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Quel avenir pour les populations touarègues de l'Azawad
Réunion publique d’information et de solidarité avec els Touaregs de l’Azawad
dimanche 10 février 2013
par Masin
Des associations marseillaises se mobilisent pour exprimer leur solidarité avec les Touaregs de l’Azawad. Elles organisent une réunion publique le mercredi 13 février 2013 à 18h30 au Centre culturel de la Mésopotamie (24, boulevard National, 13003 Marseille).

Ci-après nous publions l’appel des associations organisatrices.


Femme touarègue avec ses enfants (Azawad, avril 2012).
Photo : Ferhat Bouda.


Quel avenir pour les populations touarègues de l’Azawad

Depuis le début des années 1960, années des "indépendances" en Afrique, les populations touarègues de l’Azawad n’ont pas cessé d’être victimes de la répression sanglante des pouvoirs successifs installés à Bamako. Leur seul tort : revendiquer des droits fondamentaux de citoyens à part entière, un statut dans lequel ils ne se veulent pas être considérés comme des citoyens de seconde zone sur leur propre terre. Terres potentiellement riches alors que leur situation empire d’année en année.

L’absence de perspectives et la répression n’ont laissé d’autre choix à une jeunesse marginalisée que le chemin de l’exil. Ce sont ces raisons qui ont poussé beaucoup de jeunes Touareg à s’enrôler dans l’armée libyenne en échange de quelques moyens de survie. Et surtout un espoir de reconquérir un jour, par les armes s’il le faut, le droit de vivre digne sur sa terre.

La défaite militaire de l’islamisme en Algérie au début des années 2000 a contraint son bras armé (GSPC devenu AQMI) à chercher des bases de repli dans le Sahel. L’étendue des territoires, le relatif laxisme qu’adoptent les autorités de Bamako à l’égard de ces groupes armés (dans le secret espoir d’endiguer les revendications des populations Touareg devenues de plus en plus insistantes) et l’appui logistique dont bénéficient ces groupes armés de la part de certaines monarchies du Golfe, ont permis à ces derniers de prospérer et de séduire une partie de la jeunesse Touareg désorientée.

La chute du régime de Kadhafi en 2011 et le climat de vengeance contre tous ses soutiens qui s’en est suivi ont contraint les Touareg originaires de l’Azawad et servant dans l’armée libyenne de fuir vers le sud pour rejoindre leurs territoires.

C’est dans ce contexte explosif (arrivée massive de militaires touareg venant de Libye, présence de plus en plus perceptive de groupes armés islamistes sur tout le territoire du Sahel) qu’éclate la guerre déclenchée contre les garnisons de l’armée malienne se trouvant dans la région de l’Azawad. Cette guerre, à l’initiative d’un mouvement (le Mouvement National de Libération de l’Azawad-MNLA) se fixe comme objectif : rien de moins que l’instauration d’un nouvel État sur le territoire de l’Azawad.

Bien après ce déclenchement, viennent se greffer les mouvements islamistes qui écumaient déjà dans la région et dont les principales activités se bornaient jusque-là au racket, enlèvements de personnes étrangères pour engranger de substantielles rançons et trafics en tous genres. Ils se donnent (ou on leur assigne) alors une nouvelle mission : instaurer un État islamique au Mali où la Charîa sera le moyen de gouvernance.

Cette intrusion de dernière minute des groupes armés islamistes, jusque là occupés par une activité de type mafieuse, sera du pain béni pour le gouvernement malien et son armée en déroute. Il sera aussi le principal alibi pour une intervention étrangère.

C’est ce moment – et pas avant – que choisit la France pour engager son armée (avec l’aval de l’ONU) dans la chasse aux terroristes sur le territoire malien. Lesquels terroristes sont, soit dit en passant, soutenus par cette même France, dans la guerre qu’ils mènent contre le peuple syrien.

L’intervention militaire de la France dans la crise malienne ne pourra, au mieux, que sauver un régime illégitime et en déroute et faire perdurer ainsi un statu quo qui a mené à la situation intenable dans laquelle vivent les populations touarègues de l’Azwad.

Cette intervention pourrait, si l’opinion publique internationale n’est pas vigilante, déboucher sur un nouveau massacre des populations touarègues de l’Azawad. Et rééditer ainsi un Rwanda dans le Sahel sous couvert de la lutte contre le terrorisme. Cette funeste perspective ne participe d’aucune surenchère quand on constate que des discours haineux à l’endroit des populations Touareg et des appels au meurtre de responsables d’organisations Touareg, rendues complices des islamistes, se développent de plus en plus dans certaines publications maliennes et dans des cercles de la diaspora africaine en France.

C’est pour alerter l’opinion publique française et internationale et tenir pour responsable l’Etat Français dans tout acte irréparable à l’encontre des populations Touareg de l’Azawad, que les associations sous signataires vous convient une réunion publique d’information et de solidarité le :

Mercredi 13 février 2013 à 18h30
Au centre culturel de la Mésopotamie
24, boulevard National, 13003 Marseille.



Associations signataires :
Associaiton ZARI pour la promotion de la culture Amazighe dans les Bouches du Rhône,
Collectif Solidarité Maghreb,
Le centre culturel de la Mésopotamie.


Contacts :
ass.zari gmail.com
listesolidaritemaghreb millebabords.org



Solidarité avec les Touaregs de l’Azawad...

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5 Messages

  • Quel avenir pour les populations touarègues de l’Azawad 11 février 2013 06:43, par La Mecreante !

    la réponse est dans cet article :
    http://tamazgha.fr/L-armee-francaise-remet-la-ville.html

    ça a commencé hier à Gao (remise également aux maliens).
    pendant que ça se canardait entre égorgeurs (en kamis et en treillis), l’armée française observait. Elle est juste venue exfiltrer les journalistes pour repartir aussitôt.

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  • Quel avenir pour les populations touarègues de l’Azawad 11 février 2013 10:43, par La Mecreante !

    les français se sont quand même décidés à exploser en miettes le commissariat de Gao et la bande de kamis à l’intérieur.

    quand on voit les militaires maliens tirer sans toucher à deux doigts de leur nez...

    j’écoutais ce matin un reporter de France-Soir raconter la fusillade d’hier, à crever de rire !!!

    il disait : "les militaires maliens croient à la magie, ils disent que les balles ne leur font rien" !!! Ils ne viendrait pas à la tête de ces crétins que pour "toucher" vaut mieux commencer par savoir viser.

    à part "flinguer du touareg" à bout touchant, on aura compris que sans les français, ces lourdingues sont bon pour faire de la chair à pâté

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  • La France coloniale de 1945, qui avait massacré 45000 imazighènes de nationalité française à l’époque, de la Région Est d’Algérie,( Sétif, Guelma..)qui se sont manifestés pacifiquement pour demander leur indépendance promise par la France après avoir combattu et libérer la terre française de l’occupation allemande.Voilà c’est cette France là qui revient au devant de la scène, qui va par le biais du bourreau malien, massacrer les Touaregs de l’Azawad,dont la légitimité émane du peuple. Décidément, le passé colonial n’a pas servi de leçon, et on continue dans les mêmes erreurs ; Les touaregs n’ont pas le droit d’avoir des droits, c’est ce qui en train de se dessiner par la France, qui s’obstine dans cette voie.Les gens qui dirigent les multinationales ne sont pas des historiens ni des sociologues,ni des politiciens,...pour eux les peuples d’Afrique ne sont que du ventre sans structure sociale, sans âme,sans droits internationales.Alors que même les pygmées qui sont rejetés et humiliés par les autres Africains ont une structure sociale bien organisée.Le Mali est une composante de plusieurs Ethnies qui ne s’entendent pas, plus d’une dizaine,( Bambaras,Bobos,Bozos,Dogons,....) Ils sont considérés juste comme des bouches à nourrir.C’est pour cela que la France multinationale les a choisi.Les Touaregs sont connus pour leur fierté et leur liberté, ils sont l’âme du sahel qui bat aux rythmes de leur vies très amoindries par la rudesse et l’inconfort du désert. Ne leur rajoutant pas d’autres souffrances, et Messieurs de l’Internationale soyez indulgents pour une fois et voyez-vous un peu dans cette aridité du désert et vous avez tout à gagner, de l’estime et de l’assurance. Les Imazighènes partagent toujours leurs récoltes avec les plus démunis, et cela c’est une tradition ancestrale et une loi qui est ancrée dans leurs coeurs. Tanemmirt.

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    • Quel avenir pour les populations touarègues de l’Azawad 12 février 2013 04:55, par La Mecreante !

      salut Hmed,

      les "45000", ou moins, ou plus, n’étaient pas là pour demander l’indépendance mais pour exiger que "promesse soit tenue" et obtenir "L’ÉGALITÉ" des droits (statut et nationalité), promis aux combattants pour la libération.

      cette manif pacifique a été dévoyée par ce qui est devenu par la suite le FLN.

      le massacre a été commis par les tirailleurs sénégalais, marocains, algériens. Qui les a empêchés de rester l’arme au pied ?... pourquoi ont-il obéi ?...

      Ce n’est pas "la France" qui a fait ça, qui a donné un tel ordre, mais "le gouverneur" de là-bas.

      Ce sont les "COLONS" (quelques centaines) qui faisaient la pluie et le beau temps là-bas à cette époque. "la France" se pliait et n’avait aucune emprise sur eux.

      Il a fallu que de Gaulle arrive pour leur botter le cul, les lâcher,et arrêter de faire tuer les gars du contingent pour leur gueule !

      Ils payent leur connerie encore aujourd’hui.

      PS : justice dans la critique. la France qui m’énerve est celle d’aujourd’hui.

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      • Je crois que cela mérite de revisiter l’histoire, si la France n’était pas derrière les massacres, alors pourquoi au lieu de de juger les donneurs d’ordre et elle n’a fait que les glorifier.Et pourquoi alors avoir envoyer des jeunes soldats de la métropole pour combattre ce que l’on appeler à l’époque les fellagas.M. Mitterand leur disait que c’était juste pour faire la police, en Algérie.N’oublions pas que Papon qui a torturé, massacré et jeté des milliers de Français d’origine d’Afrique du Nord dans la Seine(venus nombreux pour manifester pacifiquement à Paris, en 1961), a reçu une médaille d’honneur de la main de De Gaulle, si ce n’est pas les Juifs qui l’ont assigné en justice,pour les crimes de déportation, il serait peut être enterré aux Invalides avec tous les honneurs.La France a une grande responsabilité de ce qui se passe dans l’Azawad,venu chasser la terreur, n’a fait que créer un autre génocide des populations à la peau clair, par le Bourreau malien, en accentuant l’afghanistanisme. Le terrorisme a été encouragé et voulu par le Mali, comme en Algérie, pour noyer les revendications Touregues,ou imazighenes et en plus cela rapporte de l’argent pour la mafia en place, avec tous les trafics et la prise d’otages.En tout les cas si le terrorisme a pris naissance, c’est aussi parce qu’il a trouvé un terrain favorisé et fertilisé par combien d’injustice, de déni identitaire,par la pauvreté et les massacres des populations du nord,..etc. Et cette situation va demeurer et s’accentuer, se radicaliser, tant que les solutions justes ne seront pas trouvées. L’Azawad a été marié de force à Bamako,sans le consentement des populations du Nord, et voilà le résultat, après 50 ans de différends.Une petite histoire pour finir,celle du chacal qui voulait manger les poules qui étaient renfermées et protéger dans leur cage ;Le chacal leur disait je ne peux pas vous atteindre, mais vous ne dormirez pas tranquille.

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