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Le régime de Kadhafi et la question berbère
jeudi 24 février 2011
par Masin
Nous mettons à disposition le rapport que Tamazgha a soumis aux organes du Haut Commissariat des droits de l’Homme des Nations Unies en 2004 et 2005 pour dénoncer la politique anti-amazighe du régime de Kadhafi. Il s’agissait également de sensibiliser l’opinion et les instances internationales sur l’injustice et toutes les discriminations que subissent les Berbères sous le régime du tyran en plus de la terreur que le psychopathe de Tripoli imposait à l’ensemble des Libyens.

Nous mettons également à disposition les recommandations (qui restent très timides) du Comité pour l’élimination de discrimination raciale et le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies suite à l’examen des rapports de l’Etat libyen soumis à ces organes onusiens.

L’opinion doit prendre conscience de la composante amazighe en Libye, une donnée qui ne peut être occultée. Car, aujourd’hui faire fi de la question amazighe en Libye, c’est contribuer à instaurer un régime, encore une fois, qui sera bâti sur des injustices ce qui livrera la nouvelle Libye à d’autres problèmes et exaspérations dont les conséquences seront nuisibles à la région et au monde de manière générale.

Aujourd’hui, il est irresponsable et même dangereux de vouloir imposer l’arabité à la Libye et ignorer l’amazighité. Les réalités libyennes doivent être reconnues et respectées. Et le monde ne devra pas accompagner une minorité de militants qui voudront veiller à la domination d’une quelconque idéologie en Libye qui sera génératrice de nouveaux maux pour la Libye.

Télécharger le rapport de Tamazgha en format PDF

Le Berbères en Libye

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Extraits des observations et recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies, lors de sa soixante-quatrième session qui s’est tenue à Genève du 23 février au12 mars 2004 , suite à l’examen du rapport de l’Etat libyen.

C. Sujets de préoccupation et recommandations

[...]
6. Le Comité prend note de nouveau de l’écart existant entre l’appréciation de l’État partie selon laquelle la société libyenne serait ethniquement homogène et des renseignements indiquant que des populations amazigh, touareg et noire-africaine vivent dans le pays.
Le Comité appelle l’attention de l’État partie sur sa recommandation générale IV (1973) ainsi que sur le paragraphe 8 de ses principes directeurs, et recommande de nouveau à l’État partie de faire figurer dans son prochain rapport périodique des renseignements sur la composition ethnique de la population libyenne.
[...]
13. Le Comité regrette que les informations fournies sur la mise en œuvre de l’article 5 de la Convention soient incomplètes.
Le Comité recommande à l’État partie de traiter de façon plus précise la question de la non-discrimination dans les informations concernant la jouissance des droits énoncés à l’article 5 de la Convention et de fournir des informations concrètes sur l’exercice de ces droits par les migrants noirs, touaregs et amazighs relevant de sa juridiction.
[...]
15. Le Comité note que, d’après certaines informations, la langue et la culture amazighs ne sont pas reconnues dans la Jamahiriya arabe libyenne et les Amazighs sont empêchés de préserver et d’exprimer leur identité culturelle et linguistique.
Le Comité souligne que l’État partie est tenu, aux termes de l’article 5 de la Convention, de respecter les droits des Amazighs de jouir de leur propre culture et de parler leur propre langue en privé et en public, librement et sans discrimination.
Il invite l’État partie à favoriser l’exercice du droit d’association pour la protection et la promotion de la culture amazigh et à prendre des mesures, en particulier dans le domaine de l’éducation, afin d’encourager la connaissance de l’histoire, de la langue et de la culture des Amazighs.
[...]
17. Le Comité prend note de l’application insuffisante, selon les informations disponibles, des programmes d’enseignement relatifs aux droits de l’homme dans les programmes scolaires, en ce qui concerne notamment la promotion de la tolérance et du respect des minorités religieuses et ethniques.
Le Comité engage l’État partie à redoubler d’efforts dans ce domaine et à faire figurer des informations détaillées sur cette question dans son prochain rapport périodique.


Extraits des observations et recommandations du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, lors de sa trente-cinquième session qui s’est tenue à Genève du 27 au 25 novembre 2005, suite à l’examen du rapport de l’Etat libyen.

D. Principaux sujets de préoccupation

[...]
18. Le Comité note avec préoccupation les informations selon lesquelles 28 % de la population n’ont pas d’accès durable à une source d’eau salubre. Il s’inquiète aussi de ce que les améliorations apportées dans le nord du pays en matière d’accès à l’eau salubre n’aient pas bénéficié à la population amazigh, en particulier dans les régions de Nefoussa et Zouara.

[...]
22. Le Comité note avec préoccupation que la population amazigh n’est pas reconnue en tant que minorité dans l’État partie et que la langue amazigh ne jouit d’aucune reconnaissance ni d’aucun statut juridique, alors que selon certaines informations, les Amazighs représentent un fort pourcentage de la population.

[…]
23. Le Comité s’inquiète de ce que l’enseignement de la langue amazigh soit interdit à l’école, de même que l’usage de cette langue en public, notamment dans les médias et dans les démarches administratives. En outre, les associations et institutions culturelles amazighs ne seraient pas autorisées à exercer librement leurs activités dans le pays.

E. Suggestions et recommandations

[...]
27. Le Comité recommande à l’État partie d’envisager de créer une institution nationale des droits de l’homme indépendante, conformément aux Principes de Paris, dont le mandat couvrirait tous les droits de l’homme, y compris les droits économiques, sociaux et culturels.

[...]
31. Le Comité recommande à l’État partie de lui fournir des informations détaillées sur les comportements traditionnels ayant une incidence sur l’exercice des droits économiques, sociaux et culturels par les femmes, et sur les mesures adoptées pour surmonter ces obstacles. À cet égard, l’attention de l’État partie est appelée sur l’Observation générale no 16 (2005) du Comité relative à l’article 3 et sur l’obligation qu’ont les États parties de prendre des mesures visant directement à éliminer les préjugés, les pratiques coutumières et toutes les autres pratiques qui perpétuent la notion d’infériorité ou de supériorité de l’un ou l’autre sexe et les rôles stéréotypés des hommes et des femmes. Le Comité recommande vivement à l’État partie d’entreprendre une étude approfondie de la violence intrafamiliale dans le pays et de présenter des informations sur cette question dans son prochain rapport.
[...]
35. Le Comité recommande à l’État partie, conformément à l’Observation générale no 15 (2002) sur le droit à l’eau, d’intensifier l’action qu’il mène pour garantir le droit de chacun à un approvisionnement suffisant, physiquement accessible et à un coût abordable, en eau salubre et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de chacun, sans discrimination. Il lui recommande de prendre des mesures pour réaliser le droit de la population amazigh à l’accès à une eau salubre dans les régions de Nefoussa et Zouara et de lui rendre compte de cette question dans son prochain rapport.
[...]
39. Le Comité prie instamment l’État partie de respecter et de protéger la liberté d’information et d’expression dans l’État partie, notamment sur l’Internet, afin de permettre à toutes les personnes placées sous sa juridiction de prendre part à la vie culturelle et de jouir des retombées bénéfiques du progrès scientifique et de ses applications.
40. L’État partie devrait fournir au Comité des renseignements détaillés sur la composition ethnique, linguistique et religieuse de la population. Le Comité recommande à l’État partie de reconnaître l’existence de la minorité amazigh et d’envisager d’accorder un statut juridique à la langue amazigh afin de garantir la mise en œuvre des droits reconnus à l’article 15 du Pacte.
[...]
41. Les associations et institutions amazighs devraient être autorisées à exercer leurs activités librement. Le Comité recommande en outre à l’État partie, étant donné le nombre élevé de personnes qui appartiendraient à la communauté amazigh, d’envisager d’adopter des mesures visant à garantir que les Amazighs aient suffisamment de possibilités d’apprendre leur langue maternelle ou de suivre un enseignement dans leur langue maternelle, que leur accès aux médias soit facilité et qu’ils se voient octroyer le droit d’utiliser leur langue dans leurs relations avec l’administration.

42. Le Comité recommande vivement à l’État partie d’abolir la loi no 24 de 1991 ainsi que le Comité de rectification des noms. L’État partie devrait veiller au plein respect du droit de toute personne à utiliser sa propre langue, en privé et en public, oralement et par écrit, librement et sans ingérence ni aucune forme de discrimination. Il devrait, en particulier, reconnaître le droit de toute personne d’utiliser son nom de famille et ses prénoms dans sa propre langue.

43. Le Comité recommande à l’État partie de créer des conditions susceptibles de permettre à tous les groupes, y compris les minorités nationales et les groupes ethniques, d’exprimer et de développer leur culture, leur langue, leurs traditions et leurs coutumes. L’État partie devrait également prendre des mesures dans le domaine de l’éducation et de l’information, pour encourager la connaissance de l’histoire, des traditions, de la langue et de la culture des divers groupes, y compris la communauté amazigh, présents sur son territoire.

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