Du 16 au 19 mai
Evènements de 1980 en Kabylie
samedi 15 mai 2004
par Masin

Vendredi 16 mai 1980.

A 13 heures Radio-Alger annonce la liste des vingt-quatre détenus qui doivent passer devant la cour de sûreté de l’Etat à Médéa. Beaucoup des noms attendus ne figurent pas, par contre les noms inattendus y figurent. L’inquiétude persiste quand on sait que certains ne se situant pas dans cette liste n’ont pas été relâchés non plus. A nouveau, on interprète ce geste comme une tentative de réponse des autorités à la journée du 12 mai, qui a été un cuisant désaveu pour le pouvoir. Des bruits prétendent en même temps que la réouverture du centre de Tizi-Ouzou aurait été négociée secrètement par une délégation d’étudiants et d’enseignants de Tizi-Ouzou, venue voir le ministre.

Samedi 17 mai 1980.

El Moudjahid publie la liste des vingt-quatre détenus officiellement inculpés. Effectivement quatre enseignants ? non encore libérés à cette date, n’y figurent pas et c’est ce qui étonne.

Aucun mot sur les gens en fuite. Sur les vingt-quatre on dénombre notamment six ou sept médecins et personnel hospitalier, un enseignant de Tizi-Ouzou (deux médecins enseignants vacataires...) cinq étudiants de Tizi-Ouzou, deux étudiants d’Alger, un technicien de la Sonelec, un laborantin de l’université de Tizi-Ouzou, un technicien de Beni-Douala et un infirmier de Dellys. Néanmoins, il est difficile de connaître le profil de cinq ou six d’entre eux.
A Alger-Centre, un meeting se tient dès 13 heures ; il décide de reprendre la grève illimitée dès le dimanche 18 jusqu’à la libération inconditionnelle de tous les détenus avec refus de prendre en considération les étiquettes apposées (réelles ou supposées).

En Kabylie, un mot d’ordre de grève générale circule pour le lendemain 18 mai.

Dimanche 18 mai.

Le comité mixte provisoire (AG des étudiants-enseignants travailleurs et UNJA ?) d’Alger aurait envoyé une délégation à la présidence de la République. Par ailleurs, on nous confirme l’interpellation de quelques nouvelles personnes par la police (SM) à Alger.

On parle de la libération imminente de certains enseignants.
Des rumeurs de plus en plus persistantes font état d’un coup d’Etat "à blanc" ou "rampant" grâce auquel Chadli et quatre ou cinq officiers auraient pris tous les pouvoirs (Merbah, Allag, Benchérif... ?).

A Alger-Centre, la grève est totale en sciences éco et en Langues étrangères, ailleurs elle se généralise peu à peu (Sciences sociales. Droit...). Du côté du SNESUP, on apprend qu’ils exigent seulement la libération du secrétaire générale de la section syndicale de Tizi-Ouzou pour lequel ils comptent faire des démarches (ils le confirmeront par tract...).

En Kabylie la grève générale démarre rapidement et l’après-midi tous les commerces, bureaux, usines, etc., sont fermés.

Lundi 19 mai 1980.

A l’occasion de la "fête de l’étudiant", Bererhi, accompagné de Messaadia et de Djamel Houhou, s’est fait huer aux cris "libérez les détenus", "démocratie !", "à bas la répression", alors qu’il allait déposer une gerbe de fleurs à la plaque commémorative de la faculté centrale.
Aucun reportage sérieux, ni photos, le lendemain dans le journal.

A 13 h 30, c’est la surprise, car sans prévenir longtemps à l’avance, près de deux mille étudiants amassés en meeting devant la B.H. d’Alger, réussissent à sortir dans la rue en criant des slogans pour la libération des détenus, contre la répression et pour la culture berbère. Bien organisés, ils se dirigent en trois groupes, l’un arrive jusqu’à la place Abdeikader, l’autre dans la rue Abane Ramdane et le troisième réussit un début de meeting place des martyres et près du lycée Abdeikader. Une de leur banderole portait : "sufeght-ed 24 imehbas" - "libérezles 24 détenus !"

La police semble bien avoir été prise de cours, réagissant avec 30 minutes de retard, elle réprime violemment les manifestants et boucle l’université d’Alger ne permettant plus d’y entrer mais seulement d’en sortir.

La presse française fait état de la grève générale en Kabylie commencée la veille et largement suivie. Le soir à 22 heures locales, France-Inter fait également état de la décision des étudiants de Tizi-Ouzou réunis en assemblée générale, de poursuivre la grève jusqu’à la libération totale des vingt-quatre détenus et satisfaction de leurs revendications (notamment : enseignement de la langue berbère !).



- Du 5 au 15 mai 1980
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- 1er mai 1980
- Du 21 au 28 avril 1980
- 21, 22, 23 et 24 avril 1980
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- Samedi 19 avril 1980
- Vendredi 18 avril 1980
- Jeudi 17 avril 1980
- Mercredi 16 avril 1980
- Mardi 15 avril 1980
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