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Crimes de l'armée malienne à l'ombre de l'opération Serval !
samedi 23 mars 2013
par Masin
La Coordination des cadres de l’Azawad (CCA) dresse un bilan non-exhaustif des exactions dont sont responsables les soldats de l’armée malienne ainsi que les milices qu’ils ont mis en place.
Le mobile de ces barbares est toujours le même : s’attaquer aux personnes à la peau claire, notamment les Touaregs. On dirait que le racisme dans ce sens est toléré vu que les atrocités de cette armée restent impunis. Il y a même comme une impression que ces barbares sont protégés. Si ces soudards, comme les qualifient bien la CCA, commettent leurs forfaits en toute impunité, c’est parce que d’un côté il y a un État qui les protège et pour lequel ils travaillent, en l’occurrence l’État malien, mais surtout parce que la France de François Hollande a décidé de protéger cet État voyou et a permis à ses soudards d’aller dans des endroits où des populations vulnérables et sans aucune défense subissent leur barbarie.
Dans ce bilan rendu public par la CCA, on se rend compte de l’ampleur des exactions maliennes qui ne peuvent laisser personne indifférent !

La Rédaction.


Des biens de Touaregs et Maures saccagés et pillés sous les yeux des militaires maliens...




L’Armée malienne jette les bases d’un conflit ethnique et hypothèque toutes perspectives d’un retour à une paix durable

A présent, les communautés ciblées sont usées, exténuées et laminées à force de dresser les listes des exactions des forces maliennes et leurs supplétifs dans l’indifférence totale du gouvernement français dont ses soudards agissent à l’ombre de l’opération Serval.

Pendant que les populations avaient commencé à retrouver espoir après la fuite des jihadistes, l’armée du Mali que la France adoube, que l’Union européenne (UE) forme à coups de milliards de Francs CFA s’acharne contre les populations civiles touarègues et maures des régions de Tombouctou et de Gao. Pas un seul jour ne passe sans que la liste de personnes humiliées, brimées, tuées, enlevées, torturées, de celles dont le biens sont pillés et saccagés, ne s’allonge.

Le présent bilan, qui n’est que le énième, n’est nullement exhaustif ; il va falloir le réactualiser régulièrement puisque les crimes se poursuivent.



- 10 mars 2013 – Gossi
Le Colonel Major Didier Dackouo célèbre en grande pompe la libération de Gossi, en présence du Maire Mossa Ag Almouner et du Colonel Christian de l’opération Serval. Ensuite, une patrouille de l’armée malienne (100 soldats et miliciens) a quitté Gossi en direction de Rharous plus au nord au bord du fleuve Niger. Le ratissage sur un rayon de 160 km va commencer.


- 12 mars 2013 – Village de Tin-Tadeiné
La patrouille, partie de Gossi, a séjourné au village de Tin-Tadeiné entre Gossi et Gourma Rharous. Les soldats ont été bien accueillis par les populations du village vivant dans cette zone très habitée et majoritairement peuplé de nomades sédentarisés tout en continuant à pratiquer l’élevage. Au début, les populations étaient très heureuses de revoir les forces de sécurité. Mais leur joie fut de courte durée.
La patrouille rassemble tout le monde et commence une fouille systématique et un un passage à tabac en règle des villageois de Tin-Tadainé avant de procéder à l’arrestation de dizaines de personnes parmi les communautés peule et touarègue (aussi bien des teints clairs que des noirs) avant de les battre et les soumettre à des tortures en public.
Les pillages systématiques de tous les domiciles et autres commerces s’en suivirent.
Voici certains faits vérifiés et vérifiables sur le terrain à Tin-Tadeiné :
- Fouille des personnes et vol de toutes les sommes d’argent trouvées en leur possession ;
- Un bœuf, propriété du marabout Sheikh Majdoudine, est saisi et abattu, sans son aval ;
- Toutes les provisions en riz et en beurre du village ont été saisies par la patrouille (Estimation à 20 tonnes de riz et près de 1000 litres de beurre rance) ;
- Tous les greniers furent vidés, versés par terre ou quand les quantités sont considérables brûlés (environ 90 tonnes de céréales, mil notamment) ;
- Un véhicule appartenant à un particulier transporteur entre Gossi et Rharous a été brûlé.

Son forfait commis, la patrouille se dirigera vers Gourma Rharous emmenant avec elle les personnes arrêtées en mesure d’être transportées dont une dizaine de Peuls dont nous ignorons encore le sort qui leur est réservé.

Dégâts humains causés par la patrouille malienne ayant séjourné au village de Tin-Tadeiné :
1. Personnes torturées et laissées pour mortes sur place :
- Ag Mohamed Ag Itahwahtane,
- Ag Almostapha,
- Hamatene Ag Balahi ,
- Mohamed Ag Itahwahtane ,
- Sibba Ag Amarizagh ,
- Ag Loqman.

2. Personnes détenues ou présumées mortes :
Karwaye Ag Tawala ,
Abdorahmane Ag Mohamed Ali,
Oumar Ag Ak Hati.
Selon des informations dont nous disposons, un des détenus serait mort à Gossi, suite aux tortures et au mauvais traitement.



- 13 mars 2013 – Puits de Tin-Ahara et Gourma Rharous
Sur le chemin de Rharous, la patrouille de passage à Tin-Ahara (site à 30 km de Rharous) a procédé au même scénario qu’à Tin-Tadainé : humiliations, brimades, bastonnades à mort, arrestations, pillages et saccages. Les membres de la patrouille ont humilié et tabassé copieusement toutes les personnes qu’ils ont trouvées aux puits (une dizaine). Trois jeunes (2 Touaregs et un Maure – Ould B’baw) ont été sauvagement torturés.
A Rharous, la patrouille a arrêté deux autres personnes dont le doyen Ahmadante Ag Borio, un vieil enseignant connu dans toute la zone puisqu’il y enseignait depuis 1961 ainsi qu’un Maure.



- 14 mars 2013 – Puits de H’mid
Après Rharous, la patrouille a continué sa route vers le puits de H’mid où ils ont encore tabassé et humilié toutes les personnes qu’ils ont trouvé aux puits. Nous n’avons pas de détails sur les actes commis sur ce site.


- 15 mars – 2013 - Commune de Banikane
La patrouille a installé des miliciens à Banikane (chef-lieu de la commune du même nom). Les miliciens ont envoyé un message à toutes les populations locales réclamant d’elles : (1) La remise des armes, (2) Le versement en nature de leur besoins (hospitalité "amadjarou" obligatoire) en viande et en céréales, (3) Le versement d’une somme d’argent sous forme d’impôts.
La patrouille est passée à Tekane-Kan’te dans le Gourma de Bamba, habité par des Touaregs et des Songhaïs où elle poursuit ses exactions dont des arrestations inconsidérées. Au total, elle détenait environ 40 personnes qui ont été torturée. La patrouille a poursuivi l’humiliation de plupart des personnes rencontrées sur son chemin, ainsi que le vol des biens des populations.
La patrouille repart à Gossi et passe par In-ghargharane avant de passer la nuit dans la zone de d’Oufare. A In-Ghargharane, les membres de la patrouille reprennent le même scénario de bastonnades, humiliations et vols et arrêtent trois nomades de la tribu des Ifoghas. Puis ils reprennent la route de Gossi le lendemain. En cours de route, ils abandonnent un cadavre qui n’est pas encore identifié.



- 16 mars 2013 – Gossi
La patrouille, de retour à Gossi et sous la pression de "certaines" autorités, a libéré certains prisonniers dont Oumar Ag Akhati et Karwaye Ag Tawala dans un état mourant suite aux sévices subis depuis le 12 mars 2013. Puis, des journalistes sont arrivés à Gossi pour les interviewer et recueillir leurs témoignages sur les tortures qu’ils ont subies. Dès que les militaires ont appris cela, ils sont revenus à la charge et les ont de nouveau arrêtés afin de les empêcher de raconter leur calvaire.



- 17 mars 2013 – Gossi / Gao
Les personnes retenues comme prisonnières ont été transférées à Gao pour être présentées au Colonel Didier Dackouo, chef des opérations militaires dans la région de Gao avec le Colonel Christian de l’opération Serval.



- 19 & 20 mars 2013 - Gossi
Parmi les nombreux détenus ramenés à Gossi, trois personnes ont été transférées vers le sud du Mali, dans le cercle de Yorosso. Il s’agit de Mohamed Ag Inelagh, Mohamed Ahmadou et Fatha Ag Oyé.
Enlèvement de sept bergers au sud de Gossi dont les proches sont sans nouvelles depuis.

- Exécutions :
Quatre membres de la communauté maure ont été exécutés (un entre Boni et Hombori et les trois autres à Hombori).
Baba Ahmed Ould Nouejam, sa femme et ses 4 enfants ont été brûlés dans leur véhicule à In Azar, à une centaine de kilomètres à l’est de Gao.
Bahra Ould a été tué à Ahina avec trois autres personnes.



- Jeudi 21 mars 2013
Des civiles ont été arrêtées entre Gao et Intillilt à Oussaga (80 km de Gao sur la route de Intililt). Il s’agit de Inghaich AG MBAREK (chef de fraction Inherane), Indouch AG AKERATANE, Albakaye AG INTAZIBITE et Aloumadj .

Par ailleurs, une action particulièrement urgente et pressante s’impose autour du sort de six bergers kel Aghazaf enlevés au marché de Léré courant du mois de février, transférés à Tombouctou où ils ont subi d’atroces tortures avant d’être re-transférés à Bamako où ils sont détenus au camp I de la gendarmerie (au centre d’instruction). Tous leurs biens, argent et bétail, ont été volés par les soldats qui les ont arrêtés en plein marché.


En conclusion, il apparaît clairement que cette patrouille est sous le contrôle d’un officier supérieur malien, le colonel Dakouo. Et le colonel Christian de l’opération Serval est parfaitement au courant des agissements de cette patrouille.
Les exécutions sommaires ciblant des personnes en raison de la couleur de leur peau et de leur origine raciale, les tortures, les enlèvements de personnes, les pillages et les saccages de biens sont des faits constitutifs de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Le gouvernement français qui s’est substitué à un Etat failli, celui du Mali, et qui a déployé son armée à la demande d’un gouvernement illégal et non légitime, sans l’aval légal de la communauté internationale, faute de prendre rapidement des mesures urgentes et efficaces assumera toute la responsabilité des faits et crimes que commet aujourd’hui une armée malienne composée de soudards.

Le Président malien, son gouvernement et la hiérarchie militaire malienne sont passibles à présent des tribunaux internationaux.

Merci de dire non, publiquement, aux crimes de l’armée malienne à l’ombre de l’opération Serval !!!


Le 21 mars 2013,


Pour la Coordination des cadres de l’Azawad,
Habaye ag Mohamed,
Porte-parole.


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