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Bac blanc de berbère : une expérience fructueuse à renouveler
L’initiative de Tamazgha saluée par les lycéens ayant participé.
dimanche 16 avril 2006
par Tamilla

Depuis 1995, l’épreuve facultative de langue berbère aux baccalauréats général et technologique est dispensée à l’écrit. Soulignons, cependant, que les quelques 2000 candidats qui se présentent à la dite épreuve chaque année ne bénéficient d’aucune préparation.
En effet, l’Education nationale a toujours hésité à mettre en place un enseignement du berbère au sein des lycées malgré une demande réelle.
L’association TAMAZGHA s’emploie depuis 1995 à contribuer, dans la mesure de ses possibilités, à la préparation des candidats à cette épreuve en assurant des cours de langue berbère à Paris mais aussi par la publication, en collaboration avec le CRB (Inalco), d’un document destiné à faciliter la préparation de l’examen pour les candidats. Un document qui contient notamment les sujets des épreuves au Bac de sessions antérieures ainsi que d’autres textes.
D’autres associations à travers l’Hexagone contribuent également à ce travail qui incombe à l’Education Nationale. Cependant cette contribution associative ne saurait évidemment satisfaire la totalité de la demande et encore moins remplacer le travail qui revient aux institutions concernées
Cette année, TAMAZGHA a innové en proposant aux candidats de la région parisienne un examen blanc dans le but de les mettre dans les conditions d’examen. L’information n’ayant été diffusée qu’à six jours de l’épreuve, TAMAZGHA a tout de même enregistré 26 inscriptions et 21 candidats étaient au rendez-vous.
Ces derniers avaient apprécié l’initiative qu’ils ont saluée.



Pour Yasmine, du lycée Henri IV à Paris, venue passer l’épreuve du kabyle, le principe d’une épreuve préparatoire est intéressant dans la mesure où celle-ci permet de s’entraîner dans les conditions du Bac. Concernant le sujet, elle trouve le vocabulaire un peu élaboré vu qu’elle ne pratique pas habituellement le kabyle. Elle estime cependant avoir compris l’histoire dans sa globalité, les questions posées ayant facilité la compréhension du texte.

Khadidja, venant du lycée Michelet (Vanves) passer l’épreuve de kabyle également, est « tombée » par hasard sur l’information. Elle trouve que l’idée de se préparer au Bac est « géniale » même si elle aurait souhaité que Tamazgha se soit prise un peu plus tôt pour l’organisation de cette épreuve. Si, au début, XX avait appréhendé le texte, il lui a suffit de le relire plusieurs fois pour saisir le sens et par-là même répondre aux questions.

Brahim quant à lui, qui vient du lycée Blaise Centrars (Sevran), c’est en cherchant, sur Internet, des informations relatives à l’enseignement du kabyle qu’il a pu découvrir, par hasard, ce que Tamazgha proposait aux candidats à l’épreuve de berbère au Baccalauréat. Cela l’a séduit et s’est tout de suite inscrit. Brahim espère voir l’expérience se renouveler. Il estime aussi que cet examen blanc lui permettra d’optimiser ses chances pour réussir l’épreuve de berbère au Bac.
Brahim n’a pas eu beaucoup de difficulté à comprendre le texte et à répondre aux questions. Il a, par ailleurs, apprécié le fait que le sujet soit une histoire d’amour.

Mohand, du lycée Edgar Quinet (Paris), est venu grâce à un camarade de classe qui lui a transmis l’information qui l’a agréablement surpris. Mohand a apprécié l’initiative qu’il trouve très utile du fait que cela lui permette de « se mettre dans le bain ». Le sujet ne lui était pas très difficile même si l’expression écrite lui a posé un problème. Quant à l’histoire d’amour sur laquelle a porté le sujet de kabyle, elle lui a plu.

Nora, du même lycée que Mohand et qui vient également pour l’épreuve de kabyle, était contente de participer à une telle expérience. Elle pense que cela lui sera certainement utile du fait même que ça la met dans les conditions du Bac. Mais Nora s’attendait à un sujet plus facile ne serait ce que par rapport aux sujets des épreuves des sessions précédentes.

Pour Leila qui vient du lycée Newton à Clichy pour l’épreuve de kabyle, il a suffit de taper "Bac blanc" sur Internet pour "tomber" sur ce que propose Tamazgha. Pour Leila, l’idée est très bonne car, selon elle, c’est la première fois qu’une telle initiative soit prise. Le texte, quant à lui, elle le trouve abordable : "il n’était pas trop difficile mais pas facile non plus". Elle a bien compris qu’il s’agissait d’une histoire d’amour ; elle n’a, en revanche, pas tout suivi.

Mustafa, venue pour l’épreuve de chleuh du lycée Newton (Clichy), trouve que l’organisation de l’épreuve est une très bonne idée. Elle pense que l’épreuve est accessible même si elle a eu du mal à traduire en français un vocabulaire pourtant qu’elle pratique.

Koceila nous vient du lycée Colbert à Paris, pour l’épreuve de kabyle. Il trouve que l’idée d’un Bac blanc est intéressante car elle lui permet de se mettre en condition d’examen, d’autant plus qu’il n’a bénéficié d’aucune préparation au cours de l’année. En tout cas, cette épreuve lui a permit ne serait que de se rendre compte que les réponses aux questions se font en kabyle et non en français, ce qu’il était loin de soupçonner. Il est donc reparti avec une idée bien plus clair de ce qu’est une épreuve facultative de berbère au baccalauréat. Il ne se sera donc pas surpris le jour du Bac.
Koceila a pris connaissance de l’existence du Bac blanc organisé par Tamazgha grâce à son père qui a trouvé l’information en surfant sur Internet.
En ce qui concerne le texte, Koceila l’a trouvé compréhensible, même s’il a rencontré des difficultés avec quelques passages, ce qu’il trouve normal. Aussi, l’expression écrite lui a posé un peu plus de difficulté.

Saadia, venue du lycée St. Gabriel (Bagneux) passer l’épreuve de kabyle. Elle prend des cours de kabyle à l’association Tamazgha, ceci lui a permis de prendre connaissance de l’organisation de l’épreuve. L’idée d’une préparation pour le Bac est, pour elle, très intéressante car si cela se fait pour les autres matières il n’y a pas de raison pour ça ne soit pas le cas pour le berbère. "Dans la scolarité on passe des Bac blancs dans chaque matière, alors pourquoi pas le Berbère" dit-elle.
Le vocabulaire utilisé dans le texte n’en est pas un que Saadia utilise habituellement, ce qui a fait qu’elle a consacré une bonne partie de son temps pour en saisir le sens. Ce qui, par contre, lui a plu était le fait que le sujet porte sur une histoire d’amour.

Rachida nous vient du lycée Paul Bert à Paris pour passer l’épreuve de kabyle. Elle a apprécié l’initiative de Tamazgha, qui est une opportunité, d’une part, de se mettre dans les conditions d’examen et d’autre part d’avoir une idée précise de ce qu’un sujet de berbère au Bac.
Rachida n’a pas trouvé de difficultés particulières à traiter le sujet, seule l’expression écrite lui a semblé difficile.

Melinda, venue du lycée Edgar Quinet à Paris passer l’épreuve de kabyle. L’information lui est parvenue par des camardes de classe. Elle trouve l’idée intéressante dans la mesure où, en ce qui la concerne, cela lui permet de savoir à quoi s’attendre le jour du Bac. Tout comme Rachida, elle trouve que la question relative à l’expression écrite était la partie la plus difficile du sujet. Mélinda a eu l’occasion de suivre quelques cours de kabyle ; ceci lui a facilité la compréhension du texte, malgré les difficultés liées à la transcription.

Imene, inscrite à l’épreuve de Chleuh et qui vient du lycée Mistral (Fresnes), a eu l’information en naviguant sur Internet. Imene appréhendait le passage de l’épreuve du berbère au Bac ; le test que Tamazgha a proposé tombait à point pour elle. Elle espère d’ailleurs que l’expérience se renouvelle.
Elle reconnaît ses lacunes en matière de vocabulaire ce qui lui a rendu la compréhension du texte un peu plus difficile.

Samira qui vient du lycée André Malraux (Montataire, Creil) passer l’épreuve de kabyle ne comprend pas pourquoi il n’y a pas d’enseignement de berbère dans les lycées qui permettraient une véritable préparation des candidats à l’épreuve du baccalauréat. Ceci idée, l’initiative de Tamazgha lui a beaucoup plue.
Si les questions relatives à la compréhension du texte lui étaient accessibles, la traduction et l’expression écrite, quant à elles, l’étaient beaucoup moins.

Frawsen, du lycée Guillaume Apollinaire (Thiais) venu passer l’épreuve de kabyle. L’idée d’un Bac blanc lui semble remarquable. L’épreuve l’a intéressé car elle lui éviterait, nous a-t- il dit, bien des surprises au Bac.
Frawsen s’est entraîné auparavant en se procurant les sujets des sessions antérieures, il a donc su, sans trop de difficultés, répondre aux questions. Même si la traduction lui a posé quelques soucis. Il faut tout de même savoir que Frawsen est bien soutenu par un père initié à l’écriture du berbère.

Si cette initiative de Tamazgha est à saluer, il reste à espérer - vu l’intérêt porté à la langue berbère par nombre de lycéens chaque année - que le MEN soit interpellé par cet enthousiasme suscité auprès des jeunes lycéens afin de mettre en place, dès la rentrée prochaine, un dispositif qui permettra une réelle préparation des candidats à l’épreuve facultative de berbère au baccalauréat.
La Convention signée, le 14 février 2006, entre le MEN et l’Inalco permet, en effet, la mise en place d’un tel dispositif. Il appartient maintenant à la communauté berbère de l’Hexagone de se mobiliser afin que les termes de la convention soient suivis d’effet. Ainsi, les élèves et leurs parents formuler leur souhait de pouvoir bénéficier d’un enseignement de la langue berbère au sein de leurs établissements. Les associations, très nombreuses par ailleurs, quant à elles, se doivent de mener une compagne d’information et de sensibilisation auprès de la communauté berbère pour que celle ci prenne connaissance de l’existence de cette convention et des possibilités qu’elle offre en matière d’accès à l’apprentissage de la langue berbère dans les lycées. Elles doivent également plaider l’importance et la nécessité de cet enseignement auprès des rectorats seuls en mesure d’en décider.
La communauté berbère peut aussi, et pourquoi pas, exprimer son attachement à l’introduction de l’enseignement de la langue berbère dans l’école publique, par des manifestations publiques.


Tamilla

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