Accueil > Actualité > Interviews > Les mouvements d’avril 1980 et de mai 1981 : des piliers (...)
Printemps berbère
Les mouvements d'avril 1980 et de mai 1981 : des piliers de la conscience kabyle d'aujourd'hui.
Entretien avec Gérard Lamari (*).
jeudi 21 avril 2005
par Masin (Date de rédaction antérieure : 1er mai 2004).
Gérard Lamari est né en 1958 à Rouen. Après des études secondaires à Bougie, il rejoint l’Université de Tizi-Ouzou pour poursuivre des études en sciences exactes. Il fait partie de la première promotion accueillie à l’Université de Tizi-Ouzou et qui a eu la lourde tâche de la libérer du contrôle total des autorités algériennes. Il accomplit son devoir puisqu’il fut un des éléments de ce groupe d’étudiants qui ont réussi d’abord à "chasser" l’UNJA [1] de l’Université de Tizi-Ouzou et se doter de Comités autonomes avant de rentrer en conflit ouvert avec le pouvoir d’Alger. Ce conflit a fini par faire descendre dans les rues de Kabylie des centaines de milliers de personnes pour défier le pouvoir algérien et crier leur ras-le-bol d’un système qui les nie.

Si Gérard a fait partie de ceux là qui ont fait le Printemps berbère d’avril 80, il a également contribué efficacement à l’organisation du Printemps 1981 dans la Vallée de la Soummam. Ces événements qui sont presque oubliés ont été déterminants dans la formation du Mouvement culturel berbère (MCB) comme dans la construction de la conscience kabyle.

Dans cet entretien nous avons voulu revenir sur cet épisode important dans l’histoire de la Kabylie avec l’un de ses artisans. Ce témoignage qui suscitera certainement des réactions et d’autres témoignages, nous le voulons une contribution à l’écriture de l’Histoire de la Kabylie.


Kra Isallen : Tu faisais partie des personnes arrêtées en mai 1981 par la police algérienne en Kabylie. Nous voulons, avec toi, revenir sur cet épisode important de l’histoire récente du Mouvement berbère.

Gérard L. : Tout d’abord, je te remercie de bien vouloir revenir sur ces événements de Bgayet de 1981. A mes yeux, ils sont aussi déterminants que ceux d’avril 80 de Tizi-Ouzou. Mais paradoxalement, les militants et la mémoire collective puisent aisément dans le mouvement d’avril 80 et semblent ignorer celui de mai 81.
Ces deux événements - fondateurs - qui se sont déroulés à une année d’intervalle dans deux régions différentes de la Kabylie sont en réalité les deux armatures historiques qui ont fait que la conscience kabyle est ce qu’elle est aujourd’hui. Si quelques écrits ont vu le jour sur Avril 80 (quoi qu’encore partisans et donc pas toujours objectifs), aucun travail ne s’est effectué sur 81.
Pourtant ces deux mouvements sont les deux piliers de la conscience kabyle d’aujourd’hui.

Qu’est-ce qui s’est passé exactement ce 19 mai 1981 à Bgayet ?

Gérard L. : Ce 19 mai de Bgayet fut la confirmation du mouvement de fond qui s’est ébranlé à Tizi-Ouzou un an plus tôt. Une très grande marche pacifique fut organisée par des lycéens et quelques professeurs avec des moyens d’information plus que limités. Des milliers de personnes furent pourtant présentes. Malgré le harcèlement des forces de répression avec des moyens démesurés, le cortège put démarrer du quartier Lekhmiss et a pu atteindre le centre ville (3 km). C’est là que les forces de l’ordre ont chargé. La manifestation dégénéra alors en barricades, puis en émeutes.

Durant les jours suivants, la révolte embrasa toute la région de la vallée de la Soumam. A Seddouk par exemple, les jeunes prirent possession de la mosquée et utilisèrent ses hauts parleurs pour lancer des appels à la population.

Il faut savoir qu’à cette époque, une terrible chape de plomb étouffait le pays. La SM (sécurité militaire) était tout !
Par exemple, tout possesseur d’un tract était passible de 5 ans de prison. Les manifestants risquaient plus. Les organisateurs risquaient la peine capitale.

Quelles sont les personnes qui ont été arrêtées et pour quels motifs ?

Gérard L. : Essentiellement des lycéens. La plupart d’entre eux étaient encore mineurs. Je peux citer l’exemple de Agoun Mokrane qui devait avoir 15 ou 16 ans. Il fut pourtant condamné à 2 ans de prison après avoir subi des interrogatoires "musclés". Quelques autres devaient passer le Bac quelques jours plus tard : Bellache Boukhalfa et Bellache Moh Chérif, Boutrid, Taybi Salah, Yanat Nacer, Moussaoui de Sidi-Aïch et d’autres encore. La quasi-totalité d’entre eux étaient de brillants élèves et aillaient obtenir le Bac en prison.

Mais celui qui prit plus sur lui était Guidjou Abdelkader, alors en formation professorale. Je ne peux citer tout le monde car il y eut plus de cent condamnations. Citons aussi Boukhedami Amar et Kharbachi de Seddouk qui apportèrent beaucoup au mouvement.

En réalité, ce fut toute la région de la Soummam qui s’embrasa (Akbou, Sidi-Aïch, El-Kseur, Amizour, ...).
Parmi les personnes détenues, figuraient les trois animateurs les plus en vue du mouvement d’Avril 80 : Tari Aziz, Zénati Djamel et moi même. Nous trois ainsi que Boutrid et Guidjou fûmes les plus lourdement condamnés.

Un an après le Printemps Berbère, quelle ambiance régnait au sein de l’Université et en Kabylie de manière générale ?

Gérard L. : En 80, la mobilisation y était très forte. Nous pensions pour la plupart que les revendications, notamment culturelles allaient être satisfaites (nous ne voyions pas de raisons objectives du contraire). Mais, pour les revendications démocratiques plus générales, nous étions sceptiques : les magnas militaires ne pouvaient laisser trop d’espaces de liberté.

En observant rétrospectivement nos espérances, on peut admettre que notre analyse d’alors fut naïve. Pour nous - j’entends par là toutes les personnes initiatrices du mouvement de 80 -, l’officialisation du fait berbère était une question de quelques mois tout au plus.
Après le "débat" officiel du début de l’année 1981 sur le "dossier culturel", le pouvoir en fit la "synthèse" déclarant le pays encore plus arabo-islamique.

La désarroi fut alors grand à Tizi-Ouzou qui avait tant donné l’année précédente. N’étant pas prête à un affrontement plus important, l’université se laissa gagner par un découragement temporaire.

A Bgayet et dans sa région, l’ambiance était différente. Les gens dans leur imaginaire avaient l’impression d’avoir rater le coche en 1980, d’autant plus que les principaux leaders de l’université de Tizi-Ouzou étaient issus de la Soummam.

C’est dans cet esprit qu’ils créèrent aussi leur printemps berbère en 1981. Toute la région de la Soummam était dans la rue pendant plusieurs jours. Le nombre d’arrestations était chaque jour plus important.

Pour ce qui concerne l’université de Tizi-Ouzou, elle était à ce moment là plutôt "pâteuse".

Suite à quelques assemblées générales organisées avec mes camarades Djamel Zénati et Aziz Tari, nous cherchions à convaincre les autres étudiants de la nécessité de mener des actions d’envergure pour aider les jeunes de la Soummam.

Dans quelles conditions as-tu été arrêté ?

Gérard L. : Notre activité débridée en faveur des jeunes détenus de Bgayet pouvait faire basculer la morosité qui s’était installée à l’université et amener assez rapidement le trait d’union avec la révolte de la Soummam. Nous avions en effet toujours trouvé les mots pour soulever l’université.

Cela, le pouvoir ne pouvait le tolérer cette fois ci.
Un mandat d’arrêt fut lancé contre nous trois. Nous entrâmes alors en clandestinité au début du mois de juin 81. Nous réapparûmes en octobre pour nous défendre à notre procès. Nous fûmes arrêtés à la barre et condamnés à 4 ans de prison. Tari Aziz fut même agressé par un policier à l’intérieur même du tribunal. C’est dire l’équité de ce procès !

Y a-t-il des souvenirs qui t’ont plus marqué personnellment ?

Gérard L. : Il y en a plusieurs. Notre grève de la faim (plus de 15 jours), certaines visites aux détenus que nous étions...

Mais, l’image qui me saute d’amblée aux yeux est celle de notre transfert vers la prison de Constantine. C’était en plein hiver et cette nuit là était particulièrement froide. Vers minuit, les gardiens sont venus nous réveiller. Nous n’avions que quelques minutes pour préparer nos maigres affaires. Des fourgons cellulaires nous attendaient dans la cour de la prison de Bgayet. Personnellement, j’étais placé à l’arrière du fourgon. La vitre située de mon côté était brisée (certainement par des manifestants). Je recevais tout le vent glacial. J’étais content d’avoir gardé mon burnous qui pouvait me protéger un peu. Au bout de quelques minutes, l’un des gendarmes qui nous "accompagnaient" se l’est approprié de force pour l’enrouler autour de ses jambes. Aucun des passagers détenus ne pouvait souffler mot sous peine d’un passage à tabac dans les règles. J’ai ainsi passé toute la nuit à voyager vers notre nouvelle destination. J’étais congelé et ne pouvais plus bouger. Guidjou qui était placé en face de moi craignait le pire. En fait il pensait que j’avais succombé au froid !
En effet, une heure de plus sous ce climat m’aurait été certainement fatale. A l’arrivée à Constantine, au lever du jour, lorsque qu’il me vit bouger, et malgré mes difficultés à me mouvoir, il sauta sur moi et m’embrassa de bonheur !

En 1980, tu faisais partie des 24 détenus. Peux-tu revenir sur ces évènements ?

Gérard L. : le mouvement de 80 est tellement riche qu’il est difficile d’être exhaustif. Une chose néanmoins me paraît encore incroyable aujourd’hui : une petite université (seulement 2000 étudiants à l’époque) a pu braver à l’origine tout un pouvoir. Ce dernier avait pourtant des moyens démesurés : radios, télé, journaux, appareils répressifs colossaux. Pour ce qui nous concerne, nous n’avions qu’une ronéo et un haut parleur !

Avril 80 n’aurait pu être véritablement ce qu’il est advenu sans le soutien et l’adhésion total de la population de Tizi-Ouzou et de la région (Larbâa, Michelet, Azazga,...).

Sur la forme, c’est la franche orientation pacifique et ouverte du mouvement qui surprit le plus le pouvoir. Nous avions même pu organiser des marches à Alger (7 avril 80 par exemple). Le comité de cité de Ben-Aknoun apporta beaucoup tant sur les mots d’ordre que sur le plan stratégique.

Sur le fond, nos concurrents politiques (PAGS [2] notamment) n’avaient pas de prise sur nous car nous luttions pour les libertés démocratiques et défendions même l’arabe populaire ! Nous étions de fait à sa gauche.

En bons militaires, les dirigeants de l’Algérie ne pouvaient comprendre une nébuleuse démocratique qui prenait une telle ampleur.

L’alibi trouvé par le pouvoir pour attaquer l’université était la fable de la manipulation du mouvement par des partis clandestins et la main de l’étranger. Mais cela ne fonctionna pas car la population de Tizi-Ouzou se souleva aussitôt.

La résistance et la lutte féroce de toute la population de la région (Ouaguenoun, Ihasnaouen, Michelet, Amechras, Ath-Douala, ...) sauvèrent en réalité les 24 détenus de la prison à vie ou du poteau d’exécution.

Etiez-vous à cette époque, avant 1980, organisés en comité ou en une autre forme de structure ?

Gérard L. :La genèse de l’Histoire récente de la Kabylie, de ses luttes et de ses formes d’organisation viennent de l’université de Tizi-Ouzou, et plus précisément de Oued-Aïssi.

Son ouverture en 1977 accueillait alors moins 500 étudiants. C’était la mise en place. Je peux en témoigner car j’étais de cette première promotion.
A travers les discours et les thèses développés sur Avril 80, on a l’impression que rien n’a existé avant et que tout d’un coup, il y eut ce formidable mouvement. Non, cette prise de conscience et sa cristallisation démocratique et pacifique ont pris un certain temps.

Comme dans tout campement universitaire, il a fallu lutter pour une vie plus décente à l’intérieur du campus : logement, locaux, et surtout la représentativité.

En 1978, l’UNJA parachutée par les autorités avait la mainmise sur toute la vie étudiante (comme dans les autres universités du pays). Il a d’abord fallu s’en débarrasser à travers des luttes multiformes. Certaines furent culturelles (programmation de pièces de Kateb Yacine, ou invitation de chanteurs réfractaires). D’autres furent plus franchement idéologiques.

Plusieurs grèves eurent lieu en 1978. Elles étaient motivées de manière récurrente soit pour lever une interdiction d’une programmation culturelle, soit pour l’amélioration de nos conditions d’études ou sociales. C’est à travers ces mouvements internes à l’université que nous nous sommes forgés.

On peut dire que le mouvement précurseur d’avril 80 fut la dure grève de fin 79. Un mois de luttes centrées sur la représentativité des étudiants. C’était le combat le plus rude que nous ayons mené jusque là. Ce sont les résultats qu’il a apporté qui furent en fait le fondement même du printemps berbère. C’est qu’il a fallu se battre pour que notre comité soit reconnu comme le seul représentant des étudiants !

Pour être honnête, je dois dire qu’un certain nombre d’enseignants de l’université nous ont apporté une aide appréciable alors que nous commencions à nous essouffler. Certains étaient du FFS [3] ou du PRS [4] d’autres étaient issus de l’extrême gauche.

Ce comité est en quelque sorte historique puisque il est la première structure autonome depuis l’UNEA [5](défunte en 1970 dans les conditions que l’on sait).

Son rôle consistait à défendre les étudiants et à impulser une vraie vie culturelle à l’université. Les membres de ce comité (on l’appelait à l’époque "La délégation") ont pris d’énormes risques. Ils ont subi beaucoup d’épreuves et il a fallu tant de courage et d’intelligence pour que cette petite structure aboutisse.

Cela paraît anachronique aujourd’hui, mais il a fallu combattre durement pour avoir l’université bien à nous.

Une fois notre comité installé, notre préoccupation première était la mise en route du champs culturel. C’est ainsi que nous saisîmes l’opportunité de faire venir à Tizi-Ouzou Mouloud Mammeri. Sa conférence "Poèmes kabyles anciens" était prévue pour le 10 mars. On connaît mieux la suite !

Quel était ton rôle dans cette organisation ?

Gérard L. : Les rôles n’étaient pas franchement répartis. Je représentais en principe les étudiants de sciences exactes, mais dans les faits il n’y avait pas d’hiérarchie. Nous fonctionnions de manière spontanée. Toutes nos décisions, même minimes, étaient prises collégialement.
Néanmoins, pour répondre plus précisément à ta question et pour ce qui me concerne, j’étais à tous les postes : porte-parole, rédaction de textes, distribution de tracts, rencontre avec les autorités... Les rencontres n’étaient pas des rencontres de diplomates. Elles n’avaient lieu que sous la tension et souvent lorsque nous étions au cœur d’un conflit avec ces mêmes instances (ministère de l’enseignement, wilaya, etc.).

Peux-tu nous citer des noms de militants de l’époque qui étaient impliqués dans le mouvement et qui étaient en relation avec votre organisation ?

Gérard L. :Il y avait bien entendu les sempiternels Aziz Tari et Djamel Zénati. Je tiens aussi à citer Rachid Aït Ouakli. A l’époque le niveau de prise de conscience et de mobilisation était inégal entre Oued Aïssi et Hasnaoua. Rachid permit à terme de mobiliser plus facilement les étudiants de Hasnaoua. Quelques "oubliés" : Rachid Bouchenna, M. Taleb, Morad Allam, Bouhou, etc. Bien que non étudiant, Mokrane Chemime était assez souvent parmi nous.

Propos recueillis par Masin Ferkal.
Avril 2004.

P.-S.

(*) Aujourd’hui Gérard Lamari est professeur de mathématiques à l’école supérieur de commerce de Toulouse.

Notes

[1UNJA : Union Nationale de la Jeunesse Algérienne. Organisation de masse liée au parti unique FLN (Front de Libération de nationale) qui la contrôle

[2PAGS : Parti d’avant-garde socialiste. Parti "entriste" se voulant l’aile gauche du pouvoir.

[3FFS : Front des Forces Socialiste. Parti clandestin au moment des événements.

[4PRS : Parti de la Révolution Socialiste. Parti clandestin dirigé par Boudiaf. Il disparut en 1980 suite à des dissension internes.

[5UNEA : Union Nationale des Etudiants Algériens.

Articles dans la rubrique :

Interviews
06/08/09
0
Si l’Etat algérien est considéré comme un Etat colonial, il est tout à fait normal qu’il mette le (...)

Lire l'article

03/10/07
9
Cela fait déjà un moment que la situation au Pays touareg sent le pourri. Après des années de (...)

Lire l'article

12/09/07
13
Après six ans d’activités, parfois dans des conditions difficiles, le Mouvement pour l’autonomie (...)

Lire l'article


Rejoignez nous


5 Messages

  • Azul,

    Tout d’abord, cet article est très intéressant car il est un témoignage du printemps berbère de 80, mais aussi de 81. Cette dernière partie n’est pas du tout connue. En tout cas, je n’en ai jamias entendu parler.
    Il montre bien la difficulté de s’exprimer à l’époque, en Agérie, surtout sur Tamazight.
    Y a-t-il des livres sur cette époque ? En tout cas, j’encourage les acteurs ou témoins de ces évenements de les raconter pour que personne n’oublie et pour aller de l’avant grâce à ces repères et d’autres de notre Histoire.

    Tanemirt

    • Azul et bonjour, je suis très étonnée et même émue d’avoir lu cet article , car un de mes compatriotes s’est impliqué de toutes ses forces, a été au coeur de l’action pour aider votre belle cause. Alors modestement, j’y crois à fond, il faut que l’autonomie se fasse, je reviens d’un court séjour à Bgayet et croyez bien que j’ai pensé à vous tous, au MAK, à votre courage légendaire, bonne chance !
    • remarque 17 juin 2004 15:34, par larbi slimani ( UEAF)
      c’etais juste pour dire que : pourquoi on dit toujours printemps bérbére et pas printemps kabyle. ca c’est toujours passé en kabylie n’est ce pas.
    • azul J’aimerai bien que tout les gens qui ont participe, ou fait , ou organiser ce mouvement puisse ecrire un livre ou des livres afin de perenniser notre memoire. Des details aussi importants doivent etre mis sur papier pour les generations futures. Moi-meme, j’ai participe a la manifstation du 7 avril80 a la place du 1 er mai. J’en suis toujours fier. Tanmirt
  • Merci pour cet entretien et pour les réactions. En parlant de ces événements, nous enclenchons une dynamiques collective, chacun pourra à son tour s’approprier cet héritage commun. J’avais six en et demi en avril 1980. Dans les villages en hauteur, des gens s’organisaient, pour soutenir les étudiants de Tizi Ouzou. Je me souviens des longues nuits d’angoisse des mères dont les fils ont été arrêtés Il y avait des rumeurs comme quoi l’armée allait intervenir et faire un carnage en Kabylie. On voyait tout à coup les différentes génération de souder autour du mouvement, des villageois prêts à " descendre en ville ". Nous autres écoliers du primaire nous avions arrêté de fréquenter l’école. Les soirées étaient occupées en veillées durant lesquels on écoutait les adultes parler de tamazight (un mot qu’on n’avait pas le droit de prononcer deux ans plus tôt).
  • J’aurais voulu que l’interviewer lui pose la questions, même si elle n’est pas directement liée au sujet, de savoir ce qu’est devenu Lamari maintenant car on sait que Zennati est memebre dirigeant du ffs, Tari partisan de l’autonomie de la Kabylie mais on aimerait savoir ce qu’il en est de Gérard. Quelqu’un pourrait peut être nosu renseigner sur la trajectoire de cet autre grand animateur du mouvement 80.
  • bonsoir comment pouvez vous dire que le PAGS était un parti entriste ? comment osez vous le decrire comme etant un parti se voulant etre la gauche du POUVOIR ?????????? j’aimerai bien que vous en donniez au moins UNE PREUVE tita
  • salut à tous !

    je voudrais dire à gérard -que j’ai connu au collège d’akbou- qu’il a parfaitement raison de poser la question de savoir pourquoi les manifestations de béjaia ne sont jamais citées comme références historiques alors qu’elles furent plus violentes que celles de 1980 et ont été réprimées plus férocement. j’ai été moi même témoin de ces manifs - j’ai été arrêté le 19 mai 1981 à 17 heures 30 au rond poind de la poste de béjaia avec quelques amis- et je peux dire qu’à aucun moment les services de police ne sont intervenus, d’ailleurs il n y avait nul trace de policiers ce jour là, toute l’après-midi du 19 mai 1981 la ville est livrée aux manifestants qui ont tout saccagé sur le passage : wilaya,siège du parti,académie,tribunal,ex-galeries...lorsque les compagnies de crs sont intervenues à la fin de journée la ville était vide ! la seule fois que j’ai vu des policiers c’était le 19 vers 9 heures du matin à proximité des concessions ou le premier carré de manifestants s’est vu barrer la route par un groupe d’une dizaine de policiers,d’ailleurs ces manifestants,des lycéens d’ihaddadène, ont contourné le barrage et ont rejoint le port par les quatre chemins en scandant "imazighen ,imazighen".