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Azawad : la mobilisation parisienne continue
La voix des Touaregs a retenti ce samedi 15 juin à Paris.
mercredi 19 juin 2013
par Tamilla
Dans un contexte pour le moins morose où les Amazighs à travers le monde se font remarquer par leurs assourdissant silence et brillante absence, une centaine de personnes ont brisé cette inertie en répondant à l’appel de Tamazgha à investir une nouvelle fois la rue pour rappeler à la Communauté internationale sa responsabilité dans la guerre génocidaire que sont entrain de subir des populations civiles dont le seul tort est d’être touarègues (ou d’avoir une peau claire) dans l’Azawad.



Un an et demi après le déclenchement des hostilités entre le Mouvement nationale de libération de l’Azawad (MNLA) et l’armée malienne qui a vu cette dernière déguerpir de l’Azawad, la situation y connaît un essor dramatique.
Hostile à l’indépendance de l’Azawad, la communauté internationale, et à sa tête la France, y a d’abord laissé se développer le terrorisme islamiste, alimenté principalement par Alger, puis, le pourrissement aidant, La France a pu y intervenir militairement sous prétexte de repousser le terrorisme. Nul n’est dupe que l’unique objectif, réel, de l’opération n’est autre que celui de permettre aux autorités maliennes de revenir dans l’Azawad.
Les développements récents de la situation l’ont d’ailleurs confirmé avec une ré-installation, par l’armée française, de l’armée malienne dans certaines régions de l’Azawad, notamment Gao et Tombouctou. Dans ces deux régions, l’armée malienne, aidée de ses différentes milices, s’est livrée à des exactions et à des exécutions extra-judiciaires sur les populations civiles à "peau claire", notamment les Touaregs. En l’espace de quelques semaines, des centaines de personnes ont été exécutées, d’autres disparues et les biens de centaines de citoyens ont été saccagés ou pillés. Et cela a toujours cours alors que, d’un autre côté, une pression sans précédant s’exerce sur la délégation politique du Mouvement nationale pour la libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) en négociation à Ouagadougou en vue de signer des accords où l’on irait jusqu’à banir le nom du pays pour lequel ses populations réclament l’indépendance !

C’est donc pour dénoncer l’ensemble de ces pratiques qui piétinent les droits de l’Homme et qui ne manquent pas de rappeler l’élan colonialiste de la France des siècles passés, que Tamazgha a tenu à exprimer une nouvelle fois, et dans un lieu chargé de sens, face à la chambre où siègent des élus du peuple français sensés le représenter et faire sienne leurs voies, la solidarité des Amazighs avec les Touaregs de l’Azawad. Il s’agissait également, en ce 15 juin 2013, de mettre la Communauté internationale face à ses responsabilités dans un conflit dont les principales victimes d’un acharnement inhumain, de la part d’une armée malienne soutenue par la France, sont les populations civiles et sans défense.
En outre, ce nouveau rassemblement s’est voulu par ses organisateurs comme un nouvel appel à la mobilisation de l’ensemble des Imazighen pour apporter leur soutien sous quelque manière qu’il soit à leurs frères qui luttent quotidiennement contre une "internationale anti-azawadienne" et donc nécessairement "anti-amazighe".

Parmi les participants au rassemblement, certains représentants d’associations ou de mouvements ont pris la parole. Ainsi, Youba Ag Chamad, de l’Association Athama (Espoir), a rappelé la souffrance des réfugiés azawadiens installés dans des camps, dans des conditions déplorables, dans les pays limitrophes où ils manquent de tout. Il a également rappelé l’attachement de ces populations à leur territoire et leur souhait de voir l’Azawad libre et prospère pour y mener une existence paisible en toute dignité.
Moussa Ziada, amazigh d’Azrou (Tamazgha orientale), a rappelé la détermination des soutiens de l’Azawad à mener la lutte pour son indépendance jusqu’au bout. De même, Moussa Ziada a insisté sur la nécessité de la généralisation de la mobilisation des Amazighs partout où ils sont pour soutenir leur frères qui se battent dans l’Azawad.
Yasmina Oubouzar, porte parole du MAK, a, quant à elle, rappelé la responsabilité de l’État français et de François Hollande en particulier dans la situation extrêmement difficile que vivent les Azawadiens en ce moment. En effet, en soutenant une armée génocidaire et en allant même jusqu’à demander au MNLA de déposer les armes, l’État français devra pourtant se rendre à la réalité : nul ne peut obliger les peuples à vivre ensemble s’ils ne le souhaitent pas. Aussi, les intérêts économiques d’un État ne devront pas être privilégiés par rapport aux intérêts de tout un peuple plusieurs fois millénaire.
Pour sa part, Masin Ferkal, président de Tamazgha a rappelé l’enracinement du combat de l’Azawad pour se libérer du colonialisme malien laissé par la France en héritage. Une France qui mène une politique de colonisation active à travers les États qu’elle a mis en place en territoire amazigh. De même, il a rappelé la détermination de Tamazgha à se battre aux côtés de tous les Amazighs qui luttent jusqu’à la libération totale de l’Azawad. Il a également insisté sur la nécessité de la poursuite de la mobilisation des Amazighs de par le monde pour sortir dans la rue et dire tout leur soutien à leur frères qui se battent sur le terrain.
Enfin, Haïli, un jeune touareg de l’Azawagh, a tenu à prendre la parole pour exprimer ses remerciements à l’association Tamazgha et à toutes celles et à tous ceux qui ont répondu à son appel, mais surtout pour rappeler que pour les jeunes Touaregs qu’il représente seul l’attachement à la Terre revêt une importance capitale, loin des considérations des États-fantômes que sont le Mali et le Niger farouchement hostiles aux intérêts des Touaregs. Il a rappelé que la partition actuelle de la terre des Touaregs est le résultat de la politique de la France dans la région. Il a rappelé que le pays touareg est constitué de cinq régions comme les cinq doigts d’une seule main et que par conséquent, l’union de tous est nécessaire pour que cette Terre et ses filles et fils puissent retrouver leurs liberté et dignité.


Les prises de paroles se sont clôturées par la lecture d’un nouveau poème d’Ahmed Medjber dédié à la situation des Touaregs dans l’Azawad. Le rassemblement s’est terminé sur des aires amazighs révolutionnaires avec la promesse du renouvellement des actions de solidarité et de soutien aux Touareg en lutte.


Ils n’ont pas pris la parole à la tribune, car ils devaient prendre le train pour la Bretagne, mais, Mona Bras, Porte-parole de l’Union démocratique bretonne (UDB), Conseillère régionale de Bretagne, ainsi que Pierre Fourel, responsable des relations internationales au sein de l’UDB et Secrétaire générale de Régions et Peuples Solidaires (R&P.S) ont tenu à exprimer leur solidarité et quelque part celle de la Bretagne, avec les populations de l’Azawad qui ont le droit à l’existence. Tous les deux déplorent la position de l’État français qui est à la traîne en matière de reconnaissance de la diversité.

Ci-après un aperçu en image et en son du rassemblement et de quelques interventions.

La Rédaction


Le rassemblement en images…

Intervention de Masin Ferkal au rassemblement

Monas Bras

Pierre Fourel

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