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La destruction de Tagherdayt se poursuit...
samedi 15 mars 2014
par Masin
C’est toujours sous les yeux des forces militaires et policières algériennes que l’acte deux de la pièce mise en scène en décembre dernier est joué depuis quelques jours. Tagherdayt est dans un climat de désolation : biens incendiés, violence contre des citoyens au demeurant paisibles. Les gangs Châambas sèment la terreur à Tagherdayt sous l’œil bienveillant de la police politique algérienne, des forces de police et de la gendarmerie. Il s’agit d’une violence structurelle, rendue chronique par le parti pris et l’implication directe des forces dites sécuritaires dont il est difficile de nier l’évidence.


Après une radiative accalmie qui a duré quelques jours, les voyous châmabas, fidèles à leurs méthodes barbares, se sont attaqué de nouveau lundi 10 mars 2014 aux Mozabites. Ils s’y sont pris aux biens comme aux personnes. Une femme a été blessée selon la presse algérienne. Selon la même source, une conférence de presse s’est tenue le même jour autour du directeur général de la sûreté algérienne qui serait revenu sur le déploiement des forces de police et de gendarmerie à Ghardaïa pour ramener le calme ; il aurait déclaré que les autorités seraient en train d’alléger le dispositif sécuritaire à Ghardaïa en fonction de l’amélioration de la situation. Il a tenté de faire croire que le dit dispositif sécuritaire avait pour mission la sécurité des citoyens mozabites et le retour au calme de la région ! Alors que des sources fiables sur le terrain accusent la police et la gendarmerie de non assistance voire même de complicité avec les hordes de Châambas. Au mieux, on peut dire, pour paraphraser Mohand Isaad à propos des événements du Printemps noir de Kabylie en 2001, que si les forces policières et militaires n’avaient pas donné l’ordre d’attaquer les Mozabites, elles n’avaient pas non plus fait quoi que ce soit pour éviter ces attaques et encore moins protéger les Mozabites et leurs bien ! [1]

Le lendemain, mardi 11 mars, les attaques de Mozabites ont repris avec plus d’intensité. Cette presse, qui ethnicise le problème, parle d’affrontements entre Arabes et Mozabites, alors qu’il s’agit bel et bien d’agression et d’attaques en règle organisées par des groupes Châambas et qui visent systématiquement des Mozabites et leurs biens.

Mercredi 12 mars, les choses n’ont fait que s’aggraver. Des dizaines de locaux pillés, saccagés avant d’être incendiés, et des dizaines de blessés. Les forces policières ont l’air de laisser faire, et elles n’interviennent que pour constater les dégâts.

Pour les Mozabites, il ne s’agit pas seulement d’une indifférence des autorités algériennes ; ils sont convaincus que le rôle des "services" dits de "sécurité" est à l’opposé de la définition constitutionnelle, ils sont accusées d’être les premiers instigateurs et promoteurs de ces violences organisées et qui visent spécifiquement la communauté mozabite, une communauté qui gêne. Le régime arabo-islamique algérien serait tout simplement dans son son rôle naturel ; celui de la destruction de l’Amazighité des Mozabites et ce par tous les moyens possibles et imaginables.

"Quand-est-ce que cette folie meurtrière pendra fin ?" se disent les Mozabites... Il est à craindre qu’elle ne prendra fin que lorsqu’il n’y aura plus d’Amazighité dans la Vallée du Mzab ! En revanche, cette folie pourra cesser le jour où l’Etat algérien cessera d’exister... le jour où cet Etat raciste, anti-amazigh, pure produit du colonialisme français, cessera d’exercer son pouvoir sur les Amazighs. En d’autres termes, les Amazighs, donc les Mozabites, n’ont d’autre choix que de se débarrasser de ces Etats, au service de l’idéologie arabo-islamique, ayant programmé l’éradication de l’être Amazigh. Cette idéologie éradicatrice de l’Amazighité ne date pas d’hier mais elle tire ses racines de très loin... De la Kabylie au pays touareg, en passant par la Vallée du Mzab, les populations sont soumises au même arbitraire et le salut ne viendrait que d’une véritable lutte qui leur permettrait de se doter de leur(s) propre(s) Etat(s) à même de les protéger et défendre leurs intérêts et leur assurer liberté et dignité. Pour cela, il n’y a pas mille chemins, ; un seul pourra nous mener à cet idéal : celui du combat pour la libération nationale.


Masin Ferkal.




Un magasin d’un Mozabite incendié...



Voyous châambas mêlés aux policiers...
Certains de ces voyous font même usage des armes des policiers...

Photo retouchée (les petites tâches rouges sur les boucliers des policiers ont été rajoutées par nos soins).




<br<

Notes

[1Dans son rapport à propos des événements ayant marqué le Printemps noir en 2001 en Kabylie et qui ont vu la gendarmerie tuer 128 personnes et blessé des centaines voir des milliers d’autres, Mohand Issad a écrit : « si l’armée n’ a pas donné l’ordre de tirer sur des manifestants, elle n’ a pas non plus donné l’ordre d’arrêter le massacre ».

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