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Hommage
N'bark, cette âme de résistance
jeudi 13 janvier 2011
par Masin
Il a chanté haut et fort ce que la plupart des Imazighens pensent tout bas. N’bark Oularbi, leader du groupe "Saghru Band", un groupe très engagé dans la défense de l’identité amazighe, est décédé dimanche 9 janvier à la fleure de l’âge des suites d’une longue maladie incurable. Sa disparition tragique a provoqué une véritable onde de choc à Tamazgha Occidentale, en Kabylie et au sein de la diaspora.

Engagement

Poète et artiste aux multiples talents, N’bark n’était pas un simple chanteur. Il est et restera la conscience de tout un peuple, l’âme de la résistance acharnée contre l’arabo-islamisme et pour la souveraineté. Il est le porte-parole des sans-voix, d’exclus et de marginalisés qui s’identifient à lui.

Rebelle. Très engagé. Il était semblable à une hirondelle qui a réussi à elle seule à faire émerger le printemps dans les cœurs des Imazighens. Les paroles de ses poèmes et chansons sont affutées comme des couteaux tranchants. Il a toujours chanté ce qu’il pensait sans prendre de gants. Sincère jusqu’à l’excès dans son engagement.

Doté d’une conscience vive, il est ainsi l’un des premiers chanteurs à dénoncer publiquement l’emprise qu’exerce l’idéologie arabo-islamiste sur le peuple amazigh à Tamazgha Occidentale et à s’en prendre aux pouvoir et aux maux dont souffrent les jeunes amazighs. Il a chanté la liberté (dans la chanson Tilelli), apporté publiquement son soutien inconditionnel aux détenus politiques amazighs (dans la chanson Silman Ouâli) et affronté les préjugés et l’inquisition des autorités.

Se taire ? Jamais !

Guitariste, flutiste et saxophoniste, N’bark est aussi un artiste plasticien. Jeune diplômé en droit (relations internationales), confronté au chômage, il a décidé en 2006 de créer un groupe de musique pour apporter un nouveau souffle à la chanson amazighe moderne. Il ne savait pas que son initiative allait changer le visage de tout le sud-est, une région désertique très attachée à son amazighité et oubliée des autorités.

Outre "No borderlines", Saghru Band avait sorti quatre albums en l’occurrence "Message to Obama", "Muha", "Tilelli" (Liberté) et "Awas-i tala". Le groupe a également pris part à plusieurs festivals à Tamazgha occidentale et en Suisse.

"Désormais, personne ne peut me faire taire", m’avait-il dit en 2008 alors que je préparais un article sur ces chanteurs amazighs révoltés qui ont réussi à rompre le silence et à s’affirmer malgré les maigres moyens dont ils disposent. N’bark a tenu sa promesse.

Son frère, Khalid, guitariste virtuose et co-fondateur de Saghru Band ainsi que tous les membres du groupe devraient continuer le combat de N’bark pour honorer sa mémoire.

Un passeur de mémoire, peut-il mourir ?


Lhoussain Azergui

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