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"Vos menaces ne font que renforcer notre détermination !"
mercredi 13 mai 2015
par Masin
C’est ce que diraient toutes les femmes de l’Azawad, tous les combattants prêts à sacrifier leurs vies pour libérer leur territoire d’un Etat qui depuis plus de cinquante ans préfère la violence au dialogue démocratique. C’est ce que crieraient très fort l’ensemble des femmes et des hommes de l’Azawad qui tiennent à leur dignité et qui n’ont qu’un seul but : se débarrasser de cette injustice, de cette barbarie qui leur ont été imposées depuis plus d’un demi-siècle. A l’adresse de la France, de l’Etat algérien et de cette communauté internationale qui les menacent et qui veulent, encore une fois, les contraindre à redevenir les jouets d’un pouvoir corrompu et méprisant du peuple.


*

L’armée malienne qui se croyait en terrain conquis s’est fait surprendre, le 11 mai 2015 matin, par une unité des combattants des mouvements de l’Azawad sur l’axe Tombouctou-Goundam. Un accrochage entre les deux parties a fait une trentaine de victimes (entre morts et blessés) du côté malien dont deux de ses véhicules ont été détruits, alors trois autres équipés en armement ont été récupérés par les combattants de l’Azawad qui n’ont enregistré aucune perte.
Voilà la réponse à l’armée malienne qui multiplie ses agressions ces dernières semaines non seulement sur les positions des mouvements de l’Azawad mais aussi – et comme toujours – sur les populations civiles. Une armée malienne qui se fait épauler par diverses milices.

La France a très vite réagi pour condamner l’attaque et présenter ses condoléances à l’armée malienne. Dans son communiqué, le Ministère des affaires étrangères dit que "la France dénonce les violations répétées du cessez-le-feu et rappelle que le Conseil de sécurité des Nations unies est prêt à adopter des sanctions individuelles contre ceux qui ne le respectent pas". La France considère ainsi que ceux qui violent les accords du cessez-le-feu sont les mouvements de l’Azawad. C’est pourquoi dans son communiqué, le Quai d’Orsay déclare que "la France appelle les représentants de la coordination des mouvements de l’Azawad à la responsabilité. Elle les encourage à faire cesser immédiatement la violence et à se rendre à Bamako le 15 mai, afin de signer l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali". La messe est ainsi dite pour la France. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) use de violence qu’elle doit cesser et a intérêt à se rendre à Bamako le 15 mai pour signer ce qui est présenté comme "accord de paix".

Le gouvernement français confirme son attitude partiale, pro-malienne et anti-Azawad. Une attitude constante vieille de plus d’un demi-siècle.
Lorsque l’armée malienne et les milices avaient attaqué les positions des mouvements de l’Azawad à Ménaka le 27 avril, le Quai d’Orsay s’était contenté d’une petite réaction de son porte-parole, lors du point presse du 28 avril, disant ceci : "La France appelle l’ensemble des parties à la retenue et au respect du cessez-le-feu". Et de revenir sur ce qu’ils présentent comme accord de paix en rappelant que "le paraphe d’un accord pour la paix et la réconciliation au Mali le 1er mars est une avancée importante". Et il termine par appeler la CMA à parapher "de manière urgente cet accord en vue d’une signature dans les meilleurs délais".

Lorsqu’un poste de sécurité du MNLA à Talabit (près d’Aguelhok) a été attaqué le 21 avril par des éléments terroristes faisant un mort, la France n’avait pas jugé utile ni de dénoncer ni de présenter ses condoléances au MNLA.
Lorsque, dans la nuit du 29 au 30 avril, les milices maliennes ont exécuté trois civils et mis le feu à la maison de la présidente de l’association des femmes du village dans la localité d’Ikadewan, à quelque 40 km de Ménaka, là aussi la France n’avait jugé opportun de dénoncer ni de présenter ses condoléances aux familles de victimes civiles.

Les exemples peuvent être multipliés.
La seule préoccupation de la France demeure toujours le retour des autorités maliennes et leur armée dans l’Azawad, le désarmement des combattants des mouvements de l’Azawad et le rétablissement de l’intégrité territoriale de l’Etat malien tel que la France l’avait façonné il y a de cela cinquante-cinq ans.

Le jeu malsain auquel se prête la France finira forcément par se retourner contre elle. Un jeu appliqué sur l’ensemble du territoire amazigh où la France soutient systématiquement les régimes illégitimes auxquels elle avait transféré les pouvoirs, lors la "décolonisation" française en Afrique, des régimes autoritaires et corrompus qu’elle a continué à soutenir et à assister.

A la veille du rendez-vous de Bamako à l’occasion duquel la Communauté internationale compte faire plier les indépendantistes de l’Azawad, la France n’hésite donc pas à user de menaces et d’intimidation pour mettre la CMA au pas. Ces menaces se sont confirmées à Alger, à l’occasion de la visite de Laurent Fabius dans cette ville où il a eu à rencontrer son homologue algérien. Lors du point presse organisé à Alger le mardi 12 mai, le chef de la diplomatie française appelle "de la façon la plus claire à la signature (de ce) texte, dans l’intérêt de la paix au Mali et dans la région", alors que son homologue algérien, Ramtane Lamamra, s’est dit confiant "que ce processus sera un succès" en rajoutant ceci à l’adresse des journalistes : "ne me demandez pas d’entrer dans les détails". Oui, effectivement les détails sont l’affaire du DRS !

Une délégation de la CMA, conduite par Mahamadou Djeri-Maiga, vice-président du MNLA, est à Alger depuis le 10 mai à l’invitation de Mongi Hamdi, chef de la MINUSMA. La réunion prévue n’a toujours pas eu lieu.

Les pressions, menaces et intimidations, doublées d’agressions et de diverses tentatives de semer le désordre dans l’Azawad, tout en usant de manipulations internes, n’ont toujours pas eu raison de la détermination des femmes et des hommes de l’Azawad qui ne comptent pas lâcher ni gâcher des décennies de lutte pour la libération de l’Azawad.

L’espoir est énorme de voir l’Azawad tenir tête à ce cartel de puissances qui oeuvrent pour leurs intérêts contre l’intérêt de populations qui souffrent depuis si longtemps. Gageons que le 15 mai sera un échec cuisant pour cette politique irresponsable des puissants et inaugurera une nouvelle étape dans la lutte pour la libération de l’Azawad.

Pour rappel, après le refus du pouvoir malien d’appliquer les Accords d’Alger signés en 2006, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) prend les armes en janvier 2012 et met rapidement en déroute l’armée malienne. Sur la scène militaire, surgissent alors les colonnes contre-insurrectionnelles d’Ansar-Dine, islamistes touaregs directement liés à l’Etat algérien et dotés d’un équipement militaire flambant neuf. L’objectif est de brouiller les cartes et d’éradiquer les indépendantistes et leurs revendications politiques légitimes. Dès lors, le chaos s’installe dans l’Azawad et ouvre la route à l’intervention internationale contre le "terrorisme". Pour dénaturer le combat indépendantiste de l’Azawad, une propagande anti-MNLA visant à le confondre avec les terroristes islamistes est alors menée principalement par l’AFP : semer la confusion au sein de l’opinion a toujours été au centre des dépêches de certains médias qui ne cessent de marteler un gros mensonge ; celui de l’alliance entre les Touaregs et les djihadistes, alors que les Touaregs sont les principales victimes des mouvements islamistes.

La Rédaction.

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1 Message

  • Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une recolonisation orchestrée par la france via l’onu et avec l’aide de l’algerie.voila a quoi sert l’onu,a servir les puissants au détriment des faibles.mais le peuple de l’azawad n’est pas faible bien au contraire et il le prouve tous les jours !

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