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Question touarègue
Pacte national
Conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et les Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad consacrant le statut particulier du Nord du Mali.
vendredi 26 mai 2006
par Masin

En avril 1992, le pacte de paix signé entre le gouvernement malien de transition présidé par le lieutenant- colonel Amadou Toumani Touré et les représentants des Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad (MFUA) suscita beaucoup d’espoir. Il succédait à un précédent accord conclu un an auparavant à Tamanrasset par le régime vacillant du général Moussa Traoré, et demeuré lettre morte.

Le pacte prétendait répondre cette fois à l’une des revendications majeures des MFUA : un statut particulier pour les trois régions du Nord, appelées Azawad. Les négociations furent menées avec la médiation de l’Algérie. La France n’intervint pas officiellement, mais le projet de décentralisation présenté par M. Edgard Pisani servit de cadre au document final. Ainsi le pacte définit-il un nouveau découpage administratif du nord du Mali, fondé sur des assemblées locales, régionales et interrégionales. Il prévoit, entre autres, l’intégration des combattants des MFUA dans les différents corps en uniforme, celle des cadres dans la fonction publique, la création de patrouilles mixtes pour assurer la sécurité, un programme de rapatriement des réfugiés, une aide au développement du Nord, une commission indépendante d’enquête... Mais de graves faiblesses compromettaient la réussite du projet. Le pacte ne fit pas l’unanimité et bon nombre de combattants, partisans du fédéralisme ou de l’indépendance, ne s’y associèrent pas, notamment le secrétaire général du Front populaire de libération de l’Azawad (FPLA), M. Rhissa ag sidi Mohamed, suivi par une partie de la jeunesse touarègue. L’ensemble des populations civiles ne furent pas associées à son élaboration : ni les représentants des dizaines de milliers de réfugiés de Mauritanie et d’Algérie ni ceux des différentes communautés vivant au nord du Mali. Le gouvernement de transition n’eut d’ailleurs pas le loisir de respecter le calendrier d’application de l’accord : deux semaines après la signature, il cédait la place à M. Alpha Oumar Konaré, candidat de l’Alliance pour la démocratie du Mali (Adema), élu président de la République. Très vite, les échéances se révélèrent intenables, et le pacte prit des allures de cadeau empoisonné pour la nouvelle équipe. Les bailleurs de fonds internationaux, censés soutenir la paix en finançant des projets de développement, n’honorèrent pas leurs promesses.

Extrait d’un article de Philippe Baqué, paru dans "Le Monde Diplomatique" du mois d’avril 1995
"DERAPAGES DE LA REPRESSION, ECLATEMENT DE LA REBELLION
Nouvel enlisement des espoirs de paix dans le conflit touareg au Mali

Pacte national
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