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La paix à la malienne...
dimanche 29 mars 2015
par Masin
Ou lorsqu’un ministre d’un Etat soutient, devant une organisation continentale, l’usage de la force pour ramener la paix...
Cela paraît difficile à comprendre...
Reformulons :
Un ministre d’une république bananière s’exprime devant un club de dictatures, d’Etats voyous et autres régimes corrompus et autoritaires pour demander leurs soutien et concours afin d’imposer un "accord de paix" par la force dans l’Azawad...
Là, les choses deviennent beaucoup plus claires !


Dans un discours prononcé le 27 mars 2015 par le ministre malien des affaires étrangères lors de la réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine qui s’est réuni à Addis Abéba, la capitale éthiopienne, il a montré, encore une fois, la mauvaise volonté de l’Etat malien d’aller vers une véritable solution dans le conflit qui l’oppose à l’Azawad. C’est un discours quasi va-t-en-guerre que monsieur Diop a tenu devant ses pairs africains. Si au moins son Etat était capable de mener une guerre. Ce ministre de ce qu’on ne peut qualifier d’autre chose que d’une république bananière fait appel à ses voisins et à la communauté internationale pour venir faire la guerre, s’il le faut, à ceux qui empêchent sont Etat de retourner dans l’Azawad pour asseoir sa dictature et sa barbarie. Ce ministre n’a aucune gêne à soutenir des mensonges et contrevérités. Ainsi, il déclare que parmi ses frères dans l’Azawad, « beaucoup aspirent à la paix mais leur voix demeure inaudible, à côté de celle des radicaux, de quelques individus qui, pour des raisons inavoués, instrumentalisent les populations pour faire croire à la communauté internationale que leur "base" a rejeté l’Accord. », et de poursuivre en disant : « Non, nous ne sommes pas dupes ; le Conseil de paix et de sécurité ne sera pas dupe. Le jeu de "base masqué" doit cesser ».

On peut comprendre que monsieur Diop soit déçu de l’échec de la tentative de manipulation de la CMA en vue de brader la cause de l’Azawad et l’embraquer dans la signature d’un document qui n’a d’autre objectif que de permettre à l’Etat malien de reconquérir l’Azawad et soumettre, encore une fois, les populations de l’Azawad à la barbarie malienne et verront ainsi leur rêve de liberté s’envoler après des années de luttes et de sacrifices. La société civile de l’Azawad, et en première ligne, a su imposer aux dirigeants de la CMA la ligne de conduite à tenir et ne leur a laissé aucune marge de manœuvre qui les conduiraient à la compromission et à la trahison des idéaux des Azawadiens.

Par ailleurs, le ministre malien s’adresse à une organisation déjà acquise à sa cause puisqu’elle a eu déjà à s’exprimer en faveur de la mascarade d’Alger [1]. Aussi bien l’Union africaine (UA) que son Conseil de paix et de sécurité (CCPS) ou encore le Conseil de sécurité des Nations Unies ont salué le paraphe du document d’Alger et "ont exhorté la coordination des mouvements de l’Azawad, qui n’a pas encore paraphé le document, à le faire sans plus tarder". Monsieur Diop n’a fait que prêcher des convaincus !

Faudrait-il rappeler que l’Union africaine avait, en 2012, appelé à une intervention militaire dans l’Azawad suite à la libération du territoire par le MNLA ?! D’ailleurs cette organisation s’était empressée de rejeter la déclaration d’indépendance de l’Azawad par le MNLA, en avril 2012. Faudrait-il aussi rappeler que cette même Union africaine a soutenu jusqu’au bout le dictateur Kadhafi ? Il faut dire que l’Union africaine n’est qu’un club de républiques bananières et d’États voyous. Il n’y a donc rien à attendre de cette institution qui est une organisation de la faillite de l’Afrique.

Dans sa logique de va-t-en-guerre, le ministre malien implore le CPS de l’UA à "demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de se saisir d’urgence de la question afin d’apporter son plein appui à la médiation et à l’Accord paraphé, à l’effet de permettre aux parties de procéder à sa signature courant Avril 2015 et, au besoin, envisager des mesures, y compris des sanctions ciblées contre ceux qui font obstacle à la paix, conformément à sa Déclaration du 6 février 2015". Et il conclut par déclarer que "L’Union africaine et son Conseil de paix et de sécurité doivent désormais montrer à la communauté internationale la voie à suivre pour une paix définitive au Mali et dans la région du Sahel". Drôle de paix qui serait imposée par la force !

En réaction à la déclaration de ce talentueux ministre qui suggère d’imposer la paix par la force, le MNLA réagit par la voix de son chargé des droits de l’Homme, Attaye Ag Mohamed, qui, dans une lettre datée du 28 mars 2015 à Noukchott, adressée à Abdoulaye DIOP, ministre malien des affaires étrangères, relève la confusion que le ministre malien ne cesse d’entretenir "entre les causes politiques et historiques de ce conflit et les conséquences qu’elles génèrent, conséquences en majeure partie occasionnées par cette malheureuse confusion", une confusion entretenue délibérément par l’ensemble des gouvernements maliens selon Attaye ag Mohamed qui recommande au ministre malien de cesser cette diversion pratiquée par l’Etat malien. Il a cru nécessaire également de lui rappeler que "La paix durable ne s’impose pas, mais elle se construit suivant une charte consensuelle qui traite le mal dans ses racines et ne s’attaque pas uniquement à ses conséquences". Il n’a pas hésité à e renvoyer à la déclaration de son premier ministre, lors du compte-rendu face à la classe politique malienne, par laquelle il avait affirmé "qu’il se réservait toute liberté pour ce qui est de la mise en œuvre de ce préaccord".

Au sujet du terrorisme, le Chargé des droits de l’Homme au sein du MNLA a tenu à rappeler certaines vérités que le ministre malien tente d’occulter. Pire, puisqu’il entretient une confusion délibérée entre les mouvements de l’Azawad et les djihadistes. Ainsi il lui dit : "Si vous ne trouvez alarmant que les malheureuses actions terroristes qui ont visé Bamako et les localités sous votre contrôle, sachez aussi que la CMA et ses populations souffrent d’un terrorisme quotidien. Un terrorisme sous différentes formes car en plus de celui des groupes terroristes étrangers, se joint le terrorisme étatique de Bamako à travers son armée et ses milices narcotrafiquantes. Nous condamnons toute forme de terrorisme et contribuons régulièrement à la lutte contre le terrorisme se réclamant du djihadisme, auquel vous tentez expressément de résumer les raisons profondes du différend politique qui vous oppose à la CMA."

La Rédaction.

Notes

[1La mascarade d’Alger n’est rien que le document appelé aussi "Accord d’Alger" présenté par la médiation algérienne comme étant "Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger."

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