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J'accepte !
lundi 29 octobre 2007
par Masin
Ci-après le contrat reconductible par tacite reconduction que nous, les Berbères, signons chaque matin en nous réveillant. Nous invitons nos chers internautes à le signer et, éventuellement, enrichir ses clauses...



1) J’accepte de sacrifier ma langue, mon identité, mon Histoire et ma culture au profit de mon petit confort ;

2) J’accepte d’oublier les militants morts pour notre langue, à condition qu’on indemnise leurs parents et me permettre ainsi d’avoir bonne conscience ;

3) J’accepte que des militaires fouillent ma maison à la recherche des terroristes, car je n’ai rien à me reprocher ;

4) J’accepte qu’on jette en prison des militants berbères, car je suis convaincu que leur emprisonnement ne fera qu’avancer notre cause ;

5) J’accepte qu’on élimine des hommes de culture, pourvu qu’on me laisse aller à leur enterrement, fleurir leurs tombes et composer une chanson à leur mémoire ;

6) J’accepte de circuler avec des papiers rédigés en arabe, pourvu qu’on me permette de dire "je ne suis pas Arabe" ;

7) J’accepte la politique étrangère de mes dictateurs, j’accepte de soutenir leurs amis et de condamner leurs ennemis ;

8) J’accepte que mes enfants apprennent la langue arabe au nom du droit à l’éducation ;

9) J’accepte de me faire humilier par la police du régime, pourvu qu’on me laisse, à mon tour, humilier ma femme, mes sœurs ou les pauvres de mon quartier ;

10) J’accepte d’appartenir à la civilisation arabo-islamique, pourvu qu’on me crée une institution faisant semblant de prendre en charge ma culture ;

11) J’accepte que les officiers d’Etat Civil prénomment mes enfants selon leur volonté ;

12) J’accepte que des compatriotes non-berbérophones m’insultent, car les "pauvres" s’ignorent et ignorent l’Histoire de l’Afrique du Nord ;

13) J’accepte de me prendre pour un Arabe en présence de méchants étrangers qui cherchent à s’ingérer dans les affaires intérieures de mon pays ;

14) J’accepte de me sacrifier pour mon pays, même s’il ne me reconnaît pas, pourvu qu’on ne m’accuse pas de séparatiste, de raciste et d’égoïste ;

15) J’accepte de laisser ma terre patrie à mes ennemis, pourvu que mon frère respecte les frontières du champ que notre défunt père nous a légué ;

16) J’accepte la vulgarité des militaires, mais je ne permettrai jamais à mon frère de me manquer de respect ;

17) J’accepte de faire le deuil de mon fils tué par les gendarmes en 2001, pourvu qu’on me laisse me venger de mon cousin dont le grand père a tué le mien en 1913 ;

18) J’accepte le mensonge du pouvoir, pourvu qu’on me laisse mentir à ma femme et à mes enfants ;

19) J’accepte qu’on s’exprime uniquement en arabe au sein des institutions, pourvu qu’on me laisse parler ma langue chez moi ;

20) J’accepte qu’on marginalise ma culture, à condition que je sois toléré des "démocrates" français et arabophones ;

21) J’accepte de mourir pour une autre cause, pour prouver au monde que, contrairement à ce que l’on croit, je ne suis pas un Berbère tribal, sectaire et nationaliste ;

22) J’accepte la pollution idéologique arabo-islamiste, la destruction des oliviers et la dispersion des poisons chimiques.., même si je sais que je disparais chaque jour davantage ;

23) J’accepte pacifiquement la guerre qu’on m’impose, même si je sais qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent ;

24) J’accepte de considérer mes ancêtres comme de véritables barbares que l’Islam a tirés des ténèbres du paganisme, du polythéisme, du judaïsme et du christianisme, pourvu qu’on m’autorise à faire des manifestations pacifiques et faire signer des pétitions pour m’indigner de cette contre vérité historique ;

25) J’accepte que mes dictateurs puissent être d’une honnêteté douteuse et parfois même corrompue, je pense d’ailleurs que c’est normal au vu de fortes pressions qu’ils subissent de la part des ennemis de l’islam ;

26) J’accepte cette situation et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer ;

27) J’accepte d’être traité comme du bétail, car, tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux ;

28) J’accepte de ne poser dorénavant aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre corps et âme ce contrat si on me le demande ;

29) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice placée devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais qu’on agit pour mon bien et pour celui de tous les Berbères.

Le Premier signataire

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23 Messages

  • J’accepte... 29 octobre 2007 07:38

    je n’accepte pas ! je n’accepte rien de ce manifeste de merde ! pour bouffeurs de merde décérébrés !

    La Kabylie existe ! la terre kabyle finira, tôt ou tard, par se venger des kabyles qui l’auront salopée !

    La mécréante.

    PS : Avis aux islamo-arabisés, nantis de 3 neurones minimum :

    Shocking ! very shocking ! Après avoir snobé l’ouverture des festivités de "Alger capitale (dégueulasse et répugnante) de la culture arabe, voici que l’Algérie et "l’Arabylie", depuis peu mangeurs d’ânes, sont privées d’araberie par les wahhabites dont ils sont le paillasson et la serpillière.

    Pleurez, ô BRTV ! ô ENTV, ô El Moudjahid ! vos mosquées y pourvoiront, n’est-ce pas ?


    Après que l’Egypte ait vendu les droits de retransmission à une compagnie saoudienne privée,
    Le téléspectateur algérien privé des prochains jeux panarabes

    El Khabar du 29.10.2007 -
    Par Reda Abbés/ Traduit par B. A

    Le téléspectateur algérien ne pourra pas voir les prochains jeux panarabes, qui se dérouleront en Egypte, car cette dernière a vendu les droits de transmission des jeux à une compagnie médiatique saoudienne privée.

    La compagnie en question a réclamé des sommes astronomiques à l’Algérie pour avoir ses droits, qualifiées même par une source de l’ENTV « insurmontables ».

    L’Egypte, pays organisateur de la nouvelle édition des jeux panarabes, a décidé de vendre les droits de transmission à une compagnie médiatique saoudienne, la compagnie en question a décidé, en vertu de cet accord, de réclamer des sommes astronomiques aux pays arabes pour leur permettre de regarder leurs athlètes évoluer.

    Le fait que l’Egypte ait privilégié l’investissement est contraire aux recommandations du Comité International Olympique qui ne tolère aucune forme de « business » dans les activités sportives, un domaine qui devrait privilégier l’esprit de solidarité et de rapprochement entre les peuples.

    • J’accepte... 29 octobre 2007 12:58, par Amazigh
      Ce manifeste a été signé par les vendues de l ircam, le temps donnera raison au militants libre independant et courageux.
    • J’accepte... 29 octobre 2007 14:17, par Yidir

      La mécréante,

      Sais-tu que les associations de la CBF ont organisé les fêtes de l’aïd ?
      Voici le lien sur le site de CBF... Bientôt les associations berbères seront associées à cette Mer...
      Alors que nous faiosn tout pour nous démarquer du monde arabo-izz’an... et là, à travers la CBF (ceux qui velent être représentants et interlocuteurs des Berbères en France), tout le travail fait depuis des années risque de tomber à l’eau...
      http://cbf.fr/article_leger.php3?id_article=863

      Yidir.

      • J’accepte... 29 octobre 2007 19:18

        cher Yidir,

        merci pour ton lien.

        je n’ai jamais approfondi "la raison d’être" de la CBF car pour moi : "berbères de France" ou "islam de France", relève de la même "stratégie française".

        autrement dit : "soignons-les un peu" "accordons-leur quelque espace gratoche pour leur conneries" "allons rompre le jeûne avec eux dans leur mosquée" et ils nous foutront la paix des... banlieues.

        les kabyles (comme moi) allergiques et réfractaires à l’izzanisme ne mettent même pas un orteil dans ces associations.

        mais dès lors que la CBF claironne, à l’occasion de l’inauguration du local situé dans l’Arabie du 9-3, qu’elle entend promouvoir Tamazight, je ne vois pas pourquoi elle ne mettrait pas la main à la poche pour que Akli Kebaili puisse éditer et distribuer son manuel.

        je serais même d’avis de les solliciter et leur forcer la main !...

        Bien à toi,

        la Mécréante

        • J’accepte... 30 octobre 2007 10:20, par Aksil
          Azul. "La mécréante", je ressens un quelque chose avec "Belle et rebelle" durant les caricatures de Mahomet. La même personne peut-être ?
        • J’accepte... 31 octobre 2007 17:25

          salut a tous,

          d’accord avec akli akbeili, il faut utiliser la langue kabyle dans tous les domaines , litteraire, scientifique, commercial, etc...
          il faut que l’on ecrive sinon elle disparaitra.

          le nerf de la guerre est bien sur l’ARGENT

          sika

          Voir en ligne : http://tamazgha.fr

          • Je n’accepte pas... 2 novembre 2007 23:39, par atanane

            Qu’est ce qui me lie aux arabes ?

            ce sont des liens de sujétion forcée
            de langue, de culture et de religion imposées :
            une mentalité qui n’est pas la mienne !
            une civilisation enjolivée dont je me sens étranger
            une religion mensongère et mortelle comme l’obscurité.

            Ce qui me lie aux arabes ? C’est un destin tragique et un fardeau
            une langue sans issue pour mon identité
            une langue qui m’empêche de rêver, de m’exprimer
            une langue sorcière qui me tient affreusement muet
            une langue de cendre et de deuil, pesante sur ma langue de vie
            une langue qui me force à me taire ou à bégayer
            des mots épineux et horribles dans ma bouche
            au goût de cactus, à la saveur amère et frelatée
            qu’on me force à prendre comme un poison

            Ce qui me lie aux arabes c’est une catastrophe humanitaire,
            une histoire tâchée de sang et de mensonges
            un viol non effacé, non oublié
            un crime à jamais non pardonné
            Tant que l’Histoire vraie n’a pas été rectifiée
            un héritage dévasté et ma liberté encore enchaînée
            un territoire sacré pillé et dénaturé :
            comme un lion qu’on montre à la foire
            c’est une laisse liée à mon cou pour m’étrangler !

            Ce qui me lie aux arabes, qu’ils veuillent bien m’en débarrasser !
            qu’ils gardent leur mythomanie et leur stupidité
            qu’ils gardent leur arrogance et leur avidité
            qu’ils gardent leurs orgueil enflé et leur sombre courtoisie
            leurs salamalecs empesés et labyrinthiques hypocrisies
            qu’ils gardent leurs rois sanguinaires et leurs prophètes hallucinés !
            qu’ils gardent leurs poètes grandiloquents et efféminés !
            qu’ils gardent leur paradis et leur enfer, leurs superstitions enragées !

            Ce qui me lie aux arabes, c’est une colère bien partagée
            un malentendu perpétuel, ma patience depuis longtemps éprouvée :
            je suis de la terre et de la montagne, le cèdre enraciné
            ils sont de vent et de sable, le désert mouvant et calciné
            je suis de soleil et du labeur, le miel pur des sommités
            ils sont de bruit et de fureur, sauterelles des calamités !
            Je suis le roc de la liberté, la fleur du refus et de la révolte
            ils sont mirages et illusions, le vent du désert qui s’emporte !

            Ce qui me lie aux arabes ? C’est la résignation, la misère et la lâcheté
            le "mektoub"un os décharné que l’on me donne à rogner
            Ah ! ce qui me lie aux arabes ! la peur et la malchance, la médaille de l’ignorance
            les larmes des défaites et le désespoir de l’impuissance !
            le triangle du Sinaî : c’est ce seul triangle pelé et maudit
            qui me lie aux Arabes, que je sois leur esclave soumis.
            Tous les savants, les sages du monde, les riches, les prophètes et les puissants de l’arabie
            même mon père et ma mère, mes soeurs et mes frères
            même si un ange decendait du ciel pour me dire de me taire
            Personne ne me fera jamais admettre une fable qui me condamne à la folie !


            Ad rzegh ur ad knugh !

            • Je n’accepte pas... 3 novembre 2007 12:17, par rairhoff
              Comme je l’ai déja mentionné, c’est triste de voir que des gens comme toi sont tres rares, aujourd’hui nos freres kabyles, ceux sont eux memes qui celebrent l’AID. Cela me donne envie de vomir !!!! Mais courage à toi, et respect.
  • J’accepte... 29 octobre 2007 09:15

    En voilà un autre (AUTONOMISTE) qui n’accepte pas ! (lire ci-dessous).

    La Coordination des Berbère de France a récemment inauguré un local à vocation culturelle :

    « visionner ici »

    Hormis qu’on n’en a rien à foutre de leurs "histoires de maghreb", sauront-ils faire une place prioritaire à ce kabyle de génie qui a trouvé un moyen ludique pour l’enseignement et la perpétuation de Tamazight ?

    sauront-ils lancer une souscription pour que cette méthode soit éditée et largement publiée ?

    La mécréante


    Un jeu de mémoire en kabyle pour l’apprentissage de la langue amazighe

    Akli Kebaili écrivain et docteur en sciences politiques

    Akli Kebaïli, connu sous le nom d’Akli Azwawi, est écrivain et politologue. Son penchant pour l’écriture, notamment en allemand et en kabyle, le distingue particulièrement. Il travaille actuellement à la Mairie de Francfort /Main (Service aux affairesm multiculturelles) dans le domaine de l’intégration des émigrés.

    Son engagement contre la discrimination est quotidien. Il participe, en outre, et en coopération avec la Police de Francfort, à la réalisation d’un film vidéo en tamazight. Grâce à lui la mairie de Francfort utilise la langue amazighe dans ses différentes publications.

    Rencontre.

    - La Dépêche de Kabylie : Un jeu de mémoire en kabyle, de quoi s’agit-il exactement ?

    A. K. : C’est un projet qui me tient vraiment à cœur, la production d’un jeu de mémoire en kabyle pour l’apprentissage de la langue amazighe de manière ludique. Ce jeu est destiné aux enfants, aux adultes et même aux personnes âgées. Je ferai tout pour parvenir à l’éditer et le faire diffuser auprès de tous les intéressés. Je le mettrai alors à la disposition de tout organisme qui serait prêt à le publier à son compte. L’essentiel est d’atteindre le groupe ciblé.

    - Vous maîtrisez le français et l’allemand. Mais pourquoi donc écrivez-vous en kabyle ?

    Tout simplement parce que le kabyle est ma langue maternelle. Il y a certaines choses que je peux ressentir seulement et tout d’abord en kabyle. Surtout quand il s’agit d’exprimer mes sentiments envers ma famille, mes amis et ma patrie, la Kabylie. Je ne peux communiquer par exemple avec les figuiers et les oliviers de chez-nous en allemand ou en français.

    De surcroît, je suis parmi les Kabyles qui essayent avec les moyens du bord de donner une contribution au développement de notre langue maternelle. Cela n’empêche pas de traduire les œuvres ou textes kabyles dans des langues étrangères. Bien sûr, j’ai rédigé un certain nombre de textes en français et surtout en langue allemande.

    - Pourquoi avez-vous choisi la forme littéraire du conte ?

    Pour moi, le conte est un moyen d’exprimer ses sentiments et ses souhaits sans confronter directement les interlocuteurs. Le conte est également un moyen de retravailler les traumatismes personnels subis durant les guerres et les conflits armés, sociaux, etc. Ceci contrairement aux ouvrages scientifiques. Avec les contes, on peut faire passer le message et la critique plus facilement.

    Mais mes écrits ne se limitent pas aux contes. J’ai rédigé pas mal d’articles sur les problèmes d’actualité dans nos sociétés. Par exemple : un article sur la situation de la femme chez nous. J’ai aussi écrit un article relativement détaillé sur le projet d’autonomie de la Kabylie en kabyle (voir "Kabylie - L’autonomie en débat", Actes du Séminaire d’Ecancourt, France, 1.-3.03.2002) en proposant une sorte de constitution.

    Tout cela pour démontrer que notre langue kabyle est absolument capable de traiter n’importe quel sujet quel que soit le domaine concerné.

    - Quelles sont vos sources d’inspiration ?

    Mes sources d’inspiration sont en premier lieu ce que j’ai vécu en Kabylie durant mon enfance (la guerre, la répression, les inégalités, la discrimination des femmes, etc).

    - Quelles ruptures avez-vous introduit dans vos contes par rapport au conte traditionnel kabyle ?

    Mes contes tentent d’aborder les thèmes d’actualité de notre temps moderne. Quant à la rupture ou non rupture je laisserai la question aux critiques littéraires. Voir par exemple la critique de Mohand Ait-Ighil et Mohand-Akli Salhi.

    - Où en est la littérature berbère écrite ? Et comment vous situez-vous dans cet espace ?

    La littérature berbère a évolué dans les dernières décennies d’une façon considérable. Pourtant, les moyens existants pour la développer restent toujours très limités. Tant que les gouvernements des Etats de l’Afrique du Nord ne prennent pas en charge très sérieusement le soutien et la promotion de cette langue et de ses cultures, la progression de cette littérature restera fortement freinée. Il faut ajouter un autre problème issu des Kabyles eux-mêmes.

    La majorité n’est pas consciente d’elle-même en tant que peuple avec une identité à part entière. Je parlerai presque d’un problème d’ordre psychologique. Pourquoi ? Sa majorité est bloquée quant à l’acceptation de son identité propre. Par conséquent, le nombre de Kabyles qui lisent leur propre langue est malheureusement très limité.

    Ainsi, il s’agit de trouver les moyens pédagogiques et didactiques afin d’aider et de motiver la population à s’intéresser à sa langue maternelle écrite. Exemple : produire des textes courts, simples, accessibles avec l’introduction d’un nombre important de photos, d’illustrations et autres supports visuels.

    En même temps il faudrait organiser des manifestations culturelles pour attirer l’attention de nos populations sur ces questions et pour diffuser la culture kabyle écrite partout dans notre pays. Et ceci à titre gratuit (campagnes d’alphabétisation en langue kabyle).

    Nous avons aussi besoin de maisons d’édition qui seront en mesure de publier avec engagement des ouvrages en langue kabyle.

    - Quels sont vos nouveaux projets de publication ?

    Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais la question est de savoir comment les mettre en pratique. Le problème majeur est toujours de matériel et financier. J’ai déjà terminé quatre ouvrages. Le premier est un recueil de dix contes pour enfants avec des illustrations modernes. Le second est un livre sur l’Allemagne, où je vis depuis 27 ans, avec beaucoup de photographies. Le troisième traite de la Kabylie.

    - Quelle sens donnez-vous à l’idée de l’autonomie pour la Kabylie ?

    Le terme d’autonomie fait peut-être peur, même à certains Kabyles et aux autres citoyens algériens. Il est donc nécessaire de l’expliquer. L’autonomie de la Kabylie ne signifie pas le détachement de cette région de l’Algérie actuelle.
    Elle veut dire tout simplement la décentralisation de l’Etat algérien.

    Ce qui implique plus de démocratie pour l’Algérie entière. Seuls les Kabyles (à ce jour) revendiquent l’autonomie. Il s’agit de s’organiser à l’échelle régionale afin de résoudre plus facilement les problèmes régionaux et développer son bien-être. Je ne vois aucun argument valable pour garder le centralisme algérien actuel.

    L’Algérie connaît depuis son indépendance crise après l’autre. Parmi les problèmes majeurs, je citerai ici le problème du manque de confiance qui existe entre les populations envers les détenteurs du pouvoir depuis 1962.

    Beaucoup de Kabyles s’interrogent sur le comportement des personnes qui les gouvernent et qui ignorent tout sur leur culture, leur langue, leur tradition et leur mode de vie locale. La population kabyle se sent méprisée, complexée et opprimée depuis l’Indépendance.

    Délivrer pour un Kabyle et en Kabylie son extrait de naissance dans une autre langue que sa langue maternelle est une violation flagrante des droits de l’Homme. Pour ne citer que cet exemple.

    - Comment voyez-vous l’avenir de l’amazighité ?

    Etre Amazigh ou Kabyle veut dire en premier lieu vivre et se sentir Amazigh ou Kabyle et surtout utiliser sa langue maternelle dans tous les domaines de la vie. Une chose est sûre : la langue kabyle est réellement menacée de disparaître. Une étude de L’Unesco l’a confirmé récemment (voir la Dépêche de Kabylie du 19.09.2007).

    Certaines personnes, qui insistent sur la résistance de cette langue depuis des millénaires, ne prennent pas en considération la situation actuelle dans le monde. Il y a une très grande concurrence entre les langues. Seules les langues écrites dans les domaines technologiques, scientifiques littéraires, religieux... seront capables de résister.

    Le temps presse, il faut absolument qu’il y ait des institutions propres à la région de Kabylie et des hommes et femmes kabyles conscients de cette situation. Il faut se débarrasser de ces expressions : "C’est déjà pas mal, il faut aller doucement...".

    A mon avis, il faut vivre maintenant comme tous les peuples du monde, c’est-à-dire travailler dans sa langue maternelle. Cela n’empêche pas bien sûr d’utiliser d’autres langues. Donc l’avenir de L’amazighité dépend de l’engagement des Imazighen eux-mêmes. Le danger est très réel !

    - Un dernier mot à nos lecteurs

    N’hésitez pas à mettre sur le papier vos pensées et vos sentiments dans votre langue maternelle. Je souhaite que toute association culturelle kabyle, tout individu apte à contribuer au développement de cette langue consacrent toute leur énergie à l’écriture de notre langue chérie et bien-aimée :

    Libérez-vous de vos complexes d’infériorité par rapport aux langues majoritaires extérieures.

    Ecrire dans sa langue maternelle n’empêche pas d’être ouvert au monde et à ses langues diverses. Bien au contraire ! L’utilisation de sa langue maternelle est cruciale dans la participation démocratique de toutes les sociétés civiles.

    Entretien réalisé par Ali Ait Mouhoub

    29/10/2007

    Bio express

    Akli Kebaïli, connu aussi sous le nom d’Akli Azwaw, est né en 1953 à Tiwal (Ath Maouche) dans la wilaya de Vgayet et vit en Allemagne depuis 1979.

    Écrivain et politologue, il a contribué à l’épanouissement de la culture berbère par ses écrits. Il est auteur également de deux romans en kabyle, Imetti n Bab Idurar (Les aventures de Bab Idurar) (1999) et L’kuraj n Tyazit (La brave poule) en décembre 2002.

  • Federons nos efforts..... 29 octobre 2007 11:10

    Les constats negatifs, la comptabilite de nos defaillances et faiblesses et les sempiternelles demonisation des individus et organisations amazigh avec lesquels nous ne partageons pas les orientations ou demarches minent et oberent toute action constructive. Nos rancunes et ressentiments doivent etre ranges.
    Proposons des visions solidaires pour construire des projets d’avenir pour nous et notre cause.
    Chiche ! Reunissons dans une meme salle
    tous les militants amazighs et organisations autour d’un programme common.
    Faut-il a chaque fois faire reference a la figure de Abane ?
    Nous avons tous les atouts et potentiels : notre probleme c’est la ridicule fierte individuelle, trait de charactere de nombre d’entre nous.
    A quand la reconciliation entre nous :
    CMA, CMA’, MCB, MCB’,MCB’’, MCB’’’, FFS, RCD, et toutes les personalites kabyles de la cause amazigh qui se jettent des peaux de bananes...

    Nous perdons trop de temps et ne cessons de rater des ’occasions en or’ sur la scene internationale.
    ’Bouteflika -et consorts- a musele l’opposition democratique amazigh/kabyle. Cette derniere, meconnaissable et faisant pale figure sur l’echiquier politique ds la region a perdu de son lustre et est plongee dans des luttes interieures interminables, futiles et deplorables’
    Cette lecture d’une personnalite politique/diplomatique nord-americaine soucieuse de voir une evolution vers la democratie dans le respect des droits de l’homme et sans conflagration sociale en Af-du-Nd me parait juste. Nous ne presentons pas un interlocuteur credible et representatif a cause de notre fragmentation.
    Buteqfilin yewwitt ma neqqim akka !

    Tirons-en une lecon...RAPIDEMENT !

  • J’accepte... 29 octobre 2007 12:18, par Accepte-tout

    - J’accepte d’être un berbère de service, de lécher les bottes de M6, les mains de tous les fqihs arabo-ikhanistes, de renier mes frères si le gouvernement m’assure un bon salaire chaque fin de moi.

    - J’accepte aussi de faire des rapports quotidiens sur les activités de mes frères, de les surveiller et de les pister si M6 me donne un téléphone portable avec abonnement illimité afin que je puisse faire mon rapport.

    - J’accepte d’aller proposer de l’argent aux familles des détenus d’Imtghren et de Meknès en les invitant à renier leur enfants, à hisser le drapeau alaouite sur leur maisons et à cracher sur les visages de leurs enfants dans les parloirs des prisons, si le pouvoir m’assure qu’il mettrait en prison tous mes frères berbères.

    - J’accepte de troquer ma dignité contre une bouteille du mauvais wiskey et un bureau miteux dans une académie ou l’en enseigne tamazight en tifinagh-irkan.

    - J’accepte de vendre ma mère, mes soeurs et tous les habitants de mon village pour 10 dirhams (1 Euro) chaque jour.

    - J’accepte tout, pourvu que le pouvoir me laisse laisse mourir tranquillement et tuer ma langue, mon identité et mon histoire ... MOI MEME !

    ....

    - 

  • J’accepte... 30 octobre 2007 10:37, par Aksil
    Azul. Les réactions face à l’injustice sont incontrôlables. Des étrangers qui emprisonnent des autochtones. La KAHINA laissait repartir chez eux, ses prisonniers arabes. L’amertume, nous l’avons tous. Il ne faut pas desesperer, des cas comme celui-ci se renouvellera. "Se renouvellera" veut dire que nos idées de reconquête continue, continuera, car vivre notre désir de TAMZGHA AMAZIGHTE veut dire souffrir... avec joie !!!