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Satire
Yidir, enfin le réveil !
Entretien imaginaire avec le chanteur franco-algérien Yidir.
dimanche 24 décembre 2017
par Rédaction-Tamazgha
Suite à la polémique suscitée par la décision du chanteur Yidir d’effectuer une tournée artistique dans son pays natal, Timecriwect a décidé de rencontrer le chanteur pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l’affaire. Nous vous livrons ci-après ce que le chanteur lui a confié dans un presque-vrai entretien.


Timecriwect : Azul a Yidir.

Yidir : Azul et salam.

Timecriwect : Salam ? C’est nouveau ! Racontez-nous, un peu, comment vous est venue l’idée de rentrer et de vous produire en Algérie après un si long exil.

Yidir : Pourquoi est-ce nouveau ? J’ai toujours été musulman. C’est vrai que dans le passé je ne faisais que chanter. Mais, maintenant que j’ai décidé aussi de parler aussi, je le dis haut et fort que je suis musulman ! Bien. Quant à ma décision de revenir en Algérie, je rends grâce à mon ami Aït Menguellet qui m’a éclairé sur bien des vessies que ma naïveté d’exilé prenait pour des lanternes !

Timecriwect : C’est vrai qu’on vous a vu ensemble à Paris, il y a de cela à peu près deux ans. Mais, comment ça, des vessies ?

Yidir : Il est venu m’avertir de ne pas faire de la politique, de ne pas trop m’en mêler, de ne pas trop m’afficher avec seulement des Kabyles. C’est néfaste pour mon image d’artiste humaniste universel !

Timecriwect : Vous faites allusion à l’autrefois lorsque vous avez eu à défendre Ferhat Mhenni contre le pouvoir algérien ?

Yidir : C’était une erreur de ma part. Je n’ai pas été assez clairvoyant pour comprendre tout le fascisme sournois qu’il insufflait et qu’il propage toujours au sein de la jeunesse kabyle.

Timecriwect : Comment ça ?

Yidir : Quand je vois tous ces jeunes brobros Kabyles traiter leurs compatriotes d’"ânegériens" et dénigrer la cause sacrée de la Palestine, je ne peux ne pas me mettre vent debout. Et je suis content d’avoir aidé à décomplexer des intellectuels algériens non-kabyles sur la question de tamazight.

Timecriwect : Pardon ! De qui parlez-vous exactement, de Chawki Amari ?

Yidir : Oui, bien sûr ! Et je le remercie d’avoir comparé la cause amazighe à la question prioritaire palestinienne que j’ai, moi-même, défendue toute ma vie !

Timecriwect : Et Tamazight alors ?

Yidir : Tamazight est aujourd’hui officielle malgré quelques petites insuffisances insignifiantes. Et j’ai eu la promesse de mes compatriotes kabyles des deux derniers gouvernements algériens, Sellal et Ouyahia, quant à sa promotion effective en 2018. Le problème est donc réglé, hamdullah !

Timecriwect : Si j’ai bien compris, tamazight cesse donc d’être aujourd’hui une cause en Algérie ?

Yidir : Tout à fait. C’est pour cette raison que je me concentre maintenant uniquement à ma cause de toujours, celle de la Palestine occupée.

Timecriwect : Je vous rappelle que c’est la même position que celle tenue récemment par Aït Menguellet qui vient de traiter Donald Trump de fou. Chose qu’il n’a jamais faite quand Bouteflika a refusé d’entendre parler de tamazight à Tizi ouzou en 1999 !

Yidir : Bouteflika n’est pas Netanyahou. L’un est musulman comme moi, l’autre sioniste ! Et Aït Menguellet est un ami avec qui je partage la même sagesse philosophique, la même vision kabyle algérianiste de la nation !

Timecriwect : Ce que vous dites est très philosophique. Je dirai même dialectique ! Mais restons, si vous le voulez bien, à mon niveau ! Dites-moi, un peu, comment comptez-vous traduire concrètement votre engagement à la cause palestinienne, en tant que chanteur kabyle bien sûr, pardon, algérien kabyle ?

Yidir : Vous avez bien fait de rectifier que je suis d’abord algérien. Comment m’y prendre ? En évitant de faire dorénavant des duos avec des chanteurs juifs comme Macias et Bruel, et organiser une série de galas partout dans mon pays, l’Algérie, et peut-être même un jour, inchallah, pourquoi pas, à Ghaza aussi !

Timecriwect : Mais, les Arabes et les Arabophones algériens ne comprennent pas les chansons kabyles !

Yidir : Je sais. C’est pour cette raison que j’ai pris la décision de traduire le meilleur de mon répertoire et de le chanter en arabe.


Timecriwect : Et que répondez-vous alors à tous ces brobros qui vous accusent de renier votre idéal kabyle et amazigh pour des miettes ?

Yidir : Je leur dis que moi, Hamid Cheriet, je ne veux pas être un martyr ; je ne suis pas un rebelle égaré comme Matoub Lounes. J’ai cessé d’être un engagé depuis bien longtemps – d’ailleurs, en réalité je ne l’ai jamais été ; ce sont juste les Kabyles qui ont fait de moi un chanteur engagé. Je suis apolitique comme mon ami Aït Menguellet. Et aujourd’hui, je ne suis qu’un vieux chanteur soucieux de sa bonne retraite et qui compte finir ses jours dans la tranquillité dans son pays natal, après un long exil aberrant, exténuant, inutile et regrettable. Je ne veux pas subir le même sort que celui subi par Slimane Azem. Voilà, j’assume et j’arrête l’interview !


Propos imaginés par
Timecriwect.


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3 Messages

  • Yidir, enfin le réveil ! 27 décembre 2017 01:39, par Yidir u Sekku
    Am kul agdud yeḥdaj Tilelli ! A-t-an dda Yidir yufa tilelli netta d umdakwel-is Ayt Mangellat ! Assa, neẓra belli awal n Yidir yuɣal d aggu i d-yulin seg yizemran ireqqan deg yidurar n Jerjer ! Tizlatin-is tiqdimin aqel-atent qqiment di sbaɣa-nnsent ma d bab-nnsent aqel-at yuɣal am tata ! Anda-tt Massa Xalida ad tecḍeḥ imi yewwi-d waḍu n upitrudinar Yidir s irebbi n twacult n wadda !

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    • Yidir, enfin le réveil ! 14 janvier 12:24, par afehli

      Chab idir,un mutant tardif

      Le messager vient de mourir
      Lui qui claironnait en 2013 devant les caméras dans l’espace du journal LIBERTÉ dédié pour sa prestation en brandissant son passeport algérien qu’il ne se reconnaissez point dedans car aucune des deux graphies coloniales ne représentait sa langue maternelle. Il faut croire que depuis il a un passeport avec la langue kabyle.
      Que de revirement !
      L’Opportunisme sait reconnaitre les siens il n’a peur que de la dignité qui est sa bête noire.
      Comme quoi il ne faut jamais désespérer dans la vie.
      IDIR est mort ,vive idir !

      Pauvre kabyloche...la famille qui avance vers le gouffre.

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  • Le mur de la trahison ! 21 janvier 17:49, par Aylan
    Triste fin de carrière pour celui qui porta haut la chanson kabyle. Il a fait connaitre dans le monde entier la Kabylie. Pour cette raison je ne lui jette pas la pierre. Que Dieu lui pardonne, il a gravé lui même son nom sur le mur de la trahison.

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