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A qui s'adressaient ces Rifains à République ?
lundi 3 juillet 2017
par Masin
Il y avait beaucoup de monde au rassemblement de solidarité avec le mouvement d’Arif ce dimanche 2 juillet à Place de la République à Paris. La place était aux couleurs amazighes, avec des drapeaux amazighs en nombre et des drapeaux de la République du Rif d’Abdelkrim Khattabi. Des Amazighs de la région parisienne et leurs amis tenaient à venir exprimer leur solidarité et leur soutien au Rifains qui se battent contre l’acharnement et la violence de la monarchie marocaine.


Malheureusement, et il est triste de le dire, il n’est pas certain qu’au prochain rendez-vous les organisateurs réussiront à rassembler autant de monde ! Oui, parce qu’il faut dire que nombre de présents furent choqués par l’attitude indécente, lors de ce rassemblement, de certains intervenants qui leur ont fait subir des discours en langue arabe. Certains ont vécu ces moments comme une torture. Mais quel diable a pris ces individus pour venir à Place de la République à Paris palabrer dans cette langue qui symbolise le colonialisme qui réprime aujourd’hui dans le Rif, ou encore cette idéologie au pouvoir en Afrique du Nord qui œuvre pour l’éradication de l’Amazighité… donc d’Arif ? De plus, cette langue n’est pas comprise par la majorité des Amazighs présents au rassemblement. A se demander à qui s’adressaient ces orateurs arabisants ! A leurs ennemis ou à leurs alliés ? Aussi, à plusieurs reprises, des slogans en arabe ont été scandés en chœur lors de ce rassemblement à Place de la République. Beaucoup se demandaient ce qu’ils faisaient là et n’imaginaient pas se faire prendre dans un tel piège.

Beaucoup des Amazighs, non rifains, venus à République sont des berbéristes qui se sentent concernés par ce qui se passe dans le Rif. Ils sont venus, par devoir, exprimer leur solidarité avec celles et ceux qui se battent contre l’humiliation de la monarchie marocaine. Ils sont venus dire qu’ils ne laisseront pas la monarchie marocaine réprimer dans le Rif à huis-clos. Ils sont venus dire qu’ils ne laisseront pas les détenus rifains croupir dans les prisons marocaines. Ne méritent-t-il pas quelque respect ? Et ces intervenants, qui semblent être esclaves de la langue arabe, les ignorent-ils au point de s’exprimer dans une langue qu’ils ne comprennent pas, pour la plupart, mais qu’en plus ils rejettent ?

Par ailleurs, si ces intervenants ne maîtrisent pas la langue française – ce qui est pour le moins étrange : comment ignorent-ils la langue du pays où ils vivent ? Et ont-ils pensé à ces Français qui sont venus leur exprimer leur soutien ? –, pourquoi ne parlent-ils pas alors en tarifit ? (Cela aurait fait plaisir à tous les Amazighs.) Ont-ils honte de parler leur langue au point de lui préférer la langue du bourreau ? Quelle misère !
Ces orateurs dans la langue arabe savent aussi que beaucoup de Kabyles étaient là pour exprimer leur soutien et leur solidarité. Et ils doivent certainement savoir l’hostilité de l’écrasante majorité des Kabyles à la langue arabe. Et malgré cela ils ont eu tout de même l’audace de les asséner de discours en arabe.

Si ces « militants » se plaisent à venir à Paris honorer la langue arabe, les Amazighs jaloux de leur amazighité et leur dignité se sont sentis humiliés et pris au piège ce dimanche 2 juillet. Et ils se feront plus avoir ni accepter de subir de telles situations une seconde fois.

Il est donc temps que les organisateurs de ces rassemblements de solidarité avec le mouvement d’Arif se ressaisissent et corrigent le tir avant de compromettre cette mobilisation amazighe si nécessaire et dont le Rif a besoin.

Sont nombreuses et nombreux les Amazighs qui préféreront rester chez eux plutôt que d’aller subir des discours dans une langue qui leur rappelle le colonialisme qu’ils combattent. Les tenants de ces discours arabes resteront ainsi entre eux et se feront plaisir à palabrer dans cette langue qu’ils adorent peut-être… à moins qu’ils comptent sur la solidarité des Arabes qui doivent être nombreux en région parisienne !

Alors que la Rédaction de Tamazgha.fr, qui avait d’ailleurs appelé à rejoindre ce rassemblement, comptait faire un compte-rendu de l’événement, elle se retrouve à dénoncer ce qui lui semble scandaleux, car elle ne saurait cautionner un tel dérapage et se doit de dire la vérité à ses lecteurs. Tamazgha estime qu’une clarification est plus que nécessaire sur une question qui relève des principes fondamentaux qui doivent animer le combat amazigh. Et à chacun d’assumer ses responsabilités.

Et Tamazgha continuera à défendre le Rif amazigh digne et fier de son amazighité. Elle continuera à être du côté des Rifains qui tiennent à leur dignité et qui se battent contre tout ce qui représente leur négation. Elle continuera à se battre aux côtés des Rifains fiers de leur langue et qui ne sont pas complexés devant nos ennemis qui nous assassinent au quotidien et qui œuvrent pour notre assimilation notamment par la langue arabe. Elle continuera se battre aux côtés des Rifains qui œuvrent à se libérer de la monarchie alaouite et qui tiennent à leur souveraineté et qui sont décidés à se débarrasser de tous les symboles et outils d’aliénation que le pays amazigh tout entier subit depuis quatorze siècles. Nous n’allons pas laisser Arif à ceux-là qui le souille et qui contribuent à sa destruction et à son assimilation.

Vive Arif et vive Tamazgha.

La Rédaction.

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