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Musique
Iness Mezel ou la promesse d'une continuité...
[Lën] : le nouvel album que présente la chanteuse Iness Mezel, à travers un répertoire "groove made in Berbère/Seine"
dimanche 25 avril 2010
par webmaster (Date de rédaction antérieure : 25 avril 2004).

Iness Mezel fait partie de ces artistes qui ont décidé de libérer la chanson et la musique kabyles de la médiocrité dont une certaine tendance veut les confiner. Elle récidive avec un troisième album par lequel elle "nous révèle, grâce à la richesse de sa voix chargée d’émotions, les secrets d’une Afrique berbère."

Llan (il y en a...) est le titre du nouvel album que nous offre à écouter la chanteuse kabyle Iness Mezel.

Dans l’introduction du livret accompagnant cet album, pouvons-nous lire : "Il y en a... et, pour toujours ! de ces êtres libres qui ne s’en laissent pas compter, ni par les choses matérielles, ni par les détours et manigances de l’esprit, mais qui donnent un peu de leur âme pour des idées de résistance. Quelle insolence, n’est-ce pas ?".

Vous trouverez certainement du plaisir à écouter les mélodies d’Iness Mezel, agrémentées de textes chargés d’émotion, d’attachement à la liberté et d’appel au combat et à la résistance.

Dans ce CD-9 titres, Iness Mezel nous parle de la femme, de la jeune fille, de la mère, de l’Afrique et ses enfants, de la langue et de l’identité. Elle parle d’Amour et de liberté.

Dans la chanson Rrmel (le sable), elle décrit les envahisseurs et les idéologies qu’ils apportent pour les imposer comme du sable "qui avance, qui se glisse dans les moindres silences" pour imposer leur langue. Elle continue et dit :
"Comme le sable mêlé de sel qui ronge tout par usure, ils envahissent notre identité par le sang.

"Comme le sable qui recouvre et enterre les civilisations, ils viendront enrouer notre culture et dérégler ses mécanismes.

"Comme le sable, ils avancent sur les étendues de liberté pour qu’il n’y pleuve plus cette vie ardente, et seul le marbre de notre identité leur résistera."

Oui ! Tant qu’il y a des femmes et des hommes, comme Iness Mezel, qui disent cela et qui agissent pour résister et pour exprimer ces choses là, nous allons continuer à vivre pleinement notre identité et à la perpétuer.

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Iness Mezel (© Marc WAYMEL)

La chanson Llan [Lën, 2], Iness Mezel la dédie à "ceux qui, par Amour, ouvrent leur cœur et reçoivent tellement, tant ils ont su donner". Dans cette chanson, elle nous dit comment entre ceux emprunts de pessimisme qui se complaisent dans le drame ou le malheur et ceux dont le bonheur est fait de petits riens, elle a choisi les éclats de rire et les éclairs de bonheur.

Dans la chanson Ekker [Aker, 3], elle "chante la jeune fille qui devient femme" ; elle chante "la femme accomplie qui sait voir et comprendre d’instinct, mais qui sait combien il lui en coûte d’être lucide !".

Awal, 4 exprime toute la valeur qu’a une langue. Iness dit, dans cette chanson, combien "le mot est pouvoir".

La chanson Tamett’ut [tametot, 5] est dédiée à la femme "fière de ses mouvements qu’elle détache avec précaution n’oubliant rien de ce qui fait de sa danse un mouvement humain, salutaire et ancestral".

Dans cet album, Iness Mezel n’a pas oublié la Mère. Elle lui dédie la chanson A yemma, 6. Elle dit combien elle souffre dans l’exil loin de sa mère.
"Mère que j’ai quitée pour vivre un meilleur quelquepart, me pardonnera-tu de te laisser vivre le pire. Toi qui m’inspire l’amour le plus absolu."

Iness Mezel chante aux enfants de l’Afrique, elle chante pour les femmes qui les enfantent ; c’est dans la chanson Ad nghenni [Anreni, 8].

Des mélodies dont la lumière, le dynamisme et l’énergie accompagnent les subtilités de la langue kabyle.

A la fois africaine (père kabyle) et européenne (mère franco-italienne), Iness nous révèle, grâce à la richesse de sa voix chargée d’émotions, les secrets d’une Afrique berbère, urbaine, aux fortes impressions afro jazz, y incarnant un état d’esprit et un style résolument modernes et ouverts sur le monde, libérée de ses traditions. Après des études musicales classiques aux côtés de Nicole Maison, pour le chant lyrique baroque - Sara Lazarus, pour l’improvisation jazz - Elik Tara pour le chant africain, et Tamia pour le chant classique et contemporain, Iness Mezel oriente son travail de composition vers l’ouverture de l’espace harmonique (la gamme pentatonique est très souvent utilisée en musique traditionnelle berbère), opte pour une conception polyrythmique des arrangements, et engage la musique berbère vers des horizons inédits.

Rappelons qu’à son actif, Iness Mezel a déjà deux albums : Wedfel, naïve (1999) & In’as Mazal (1998).

Les titres de l’album tels que transcrits sur le livret du CD

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Lën : nouvel album d’ Iness Mezel (© Anabell GUERRERO)

Iness Mezel,

Lën,

Nocturne,

NTCD 333,

Avril 2003.

1. Edjtar (4’24)

2. Lën (4’06)

3. Aker (3’59)

4. Awal (5’14)

5. Tametot (5’04)

6. A Yemma (4’18)

7. Djiyi (4’20)

8. Arenni (3’59)

9. Ermel (5’03)

NDLR : Nous avons repris la transcription telle que donnée par l’éditeur, bien que celle-ci soit différente de la Transcription Standard du Berbère, et ceci pour permettre à nos lecteurs et lectrices de se repérer sur le livret du CD.

P.-S.

(avril 2003)

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9 Messages

  • azul merci a Iness mezel sur la soire amazigh a agdir maroc
  • > Iness Mezel ou la promesse d’une continuité... 24 février 2006 13:13, par Un fan du site
    Iness Mezel me réconcilie avec la femme kabyle après le choc que m’a causé la psychiatre qui chante des chants religieux. Vivement que les sites berbères ne fassent de promotion que pour les chanteuses et chanteurs ayant pour autre souci, après celui de donner du bonheur, de conduire leur peuple vers la lumière. Tous ceux qui s’écartent un tant soit peu de notre aspiration à devenir meilleurs, de notre rêve de cotoyer un jour l’excellence, doivent être ignorés et les chansons qu’ils commettent vouées à la corbeille de l’oubli.
    • > Iness Mezel ou la promesse d’une continuité... 21 mars 2006 21:27, par Hocine de Paris
      Il serait temps, cher internaute, que vous admettiez que les gens ont le droit d’être différents, d’écouter ou même de chanter autre chose que ce que vous aimez. C’est à ce moment-là, et seulement à ce moment-là,que l’on peut faire évoluer à la fois la culture kabyle et les gens qui la vivent au quotidien. Vivement que l’on cultive la tolérance.
      • > Iness Mezel ou la promesse d’une continuité... 29 mars 2006 18:41, par Un lecteur
        Merci pour la leçon de tolérance, vous qui êtes froissé que j’émette un avis sur la pollution sonore qui envahit, depuis quelques années déjà, la chanson kabyle. Je veux bien crier vive la différence avec vous mais que l’on cesse d’abrutir les masses avec ce droit à la différence. La tolérance n’interdit pas que l’on combatte la médiocrité y compris quand les bonnes consciences de la tolérance essaient de nous inculquer le parler correct, cette langue de bois qui nous fait avaler des couleuvres. La chanson kabyle ne doit pas seulement faire danser, détendre ou divertir le peuple auquel elle s’adresse mais également contribuer à son émancipation, à son éveil. Le peuple kabyle ne lit pas beaucoup, les villageois n’ont pas accès au théatre, ils tirent leur culture de cet unique média culturel qu’est la chanson. Dans cette Kabylie, je devrai dire dans cette Algérie, sinistrée par l’école fondamentale, l’arabisation forcée et la culture de la mort et de la terreur, il serait irresponsable que la chanson kabyle renforce le camp de ceux qui tirent profit de notre abêtissement. L’éveil du peuple Kabyle, son refus de l’aliénation, son attachement à la liberté, son combat pour la démocratie et l’identité, ce sont des chanteurs comme Ferhat, Idir, Ait-Menguellet et Matoub qui les ont semé dans les coeurs kabyles, pas les intellos et les politiques qui n’ont jamais vu plus loin que leurs intérets personnels. J’aimerai que vous aussi vous disiez avec moi : puisque la kabylie n’a pas d’autres éducateurs facilement accessibles que les chanteurs, gardez-vous, messieurs les artistes de chanter n’importe quoi car le combat n’est pas fini. La démocratie, tamazight, la liberté, les droits des femmes, qui peut dire au jour d’aujourd’hui qu’il n’y a plus de bastions à prendre ? Qui peut dire que la promotion de la chanson "kabyle légère" n’est pas le coup de poignard avec lequel le pouvoir de notre pays et ses amis conservateurs veulent tuer le sens critique que nous ont inculqués les chanteurs illustres que j’ai cités plus haut. Une chanson qui porte et nourrit la rebellion d’un peuple n’a pas le droit d’être lègère tant que ce peuple n’a pas atteint ses objectifs. Sans rancune aucune et mes salutations cordiales.
  • Iness Mezel ou la promesse d’une continuité... 30 mai 2006 15:27, par ferhat
    je souhaite de tout coeur que cette chanteuse réussira tés trés bien ,franchement quant je l’entand ,ça me rappel taos amrouche bonne cntinuité
  • slt.je suis vraiment fière de vous.je vous souhaite une bonne continuitè vous ètes un exemple pour la belle femme kabyle qui fait tout pour le tout pour prèsentè la chonson kabyle dans le monde entier.

    Voir en ligne : je ne sais pas

  • Salut ! 6 février 2007 14:04, par Rashid blues
    vous faites une musik vraiment fabuleuse,on en a jamais entendu pareille,c’est de l’innovation c’est le top ke se soit du point de vue voie ou composition,je vous encourage.