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"La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes...
Entretien avec Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK)
mercredi 12 septembre 2007
par Masin
Après six ans d’activités, parfois dans des conditions difficiles, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie a tenu son premier congrès, le congrès constitutif, le 14 août 2007 à Ighil Ali en Kabylie. Le MAK s’est ainsi doté, à l’issue de ce congrès, de structures et de textes fondateurs.
Pour savoir plus sur les résolutions du congrès du MAK mais surtout sur ses projets et priorités, nous avons été à la rencontre du président du Mouvement, Ferhat Mehenni, élu lors du congrès d’Ighil Ali. Il a eu l’amabilité de répondre à toutes nos questions.



Tamazgha.fr : Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, dont vous étiez porte-parole, vient de tenir son premier congrès qui vous a vu élire président. Quelles sont vos impressions ?

Ferhat : La tenue du congrès constitutif du MAK est le fruit d’un travail opiniâtre et risqué. C’est un motif de fierté pour tous ceux et toutes celles qui l’ont porté à bout de bras à un moment ou à un autre de leur vie militante. Que même ceux qui sont partis, pour une raison ou pour une autre, trouvent ici l’expression de notre reconnaissance pour les efforts qu’ils ont déployés pour faire vivre notre Mouvement. Les bras de celui-ci restent toujours ouverts pour que la famille autonomiste avance en rangs serrés.
Mon élection à la tête du MAK m’honore au plus haut point. Je remercie l’ensemble des congressistes qui ont placé leur confiance en moi. J’espère n’avoir jamais à les décevoir tant le poids de la responsabilité qui est aujourd’hui la mienne m’oblige à être plus que jamais à la hauteur de la mission de mener la Kabylie et le peuple kabyle vers leur destin de liberté.


Pourquoi avoir attendu six ans pour organiser un congrès ?

Un mouvement politique ne se met pas sur pied avec autant d’aisance et de facilité qu’on pourrait le croire, surtout lorsqu’il vient avec un objectif en porte à faux avec l’idéologie ambiante et aussi tabou que celui du MAK. À l’apparition de la revendication autonomiste kabyle, en juin 2001, l’espace politique et idéologique était déjà saturé en Kabylie où les luttes fratricides FFS-RCD étaient devenues une seconde nature, autant chez les militants que dans la société. Par ailleurs, l’irruption et l’ascension fulgurante des Archs avec la marche du 14 juin 2001 n’étaient pas de nature à nous faciliter la tâche, bien au contraire ! De nombreuses fois, ces derniers (et nous n’avons aujourd’hui aucun ressentiment à leur encontre d’autant plus que nombre d’entre eux sont dans les sphères dirigeantes du MAK) ont tenté de nous empêcher physiquement de tenir un meeting, une conférence ou de faire une marche du MAK au prétexte que nous parasitions leur discours basé sur la plateforme d’El-Kseur. Nous avons été diabolisés par tous les acteurs politiques qui tout en se réclamant de l’opposition se retrouvaient étrangement main dans la main avec le pouvoir algérien contre nous. Si on y ajoute les pressions (politiques, morales et matérielles) qui s’exercent depuis le début sur les militantes et les militants, on comprend que nous avons réalisé un miracle en ramant à contre-courant, avec autant d’endurance. Quand on vous assassine votre fils aîné dans le seul but de vous obliger à renoncer à votre combat, comme on l’a fait avec moi le 19 juin 2004, lorsqu’on organise artificiellement votre faillite matérielle pour vous contraindre à l’abandon de votre engagement en faveur de l’autonomie de la Kabylie comme on l’a fait pour Ahmed Aït Bachir, vous devinez les dangers et les obstacles dont nous avons eu à triompher. Nous avons réussi là où d’autres auraient démissionné depuis longtemps. C’est la force de nos convictions qui a fini par révéler au grand jour deux vérités cachées sous la chape de la terreur politique ambiante : l’existence d’un peuple kabyle et son aspiration à s’autogouverner ainsi qu’à prendre son destin en main. Au vu de ces difficultés, six ans ne sont rien par rapport à l’objectif atteint.


Pouvez-vous nous dire un mot sur les différentes instances du Mouvement ainsi que leurs rôles ?

Les statuts du MAK adoptés, article par article, par les congressistes ont mis en place une architecture organisationnelle somme toute classique. Un Exécutif responsable devant une instance délibérante et des structures de bases démocratiques, conformes à nos traditions culturelles ancestrales. Il y a lieu de les consulter sur le net. Là où le MAK a innové, c’est dans trois domaines :
1) La limitation du nombre de mandats du président à un maximum de deux fois quatre ans, et ce, aucun parti ne l’a fait à ce jour.
2) La dissolution du MAK, une fois sa mission accomplie, pour que nul ne confisque à son profit exclusif le combat de tout le peuple kabyle pour son autonomie. Il est hors de question que l’exemple du FLN de la guerre et d’après-guerre d’indépendance soit réédité en Kabylie.
3) Enfin, le Conseil des sages a une totale indépendance vis-à-vis des instances du Mouvement pour statuer sur d’éventuels manquements aux règles de fonctionnement démocratique du MAK.


Pouvez-vous nous dire concrètement ce que le MAK a apporté à la Kabylie et à la réflexion sur son avenir en six ans d’existence ? Et peut-on dire que le MAK a réussi à diffuser l’idée d’autonomie en Kabylie ?

Le MAK a réalisé une véritable révolution dans la vision que les Kabyles avaient d’eux-mêmes. Avant sa naissance, ils étaient dilués dans des ensembles identitaires (les Algériens, les Amazighs, les musulmans...) qui les égaraient dans des combats dont ils ne tiraient pas équitablement profit pour eux-mêmes et où l’objectif ressemblait au Rocher de Sisyphe. Le MAK a remis la Kabylie sur les rails de sa propre perspective, de son propre avenir. À travers des centaines de conférences tenues dans des villages et des villes, il a montré aux Kabyles qu’ils étaient engagés jusque-là dans des voies (algérianistes, internationalistes) qui ne mènent qu’à des impasses et a entamé un travail de construction d’une conscience nationale kabyle. Il a apporté un regard neuf sur notre Histoire et nos droits. C’est de cette manière qu’il a été lui-même amené à apporter un projet d’autonomie de la Kabylie (PAK), puis une charte de droits du peuple kabyle et de la Kabylie (CDK). Il a également, à sa façon, internationalisé la cause kabyle et assumé sur le terrain ses objectifs et son engagement politique. Cependant, quels que soient les mérites du MAK, il n’a pas le droit d’oublier toute cette élite intellectuelle kabyle qui, en même temps que lui, a entamé une réflexion sur le thème de l’autonomie linguistique puis régionale. Ainsi, le professeur Salem Chaker, auteur de la première publication sur ce sujet, et son équipe de collaborateurs ou ceux qui, autour de Mme Malika Baraka, ont créé le CERAK (Cercle d’Échange et de Réflexion sur l’Autonomie de la Kabylie) et qui ont déjà à leur actif deux séminaires (2002 à Ecancourt et 2007 à Paris). Les médias, malgré leurs difficultés et leurs contraintes (Berbère-TV, la presse écrite francophone en Algérie, les sites internet comme kabyle.com, makabylie.info, tamazgha.fr, afrique-du-nord.com, amazigh.net ou bien la revue Tiziri de Bruxelles...) ont apporté leur contribution à la diffusion de cette idée qui, signe des temps, se retrouve toujours au centre des débats des internautes sur les divers forums existants où des Kabyles interviennent.

Aujourd’hui, je peux affirmer sans risque de me tromper que le MAK a réussi, avec toutes celles et tous ceux qui se sont mobilisés pour cette cause, à diffuser largement cette idée dans la société kabyle et à convaincre une majorité de ses citoyens sur la nécessité d’un statut de large autonomie régionale pour la Kabylie.


Maintenant que le MAK a tenu son premier congrès et s’est doté de structures et de textes fondateurs (Charte, PAK,...), quelles sont vos priorités et notamment vos projets à court terme ?

Maintenant que nous sommes armés idéologiquement, la structuration qui consiste à faire adhérer au sein du MAK le plus grand nombre de Kabyles devient notre priorité absolue. Le 20 avril prochain devra être une démonstration de force aussi historique que la marche du peuple kabyle du 14 juin 2001. Vous qui lisez cette interview êtes invités à vous structurer et à vous mobiliser d’ores et déjà dans cette perspective pour en faire une réussite.

Le 25 octobre prochain se tiendra le premier Conseil National du MAK. Il aura à exprimer sa confiance ou sa défiance au Secrétariat exécutif qui lui sera présenté. D’ici là, nous continuons les consultations pour la désignation d’un Secrétaire général qui réunisse, conformément à nos statuts, consensus et compétence. Rejoignez le MAK !


Les 4 et 5 août, vous vous êtes, semble-t-il, rendu à Nador, dans le Rif, pour un colloque international sur les fédéralismes et les autonomies dans le monde et au Maroc. Pouvez-vous nous dire plus à propos de cette rencontre ?

Hélas, je n’ai pas pu y aller faute de temps du fait des préparatifs du congrès du MAK. Toutes mes excuses à Mohamed Chami et Tarik Yahia, organisateurs de cet événement. Je leur avais envoyé un mot avec comme contribution à leurs débats la Charte des droits du peuple kabyle et de la Kabylie. La présence des Belges et des Catalans à ce rendez-vous était important pour l’échange d’expériences.


Que pensez-vous des initiatives autonomistes dans cette région de Tamazgha, notamment celle du Grand Souss et celle du Grand Rif ? Avez-vous des projets de coopération et de partenariat avec ces mouvements ?

Au nom du MAK, et en mon nom personnel, je tiens à saluer la naissance de ces mouvements autonomistes du Grand Souss et du Grand Rif. Nous attendons avec impatience celle des Mouvements pour l’Autonomie du Grand Moyen Atlas et du Grand Sud marocain. Quoiqu’on dise, l’idée d’autonomie fait son chemin et plus vite qu’on le croit. Je tiens également à saluer la naissance en France du Mouvement pour l’Autonomie Chaouie et qui nous a apporté son soutien lors de notre rassemblement sur la Place de la Bastille le 28 avril dernier. J’espère que nous aurons bientôt un Mouvement pour l’Autonomie du M’zab et d’autres grandes régions d’Algérie.

En ce qui concerne le partenariat avec les mouvements autonomistes de par le monde, le MAK va en débattre avec ses militantes et ses militants au sein de ses différentes instances. A priori, il ne me semble pas qu’il y aurait des oppositions. Toutefois, la prudence est de mise. La consultation de la base militante et le respect du débat démocratique dans nos structures sont pour nous des vertus cardinales. Un signe encourageant dans le sens de ce partenariat, lorsque le message de soutien du Mouvement pour l’Autonomie du Grand Souss (MAGS) à notre congrès a été lu, cela a été salué par des applaudissements soutenus de la part de nos congressistes.


À votre avis, y a-t-il un lien entre l’autonomie que propose Mohamed VI pour le Sahara occidental et toutes ces initiatives marocaines ?

C’est aux autonomistes marocains de répondre à cette question. Il me semble que la démarche du MAK a aussi, au moins en partie, inspiré les militants amazighs de ces régions. Que la proposition royale d’une autonomie régionale pour le Sahara Occidental encourage les régions du Maroc à revendiquer pour elles les mêmes droits que lui me semble être l’heureuse expression d’une maturité et d’un savoir-faire politiques importants qu’il y a lieu de souligner.


Vous savez certainement que depuis quelques mois plusieurs détenus politiques du Mouvement culturel amazighe croupissent dans les prisons marocaines. Comment expliquez-vous le silence du MAK à ce sujet ?

Le MAK ne se tait jamais devant les atteintes aux libertés démocratiques de par le monde. Incarcérer des militants politiques revendiquant démocratiquement des droits légitimes est un réflexe d’un autre âge que nous condamnons. Il est temps que le Palais se ressaisisse et se rende compte que la répression n’est jamais une solution politique. Nous l’invitons à remettre en liberté au plus vite ces militants qui font la fierté du Royaume, de Tamazgha et de l’humanité. Ils incarnent ceux qui restent debout devant l’arbitraire.


Revenons à la Kabylie. Que pensez-vous de la montée de l’islam depuis quelques années ?

Nous ne le dirons jamais assez : cette montée de l’islamisme en Kabylie est encouragée par le pouvoir algérien avec des moyens financiers et humains colossaux. Le pouvoir, nous le répétons une fois de plus, veut réussir par la mosquée ce qu’il a raté par l’école : nous arabiser. Quels que soient les contingents d’islamistes qu’il envoie en Kabylie pour la normaliser, quels que soient les milliards de dinars qu’il y consacre, il fera chou blanc. La Kabylie s’investit dans son avenir autonomiste pour satisfaire par elle-même toutes ses revendications exprimées depuis les années quarante, notamment celles relatives à sa langue, sa culture et son identité... Nous combattons sur deux fronts pour un même idéal : la cause nationale kabyle. Les observateurs étrangers se posent par contre la question de savoir quel est ce phénomène terroriste islamiste basé en Kabylie ? Il y a au moins deux explications comme s’il s’agissait par cette opération qui dure depuis 2001 de faire sciemment d’une pierre deux coups. Le premier est d’écorner, auprès des gens qui l’ont, cette image de bastion de la démocratie que véhicule cette partie du pays depuis des décennies. Le deuxième est d’y entretenir un climat d’insécurité qui empêche l’investissement et le redémarrage économique. Nous nous sommes demandés, de notre côté, pourquoi le pouvoir et les terroristes islamistes se sont donnés rendez-vous de bataille en terrain qui leur est défavorable, les rejette tous les deux ? Nous n’en sommes qu’à des suppositions puisque les deux protagonistes de ce match qu’ils jouent à "l’extérieur" ne se sont jamais exprimés sur le sujet. Alors, nous osons cette hypothèse : de par sa proximité d’Alger, la capitale du pays, de par son dévouement aux causes qu’elle fait siennes, la Kabylie est un enjeu de pouvoir. Chacun des belligérants pense que celui qui arriverait le premier à avoir la Kabylie de son côté gagnerait la partie. Il faut probablement en débattre et essayer d’avoir d’autres sons de cloche pour être édifiés sur la réalité des choses. Il y a, bien sûr, ceux qui, dans les forums de discussion sur le net, avancent l’idée selon laquelle le stationnement de l’armée en Kabylie est destiné davantage à dissuader les Kabyles de tenter la moindre aventure politique qu’à combattre réellement le terrorisme islamiste. Chacun pour le moment y va de son hypothèse, de sa supputation.


Dans vos différentes interventions et celles des autonomistes kabyles de manière générale, vous avez tendance à donner l’exemple de la Catalogne. Pensez-vous que la situation kabyle soit comparable à celle de la catalogne ? Autrement dit, pensez-vous que ce qui a été possible pour la Catalogne pourra l’être pour la Kabylie ?

La Catalogne est, avec la Flandre et la Wallonie, l’Écosse et le Pays de Galles, un exemple de réussite de l’autonomie régionale. De ce fait, elle nous inspire et nous donne envie de faire comme elle. Mais, comme il est stipulé dans le Projet du MAK, il n’y a aucune autonomie régionale qui ressemble comme une goutte d’eau à une autre. Chacune d’elles est le produit de l’Histoire de son peuple et du rapport de force politique que celui-ci a réussi à créer au moment de l’obtention de son statut d’autonomie. Ce que je pense c’est que ce rapport de force politique en faveur de l’autonomie de la Kabylie est d’ores et déjà à notre portée. Il suffit d’oser ! Alors, osons !


Croyez-vous sincèrement que la Kabylie puisse accéder à une véritable autonomie avec un régime arabo-musulman foncièrement anti-amazigh et corrompu de surcroît ?

Beaucoup de Kabyles nous disaient la même chose dans les années soixante-dix quand nous avions commencé à revendiquer la langue amazighe. Ce qui a été possible pour cette langue l’est encore plus pour l’autonomie régionale dans la mesure où hier, nous ne disposions ni de la liberté d’expression ni du droit de nous organiser et encore moins des multimédias d’aujourd’hui. Aucun régime ne peut, sans risque pour sa survie, empêcher un peuple d’accéder à ses droits légitimes. Nous réussirons.


Un mot pour les lecteurs de Tamazgha.fr...

C’est toujours un plaisir pour moi de m’exprimer devant eux. Ils connaissent pour la plupart d’entre eux la sincérité de notre engagement et toute la conviction que nous y mettons. Ils savent que le MAK est condamné à aller de l’avant et réussir là où ses aînés n’ont pas pu... Continuons de nous soutenir et de nous rassembler pour constituer la force nécessaire et suffisante à même de réaliser pacifiquement le destin de liberté du peuple kabyle.

À d’autres rendez-vous.
Tanemmirt i Tamazgha


Propos recueillis par
Masin FERKAL.

Ferhat au rassemblement du MAK le 28 avril 2007 à la Bastille (Paris)





Documents issus du congrès constitutif du MAK :

- Procès verbal du congrès constitutif du MAK

- Projet pour l’autonomie de la Kabylie (PAK)

- Charte des droits du peuple kabyle et de la Kabylie

- Statuts du MAK


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13 Messages

  • yekkath wouliw ayathmathen
    • "La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes... 13 septembre 2007 09:57, par la mécréante

      azrem dit : « yekkath wouliw ayathmathen »

      Pourriez-vous nous dire pourquoi, Monsieur azrem ?

      seriez-vous à la recherche de preuves, comme pour les incendies criminels de l’État algérien contre les kabyles ?

      à moins que ce soit l’autonomie de la Kabylie (indépendance pour moi) qui vous affole ?...

      la mécréante

      • "La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes... 14 septembre 2007 22:48, par a toi mecréante
        pour l’autonomie j’en ai deja mes preuves. Je suis avec l’idée de l’autonomie mais contre l’idée de l’idependance. je trouve qu’il est impératif pour la kabylie d’acceder à l’autonomie. je veux dire qu’il est même urgent mais je me dois de respecter les gens qui sont contre. et je ne veux pas que ca se fasse dans l’anarchie. il faut convaincre les kabyles par les idées et leur expliquer l’interet qu’ils vont tirer de l’autonomie. la kabylie a besoin d’un encadrement et d’une prise en charge sociale. elle doit etre soustraite de la situation actuelle de non-justice, d’absence de l’état...etc. ses enfants doivent grandir dans la sécurité, dans le savoir, dans l’amour et dans l’espoir. aujourdhui je suis convaincu à 100% que la kabylie aura son autonomie car le temps joue en ce sens. ca veux dire que le pays sombre de plus en plus dans le chaos. les kabyles n’ont pas d’autres choix que d y adherer a ce projet a moins qu’une autre idée similaire soit proposée. il faut juste être vigilant. car les "dinosaures" peuvent pervertir ce projet.
        • "La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes... 19 septembre 2007 09:41, par la mécréante

          à azrem (le bien nommé)

          Vous pensiez pouvoir "endormir" la mécréante, avec votre réponse de "persifleur" ?

          « il faut convaincre les kabyles » dites-vous. De quels kabyles parlez-vous ?... C’est quoi ça, « les kabyles » pour vous ? Ceux dont vous parlez chez Benchicou ?

          Restez donc bien lové dans votre trou de serpent originel dès lors que vous récusez l’existence du peuple kabyle !

          dois-je aussi vous apprendre ce qui arrive à ceux qui ont le cul entre deux chaises ? C’est ce qui est arrivé à Benchicou... ce double cocu du système à qui il ne reste plus que le loisir de "blogger" son fiel.

          Fiel qui n’intéresse plus personne, même s’il est pathétique de voir un tricheur contraint de ruminer les conséquences de ses mensonges à longueur de colonnes... qui ressemblent étrangement à vos prétendus états d’âme de petit persifleur.

          comme vous le voyez, je ne vous apostrophe pas sur la jérémiade que vous m’avez pleurniché sur ce site KABYLE, qui s’adresse au PEUPLE KABYLE.

          pour le « culte de la personnalité », que vous avez la sottise de soulever, il faut voir du côté de votre Boutef d’amour ! chez berbéfélène, quoi ! C’est là que vous assouvirez votre besoin de soumission.

          Ou mieux encore, encartez-vous vite au FFS de Aït Ahmed ! Il réactive le « contrat de Rome » avec les compliments de Anouar Haddam, c’est pas beau ça !?...

          le mécréante

        • Vous êtes contre l’indépendance, mais pour l’autonomie avec prise en charge sociale. C’est ce que vous ecrivez.

          En plus clair dites le :

          c’est un BANTOUSTANG que vous appeller de vos voeux à peine voilés.

          Bien entendu encadré comme il se doit par la puissance arabophone.

          C’est l’ARPAÏTED restauré au nord de l’Afrique.

          Vous êtes vraiment convaincant !

  • "La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes... 15 septembre 2007 07:30, par la mécréante

    mille fois bravo à Amirouche Meziache !

    voici un moment de rêve. Un retour dans la Kabylie que nous avons connue et aimée. Que nous aimons et aimerons toujours.

    Amirouche Meziache et son association ont maintenu un coin de paradis, de notre paradis perdu, au milieu de l’enfer peuplé d’égorgeurs de l’islam.

    Cette association est née en 1992... (l’an 1 des égorgeurs islamo-algériens !)

    La mécréante.

    PS : El Watan rapporte aussi cet événement mais sous une plume "technique", "glaciale", "éteignoir" très arabo-algérianiste et méprisable !

    Lisons plutôt cette plume du Soir d’Algérie qui nous raconte la fête et la poésie sans crainte de se faire couper la langue en racontant la Kabylie kabyle...


    Fête de la figue à Tizi : une manifestation culturelle réussie - Le soir du 15/9/2007

    Le village Lemsella à Illoula-Oumalou, à 70 km au sud-est de Tizi-Ouzou, a abrité les 11 et 12 septembre la première édition de la fête de la figue. Une fête qui vient célébrer la nature et faire connaître ce produit du terroir. Un projet vieux de dix années qui a vu sa concrétisation au terme d’un harassant parcours du combattant.

    Les membres de l’association Tighilt ont bravé pour ce faire les nombreuses entraves bureaucratiques qui se sont dressées sur son chemin en dépit de la noblesse de ce projet d’intérêt régional. De guerre lasse, l’association est ainsi passée à l’action sans attendre les aides promises respectivement par la Direction de la culture et l’APW qui aurait voté un budget pour la circonstance, au risque de voir une autre fois la saison lui filer sous le nez.

    Boudé par les officiels, l’événement a été néanmoins sauvé par la présence de la Direction de la culture, la DSA , la coopérative agricole, la Conservation des forêts et l’APC qui ont salué l’initiative des jeunes. Les organisateurs qui déplorent l’absence du chef de daïra « pourtant dûment invité » à l’échelle locale ou encore du wali ou de son représentant à l’échelle régionale, sont décidés à faire de cette fête méditerranéenne un rendez-vous annuel incontournable.

    Deux jours de festivités avec exposition des différentes variétés de figues de la région qui rythment les paysages de cette région à flanc de montagne, ont été consacrés à cette première édition. Neuf variétés de fruits proposés à la dégustation, des gâteaux et plats à base de figue préparés par Nouara Houri, Hamel Samira et toutes les autres filles de la section féminine qui se sont impliquées dans l’événement à côté de tous les membres de l’association présidée par le jeune Amirouche Meziache qui promet un avenir prometteur à ce rendez-vous qui n’a dû son montage que grâce au village mobilisé pour la circonstance de même que l’APC qui a mis ses moyens à la disposition de l’événement.

    Neuf variétés de figues qui ont contribué autrefois à la survie de nos ancêtres sont produites dans la localité : thaamriwth, thaghlit thamellalth, Avouaanqiq, abakur, thisgemt, thifindruchth (fruit précoce), thaghanimt, abaqbus et aqurci azuggagh.

    Selon les agriculteurs, thaghanimt, thaameriwthet ajanjar se prêtent volontiers à la transformation en figues sèches que l’on peut consommer avec diverses galettes comme la spécialité de la région faite avec de la pâte et une pincée de sucre. Bonnes pour la dégustation, elles conservent toute leur saveur pour la confection de confitures. La section féminine compte intégrer ce fruit dans la confection de plats traditionnels. Pour les connaisseurs ajenjar lemsella est le meilleur de Kabylie.

    Cependant abuaanqiq, thaghlit thamellalth et abaqbus sont considérées comme les meilleures figues. On retrouve dans l’exposition toutes les étapes du séchage.

    - Lemsella, capitale de la figue s’est parée pour la circonstance de ses plus beaux atours . Le bijou d’Ath- Yenni, la poterie d’Ath-Lahcene, l’apiculture et la robe kabyle de l’association Fadhma N’soumeur et le tapis d’Illoula et le ballet Yessis Idhurar ont pimenté la manifestation culturelle qui a reçu de nombreux visiteurs tombés sous le charme de l’organisation du village qui a saisi cette opportunité pour inaugurer une fontaine publique.

    - Une conférence- débats sur le thème de la création et de l’entretien d’un verger de figuier a été présentée par Mme Belhimeur devant un parterre d’agriculteurs et d’agricultrices et de cadres de la DSA. Rayane Houri, 3 ans et demi, un miraculé des mémorables neiges de 2005 était de la fête qui a réuni le village et ses voisins en soirée.

    le lendemain, des cadeaux symboliques ont été remis aux participants en présence du P/APC. Lemsella compte aujourd’hui 591 habitants. Il totalise 35 martyrs pour 25 foyers durant la révolution.

    - Oublié des autorités jusqu’à un passé tout récent, il doit son développement à la seule volonté de ses habitants qui font du volontariat et de l’entraide communautaire leur credo.

    - Ses ruelles propres, pavées de bout en bout de dalles d’ardoise et son cadre enchanteur font penser à un village sorti de l’imagination d’un peintre.

    - L’exposition sur l’environnement en dit long sur les préoccupations écologiques de l’association. Six jeunes de Lemsella sur dix sont étudiants et toutes les filles au foyer sont des virtuoses du métier à tisser.

    - Née en 1992, l’association s’est illustrée trois années après, en 1995, par l’organisation du premier festival de la chanson kabyle thachemlith. En 2005, c’est un vibrant hommage qui fut rendu à Ferhat.

    La troupe théâtrale Ougouren s’illustrera pour sa part par des sorties à Alger, Bejaïa, Bouira et Boumerdès. Comme projet, une tournée en France. Les filles jouent pour leur part leur rôle de gardienne de la culture et des traditions. « La figue ne tombe jamais en plein dans la bouche ». Ce proverbe kabyle qui illustre des pages provençales parlant de la figue renseigne sur la qualité de ce fruit du soleil.

    La figue étant aussi une passion, les villageois de Lemsella ont les yeux résolument tournés vers la deuxième édition :

    - foire aux figues, visite de vergers de figuiers avec dégustation sur place,

    - élection du meilleur verger voire de la meilleure ambassadrice de la figue,

    - randonnées autour des champs de figuiers,

    - concours de meilleurs plats à base de figues,

    - projet de pépinière,

    - récompense du meilleur récit ou poème sur la figue,

    seront selon un organisateur au programme de la prochaine édition qui mérite de figurer dans l’agenda de la wilaya.

    S. Hammoum

  • Cause nationale, et on considère le site kabyle.com comme un relai fiable pour cette cause jusqu’à le citer dans une interview ???
    Faites un tour dans les forums de kabyle.com. Les discussions ne tournent pas autour de l’autonomie de la Kabylie mais autour de la justification du colonialisme et de la discrimination qui frappe les nôtres en France.

    Cause nationale, et on ne fait pas l’effort de communiquer en Kabyle ?

    Cause nationale, et on refuse de voir que ceux qui sont contre les identités ailleurs sont contre l’identité kabyle aussi malgré les yeux doux sans lendemain ???

    Le nationalisme kabyle suppose la défense sans concession de la dignité kabyle.

    Awal-agi nniγ-t-id s tefransist maca bγiγ a d-mεuqqeγ seg tutlayt-agi n qaqqaḥ.

    • "La cause nationale kabyle", un idéal pour les autonomistes... 20 septembre 2007 09:26, par la mécréante

      d’accord avec toi, Hemmu.

      en dehors d’une défense sans concession de l’identité du PEUPLE KABYLE, du nationalisme KABYLE et de LA KABYLIE, il vaut mieux fermer sa gueule en regardant, avec mauvaise foi, couler le rafiot islamo-algérie.

      kabyle.com n’en a rien à foutre de la Kabylie. kabyle.com est une société commerciale (SARL) qui est tenue de "faire du chiffre", de présenter ses bilans comptables, etc.

      kabyle.com bouffe à tous les râteliers (fric oblige) et avoue chercher à attirer les islamo-arabisés, ainsi qu’il l’a publié dans une réplique.

      Sans doute pour faire concurrence à BERBERE TV, cette mosquée du 9-3 !

      la mécréante

  • Azul,

    À propos de la guerre politique sur l’Internet. Ferhat a le mérite de s’y intéresser, car, l’internet s’est révélé en effet un formidable espace où se retrouvent de nombreux militants kabyles et de citoyens kabyles contraints à l’exil et qui se sont emparés de cet outil pour exprimer tout leur potentiel intellectuel, avancer des idées avant-gardistes qu’il aurait été impossible de dire autrement, etc.

    Ceci dit, cela n’est pas allé sans inconvénients. Les flics du pouvoir algérien l’ont aussi investi. D’outil de discussion et d’action en faveur de tamazight et de la Kabylie, de nombreux forums sont devenus de véritables espaces de parking pour des flics dont la seule tâche est d’approcher les militants pris dans l’isolement et le besoin de rapprochement, de collecter sur eux des infos, de torpiller les amitiés pour empêcher toute solidarité militante, etc.

    Plus grave encore, ces « forums » sont devenus l’espace privilégié de « militants-des-services » qui par leur zèle, leurs amalgames, leur omniprésence sur tous les fronts, en étant de tous les combats et de tous les sites kabyles en avançant une idée et son contraire, en étant à midi pour l’autonomie et algérianistes mordus à 14h participent du brouillage des cartes autonomistes, empêchent toute construction d’un point de vue kabyle autonome, d’une conscience kabyle, seuls gage de réussite du projet autonomiste kabyle.

    Je suis sûre que Ferhat ne doit pas ignorer les enjeux liés à certains de ces sites et forums.

    Il doit certainement savoir que la liste de diffusion d’Amazigh Net par exemple n’est qu’un sombre canal `de propgande des services algériens en AMérique du Nord, que nombre d’associations culturelles directement inféodées au consulat et ambassabe algériens au Canada trouvent dans cette liste gérée à la stalinienne leur terrain de propagande mensongère et de détournement politique.

    Le microcosme politique autonomiste est loin d’être aussi idyllique que nous le décrit l’Ancien. Pour le moment, c’est un véritable panier à crabes, une marre où les grenouilles des services algériens croassent plus fort que la voix autonomiste authentique.

    Je ne lui ferai pas l’offense publique de citer des noms.

    La construction d’une vraie organisation autonomiste, avec un relais de sympathisants dévoués commence par une vraie intransigeance vis-à-vis de la probité et surtout de l’intégrité.

    Contrairement à Ferhat qui affirmait sur le blog de Benchicou : « Il n’est pas exclu que parmi ceux que vous appelez les "Kabyles de service" il y en ait d’authentiques autonomistes. », je ne crois pas que l’autonomie se construira avec les Kabyles des services.

    Cordialement,

    Mme Nora Larfi
    Canada

  • "La cause nationale kabyle" 27 septembre 2007 16:04, par la mécréante

    voici "un statut de large autonomie" version française... même si c’est "vu" par le pro-islamiste Ternisien.

    Alors, Kabylie kabyle ? Kabylie arabo-algérienne ? ou carrément arabylie ?...

    bonne lecture.

    La mécréante


    Le revers polynésien de Nicolas Sarkozy, par Xavier Ternisien - LE MONDE | 27.09.07 | 14h20

    Bien sûr c’est loin. Bien sûr, cela intéresse peu les commentateurs politiques, plus préoccupés par ce qui se passe à Londres, Berlin ou Washington. Il n’empêche : le retour de l’indépendantiste Oscar Temaru à la tête de la Polynésie française, élu grâce à une majorité relative le 13 septembre, constitue un revers pour Nicolas Sarkozy.

    Depuis son arrivée au pouvoir, le président de la République a apporté son appui, de manière ostensible, au président autonomiste Gaston Tong Sang, qui avait été élu le 26 décembre 2006. Il l’a reçu à l’Elysée début juillet. Il a annoncé la signature d’un contrat de projets avec le gouvernement polynésien pour un montant de 430 millions d’euros.

    Mieux, M. Sarkozy devait réserver sa première visite en outre-mer à la Polynésie, fin octobre ou début novembre. Cette politique a trouvé ses limites lors du renversement du gouvernement Tong Sang, le 31 août, censuré par une coalition hétéroclite rassemblant des indépendantistes et des autonomistes du Tahoeraa huiraatira, le parti de Gaston Flosse.

    Territoire d’outre-mer vaste comme l’Europe, la Polynésie est dotée, depuis 2004, d’un statut de large autonomie.

    - Elle élit une assemblée territoriale, laquelle élit à son tour un chef de l’exécutif, qui porte le nom de président de la Polynésie.

    - Le fenua ("pays" en polynésien) possède tous les symboles de la souveraineté : drapeau, hymne national, gouvernement.

    - L’Etat français y conserve ses prérogatives régaliennes : police, justice, armée, politique étrangère.

    - Enfin, le président de la République a le pouvoir de dissoudre l’assemblée territoriale.

    Désormais, le gouvernement français va devoir composer avec un partenaire peu commode. Fondateur du parti indépendantiste Tavini huiraatira, M. Temaru a déjà présidé la Polynésie à deux reprises, de mai à octobre 2004, et de mars 2005 à novembre 2006.

    Fantasque, imprévisible, il a multiplié les provocations, annulant au dernier moment une entrevue avec M. Chirac en juin 2006, enchaînant les déclarations indépendantistes dans les enceintes internationales, notamment devant le Forum des îles du Pacifique à Fidji, en octobre 2006.

    Toutes ces outrances ont effrayé les alliés autonomistes du Tavini et lassé ses soutiens en métropole, y compris au Parti socialiste, lié au parti indépendantiste par un accord politique. Le bilan du gouvernement indépendantiste a été bien mince, comme l’a relevé Alex W. du Prel, directeur du mensuel indépendant Tahiti Pacifique : "Hormis les incessantes déclarations hostiles à la France ou pro-indépendantistes de M. Temaru, qui ne faisaient que donner à ses ennemis des bâtons pour mieux le battre, les faiblesses de la gouvernance UPLD (indépendantiste) peuvent essentiellement se résumer à l’incapacité d’Oscar à prendre des décisions fermes et réfléchies."

    Le gouvernement français, par la voix du secrétaire d’Etat à l’outre-mer, Christian Estrosi, déclare qu’il respectera le résultat de l’élection. Il appelle de ses voeux une plus grande stabilité politique en Polynésie. Un projet de loi organique réformant le mode d’élection de l’Assemblée de la Polynésie et visant à dégager une majorité plus nette doit être déposé à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.

    Le gouvernement souhaite aller vite afin que, après dissolution de l’Assemblée territoriale, de nouvelles élections puissent avoir lieu avant la fin de l’année ou au début de 2008.

    Il n’est pas sûr que ce délai pourra être tenu. Le calendrier est extrêmement serré. En outre, M. Temaru a fait valoir qu’il souhaiterait que les élections territoriales aient lieu après les municipales de mars 2008. Ces dernières élections sont les plus importantes en Polynésie, car elles sont à la base de toutes les carrières politiques.

    Le tavana ("maire" en tahitien) est censé apporter les voix de sa ville aux élections territoriales ou nationales. Le pari de M. Sarkozy, en Polynésie comme dans le reste de l’outre-mer, repose sur un renouvellement du personnel politique à droite. Il a en partie réussi.

    En Nouvelle-Calédonie, Jacques Lafleur, qui n’a pas obtenu l’investiture UMP aux législatives, paraît définitivement écarté de la vie politique. En Guadeloupe, la défaite des candidats soutenus par Lucette Michaux-Chevry semble sonner le glas de l’influence politique de "la Dame", comme on la surnomme.

    NOUVEL INTÉRÊT STRATÉGIQUE

    Reste M. Flosse en Polynésie. Symbole entre les symboles des réseaux chiraquiens en outre-mer, le sénateur UMP et fondateur du parti autonomiste Tahoeraa huiraatira n’a jamais digéré d’avoir été écarté, en 2005, du fauteuil de président de la Polynésie.

    Une fonction qui avait pourtant été taillée à sa mesure par son ami Jacques Chirac. Grâce à un coup de poker, il est en train de revenir au centre du jeu politique polynésien. Début juillet, le quotidien Les Nouvelles de Tahiti a révélé l’existence d’un protocole d’accord négocié entre les deux ennemis de toujours, M. Flosse et M. Temaru.

    Ce document prévoit que la Polynésie française devienne, dès 2008, un "pays associé de la République française" et prenne le nom de "Polynésie française-Tahiti Nui". Un référendum d’autodétermination aurait lieu en 2028. Ainsi, M. Flosse, qui a toujours combattu farouchement les thèses indépendantistes, est-il prêt à envisager une transition ouvrant la voie aux "accords de Tahiti Nui", équivalent des accords de Matignon pour la Nouvelle-Calédonie.

    L’allié encombrant, dont M. Sarkozy aurait aimé se débarrasser, a su se rendre incontournable. Le renouvellement du personnel politique, incarné par M. Tong Sang, a fait long feu.

    La question de l’évolution des institutions va de nouveau être sur la table. M. Sarkozy va devoir préciser sa vision de la présence française dans le Pacifique. Que la France le veuille ou non, elle est une puissance régionale à travers ses trois collectivités que sont la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna. Auxquelles il faut ajouter l’atoll de Clipperton, au large du Mexique.

    Depuis que le contentieux nucléaire n’existe plus, l’Australie et la Nouvelle-Zélande comptent sur l’influence française pour contribuer à la stabilité de la région, politiquement émiettée en micro-Etats et soumise à l’influence grandissante de la Chine.

    A l’époque de la construction européenne, la présence de la France dans les "confettis d’Empire" pouvait paraître anachronique. A l’heure de la mondialisation, les collectivités d’outre-mer - qu’on désigne volontiers comme "la France des trois océans" - pourraient revêtir un nouvel intérêt stratégique.

    En termes diplomatiques et économiques. Mais aussi du point de vue écologique, en raison de la richesse biologique de ses espaces marins et coralliens.

    Xavier Ternisien