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Et la révolution continue...
lundi 31 août 2009
par Masin
Dans un café à Michelet, deux jeunes discutent à propos de la Kabylie et de la situation actuelle qu’elle traverse. J’ai essayé de résumer cette discussion pour la partager avec les lecteurs de Tamazgha.fr.
Voici le contenu de la discussion :


Le premier : Le régime algérien est illégitime.

Le deuxième : Je suis d’accord avec toi, l’ami.

Le premier : Les militaires ont pris le pouvoir par la force.

Le deuxième : C’est vrai.

Le premier : Et ce, pendant que les Kabyles célébraient l’indépendance de l’Algérie.

Le deuxième : Plutôt l’indépendance du FLN.

Le premier : Moi je ne reconnais pas ce régime.

Le deuxième : Ne t’inquiète, le régime non plus ne te reconnaît pas.

Le premier : Ceux qui nous gouvernent ne sont pas de vrais algériens.

Le deuxième : Encore faut-il savoir ce qu’est un vrai algérien !

Le premier : Un algérien, c’est un...

Le deuxième : … Arabo-musulman, tu peux le dire.

Le premier : Ah non !

Le deuxième : Officiel ! Comme dirait un fou d’Azazga.

Le premier : Moi je ne suis ni l’un ni l’autre.

Le deuxième : T’as pas le choix.

Le premier : Comment ça, je n’ai pas le choix ?

Le deuxième : T’as pas le choix puisque tu n’es pas libre.

Le premier : Moi je suis Berbère.

Le deuxième : Regarde ta carte d’identité.

Le premier : Qu’est-ce qu’elle a ?

Le deuxième : Elle est verte et écrite en arabe, ton passeport pareil.

Le premier : Je n’y peux rien, on me les a imposés.

Le deuxième : Tu t’appelles comment ?

Le premier : Tahar.

Le deuxième : C’est un nom arabo-musulman. Tu vois que tu es un arabo-muslman, un algérien quoi.

Le premier : Et toi, tu es quoi ?

Le deuxième : Moi je suis officiellement algérien.

Le premier : Un algérien kabyle.

Le deuxième : Kabyle si j’ai envie.

Le premier : Pourquoi ?

Le deuxième : "Kabyle" c’est juste une option ; ce n’est pas obligatoire.

Le premier : Mais au fond de toi, tu te sens Kabyle ?

Le deuxième : oui, lorsque je suis à la maison, dans les rues et les cafés de Michelet.

Le premier : Et ailleurs ?

Le deuxième : Ailleurs je me sens plutôt largué.

Le premier : Moi je suis fier d’être Kabyle.

Le deuxième : Oui, mais ce n’est inscrit nulle part, cher ami.

Le premier : Toi tu n’aimes pas ton identité kabyle.

Le deuxième : Là, il s’agit de politique mon ami et non d’amour. L’identité kabyle n’a pas besoin d’être aimée, n’a pas besoin de nnif [1] ni de lh’erma [2], elle a besoin d’un État politique et juridique.

Le premier : Explique !

Le deuxième : Pour que l’identité kabyle s’épanouisse, il lui faut un État.

Le premier : Un État ?

Le deuxième : Un ÉTAT.

Le premier : Oui, mais pour avoir un Etat on sera obligé de faire la guerre.

Le deuxième : Non ! Plusieurs Etats ont vu le jour sans passer nécessairement par une guerre.

Le premier : Oui, mais nous avons affaire à un pouvoir assassin.

Le deuxième : Je te l’accorde.

Le premier : Non, l’ami, moi je refuse de faire la guerre.

Le deuxième : Mais tu es en guerre mon cher.

Le premier : Non, moi, je parle d’une vraie guerre.

Le deuxième : D’une vraie guerre ?!

Le premier : Oui, d’une guerre d’indépendance.

Le deuxième : Je ne comprends pas !

Le premier : Au fait, moi je refuse de mourir pour rien !

Le deuxième : Alors, en attendant, vis pour RIEN…

Le premier : ......!!!!!



Yuba si Michelet

Notes

[1mot d’origine arabe qui veut dire "nez" et qui signifie, notamment chez les Kabyles, la dignité

[2mot d’origine arabe qui veut dire "harem" et qui signifie, chez les Kabyles, l’honneur

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8 Messages

  • Et la révolution est à faire dans les têtes... 31 août 2009 05:35, par La Mécréante !

    Bonjour,

    quel âge ont ces jeunes-gens ? et que buvaient-ils au café ?

    voici la réflexion d’un solitaire qui se confie à lui-même sur le Net :

    =====================================================

    "Le 1er novembre 1954, sans doute la date la plus présente dans les livres d’histoire Algériens juste avant celle du 5 juillet 1962.

    Dès l’age de 9 ans, on apprend aux petits Algériens que leurs grands parents sont morts pour la mère patrie. A moi aussi on m’a appris la même chose, que mon grand père était mort pour l’Algérie, qu’il avait donné son sang et le reste d’ailleurs pour que mon père et moi vivions libres. Libres comme des Amazigh. Mais comme je le savais déjà se fut une répétition, une répétition qui est synonyme d’affirmation dans la langue arabe.

    On nous a donc affirmés que nos grands parents étaient morts pendant la guerre d’Algérie. À travers cet acte, ils sont devenus martyres, et accèdent directement au paradis selon la religion musulmane.

    Pour que des enfants comprennent cela, il a fallu commencer par le commencement. Le commencement commence par la phrase suivante : « L’état Algérien est un état arabe et musulman ». Les enfants comprennent ainsi pourquoi leurs grands parents ont eu accès au paradis et pourquoi on leur répète les choses 3 fois voir plus. Parce que l’état Algérien est un état arabe et musulman, parce que l’état Algérien est un état arabe et musulman, parce que l’état Algérien est un état arabe et musulman, parce que … Vous comprenez ?

    Que tu sois Kabyle, Mozabite, Chaoui ou Tergui, tu es dorénavant ARABE. Le descendant direct de Tariq ibn Ziad.

    En feuilletant les livres d’histoires des différentes années scolaires, on s’aperçoit que beaucoup de noms sont glorifiés et mis au rang de martyres ou de Moudjahid.

    Nous pouvons par exemple y lire :

    - Abane Ramdane : Martyr assassiné par l’armée française le 26 décembre 1957.

    - Krim Belkacem : Ancien Moudjahid et un des dirigeants du Front de libération nationale. (La date de sa mort n’est pas mentionnée)

    J’ai mis dans mes bagages culturels ces deux informations, ainsi que pleines d’autres. Jusqu’au jour ou le livre de la mémoire des hommes m’apprend que Abane Ramdane fut étranglé le 26 décembre 1957 au Maroc par des hommes envoyés par le FLN et que Krim Belkcem à son tour, est assassiné à Francfort le 18 octobre 1970 avec la complicité des services secrets algériens de l’époque.

    Des martyres assassinés par l’état Algérien qui est un état arabe et musulman. Des hommes qui se sont battus pour le bien de la mère patrie martyrisés par l’état Algérien qui est … Des héros de la révolution étranglés dans des chambres d’hôtels en Allemagne par les services secrets Algériens. Voila ce que j’ai appris.

    Nous sommes en 2007, le 1er novembre, le Baroud a résonné dans ma tête. Il ne résonne plus de la même manière, l’amplificateur a cramé et le son minable d’un pétard à 2 dinars me rappelant le jour du Mouloud.

    Le 1er novembre 1954 je ne le fête plus, je pleure la mort inutile de mon grand père."

    Par Amazigh

    • Et la révolution est à faire dans les têtes... 31 août 2009 17:17, par winn n"da
      pendant que les kabyles faisaient la guerre a la france coloniale,les arabes la faisait aux kabyles.
      • la révolution ?... laquelle ? 2 septembre 2009 13:39, par La Mécréante !

        salut winn n’da,

        tu dis :« pendant que les kabyles faisaient la guerre a la france coloniale,les arabes la faisait aux kabyles. »

        pas du tout ! les kabyles se sont entre-tués comme des cons qu’ils sont !

        - 1) d’abord, il ne faut pas parler de "guerre" car cela n’a jamais existé dans cette histoire.

        - 2) les arabes n’ont rien fait du tout sauf lancer le concept de la révolte islamo-arabique à un moment X pour poursuivre et parfaire l’oeuvre de Okba ibn mes c... Ils ne l’ont pas fait sous domination turque, tu te demandes encore pourquoi ?...

        - 3) les arabo-islamistes, depuis Okba, vomissent les kabyles réputés indomptables et les kabyles de toujours dégueulent les arabes fils d’Okba l’envahisseur. Si tes parents ne t’ont pas appris ça dès l’enfance... je me pose des questions.

        - 4) Pendant que les arabes se la coulaient douce à l’étranger ou encore incorporés dans l’armée française, les kabyles s’entre-tuaient au nom de "la révolution" dictée par les arabo-islamistes : ils s’appelaient "messalistes" ou "anti-messalistes", peu importe. Le tout a été fagoté dans un truc qui s’est appelé FLN, une sorte d’auberge espagnole...

        - 5) C’est Krim Belkacem (kabyle) qui a signé l’ordre d’intervention des premières bombes artisanales (fabriquées par des français communistes) à faire péter à la même heure, partout, dans la nuit du 1er au 2 novembre 1954.

        - 6) C’est Abane (kabyle) qui a... (tu est censé connaître la suite infiniment dégueulasse pour les kabyles par un kabyle)

        - 7) C’est la nébuleuse FLN (arabe ou kabyle ?) qui a balancé Amirouche à l’armée française du "plan Challes" en 1959 pour le crever sans le rater !

        - 8) C’est Krim Belkacem (toujours kabyle) qui a négocié et signé les accords d’Évian en se faisant "entuber" par les arabes et les français, de connivence depuis Mai 1958.

        - 9) Que ces deux imbéciles se soient fait estouffader n’a rien d’étonnant. Aït Ahmed était aussi sur la liste mais il a été moins con (pour sauver son cou ou sa nuque), ce qui ne l’empêche pas d’être encore à ce jour plus islamo-arabe que les vrais !

        - 10) j’en ai ras-le-bol de raconter, je m’arrête. Il faut 3 ou 4 générations pour redresser les mensonges de l’école algérienne qui vous a tous gavé de "glorieuse révolution" et autres martyrologies gagneuses de houris.

        en peu de mots : les kabyles ont le sort qu’ils ont choisi. Si j’ai vraiment mal pour la Kabylie (tôt ou tard cela me passera. il le le faut !) je n’en ai rien à foutre des kabyles, surtout les punaises de mosquées ibn abou okba !

  • Et la révolution continue... 31 août 2009 17:11, par winn"da
    je me demande pourquoi vous attribuer gratuitement des mots kabyles a la langue arabe ?le mot"l’herma"est dérivé de "l’hara"qui veut dire en tamazight,comme expliqué par giselle halimi,dans son livre,kahina, comme,le périmétre sacré et inviolable de la demeurre familiale.
    • Et la révolution continue... 31 août 2009 20:17, par Gaya

      Salut l’ami,

      Effectivement, lherma a donné lhara qui est un espace clôturé où vivent les femmes. Le son "H" est un son arabe introduit tardivement dans la langue berbère. Lherma est donc à la fois lhara et le harem où vivent les femmes. Quand un homme manque de respect à une femme, le mari de celle-ci dit : "yebbwedh-iyi-d gher lherma inu.", ou "yettu3edda ghef lherma inu."

      Ce une explication plausible. Personne ne détient la vérité des mots, pas même Giselle Halimi, grande Historienne, mais pas linguiste.

      Et des mots importants d’origine arabe qu’on utilise quotidiennement : tajma3t, ldjama3, timezgida, ttamen, lamin, ttufiq, ti3dewt, ttar, lwerd, ssira, trebga, leqder, lasel, tajaddit...

      C’est ainsi que ça se passe généralement quand les langues se côtoient. C’est normal que le langue kabyle emprunte à la langue arabe et vis-versa.

      Amitiés

  • Et la révolution continue... 1er septembre 2009 16:23, par Saga des Gémeaux

    Voilà une conversation très réaliste que se livrent deux amis dans un café. Espérons que de celle-ci sortira une prise de conscience plus claire du fait que nous Kabyles nous nous sommes fait baiser en beauté par les baathistes et leur idéologie merdique. Discuter de ce qui ne va pas c’est bien, ensuite se préparer mentalement et psychologiquement pour préparer les combats qui nous attendent dans les prochaines années. J’espère que dans quelques années surgiront des hommes et des femmes déterminés à reprendre le combat de Dihya et d’Aksil pour une Kabylie indépendante. Comme nous échangeons nos points de vue sur la situation kabyle que nous contribuons avec tous les internautes à préparer le terrain, un peu comme les philosophes des lumières ont préparé le terrain pour la révolution française, à préparer le terrain pour que les Kabyles prennent conscience que ce qui nous constitue est menacé par le colonialisme arabo-musulman, et que la solution est de nous battre par tous les moyens pour le rétablissement de nos droits.

    Saga des Gémeaux

  • c’est bon pour le moral des FISistes ! 2 septembre 2009 08:22, par La Mécréante !

    parlons-en... de la "révolution" ! N’est-elle pas réussie ?... La promesse n’a-t-elle pas été tenue ?... De quelle "légitimité" parlent ces jeunes-gens !? Connaissent-ils un pays islamiste qui fonctionne autrement que l’Algéristan de leurs rêves novembristes réalisés ?

    Qui est donc mort « pour des idées qui n’ont plus cours le lendemain » ? personne, à ma connaissance ! Alors vive les novembristes et leurs principes arabo-musulmans !

    ====================================================
    Caricaturiste pour le quotidien La Liberté, Dilem est une des figures de la contestation algérienne. Révolté par la façon dont le régime accapare le pouvoir, il le dit sans mâcher ses mots.

    - Bouteflika en route pour un troisième mandat : qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Je me sens souillé, humilié. Jamais je n’ai eu un tel sentiment d’impuissance, et pourtant, cela fait vingt ans que je me bats en publiant des caricatures. Bouteflika, en foulant au pied la Constitution algérienne, en balayant tous nos principes du revers de la main, a tué la dernière lueur d’espoir que nous avions.

    - L’Algérie est-elle en train de devenir une dictature ?

    Mais elle n’a jamais cessé de l’être. Rien n’a changé depuis l’indépendance. C’est toujours la même clique, celle des généraux de 1962, qui dirige le pays. Ces mecs n’ont pas hésité à sacrifier trois générations d’Algériens pour garder le pouvoir !

    - Quel bilan tirez-vous de deux mandats de Bouteflika ?

    Il n’a rien fait. Même notre économie reste ridicule, comparée à celle du Maroc ou de la Tunisie. Le pays vit sur une seule et unique ressource, le pétrole. Jamais le régime n’a cherché à tirer profit de notre travail ou à récompenser notre génie. Résultat : en dix ans de règne de Bouteflika, on n’a rien gagné, absolument rien. Lui croit qu’il restera dans les livres d’histoire comme l’un des héros de la révolution algérienne. La vérité, c’est qu’il n’est qu’un vulgaire dictateur.

    - Il a quand même ramené la paix dans le pays ?

    La paix ? Aujourd’hui, en Algérie, des gamins qui n’ont pas 15 ans se font sauter dans des attentats. Même aux pires moments de la violence terroriste, cela n’existait pas.

    - Justement, faut-il craindre un retour de l’islamisme radical ?

    Mais il est déjà en marche, je le vois tous les jours dans mon quartier d’Alger. Pour moi, le mètre étalon, c’est la longueur des barbes et la couleur des foulards des femmes. Eh bien, je peux vous dire que la situation aujourd’hui est pire que celle du début des années 1990, pendant la montée du FIS.

    - Comment faire sauter la chape de plomb qui pèse sur le pays ?

    Je ne vois pas. La seule solution est de fuir, comme le font déjà des dizaines d’Algériens chaque jour, au risque d’y laisser leur peau. S’ils sont nombreux à tenter de rejoindre la France, ce n’est pas pour le plaisir, c’est pour respirer un peu de cet air de liberté qu’on peut y trouver. D’ailleurs, la France a une responsabilité : tant que vous soutiendrez Bouteflika, vous subirez cette immigration sauvage.

    - La majorité des Algériens partagent-ils votre colère ?

    Oui, bien sûr. Mais cette colère est immédiatement réprimée par le régime. Alors, forcément, l’Algérien devient de plus en plus résigné. On en est venu à oublier le modèle algérien, bâti sur le courage, l’abnégation. On n’est plus rien, juste des sujets de Sa Majesté Bouteflika.

    - Mais vous continuez à vous battre...

    Pourtant je n’ai plus beaucoup d’espoir. La seule solution, c’est de dire à Bouteflika et à la clique qui est au pouvoir : "Merde, les gars, arrêtez ! Prenez l’argent si vous voulez mais, par pitié, partez et arrêtez de nous humilier..."

    - Sont-ils seulement conscients de ce désespoir ?

    Je ne le crois pas. Moi, en tout cas, je n’ai plus envie de donner encore plusieurs années de ma vie à ce putain de régime ! Je n’en ai plus la force.

    Propos recueillis par Antoine MALO

    JDD du 17/11/2008

  • Et la révolution continue... 10 octobre 2009 22:18, par zohra
    conversation tres interressante et jadore la chute ben alors vit pour rien pas mal. moi je suis francaise ej vasi en algerie mais je me sens kabyle avant tout autre chose et je le revendique haut et fort partout