Accueil > Actualité > Le wahabisme à Tagherdayt : conjuration !
Le wahabisme à Tagherdayt : conjuration !
dimanche 16 mars 2014
par Masin
Les conjurations anti-amazighes du pouvoir algérien sont multiples, insidieuses et sournoises. Policières, idéologiques, culturelles et économiques ! Exemple  : nommer une Kabyle, Khalida Toumi, ministre de la culture et un Chaâmbi de Metlili [1], l’islamiste Mestapha Benbada, d’abord ministre du tourisme puis ministre du commerce. Ces deux exemples, à eux seuls, suffisent pour comprendre les intentions idéologiques criminelles du pouvoir algérien ! Car, il n’est un secret pour personne que la culture, le tourisme et le commerce structuré, entre autres, sont historiquement liés à la Kabylie et à la Vallée du Mzab. Alors, pour détruire ces fondamentaux propres à ces deux communautés amazighes, il n’y a pas mieux que de confier leur responsabilité à des natifs dévoués de ces régions  : des "supplétifs du système" !

Le ministre Benbada, du parti islamise MSP [2], est entouré par un puissant cercle de tolbas [3] prestidigitateurs de sa ville natale Metlili qui ont une mainmise totale sur toutes les grandes décisions relatives à la vie économique et sociale de toute la Vallée du Mzab. Les Amazighs mozabites y dépendent donc. Ainsi, l’économie de bazar, arrivée avec la venue et l’installation à Ghardaïa des barons arabophones de l’informel [4], encouragés par l’idéologie islamiste, déstabilise en profondeur toute une tradition séculaire de commerce légal mozabite. La Direction des domaines de Ghardaïa, sous le monopole exclusif des Châambas, détourne des centaines d’hectares, propriétés des Amazighs, qu’elle met à la disposition de vagues successives d’opérateurs opportunistes de l’informel et desquels la société mozabite n’en tire malheureusement aucun avantage. Cette volonté de déstabilisation préméditée des traditions économiques locales a engendré un climat d’asphyxie économique chez les industriels mozabites au point où nombre d’entre eux ont fini par délocaliser leur activité vers d’autres cieux plus cléments.


Cette stratégie de conquête pour la suprématie de l’économie de l’informel qui ne dit pas son nom, fomentée au dessein d’anéantissement totale de tout ce qui a trait à la splendeur de la spécificité commerciale et économique amazighe des Mozabites, rejoint celle, idéologique et sournoise, d’un ex-chef du gouvernement, l’islamo-conservateur Abdelaziz Belkhadem [5] : à partir de la date du déclenchement des événements de Berriane [6] en 2008, ce grand amateur du pèlerinage islamiste en Arabie, initié et thuriféraire algérien de l’hégémonisme arabo islamiste, idéologue islamiste et théologien auto proclamé qui finança la construction de centaines de mosquées en Kabylie, donna cette fois-ci instruction aux autorités arabophones locales de Ghardaia d’attribuer des résidences et des locaux bien équipés pour faciliter l’activisme prosélyte et "terroriste" de la secte salafiste El Ihbatiyine ("ceux qui abattent, descendent, detruisent,...") [7] créée délibérement par opposition à El ibadhiyine (Ibadites) [8]. C’est une nouvelle organisation islamiste, une sorte de Boko Haram algérien [9], d’inspiration wahhabiste, bien financée et chargée de l’unique mission de destruction du rite ibadite au prétexte qu’il est hérétique. Mais, l’objectif inavoué de ses commanditaires d’Alger et de l’Orient consiste, bien entendu, à contraindre les citoyens et notamment les cadres mozabites à l’émigration et ainsi venir à bout de l’identité et de la résistance de l’un des derniers bastions amazighs de Tamazgha centrale ! En d’autres termes, le pouvoir algérien reproduit à Ghardaia le même dessein d’anéantissement fomenté déjà contre la Kabylie depuis longtemps et accéléré depuis "le printemps noir" de 2001 : implantation, financement et infiltration pour l’expansion de réseaux salafistes et terroristes dans le but entre autre de contraindre des centaines d’entreprises économiques à fermer ou à se délocaliser et, par voie de conséquence, susciter une émigration massive notamment de cadres kabyles vers les pays occidentaux !

Mais, comment et par quels autres moyens insidieux des réseaux salafistes agissent-ils librement dans la Vallée du Mzab et qui les finance ? Selon l’intellectuel mozabite Abderahmane Hadj Nacer [10], le braconnage de l’outarde et de la gazelle auquel s’adonnent impunement les princes des émirats arabes du Golf dans les régions désertiques (Sahara) et les hauts plateaux [11] n’est qu’un prétexte qui leur permet d’établir des contacts avec les bédouins arabes, notamment de Metlili, qu’ils chargent de missions secrètes bien particulières moyennant des mallettes remplies de dollars. Ainsi, des avions gros-porteurs privés arrivant du Moyen Orient, chargés de personnels non identifiés et de tonnes de marchandises échappant à tout contrôle douanier, débarquent dans les aéroports, notamment celui de Laghouat, avec ordres présidentiels de ne jamais inquiéter "les invités personnels" de Bouteflika. Mais, quelles sont ces marchandises que les monarchies du Golf déversent et distribuent chaque année dans ces contrées bédouines ? Une chose est sûre aujourd’hui : le salafisme y prend une ampleur de plus en plus inquiétante, particulièrement dans la Vallée du Mzab, avec l’émergence du nouveau phénomène des faux barrages armés pratiqués sur la route nationale n°1 et sur le chemin séparant la commune arabophone de Dhaya Bendahoua et la pentapole de Tagherdayt. Plusieurs victimes délestées de leurs biens y sont déjà signalées. Est-ce un prélude au phénomène des kidnappings qui installera Ghardaia dans un climat de terreur permanente, à l’image de celui dans lequel a sombré la Kabylie depuis 2005 ?


Tizi Tulmust.

Notes

[1Le Ksar de Metlili fut fondé par des Amazighs du Mzab et non pas par les Châambas qui, jusqu’aux derniers siècles, ont essentiellement évolué dans un mode de vie nomade. Toutes les données historiques, architecturales confirment ce fait. C’est une aberration historique de dire que les Châambas avaient fondé Metlili en date de 1056, alors que même les Arabes nomades qui déferlèrent sur l’Afrique du Nord n’existaient même pas au 11ème siècle dans la région du Mzab.
La date de fondation de cette cité fortifiée (“agherm” en tamazight, et “ksar” en arabe) doit être postérieure à celle de la fondation du premier aghrem de la région du Mzab (dans sa phase historique amazigho-ibadhite). Et si la date de la fondation du premier agherm dans le Mzab (amazigho-ibadhite) qui est bien entendu Tadjnint, remonte aux alentours de 1010, celle de l’aghrem de Metlili devait remonter à une date ultérieure (quelques siècles après).

[2MSP : Mouvement de la Société pour la paix. C’est un parti politique algérien d’obédience dite "islamiste modéré"

[3Tolbas : prestidigitateurs très influents, liés à la zaouia Kadiria, qui, sous la légitimité religieuse, sont chargés de propager des messages politiques et idéologiques au sein d’une population fortement arabisée et islamisée.

[6Berriane est une des communes mixtes du département de Tagherdayt (Ghardaïa). La ville de Berriane est située à environ 45 km au nord de Taghardayt.

[8Les Ibadites sont ceux qui pratiquent le rite ibadite dans la religion musulmane. L’Ibadisme est un courant dans l’islam qui attire d’ailleurs l’hostilité des courants dominants (sunnisme et chiisme). En Afrique du nord, ce courant n’existe que chez certaines communautés amazighes comme les Mozabites, les Berbères de Djerba et ceux d’Adrar n Infusen en Libye.

[9En référence à l’organisation islamiste terroriste originaire du nord du Nigéria et qui active dans toute la bande sahélo-saharienne.

Articles dans la rubrique :

Actualité
02/12/16
0
Samedi 3 décembre 2016 à 15h, à Place de la République à Paris. Le Comité international pour la (...)

Lire l'article

26/11/16
0
Rmexzen aɛuṛubi n ccuṛfa di Rbaṭ, i dinni yegga ufṛansis d uṣpanyu, lebda ixes ad yarz tagrawla di (...)

Lire l'article

11/11/16
0
Le président du MAK, Bouaziz Aït-Chebib, qui devait animer un meeting du MAK à Timizar ce vendredi (...)

Lire l'article


Rejoignez nous


2 Messages

  • Le wahabisme à Tagherdayt : conjuration ! 18 mars 2014 01:18, par TASSMI
    AZUL Quand le premier ministre Sellal déclare Constantine, on dit Chaoui hacha rezk (Chaoui sauf ton respect) » que faut ’il attendre d’un régime Amazighophobe ? TASSMI

    repondre message

  • Le wahabisme à Tagherdayt : conjuration ! 20 mars 2014 17:06, par Amazigh N Ténéré

    Evidemment tous les moyens sont bons pour en finir définitivement avec le peuple amazigh où qu’il se trouve ! toutes les richesses de l’Algérie et, accessoirement, des pays nord-africains (Libye, Maroc, Tunisie), ont été utilisées pour en finir une fois pour toute avec ce peuple qui "dérange" tant. On avait fait appel à des enseignants palestiniens pour arabiser à fond cette société "rebelle". l’une de politiques qui a permis de morceler ce peuple est la création des frontières fictives qui ne concernent que les Amazighophones (contrôler si untel est Chaoui (ou Mzab ou Touareg), alors, il ne faut pas qu’il aille en Kabylie....

    Or, malgré ces contrôles sévères, les dés sont, heureusement pour nous, tombés. Aujourd’hui, il y a un cordon, mince certes, mains quand même il existe, entre toutes les composantes amazigh. La jeunesse de Kabylie (années 80) est passée par là, sans oublier l’apport inestimable de Mouloud Maammeri. Ces 2 entités(Maammeri et la jeunesse kabyle) ont insufflé une énergie qu’on ne peut annihiler. D’autres ont pris la relève (Les Touareg, Imazighen libyens, Imazighen n Marruk...). Evidemment, les ennemis essaient de limiter les "dégâts". En cassant par exemple les "reins" de ces mouvements (les Kabyles). Il suffirait que les Kabyles se relèvent pour que l’harmonie de ces mouvements va dans le bon sens. Qui pourrait imaginer qu’en 2014 Saadi, Ferhat, Ait Ahmed ...soient des adversaires mutuellement ? C’est vraiment du non SENS !!!!!

    repondre message

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.