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Les jalons de la souveraineté de la Kabylie
Point de vue de deux anciens detenus d’Avril 1980
vendredi 16 avril 2010
par Masin

Aziz Tari est né à El-Flaye (Sidi-Aïch). Il a vécu toute son enfance et son adolescence à Leqser. Sa rencontre au lycée de Bgayet avec Gérard Lamari, Djamel Zénati et bien d’autres fut d’emblée complice, superbe et unique. Elle sera le point de départ d’une alchimie qui allait, plus tard, engendrer Avril 80. Cette conjonction amicale, si confiante et hardie de quelques personnes à un moment donné est le pur fruit du hasard. Fortuite dirions-nous.
Cependant cette fusion secrétera quelques années plus tard le grand mouvement d’Avril 80.

Leur cursus lycéen accompli, ils feront partie de la première promotion de l’université de Tizi-Ouzou.
Sitôt arrivé sur le campus, ils furent très actifs dans le mouvement de contestation de la mainmise de l’UNJA sur les structures étudiantes.
Aziz Tari fut d’emblée repéré par les autorités comme un élément perturbateur et principal leader du mouvement étudiant autonome. Le wali de Tizi-Ouzou essayera dans un premier temps de le soudoyer. Peine perdue.
Aziz sera celui qui décidera, et seul dans un premier temps, de la première manifestation de 1980. La nuit du 19 avril, il sera arrêté, torturé et emprisonné par les forces répressives algériennes.

Gérard est, quant à lui, né en France où son père, immigrant, était un militant actif de la guerre d’Algérie. Leur village natal, Aguemoune (près de Seddouk), ayant été décimé par la guerre, M. Lamari père décide de rentrer pour s’occuper des veuves et orphelins de la famille. C’est ainsi que Gérard fera ses classes à Akbou puis au lycée de Bgayet, dans la même classe que Aziz.
À l’université de Tizi-Ouzou, Gérard, Aziz ainsi que Djamel Zenati seront le fer de lance du mouvement.

Même s’ils étaient connus (et ils le revendiquaient à l’époque) pour leur appartenance à l’extrême gauche révolutionnaire, Gérard et Aziz n’ont jamais été membres d’un quelconque parti politique. Ils seront d’ailleurs les seuls détenus d’avril 1980 à n’appartenir à aucun parti politique. Pourtant, l’un des chefs d’inculpation était "appartenance à des partis clandestins visant à déstabiliser l’Algérie". Il y avait aussi "complot contre l’État" et "Atteinte à la sécurité de l’État". Ces chefs d’inculpation étaient passibles de la peine capitale.

Leurs convictions les amèneront à incarner l’aile gauche du mouvement berbériste.

En 1981, la vallée de la Soummam connaitra aussi sa révolte. Aziz et Gérard seront arrêtés avec d’autres camarades, emprisonnés et condamnés (4 ans puis 2 ans en appel). Voir l’entretien de Gérard Lamari

En 1983, Gérard s’installe à Toulouse pour préparer sa thèse de mathématiques. Il revient en 1989 enseigner à Tizi-Ouzou pendant une année. Puis il s’exile en France.

Quant à Aziz, lassé par le marasme de l’opposition, il quittera sa Kabylie pour s’installer à Paris dès 1986.

Si leurs parcours se séparèrent pour longtemps, leur évolution politique se fera dans le même sens de l’Histoire. En 1995, Aziz fera partie du premier noyau autonomiste à Paris. Quant à Gérard, l’assassinat de Lounes Matoub sera l’élément déclencheur qui le fera basculer définitivement dans le camp souverainiste kabyle.

En ce 30e anniversaire d’Avril 80, Aziz et Gérard se retrouveront ensemble publiquement pour la première fois depuis 1981 !

Cette conférence sera l’occasion pour eux de revenir sur le Printemps berbère dont l’histoire est confisquée jusque-là par une certaine historiographie partisane.

Mais, en militants et observateurs avisés de la scène kabyle, ils saisiront cette occasion pour livrer un bilan des luttes passées et donner leur analyse de la situation actuelle.

La conférence portera sur deux points fondamentaux :

1) Le mouvement de 80 fut fondateur. Il s’est cependant cantonné à la stricte revendication du fait berbère ainsi que de la démocratisation du pays. L’élite de 80 a largement puisé dans le mouvement national algérien. Elle a tenté (vainement) de convaincre le pouvoir d’alors du bienfondé de son approche "pluriculturelle". Le seul résultat positif fut la démystification du système FLN.

2) La Kabylie est aujourd’hui émiettée et une grande partie de son élite a été recyclée, puis digérée. Les conférenciers suggéreront de tout remettre à plat. Pour opérer à la nécessaire mutation en vue de définir une démarche pour une réappropriation des domaines de souveraineté.


Kabylie : 30 ans après le Printemps berbère, témoignage de deux anciens détenus ; Aziz Tari et Gérard Lamari



[|Conférence débat
Samedi 17 avril 2010 à 14h30
Local associatif
12, rue Moulin des Lapins
75014 Paris
Métro : Pernéty (Ligne 13)

[*Entrée libre*]
|]

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14 Messages

  • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 17 avril 2010 02:37, par Amdan

    " ... revenir sur le Printemps berbère dont l’histoire est confisquée jusque-là par une certaine historiographie partisane."

    Oui, c’est ce que l’on constate à travers certains sites controversés et partisans. Je nomme en particulier Kabyles.net où un certain Hend SADI (devinez de qui il est le frère ?) y a écrit plusieurs articles sur "avril 1980". A aucun moment, il n’a cité ces personnes (Lamari, Tari et Zenati).

    Amnésie volontaire, ou egocentrisme ?

  • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 17 avril 2010 09:36, par un militant
    Le mouvement de 1980 est l’oeuvre de toute une population, pourquoi le réduire au simple rôle joué par deux personnes ? quand bien même MM.Lamari et Tari ont joué un grand rôle. Pourquoi vouloir à tout prix privilégier le rôle d’un tel au détriment de tel autre ? Cela me dégoute, ce n’est pas par l’exclusion que l’on refondra un mouvement parti en capilotade. Qu’on le veuille ou non, malgré des parcours différents des uns et des autres, Sadi dont vous savez de qui il est le frère, comme il est dit dans le texte, a joué un rôle trés important et cela ne diminue en rien le travail des autres. Arrêtons de faire comme le FLN, les faits sont têtus on ne peut pas les changer parce qu’on n’aime pas leurs auteurs. Il y a une seule histoire du mouvement 80, elle est faite par des hommes et des femmes d’horizons politiques divers, ce qui prouve d’ailleurs que la diversité on l’a connue bien avant l’ouverture de 1990 et on l’a assumée pleinement. Qu’on soit contre Sadi, khellil, Zenati, Lamari(pas celui auquel les esprits pervers penseraient) , Tari, Djaffar Ouahioune(d’ailleurs certaines gens ont tendance à l’oublier car il était du RCD, j’ai une grande pensée pour ce grand monsieur), ou avec eux, cela ne changera pas les choses. faisons table rase de tout, assumons nos erreurs et allons de l’avant. L’exclusion ne fera que nous fragiliser. Mes salutations militantes à Gérard Lamari et Tari Aziz. Tadukli a yatmaten.
    • canard sans tête ! 17 avril 2010 17:11, par La Mécréante !

      Salut militant,

      c’est quoi ton problème au juste ? Tu aurais voulu une manif de tous les "80" ? Tu plaisantes, j’espère !...

      Crois-tu qu’il est possible de tous les ressusciter des morts ? Crois-tu qu’il est possible de ramener au bercail les "vendus" à la cause islamo-ângérianiste dont je ne cite pas les noms que tu connais trop bien ?

      Quel militant es-tu ? Quelle cause défends-tu pour venir, ici, chier sur les kabyles ? tu es bani sur le site de Sadi ? as-tu été refoulé de ses meetings de merde ?

      bref, en peu de mots : que viens-tu mendier chez les kabyles ?

      • canard sans tête ! 20 avril 2010 18:12, par un Militant
        Pour la mécréante, Je ne viens mendier personne, ni les kabyles dont je suis un fier représentant, ni surtout des gens haineux dont vous semblez être le porte-étendard. Je n’ai insulté personne dans mon message, je n’ai pas été vulgaire, j’ai apporté ma modeste contribution à un débat qui concerne tous les kabyles et je me vois traiter de mendiant. Ce n’est pas un comportement pareil qui nous unira. Je tiens à préciser que j’étais militant du RCD dont je partage la plupart des orientations, je suis trés fier de ma modeste contribution au combat démocratique avec mes amis militants de ce même parti. Je n’ai jamais trahi personne, je n’ai jamais été compromis dans des affaires, je me suis toujours contenté de mon petit salaire d’enseignant. Sachez que je suis imperturbable, je n’ai rien à me reprocher. Pour répondre à vos questions : Je suis militant de la démocratie, de tamazight, de l’union de tous les militants des causes justes. Je ne suis banni nul part Je continuerai à rêver de l’union de tous les kabyles et de l’enterrement de la hache de guerre. Ps : Si c’est pour faire encore usage d’un langage ordurier, je vous prie de ne pas répondre à mon message. Salutations militantes.
    • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 19 avril 2010 23:52, par cfewa

      Azul Azul,

      C’est quand même révélateur que tu cites les Sadi alors que le texte ne nomme personne. Pou Puisque tu es un militant si vigilant, tu devrais savoir qu’en parlant d’historiographie partisanne à propos d’Avril 80, on pourrait penser à d’autres mouvances ou autres personnes à moins d’avoir été justement formaté à l’école sadiste. On peut par exemple penser à la célèbre chronologie de Rachid Ali Yahia qui, comme chaque initié le sait, appartenait au courant du PRS de Boudiaf ; ce qui n’enlève rien à son implication. On peut même penser à feu PAGS (le comble, hein !?) qui a récupéré la chronologie sous forme d’études universitaires (voir Guenoun). Sans compter les inombrables récits FFS, etc.
      Seu Tu dois aussi savoir que les évenements de 80 sont certes l’oevre de la population, mais l’universite y était le point d’attaque et le point de mire aussi ! Et que sans toute cette base étudiante impliquée, engagée jusqu’aux limites du don de soi, il n’ y aurait pas un 20 avril. Tari, Aziz et bien d’autres étudiants l’ont été. Leur militantisme doit être salué à^plus d’un titre : comme hommage au^passé, mais aussi comme modèle pour le présent. Dans leur désintéressemt, ils se sont fait discrets, pour ne pas avoir à négocier des strapontins. Peut-on dire ca de tout le monde ? Il est ou le mal a se reapproprier une mémoire collective, y compris ses pans les moins empressés, les moins mediatisès...des plus sinceres ?
      Qua

      • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 23 avril 2010 03:32, par Cfewa

        J’imagine que les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes : il fallait lire Rachid Chaker, le frère de qui vous savez, et non Rachid Ali Yahia.

        Tanemirt

  • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 18 avril 2010 22:39, par mahmouh
    c la premiere fois que j’entends parler de ses 2 militants !!c quand meme triste, moi qui as fait l’universite mouloud mameri !!!ca prouve que le primtemps berbere est confisquer !
    • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 19 avril 2010 05:44, par La Mécréante !

      salut mahmouh,

      il n’y a pas que ce "printemps" qui est "confisqué" au pays des 5 gueulantes de minaret par jour, au pays des "islamistes armés" (et non armés, soi-disant...), au pays des "terroristes résiduels" et des terroristes (permanents) d’État, au pays des arabo-arabistes-arabisants, au pays des 3 neurones : bouffer-ronfler-ch...er, au pays du "pousse-toi de là que je m’y mette", au pays des haragas ou souteneurs de murs, au pays sans passé et sans avenir donc sans Histoire et sans langue, etc.

      toutefois, vous auriez pu connaître l’existence de "ces militants" depuis longtemps en lisant ce site, et de bien d’autres militants de de la première heure en lisant les sites kabyles (francophones et kabylophones).

      les carnets de voyage de Gérard Lamari vous intéressent-il ?.

      Azulations.

      • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 19 avril 2010 12:08, par Aqjoun

        Bonjour à tous,

        Je remets encore une couche jusqu’à plus soif !

        Awer nekhar !

        Les Kabyles ont toujours été "leurs propres ennemis" ! Par leur faute, l’islam règne dans tout le bassin méditerranéen et africain (revoir l’histoire de l’Anladousie) : Ils ont récolté un beau ZERO ! Par leur faute, ils ont contribué à faire rayonner l’arabisme sur la moitié de la planète (revoir les longs fleuves de la poésie auquelle ils ont été le fer de lance et en arabe svp !!!) : Ils ont obtenu un AUTRE ZERO ! Par leur faute, ils se sont toujours sacrifiés pour les causes d’autrui, mais jamais pour leurs causes propres entre lesquelles il règne une jalousie féroce entre eux : Ils ont toujours OBTENU DES ZEROS pas seulement dans le monde entier où on n’en parle jamais d’eux, mais dans leurs propres VILLAGES où il règne, TOUJOURS PAR LEUR FAUTE, un ISLAMISME RADICAL et RETROGRADE... !

        On est passé de la dynastie khorotisme-muzlouriste en maraboutisme-zaouiste aux salafismes-anticulottistes = IMBECILISME-FIERTISTE KABYLE ! Et moi, j’ai la maladie du HONTISME d’être KABYLE !

        LE JOUR OU l’ON FERA NOTRE MEA CULPA de NOS ERREURS, NOUS EXISTERONS PEUT-ETRE UN peu !

  • Les jalons de la souveraineté de la Kabylie 19 avril 2010 18:58, par Saga des Gémeaux

    J’aurai aimé que l’article puisse traiter des jalons de la souveraineté de la Kabylie.

    Saga des Gémeaux.

  • l’infamie des suppôts de barbeFLN 20 avril 2010 09:09, par La Mécréante !

    "le Khabar " du jour "célèbre" la 20 Avril en vomissant la Kabylie. Lisez ci-dessous et dites-moi s’il reste encore un kabyle qui tient à s’accrocher à "l’Algérie arabe ! arabe ! arabe !" , à l’islamo-salafiste-algérie ? à l’algérie la crevure du continent ? à l’algérie la risée du monde ?

    Lisez et observez que l’article est illustré par les islamistes armés qui tirent sur la foule kabyle, le 14 juin 2001...

    Lisez et décryptez... analysez chaque mot...

    c’est carrément Boutef qui "organise" Tafsut !!! c’est nouveau ! ça vient de sortir ! ha ha ha ! il n’a même pas peur que ne nez de Pinocchio le transperce de part en part !!! ha ha ha !!!


    "Commémoration aujourd’hui de l’anniversaire du printemps berbère"
    " Le président Bouteflika a réussi à « apprivoiser » la Kabylie"

    "La commémoration du 30e anniversaire des évènements du printemps berbère, déclenchés le 20 avril 1980, dans la région de la Kabylie, n’est plus considérée comme auparavant, c’est-à-dire un rendez-vous de protestation et de relance du militantisme démocratique. Bien au contraire, ces dernières années, cet anniversaire a été caractérisé par des activités folkloriques sponsorisées par le pouvoir lui-même, ce qui donne l’impression que la Kabylie a été apprivoisée depuis l’accession du président Bouteflika au pouvoir, en 1999."

    "Il y a quelques années, les résidents de cette région ne laissaient jamais l’anniversaire du 20 avril passer « inaperçu », comme le constate un bon nombre d’observateurs. Cette date symbolise les manifestations populaires menées par les étudiants de la région, au printemps de 1980, éclatées suite à l’interdiction de l’écrivain Mouloud Mammeri de tenir une conférence au niveau de l’université de Tizi Ouzou, qui a porté son nom, par la suite. Pour ceux qui se souviennent, les accrochages qui ont lieu entre les étudiants et les forces de l’ordre ont fait des victimes dans les deux parties."

    "Dans ce contexte, les activités culturelles commémorant cet anniversaire dans la wilaya de Tizi Ouzou, se déroulent sous la direction de l’ex directeur de la campagne électorale du président Bouteflika, en 2009, et directeur actuel de la culture de la même wilaya, M. Ould Ali El Hadi. A signaler que ce dernier a été à la tête du mouvement culturel de l’Amazighité et a appelé pour plusieurs marches de protestation et scandé des slogans contre le pouvoir. La même personne, désignée par le pouvoir, organise, ces dernières années, des activités de folklore, obéissant aux orientations du pouvoir qui l’a placé dans ce poste."

    "De leur part, les deux partis politiques, le FFS et le RCD ont tenté de sauver l’honneur, en annonçant des marches, pour aujourd’hui. Selon les observateurs, la situation politique qui prévaut dans la région de la Kabylie est une réussite pour le président Bouteflika, qui est parvenu à l’apprivoiser, soulignant que ce dernier a pu atteindre des objectifs en un temps recors, contrairement à ces prédécesseurs. "

    El Khabar - 20-04-2010 - Par M. Tachabount