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L'État algérien veut-il se débarrasser du Dr. Fekhar ?
lundi 3 août 2015
par Masin
Même si la junte algérienne n’a jamais rompu avec ses méthodes de torture de tous genres, dignes des grands rgimes dictatoriaux et systèmes coloniaux, il faut dire qu’elle a cessé de les pratiquer au sein de la militance amazighe, concentrée notamment en Kabylie, puisqu’elle a trouvé, depuis 1990, un moyen plus efficace : la liquidation physique attribuée à différentes causes [1].

En revanche, avec les derniers évènemets qu´a vu la cité mozabite, les autorités algériennes semblent renouer avec les méthodes de torture notamment psychologique. Ce que subit le militant amazigh, Dr. Fekhar, à la prison de Mnéa, située à 350 km au sud de Tagherdayt, en est la preuve. En grève de la faim depuis le 16 juillet, Dr. Fekahr est face `a une attitude inhumaine et destructrice de la part de ses géôliers qui vont jusqu’à lémpaêcher de mettre, comme il est d’usage pour les personnes qui observent une grève de la faim, du sucre dans l’eau qui lui est nécessaire pour survivre. Isolement, absence de soins, privation d’eau fraîche,… tout est fait pour le détruire psychologiquement. Le Collectif des avocats qui defend les détenus mozabites nous détaille la situation dans un communiqué rendu publique le 2 août 2015, un communiqué que nous publions ci-dessous, dans son intégralité.



Au-delà du fait que ces pratiques sont condamnables et l’Etat algérien doit être rappellé à ses obligations par qui de droit [2], Dr. Fekhar ne devait nullement se trouver en prison puisqu’il n’a commis aucun délit. Bien au contraire, il a fait son devoir de citoyen amazigh en d’enonçant l’injustice et en oeuvrant pour la défense de ses compatriotas Mozabites victimes d’un plan d’éradication que mène le régime algérien depuis son existemce. Oui, Dr. Fekhar a eu le courage et l´honnêteté de dire la vérité aussi bien à ses compatriotes qu’à lópinion internationale. Oui, Dr. Fekhar a osé s’adresser au Secrétaire général des Nations Unies - Même síl n’y a rien à attendre de ce club d’Etats qui ne doit son existence qu’aux Etats dont il doit défendre les intérêts – pour dénoncer l’attitude coloniale de l’État algérien dans la cité mozabite. Oui, Dr. Fekhar a eu la sagesse de s’approcher de ses compatriotes amazighs et il s’est adressé à eux pour leur expliquer ce que subissent leur frères Mozabites, car il a compris que la solidarité amazighe est indispensable. Oui, Dr. Fekhar a compris que ce qui se passe dans le Mzab relève d’un plan colonial mis en place par l’Etat algérien qui a programmé l’éradication des Mozabites en poussant une partie à quitter le pays et une partie à se fondre dans les populations arabes que le régime implante dans la région depuis 1962. Dr. Fekhar a également compris, et il l’a maintes fois expliqué, que le plan de l’Etat algérien pour le Mzab s’inscrit dans un plan plus global qui consiste à l’éradication de l’Amazighité en Afrique du nord.
C’est tout cela qui gêne en réalité dans Dr. Fekahr et c’est seulement pour cela que l’Etat algérien veut le faire taire. C’est ce qui justifie sa pr’esence dans les prison algériennes. Mais nous serons toutes et tous là pour défendre ce militant qui n’a fait que son devoir d’Amazigh. Nous ne laisserons pas ce régime voyou s’attaquer en toute impunité aux femmes et hommes qui se battent pour notre liberté. Ce qui arrive aujourd’hui à Dr. Fekahr devra susciter la mobilisation la plus large des milieux amazighs et en particulier celle des Amazighs qui subissent le colonialisme algérien.

Ci-après l’intégralité du communiqué du “Collectif des avocats du Dr Kameleddine Fekhar et ses compagnons”.


La Rédaction.



Communiqué

Des membres du collectif des avocats des accusés : Dr Kameleddine Fekhar, Qassem Soufghalem, Ouiro Yaâkoub, Ouiro Aissa, Miâradh Aissa, Bouroro Aissa, se sont rendus aujourd’hui, à l’établissement pénitencier de Mnéa, pour s’entretenir avec eux au sujet de l’affaire.

La surprise a été grande pour les membres quand ils ont vu que le Dr Kameleddine Fekhar a été amené dans un fauteuil roulant parce qu’il était incapable de bouger à cause de son état de santé qui s’est détériorée suite à la grève de la faim qu’il observe depuis 18 jours.

C’est avec beaucoup de difficulté que le Dr Kameleddine Fekhar a pu prononcer quelques mots à cause de la dégradation avancée de son état de santé. Il a affirmé qu’on l’a privé du sucre qu’il prend pour pouvoir résister et cela relève d’une conspiration visant à le liquider. Ce qui conforte cette intention diabolique, selon lui, c’est le fait que le médecin de la prison a refusé de le transporter à la clinique pour avoir des soins car il a reçu des ordres de l’administration l’empêchant de le faire.

Aussi, le Dr Kameleddine Fekhar a déclaré qu’il a été mis dans une cellule isolée dans le pavillon numéro 4 réservé aux condamnés définitifs qui sont considérés comme des personnes dangereuses. C’est une cellule sans air conditionné, en plus on ne lui donne pas de l’eau fraîche et il passe plus de 16h par jour dans un isolement total dans le but de lui saper le moral, chose que l’avocat de la défense a fait remarquer au juge d’instruction, le procureur général et le greffier. Le Dr Kameleddine Fekhar n’est arrivé qu’une heure après.

Les membres du collectif de la défense dénoncent ces actes immoraux et inhumains qui dépassent toutes les limites et incombent l’entière responsabilité à tous ceux qui ont une relation directe ou indirecte avec l’arrestation du Dr Kameleddine Fekhar et ses compagnons et ceux qui s’occupent des conditions de sa détention, nous les mettons devant leurs consciences en cas de malheur qui l’atteindrait et le même constat concerne le citoyen Qassem Soufghalem qui se trouve dans la même situation et que les membres du collectif n’ont pas pu le voir.


Ghardaia, le 2 août 2015


Signataires (les avocat de la défense) : Fatiha Rahmouni, Chalabi Rafik Zaidi, Dadi Oubeka Mounir, Dabouz Salah, Dhaiaeddine Bouhali, Ahmin Noreddine.

Notes

[1Des liquidations attribuées au terrorisme islamiste sont les plus fréquentes, mais les idées ne manquent pas à un régime aussi policier que le régime algérien. Ainsi, un individu peut être renversé par un camion, un autre peut-être agressé au couteau par un voyou ou un bandit, un rabre peut tomber sur le véhicule de la victime (souvenons-nous de l’arbre qui est, par hasard, tombé sur la voiture de Mouloud mammeri en 1989), et les idées ne manquent pas à un régime qui a beaucoup investit dans ses services de renseignements qui sont les véritables garants du pouvoir de la junte militaire.

[2Bien entendu, cela ne se fera pas tant que ce sont des Amazighs qui subissent les affres de cet Etat voyou. Un Etat qui bénéficie d’une protection de ses alliés “occidentaux” qui ont besoin de ses services.

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