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"Izlan" d'Itij : des chants pour sauver la mémoire
samedi 8 mars 2014
par Yafelman

C’est une œuvre majestueuse que nous offre Iṭij qui vient de sortir récemment à Tamazgha Occidentale un album intitulé sobrement "Izlan". L’œuvre est un ensemble de chants traditionnels des Aït Merghad, revisités par l’artiste avec une voix distinguée et chaleureuse. Iṭij, de son vrai nom Hamid Amhal, artiste connu localement, nous livre un voyage musical dans les méandres de la mémoire de notre peuple. Donner vie aux rythmes anciens en chantant les maux de notre société, c’est le défi que Iṭij a relevé dans cet album, notamment dans la chanson "Amizar Bu tlufa", l’une des plus belles et des plus touchantes aussi, chantée sur un vieux rythme, aujourd’hui perdu, qui s’appelait "Baybi". L’artiste a mis toute sa force dans cette chanson. Sa belle et forte complainte dresse un constat sans pitié de la situation de la région. C’est un appel au réveil. Émouvant, beau et fort. Ce texte est incontestablement un chef d’œuvre. Cet album est un hommage rendu à nos ancêtres et à tous les grands Imedyazen [1] de la vallée de Ghéris. Il est une reconquête et une redécouverte de la mémoire collective.

Hamid Amhal, dit Iṭij



Tout n’est pas malheureusement beau dans cette œuvre. Côté forme, la jaquette du CD laisse à désirer : trop chargée et désorganisée. Concernant les chants, ils sont entrecoupés d’interventions dans lesquelles l’artiste relate des impressions et des explications liées à chaque rythme cité. On passe de l’explication au chant, ce qui casse l’homogénéité de l’œuvre et refroidit l’auditeur. Les explications et l’intervention au début de l’album devraient normalement figurer sur un livret accompagnant l’œuvre. La présentation actuelle devrait, peut-être, être réservée à une vidéo explicative ou un DVD par exemple, mais pas pour un CD.

Pour sauver notre mémoire, il ne suffit pas seulement de perpétuer les chants et les rythmes, mais également de les fixer par écrit. Je signale que l’artiste a fixé ces chants. Il le dit dans la présentation. Mais, un album pareil accompagné d’un livret avec les explications et les textes des chansons sera parfait.

On relève également l’absence d’une voix féminine, ce qui est dommage. L’artiste signale d’emblée ce problème lui même. Il a lancé un appel à des femmes de la région pour l’aider à chanter des chants féminins. Espérons que son appel sera entendu et que le prochain album d’Iṭij sera également haut en couleurs et en voix. Ceci dit, cette absence n’altère en rien la qualité de cette œuvre distinguée. Chapeau bas Iṭij.


A. Azergui

Azul n Tawmatt



Notes

[1Imedyazen : poètes / Amedyaz : poète.

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2 Messages

  • ayyuz i hamid amhal , on te souhaite un avenir plein de chance de joie de courage et hak aymanu hak ayma

    repondre message

  • TANMMIRT 17 mars 2014 09:31, par AZILI

    TANMMIRT CHIYYANE A HAMID . ADOUR TBKHAL GHIFNKH . ZAYDAKH CHAN TMDYAZTH YADNINE ADDIGCH IYE RBBI LBARAKA.

    " Nous pouvons tout perdre,notre sang,nos larmes nos soldats,il nous restera toujours notre terre et notre liberté,,la liberté des Amazighs."
    Dihya 7ème siècle

    repondre message

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