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Salem Zenia
mercredi 27 juillet 2005
par Masin

38. ZENIA Salem

Poète et romancier de langue berbère, Salem Zenia est né le 26 septembre 1962 à Fréha (Tizi-Ouzou). La famille Zenia, en kabyle Iwezniεen, est originaire du village d’Izarazen (Iflissen). Elle s’est installée dans la plaine de Fréha à la fin du XIXe siècle.
Après des études élémentaires dans son village natal, Zenia poursuit des études secondaires au lycée de garçons d’Azazga ; il les achève en juin 1980, sans avoir pu obtenir le baccalauréat. En avril 1980, Zenia participe aux diverses manifestations du « Printemps berbère » au sein du comité de lycéens de sa région.
Il poursuit des études de journalisme à distance auprès de l’Ecole Universalis (Liège, Belgique), dont il obtient le diplôme de journaliste-reporter à la fin de l’année 1981. Il est incorporé dans l’armée de 1984 à la fin de l’année 1986.

Militant de la cause berbère, il a suivi tous les développements qu’a connus la revendication berbère. Mais Zenia est plus intéressé par l’action culturelle ; ainsi, lors du deuxième séminaire du MCB [1] (juillet 1989), il fut l’un des principaux rédacteurs du Rapport de la 3e commission, « Culture et développement artistique ». Zenia quitte les rangs des commissions du MCB en 1994, à la suite des frictions politiques avec l’autre tendance du MCB (Coordination nationale).
De 1990 à 1995, Zenia a travaillé comme journaliste à l’hebdomadaire régional Le pays/Tamurt. Il s’occupera essentiellement des pages en tamazight. C’est lui qui sélectionne et corrige la majorité des articles publiés dans ces pages.

En 1998, il fonde sa propre revue, Iz’uran, orientée essentiellement vers la promotion de la littérature berbère.


Son œuvre littéraire

Outre quelques articles de presse (reportages, interviews...) parus dans Le pays mais aussi dans d’autres périodiques éphémères comme L’objectif démocratique, Zenia a publié deux poèmes dans la revue Awal. Son premier ouvrage est un recueil de poèmes Les rêves de Yidir [= Tirga n Yidir] publié en 1993 à Paris chez l’Harmattan. Les 110 pièces de ce recueil sont suivies chacune d’une traduction française.
Deux ans après, Zenia publie son premier roman Tafrara [L’aube] chez le même éditeur.
Tafrara est le sixième roman entièrement écrit en berbère, après ceux de Aliche, Mezdad, Sadi et U-Hemza. Il s’agit d’une description de la société kabyle des années 80. Le personnage principal, Yidir, n’est pas seulement pris dans les mailles d’une passion amoureuse mais aussi dans une crise sociale et surtout une crise identitaire. S’il s’interroge sur la façon de survivre en tant qu’Amazigh au sein de l’Etat-nation qu’est l’Algérie, il s’interroge aussi sur les moyens de résister à l’islamisme politique. Zenia reconnaît que certains faits vécus par Yidir sont autobiographiques. Comme il reconnaît l’influence indirecte de Mammeri, Féraoun et Yacine, celle des écrivains français du XIXe ou d’écrivains américains tels que Faulkner... Il affirme vouloir décrire la Kabylie, pas celle de Mammeri ou de Féraoun, mais celle des années 80, la sienne, celle qu’il vit tous les jours.

Zenia refuse d’écrire fiction et poésie dans une autre langue que le berbère, il estime que sa contribution à la promotion de celle-ci est justement son utilisation en littérature.
Sur le plan lexical, contrairement à la plupart des autres romanciers kabyles publiés jusqu’à présent, Zenia recourt au lexique des autres dialectes berbères. Il estime que cette démarche intégratrice de la variété lexicale peut favoriser à long terme l’émergence d’une langue écrite commune.

Deux œuvres de Salem Zenia paraîtront bientôt chez le même éditeur (L’Harmattan). Le premier est un recueil de poésie Tifsiwin [= Les printemps]. On y remarquera l’évolution de la structure poétique vers la poésie libre et une évolution de la thématique : la jeunesse, la revendication identitaire... Ce recueil sera suivi d’un roman Iγil d wefru où il aborde la société kabyle des années 90, caractérisée par une question identitaire non résolue et l’irruption brutale de l’islamisme, sur fond de crise économique.

Œuvres de S. Zenia [2].

- Les rêves de Yidir, Paris, L’Harmattan, 1993. Recueil de poèmes berbères avec traduction française. Préface de Tassadit Yacine.

- Tafrara, Paris, L’Harmattan, 1995, roman.

- Mi sliγ ccarweγ, poème, Awal, n° spécial M. Mammeri, 1990.


S. Chemakh.

[Sources : En dehors des informations qui étaient déjà en notre possession, Salem Zenia nous a reçu et a répondu à nos questions le 29 janvier 1999 à Tizi-Ouzou.]


Texte publié avec l’aimable autorisation des éditions Edisud ainsi que de Salem Chaker.

P.-S.

Texte extrait de "Hommes et Femmes de Kabylie", Tome 1, sous la direction de Salem Chaker, Edisud, Aix-en-Provence, 2001.
L’ouvrage sus-cité comporte 38 notices relatives à 34 personnages : voir la présentation et le sommaire du volume.
Voir également le site du CRB ainsi que celui des éditions EDISUD

Notes

[1Mouvement culturel berbère

[2Cet article est paru en 2001. Depuis, les deux ouvrages signalés en projet sont parus. Il faudra donc rajouter à la liste des œuvres de Salem Zenia les ouvrages suivants :

- Iγil d wefru, L’Harmattan,Paris, 2003.- Roman.

- Tifeswin (Printemps), L’Harmattan, Paris, 2004. - Recueil de poèmes berbères avec traduction française.

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1 Message

  • > Salem Zenia 8 août 2005 16:34, par benachour zahir (amedyaz)
    azul d ameqran felawen ghef umagrad id yettwarun ghef umeghnas ntmazight mass /zenia salem yuklal tajmilt nig taya imi nette d yiwen ger yergazen yettnaghen ghef tmazight id yefkan itmazigh netta yellan ger wid id yettaken itmazight tajmilt t nwen tameqrant yuklal nig waya deg wayen nettwali assa 2issegawassen segmi yebek weghmis izuran id yesufugh nette ulac aqbayli id yekren negh igerzan ghures aken asyefk afud d wafus aken ad yughal weghmis ihi salem dasalas n tsekla n tmazight d azamul ntrugza . stughzi ntudert isalem d wid iticuban.