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Des femmes qui dérangent... les Maliens !
vendredi 24 avril 2015
par Masin
La presse de propagande malienne a une grande spécialité : la diffamation. Dans un pays de droit, cela serait passible de poursuites judiciaires. Mais au Mali, c’est autre chose, non seulement c’est permis, mais c’est encouragé si ce n’est rémunéré par les autorités. C’est pourquoi, ces pseudo-journalistes, en toute impunité, poursuivent sans limites leurs bobards racistes, leurs fausses informations, leurs calomnies innommables, destinés à salir toute une communauté. Ils aboient contre les Touaregs à longueur de journée, en se passant bien entendu de tout type de démonstration, d’enquêtes et de preuves. Ces diffamations, toujours lancées contre des cibles touarègues, ne dérangent personne au Mali. Où sont les démocrates maliens auto-proclamés ? Il doit bien y en avoir au moins un ou deux dans ce pays, non ? Ce déluge d’invectives nauséabondes, véritable tracts racistes qui invitent à de nouveaux pogroms, n’épargnent personne de l’Azawad, pas même de respectables et courageuses femmes.


Dans le quotidien malien L’Indicateur du renouveau daté du 17 avril 2015, un journaleux du nom DAK publie un article intitulé "En un mot : Les deux dames qui bloquent l’accord", dans lequel il affirme que Nina Ouallet Intallou et Zakiyatou Oualett Halatine "sont foncièrement opposées à la paix". Un pamphlet répétitif déjà lancé dans les autres média aux ordres du pouvoir malien, qui reprennent d’une édition à l’autre les mêmes diffamations, sans jamais publier le droit de réponse d’une femme qu’ils ont diffamée. Que peut-on attendre de leur part, sauf la promotion de la haine raciste qui est leur véritable but ?
Au lieu de respecter le droit de réponse, ils publient un nouvel article, versant toujours dans la diffamation et visant toujours les mêmes femmes : Nina Ouallet Inatllou et Zakiyatou Oualett Halatine auxquelles nous, hommes et femmes de Tamazgha, souhaitons particulièrement rendre hommage et exprimer notre estime, notre admiration et notre soutien pour leur courage et leur dignité exemplaires.

Nous publions ci-après le droit de réponse légitime de Zakiyatou Oualett Halatine - extrêmement mesurée dans ses propos par rapport à tout ce qu’elle a subi -, lettre adressée à l’Indicateur du renouveau, qui évidemment l’a censurée. En effet, pas de droit de réponse dans la presse malienne gouvernementale, seulement des injures et des calomnies racistes… ça ne vous rappelle rien ?


La Rédaction.




Droit de réponse de Zakiyatou Oualett Halatine, adressée à des journaux maliens.

Pour vous aider à mieux informer vos lecteurs, je tiens à apporter les précisions ci-après :
Par rapport à l’article de Monsieur D. A. Koné "En un mot, les deux dames qui bloquent l’accord" (l’Indicateur du Renouveau, 17 avril 2015) : il est affirmé « Toutes les deux sont foncièrement opposées à la paix et bénéficient du soutien fort des autorités mauritaniennes avec qui elles organisent des levées de fonds et des collectes de don pour les "populations de l’Azawad…". Avec les moyens importants dont elles disposent, elles contrôlent le MNLA et sont devenues les bêtes noires d’une Médiation internationale en perte de vitesse et de crédibilité… » :
En ce qui concerne l’association dont je suis membre et ma propre personne, ces allégations sont fausses. J’ai certes participé à des réunions, des discussions sur la crise malienne en tant que représentante de notre association de victimes et de réfugiés. Notre association n’a pas été invitée dans le processus de médiation : je vois donc mal comment je peux être la "bête noire de la médiatio" quand je ne participe pas à ses travaux. Je vous confirme que l’association dont je suis membre se bat pour les droits des réfugiés et des victimes. Nous avons effectivement distribué des vivres et des médicaments, organisé des consultations médicales, inscrit des enfants à l’école et organisé des évènements culturels en faveur de femmes et d’enfants en détresse. Dans la mesure et dans le respect de nos semblables, nous avons fait entendre la voix des victimes là où il le faut. Notre association n’est liée à aucun gouvernement, aucun mouvement. Les aides que nous recevons ne proviennent d’aucun gouvernement, d’aucun mouvement ; nos ressources ne viennent pas du gouvernement mauritanien, que vous avez nommément mentionné. Elles nous viennent d’autres associations comme nous. Nous sommes fiers de ce travail pour la dignité des personnes. Aider mes semblables a toujours été ma préoccupation.
Je constate la légèreté avec laquelle vous justifiez le pillage et la destruction de nos domiciles mes enfants et moi, des bureaux de ma société et d’autres biens de mes proches en 2012. Vous omettez de dire qu’il ne s’agit pas de ma seule personne, mais d’un pogrom qui, ce jour là, a failli vider Kati de ses habitants arabes et touaregs. Contrairement à votre opinion, je ne l’attribue pas aux femmes et aux enfants de Kati avec lesquels je n’ai eu que les meilleurs rapports. La preuve, des personnes malveillantes, certainement pas les femmes et les enfants de Kati, ont détruit des biens m’appartenant à des dizaines de kilomètres de Kati. Les femmes de Kati et leurs enfants ont toujours été mes bonnes voisines et mes amies. En outre, vous savez bien que les casses de Kati sur des populations civiles innocentes ne peuvent être justifiées par des évènements regrettables survenus ailleurs, à plus de 1200 km. Le lien que vous faites crée l’amalgame et sa légèreté frise le déni. La situation dramatique que nous vivons est due justement à l’amalgame, au déni, au fait de ne pas écouter, ni se mettre à la place des autres, d’avoir des idées préconçues, à l’intolérance, à la volonté de nuire et de profiter de façon éhontée de l’impunité et du malheur des autres. Un état d’esprit que des articles truffés de mensonges et de haine ne contribuent pas à dépasser.
Vous mettez en exergue que j’ai été fonctionnaire des Nations Unies et ministre : j’en suis fière. Oui, je suis pétrie des valeurs des Nations Unies, et cela depuis ma tendre jeunesse. Dès 1974, j’ai contribué à créer l’un des premiers clubs d’amis à une agence des Nations Unies au Mali et depuis, je n’ai jamais cessé de m’impliquer dans l’humanitaire, le social, le partage : des dizaines d’associations de femmes et de jeunes peuvent en témoigner au Mali et ailleurs. Le dialogue social a été une de mes principales préoccupations. Aujourd’hui, plus qu’hier, je suis aux côtés de ceux dans le besoin, car j’ai plusieurs fois vécu, dans ma chair, ce que ces personnes vivent. Les souffrances que j’ai endurées m’incitent à encore plus de discernement, de tolérance et de pardon. Les mensonges d’un autre âge n’y changeront rien.

Concernant l’article de Monsieur Alpha Mahamane Cissé, "Accord d’Alger : Le HCUA veut parapher le 20 avril" (l’Indicateur du Renouveau, 24 février 2015 et 16/04/2015) : les précisions ci-dessus valent aussi pour cet article.
Par rapport à l’article de Abdoulaye Diarra, "En raison de leurs discours belliqueux et hostiles à la cohésion sociale au Mali : Le Sénat américain s’oppose à la délivrance de visas à un groupe de séparatistes", du journal L’Indépendant, 6 février 2015 : qui mentionne mon supposé voyage avec Tinariwen aux Etats Unis d’Amérique, un refus de visa par le Senat américain, etc. : les informations sont fausses, elles ne reflètent pas la réalité des faits. La seule conférence récente à laquelle j’étais invitée m’a au contraire distinguée. Le groupe Tinariwen n’était pas invité à cette conférence. Je n’ai jamais entendu que le visa leur a été refusé.
Les propos de tous ces articles sont diffamatoires. La stigmatisation et la fabrication de boucs émissaires n’aident pas.
A défaut d’avoir un Mandela, car il est unique, chacun de nous devra s’efforcer de dissiper la haine, les rancœurs, de commémorer la mémoire de nos milliers de morts, soigner les plaies profondes de nos milliers de victimes. Pour être en paix avec nous-mêmes, nos voisins, nos amis, nous devons faire régner la justice et réfléchir à demain ! Ouvrons le cahier blanc où seront inscrits les milliers de noms de toutes nos victimes, nous y gagnerons tous.


Zakiyatou Oualett Halatine
Ancien Fonctionnaire des Nations Unies,
Ancien Ministre,
Récipiendaires de distinctions honorifiques,
Membre de plusieurs associations et clubs,
Auteur.

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1 Message

  • Des femmes qui dérangent... les Maliens ! 25 avril 2015 15:25, par citizen k
    vous prechez dans le désért madame hallatine !avec tout le respect que je vous dois ,les valeurs que vous defendez sont certes des valeurs humaines,mais le monde d’aujourd’hui,maleureusement,est régie par une seule valeur,"l’argent" et la richesse,dont une infime minorité de ce monde qui en profite,jusqu’a corrompre meme les institutions internationales et les plus démocratiques des societes !

    repondre message

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