression de mon estime et de mes sentiments les plus fraternels... Je tiens à te confirmer que le nom "Ifran" est bien le nom exacte qu’Imazighn utilisent pour nomer les sites présentant des "Grottes"... Nous avons aux Maroc plusieurs exemples comme Ifran ; notre belle ville du Moyen Atlas ; et Ifran iddawtanan situé prêt d’Agadir et il y en a d’autres... En effet ; même pour notre Ifran ; le makhzen aroubi a essayé de falsifier pour arabiser en disant et en écrivant "Yefren"... Mais ; le peuple n’a pas suivi et notre Ifran garde son bveau nom malgré eux... Je signale à notre frère disant qu’il s’agit de "Yefren" au sens de "trier" que son approche n’est pas correcte car on ne dit pas "A fran"... Le tri en amazigh se dit "Aferr" ; pluriel "Ifarrn"... et ça n’a rien à avoir avec la toponymie... Encore une fois, thanmirt umas... ZYANE Mustapha alias Yan Adam... Rabat- Maroc
    • Un voyage de rêve en pays amazigh 31 juillet 2011 16:06

      Azul Masin,

      Tannemirt a Gma, te voilà libre dans un pays Amazigh libre et tu nous rends libres.
      Tu es un vrai et juste dabs ton combat. Tu es courageux et ton sang sans aucun doute et celui de nos valeureux guerriers numides.

      Je salue ton combat. La lumière qui sort de tes yeux témoigne ta joie. Merci de l’avoir partager avec nous.

      h. kass

    • Un voyage de rêve en pays amazigh 25 août 2011 06:38, par abderrahmane ait ouaraou
      araw ntinigh ait imazighne n libya tanmirte tanmirte e3azane bahra ayuz ayuz e tamazgha sg uymatun abderrahmane ait ouaraou amazigh morroco vive emazighne ena g lane sg libya tunis alger maroc tanmirte azuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul azuuuuuuuuuuuuuuul