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En 1988, un gendarme algérien avait tiré sur Lounès Matoub...
Témoignage
jeudi 8 octobre 2009
par Masin

C’était un certain 9 octobre 1988, un gendarme algérien avait tiré à bout portant sur Lounès Matoub. C’était sur la route menant de Fort National (Larbaa n At Iraten) à Michelet que le salaud de gendarme lui a tiré dessus : une rafale de cinq balles lui a traversé le corps. Rien ne pouvait justifier cela si ce n’est la haine du kabyle. Cette haine et ce mépris qui est celle d’un régime qui dirige l’État algérien envers un peuple et son identité. Cet acte est, bien entendu, resté impuni.

Cet épisode de la vie de Lounès est peu connu. C’est pourquoi nous avons voulu revenir là-dessus en publiant le témoignage de Masin Ferkal, présent avec Lounès lors de ce drame.

La Rédaction.



La gendarmerie algérienne avait déjà bien entamé le corps de Lounès en 1988

TEMOIGNAGE

Comme pour tous les jeunes de Kabylie, pour moi Lounès était celui qui exprimait, simplement, ce que j’ai toujours ressenti profondément. Il était véritablement celui qui portait la voix de la Kabylie profonde plus haut et plus loin. Le rejet et la dénonciation de l’idéologie arabo-musulmane, le rejet du pouvoir central d’Alger qu’exprime Lounès dans ses chansons était ce que la jeunesse kabyle — dans sa quasi-totalité — ressentait. C’est cela que Lounès a toujours chanté. Sa voix et ses belles mélodies qui expriment ces sentiments profonds avaient conquis toute une jeunesse, tout un peuple. Les diverses manipulations visant à discréditer l’artiste n’ont pas réussi à le couper de la population : sa sincérité et la force de ce qu’il exprimait ont résisté à toutes ces tentatives. Autant dire que Lounès dérangeait sérieusement et il a toujours été pour le régime algérien comme une épine.

Me concernant, cette après-midi du 9 octobre 1988 m’avait permis de découvrir un autre aspect de Lounès.

Début du mois d’octobre 1988, des événements graves avaient secoué Alger : des manifestations furent réprimées dans le sang. L’armée algérienne n’avait pas hésité à tirer sur les foules. Tout ce qu’une armée d’occupation ferait !

Fidèle à ses traditions, la communauté universitaire de Tizi-Ouzou ne pouvait rester indifférente. Elle tient une assemblée générale le dimanche 8 octobre 1988 pour étudier la situation et prendre position. C’est ainsi qu’une déclaration-appel a été adoptée. Par cette déclaration l’Université de Tizi-Ouzou tenait à condamner la répression exercée par le pouvoir algérien et avait exprimé son soutien aux manifestants tout en appelant la population kabyle à réagir et exprimer sa solidarité dans le calme tout en appelant à la vigilance et ne pas répondre aux éventuelles provocations du pouvoir. Nous avions également appelé la population à observer une grève générale à travers la Kabylie en guise de soutien aux manifestants d’Alger et comme signe de protestation aux agissements sauvages et criminels du pouvoir algérien.

L’appel, tiré à des milliers d’exemplaires, devait être diffusé à travers la Kabylie et le plus rapidement possible vu la gravité de la situation. Des étudiants et des membres de la communauté universitaire devaient, bien entendu, se dévouer pour aller diffuser l’appel dans les villages et villes de Kabylie. Il est de tradition qu’en Kabylie la population, lors de moments graves, attend les directives qui viennent de l’Université qui a toujours été, depuis 1980, l’avant-garde du Mouvement culturel berbère qui prend toutes les décisions concernant les appels à mobilisation et actions à mener à travers la Kabylie.

C’est alors que moi et mon ami Mehdi Siam, décédé en octobre 1998 des suites d’une longue maladie, nous nous étions proposés pour participer à cette opération. Mehdi Siam devait faire parvenir des tracts à Larbaa n’at Iraten (Fort National), moi à Michelet et Iferhounène. Nous connaissions bien ces régions car nous y habitions. Pour aller dans les villages et villes de Kabylie avec des paquets de tracts, il fallait quitter la ville de Tizi-Ouzou sans être repéré par les regards vigilants des services de renseignement (S.M.) : en ces temps de clandestinité, sous la dictature du F.L.N., être surpris en possession de tracts était réprimé sévèrement notamment quand ces derniers sont hostiles au système. Nous étions donc sortis de l’enceinte universitaire en compagnie de trois étudiants en véhicule dans le but de quitter la ville ce qui nous aurait permis de faire du stop loin de la ville.


La rencontre

A peine avions dépassé le portail de l’entrée principale de l’Université que nous avions aperçu la voiture de Lounès — elle était connue de tous. Un peu plus loin, Lounès discutait avec une autre personne qui était dans sa voiture. C’est alors que Karim Yefsah, un ami qui nous accompagnait, a eu l’idée d’aller demander à Lounès s’il voulait bien nous conduire dans son véhicule pour nous déposer en dehors de la ville de Tizi-Ouzou en lui expliquant, bien entendu, les raisons. Sans aucune surprise, Lounès qui est connu pour son soutien à l’Université et à l’action estudiantine au sein du Mouvement amazigh, avait bien accepté la demande de Karim Yefsah qui le connaissait bien par ailleurs. Nous descendons alors de la voiture de l’étudiant pour monter dans celle de Lounès qui nous salue et qui fait tout de suite demi-tour pour se diriger vers la sortie de la ville par le chemin le plus court. Il nous demande alors où nous comptions nous y rendre. Nous lui précisions que l’essentiel était de sortir de la ville pour échapper à d’éventuels contrôles de police. Il insiste pour savoir notre véritable destination : c’était pour nous y conduire. Pour la cause Lounès ne calcule rien. Pour moi et mon ami Mehdi, nous n’imaginions pas que Lounès allait se déranger juste pour nous à quelques 50 kilomètres ! Non, pour lui c’était un devoir. Et il ne le faisait pas pour nous mais pour Tamazight, pour la cause.

Il nous demande de lui lire le tract en question. Il fallait au moins être au courant du contenu du tract ! Chose que nous avions fait, bien entendu.

“Bon ! Donnez-moi tous les tracts en votre possession. Ne laissez rien sur vous !”, disait Lounès. “Oui, parce si on m’arrête, moi je pourrais m’en sortir, mais pour vous ça sera plus difficile ! Il vaut mieux que les risques soient pris par moi ! En plus, si jamais nous sommes arrêtés, dites que je vous ai seulement pris en stop !” Il fallait s’attendre à tout dans ce pays-là. Cela faisait partie du quotidien de tout militant : il fallait s’attendre en permanence à être arrêté car l’on est en possession d’un tract, de l’alphabet amazigh, d’une photo d’un tel opposant, d’un livre interdit, etc.

Ainsi, Lounès avait tenu à nous dégager de tous les risques qu’il préférait prendre tout seul. Ce geste de sa part m’avait marqué et il s’est gravé dans ma mémoire ; c’est quelque chose que je ne puisse oublier. C’était réellement l’homme qui joignait le geste à la parole. C’est vrai, Lounès ce n’était pas seulement un poète, un chanteur. Non, Lounès était vraiment engagé et que pour tamazight il était prêt à tout. Sinon comment expliquer cette attitude qu’il a eu avec deux étudiants qu’il avait rencontrés pour la première fois ?

Nous quittons alors la ville de Tizi-Ouzou en direction de Larbâa n-At Iraten, première destination avant de se diriger vers Michelet puis Iferhounène. La voiture de Lounès était un 4x4, donc bien adaptée aux difficiles routes de Kabylie.
Sur la route déjà, Lounès faisait signe pour les chauffeurs d’autocars pour s’aarêter. Ces autocars transportaient les voyageurs et les travailleurs sortant des usines et qui se dirigeaient vers les villages de Kabylie. Lounès remettait des tracts aux passagers. C’était un moyen très efficace pour toucher un nombre important de villages de Kabylie. En plus, l’image de Lounès, sa position de chanteur populaire très connu ne posait aucun problème pour que les chauffeurs d’autocars s’arrêtent et pour que les passagers prennent le tract.

Arrivés à Larbaa n-at-Iraten, nous avions distribué des tracts sur la rue principale de la ville. Lounès avait même remis des tracts à des policiers que nous avions trouvés sur notre route à Larbaa n-at-Iraten. Tout au long de notre route, nous nous arrêtions ou ralentissions à chaque fois que nous rencontrions des gens sur la route pour leur remettre des tracts. Cela permet de multiplier le nombre de villages à toucher par l’information.

Le salaud avait osé tirer...
A deux ou trois kilomètres de Michelet, nous avions aperçu, de loin, une voiture de la gendarmerie. Nous étions sûrs qu’elle venait pour nous. Les gendarmes devaient avoir pour mission de nous arrêter avant d’atteindre la ville. Ils projetaient, vraisemblablement, nous couper la route avec leur voiture. Une R4 qui était devant nous nous a permis d’échapper à la Land-Rover de la gendarmerie. En effet, Lounès avait bien serré la R4 ce qui n’avait laissé aucune chance aux gendarmes pour nous couper la route à moins de provoquer un accident. Nous voulions alors faire tout pour atteindre la ville (Michelet) et ne pas se laisser rattraper par la gendarmerie. Les gendarmes avaient fait demi-tour et nous ont poursuivis. Malgré la vitesse à laquelle Lounès conduisait, la voiture de la gendarmerie nous a rattrapés et nous avions compris, à un certain moment, qu’il fallait absolument s’arrêter car les gendarmes étaient prêts à tirer sur nous : étant assis à l’arrière, je me retournais régulièrement pour voir où était la voiture des gendarmes, et à ce moment justement je la voyais derrière nous et le gendarme assis devant du côté droit avait entrouvert la portière de la voiture et avait sorti son arme que j’ai vue pointée sur nous, et c’est alors que j’avais demandé à Lounès de s’arrêter immédiatement. Lounès s’arrête et à peine on s’est arrêté, la Land-Rover avait percuté la voiture de Lounès et dans le même temps des balles avaient aussi percuté la carrosserie. Nous nous sommes précipité pour descendre de la voiture, les mains en l’air, comme l’avaient bien demandé les gendarmes. Ils nous avaient ordonné de monter dans leur véhicule les mains en l’air. Moi et Mehdi avions obéi à l’ordre sans aucun commentaire puisque les canons des kalachnikov étaient pointés sur nous. Lounès, lui, les mains en l’air, s’était adressé aux gendarmes pour leur demander les raisons de cette arrestation. Les gendarmes ne voulaient rien entendre et l’un parmi eux l’avait alors poussé avec la crosse de son arme l’invitant à monter dans le véhicule. Lounès se dirigeait, toujours les mains en l’air, vers le véhicule des gendarmes pour nous rejoindre tout en protestant contre cette arrestation arbitraire. Il allait mettre un pied dans la Land-Rover pour nous rejoindre lorsqu’il avait reçu une rafale de balles dans son corps. Oui, c’était à bout portant que le gendarme lui a tiré dessus. Oui, je l’avais vu de mes propres yeux, j’avais entendu la rafale, j’avais vu le gendarme appuyer sur la gâchette, sans pitié. Il avait tiré sur un homme sans défense et ayant les mains en l’air.

Les gendarmes avaient poussé violemment Lounès et son corps s’est étalé dans l’arrière du véhicule. Une partie de son corps s’était retrouvé sur mes pieds. Les gendarmes avaient pris le temps de nous attacher avec des menottes tout en laissant le sang de Lounès couler avant de démarrer.

Ils se sont dirigés à l’hôpital de Michelet qui n’était pas loin du lieu où nous fûmes arrêtés.

Après nous avoir attachés, moi et Mehdi, avec des menottes, ils nous avaient laissés avec le corps de Lounès. Nous étions pris de panique et nous ne savions pas quoi faire : nous avions devant nous un corps qui souffrait. Lounès avait perdu conscience. Il commençait à pousser des petits cris de douleur ; je tenais ses joues avec ma main libre et j’essayais de lui donner du courage. Au début, je n’avais pas pris la mesure de la gravité de sa blessure. Je pensais que c’était sa main qui était atteinte par les balles du gendarme. Mais Lounès essayait de déboutonner son pantalon. Au début je n’avais pas compris pourquoi, mais le voyant insister j’avais compris que la véritable douleur il la sentait au niveau de sa cuisse droite. L’ayant aidé à baisser son pantalon, je m’aperçois d’une marre de sang ; et c’est là que je me rends compte de la gravité des choses. Je n’ai pas osé regarder davantage ; c’était horrible. J’avais vraiment peur et étais désespéré et j’avais compris la raison de la perte de conscience de Lounès. Tantôt je lui prends la main, tantôt je lui tiens le visage (je n’avais qu’une seule main de libre) pour donner du courage.

Arrivés dans la cour de l’hôpital, c’est sans aucun humanisme que les gendarmes avaient tiré le corps de Lounès de leur véhicule. A l’agent hospitalier qui voulait prendre soin du corps soufrant de blessures graves en le maniant avec délicatesse comme son métier le lui dictait certainement, un des gendarmes avait dit : “Tires-le et laisses-le mourir, sale chien !” (traduction de l’arabe). Cela donne une image du mépris qu’a le système envers le peuple et surtout quand il s’agit d’un militant défendant sa berbérité. Cela trahit également le racisme ambiant qui règne au sein de l’institution militaire algérienne. Ce gendarme est évidemment l’image du système qu’il représente bien par ailleurs.

Nous venions d’assister à un drame. Nous n’avions jamais imaginé cette issue à notre aventure. Le premier sentiment qui m’est venu à l’esprit c’était que je sois responsable de ce qui est arrivé à Lounès. Je me suis donc senti coupable de ce drame. Oui, coupable, car si je n’avais pas décidé de venir diffuser les tracts à Michelet et Iferhounène, il n’y aurait jamais eu cette rencontre avec Lounès et il n’aurait jamais eu à faire à ce salaud de gendarme, l’assassin.

Nous nous sommes donc retrouvés, mon ami Mehdi et moi, devant une situation que nous n’avions jamais imaginée. Nous étions incapables de faire quoi que ce soit. De toute façon nous avions les mains liées avec les menottes des gendarmes.

À l’hôpital de Michelet, nous avions quitté le corps de Lounès sans savoir ce qu’il allait devenir. Moi, j’avais son sang répandu sur mon pantalon et mes chaussures et j’ai du regarder cela une semaine durant. En effet, nous avions eu droit à une semaine de détention dans des endroits secrets. Les gendarmes de Michelet nous avaient gardés à la brigade de Michelet jusqu’à la tombée de la nuit où ils nous ont transféré la nuit même à Alger.

Sans aucune surprise, aucune enquête n’a été effectuée par les autorités pour déterminer les conditions du drame et pour juger le gendarme qui avait tiré à bout portant sur Lounès. Une seule chose a été faite ; le gendarme a été affecté ailleurs. Les autorités s’inquiétaient, certainement, pour sa sécurité.

Masin FERKAL.




Écouter un extrait d’une émission avec Lounès Matoub à Paris en 1994

MP3 - 20.5 Mo


Témoignage diffusé par BRTV :

- Première partie :




- Deuxième partie :




P.-S.

En octobre 2008, cet article a été publié sur Tamazgha.fr avec le titre "Il y a vingt ans, un gendarme algérien avait tiré sur Lounès Matoub..."

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24 Messages

  • Rut a y ilu&man adru&.

    Illa waya. Idra yuk waya yarna n assussam. Yamut yarna ur naxdim ara.

    Que faut-il pour une Tagrawla permanente. Nnacur d awal, tura narna tira. Aka na& maci aka.

    H.K

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    • je découvre—ce jour— votre site (je devrais "dire" "notre".Tout ceci(notre cause) m’inspire 1 (et 1 seul) commentaire malheureux:comment voulez-vous qu’on avance 1 tant soit peu alors que des "notres" (le sont-ils restés vraiment ?) n’ont pas hésité à vendre leur àme pour ,qui 1 place, qui 1 situation qui, 1 (hypocrite et calculé) signe de considération (ou mème 1 simple flatterie "bien" placée) ? Azul à vous tous

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  • témoignage crève-coeur... infiniment crève-coeur...

    la Kabylie est morte. Heureusement, Lounès Matoub ne le sait pas.

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    • Pour dire que la Kabylie est morte, il faut pouvoir prouver qu’elle a déjà été en vie un jour. Matoub se battait pour que la Kabylie vive un jour. Il savait qu’avec les Kabyles ça serait très difficile voir impossible. Le quotidien nous le montre tous les jours. Les Kabyles sont divisés depuis tous le temps parfois pour rien du tout. C’est notre mal. On le sait, et on ne fait rien. Honte à nous. Cela étant, merci pour le témoignage de Masin ; ce sont des évènements pas très connu dur la vie de Matoub.

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      • salut, Akli 18 octobre 2008 07:13, par La Mécréante !
        Je dis que la Kabylie est morte parce que je l’ai connue vivante. Je dis "morte" parce que j’ai encore un peu mal. Bientôt je pourrai dire "crevée".

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        • i widd i THETSUN ANSI DEKAN 25 octobre 2008 01:05, par lounes agrawli "rebelle eternel"
          Azul, Le 8 octobre 1988, des Gendarmes… Oups je m’excuse je voulais dire les chiens de l’état algérien en osé tiré sur nôtre rebelle Eternel notre dieux de la chanson, qui pourrais pardonner un geste de lâche de batard enfin quelque part c’est normal c’est l’habitude des arabo-algérien de faire ce genre de chose, enfin bref, pour certain qui disent que la Kabylie et morte ou bien d’autre terme que j’ai lu dans certain commentaire eh bien les amis c’est pas comme sa qu’on va y arrivé enfin surtout pas avec des kabyles comme vous ou bien des berbères comme vous, car prenons un exemple tout simple qui es le sujet d’aujourd’hui, Lounès a toujours combattue jusqu’à la dernière secondes tout ce qui concerné tamazight il ne ce pose pas de questions « ex : quand il a aidé les deux étudiants a distribué les tractes etc. » écoutez c’est soi vous êtes rebelle vous pouvez vous battre jusqu’à en mourir ou bien vous ne l’êtes pas c’est tout arrêtez de dire la Kabylie et morte franchement vous me dégouter mais bon je m’en fou totalement de votre pensé moi en ex je me bâterai jusqu’à la dernière goute de mon sang pour cette pauvre Kabylie et je porterai le flambeaux de lwennas qui a était éteint en 1998 voilà vive lwennas vive taqvaylith ,nicke l’eqmayel comme vous appel lwennas Yedjatid lwennas yessefra fella-wen leqvayel nessarvis vudghassen tifis ath ni senggar wakal-iw (Un morceau que j’ai composé sa va peut être Vous choqué mais je m’en fou totalement je suis libre et rebelle comme mon prophète Matoub Lwennas Je dis EGMAÄLIMAN SSU ZEKA (je jure sur sur la tombe …) ADH YARKU DHI TAGGARA (qui en final serra pourrîtes) UR ETT-FIRAGH VU CHAMAR (jamais je ne suivrai les barbus) ED MOUHAMED ED WAKRAREN-IS (et Mohamed avec ses moutons) Vive la liberté nadin ggenselmen nadinn mouhemed vive matoub vive l drapeau amazigh Ar tufat

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  • Bonjour, la date que vous mentionnez ce nést pas la date de lássassinat de Maatoub ?! nést ce pas le 25 juin ? merci, Un lecteur

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    • Mas Abderrahman,

      Matoub Lounès a été assassiné le 25 juin 1998 mais il a été mitraillé par les gendarmes de la République Arabe Dégénérescente et Putrescente le 8 octobre 1988.

      Deux événements distincts et distants de 10 ans.

      Ainsi vous êtes fixés. Azul.

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    • au lecteur abderrahman 9 octobre 2008 07:49, par ras-le-bol

      en quoi tout cela peut-il vous intéresser ?... à l’évidence vous ne comprenez pas le kabyle, sinon vous n’auriez pas posé cette question.

      savez-vous au moins qui est Lounès Matoub ?

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  • Cher Massin,

    Merci d’avoir eu l’audace et le réflexe d’écrire et de dire l’une, parmi d’autres, des souffrances de Lounes. En effet, votre témoignage est vrai et juste. Nous étions, un petit groupe, à l’entrée de l’université ce jour du 8 octobre 88. Nous étions donc témoins encore une fois de l’abnégation de Lounes quant il s’agit de la cause. Mehdi est parti trop tôt et très jeune, Lounes a payé de sa vie, dix années plus tard, son combat ininterrompu pour tamazight et tamazgha. C’est aussi un hommage pour Mehdi. Un vrai militant.
    Témoigner de ce jour maudit du 8 octobre 1988 c’est refuser l’oubli, c’est également rendre hommage aux militants qui ont veillé à ce que la Kabylie ne soit pas sacrifiée, à ce que les petits enfants Kabyles ne soient pas décimés par l’armée d’Alger pour qui il est facile d’appuyer sur la gâchette pour déverser une pluie de balle réelle et explosives, une armée qui n’a pas le soucis de l’impunité quand il s’agit de tirer sur le Kabyle. Une armée qui reste rancunière et raciste envers la Kabylie, un comportement hérité de la guerre d’indépendance.
    Témoigner du rôle de l’université, de sa proximité avec le peuple et de son aura depuis les évènements d’Avril 80 c’est également dire le soucis qu ont les étudiants de préserver l’âme de la population, de ne pas envoyer les gens dans la gueule du loup mais surtout de (re) politiser les gens pour mieux échapper aux manipulations (nous savons maintenant l’importance et l’impacte d’un tract signé étudiants de l’université de Tizi-ouzou, pour ne citer que Tizi–ouzou). Cette expérience riche d’enseignements n’a pas été, malheureusement, profitable, n’a pas trop servie, car ce que l’université a pu éviter aux populations Kabyles de Kabylie entre 1980 et 1990 ne s’est pas reproduit en 2001.En 2001, les comités d’étudiants, sans doute anéantis par les partis politiques, les divisions partisanes…n’ont pas pu préserver des vies. Au contraire, des gens étaient envoyés dans la « gueule du loup » le 14 juin 2001tout en connaissant la nature et la perversité de l’armée algérienne. Là aussi il y a eu beaucoup de morts et de blessé. Il ne s’agit pas de faire une comptabilité macabre comparée, ni même de refaire l’histoire mais seulement dire que nous devrions faire attention à l’installation insidieuse d’une amnésie générale. Cette saloperie d’amnésie commence à produire ses effets, on le voit actuellement sur le terrain en Kabylie : une Kabylie où il ne fait guerre bon vivre, le kidnapping, le racket, le vol, le viole …une vie d’enfer pour les populations. Cette amnésie est parfois implicite, sinon comment expliquer par exemple après l’arrestation d’un journaliste connu en Algérie et connu également pour ses positions acides et négatives lors du printemps Berbère de 1980 que le nom de ce dernier soit affublé de la particule « Dda » que nous autres kabyle réservons jadis à des gens respectueux ou valeureux pour la cause Berbère à l’instar de Dda L’Mulud, Dda Muhend…
    Oui le témoignage est important, témoigner c’est aussi écrire et dire l’authenticité. C’est rappeler même de façon très différée les choses et les faits pour que demain nul ne dira que je ne sais pas. Le 8 octobre 1988 c’est aussi une journée importante pour la Kabylie car un Homme a été mitraillé, des étudiants ligotés, leur dignité bafouée pour avoir oser prévenir les populations que quelque chose se tramait contre eux et anticiper les desseins génocidaires d’un pouvoir des plus autoritaire du monde. Merci Massin pour ta contribution.

    Stéphane
    Aix en Provence

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  • Il y a 20 ans déjà. Et la Kabylie dort toujours... Il y avait le FFS, il y avait le RCD, il y a le MAK.

    Mais rien 3 fois rien. A part les meurtres, les viols, la misère, TOUT VA BIEN.

    Tant pis pour vous les chers disparus, aujourd’hui vos descendants sont branchés sur les télés de vos meurtriers, ils fréquent assidument les mosquées pour mieux s’abrutir et beuglent à tue tête que "nous sommes tous des ângériens".

    D’ici qu’ils disent que vous l’aviez cherché......!

    Pauvres de vous, pauvres de nous. Heureusement à nous il nous reste l’espoir......mince mais réel.

    NOUS N’ABANDONNERONS JAMAIS, NOUS N’OUBLIERONT JAMAIS, COMME LES MOHICANS NOIUS RESTERONT.

    Idir

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    • Cher Idir,

      Je me permets de vous dire, cher Idir, que la situation actuelle de la kabylie, le marasme et la détresse des gens n’ont pas besoins de propos fatalistes. Ceci dit, je vous comprends parfaitement. Le dégoût et la déception générés par les décours temporels d’une situation peuvent parfois nous inciter de façon inconsciente au fatalisme. Je n’ai évidemment pas l’intention de jouer au psy mais je pense qu’à l’heure actuelle, ce dont a besoin la kabylie est : la réflexion.
      En effet, une réflexion qui pourrait aider à voir mieux. Une réflexion pouvant rendre la mémoire aux gens. Une réflexion pouvant déboucher sur des propositions. Pouvons nous accepter cet état de fait ? Pouvons nous laisser les bambins de maintenant devenir de vrais monstres ? Pouvons nous laisser la kabylie s’enfoncer encore ? Je crois qu’elle a atteint le fond. Comment peut-on expliquer la présence de terrorisme islamiste dans une région où il n a pas une véritable assise ? Comment expliquer que « dealer » est devenu un vrai métier en kabylie ? Comment expliquer que des bandes armées s’adonnent quotidiennement aux kidnappings, au racket et autre imbécillité ?
      Une société comme la nôtre ne doit en aucun cas rester indifférentes à tout ça. Il faut dénoncer, pas cautionner. L’Internet est un outil fabuleux alors que chacun dénonce dans l’anonymat ce qu’il a vu en citant des noms pour que ces faits ne se reproduisent plus. Témoigner des évènements récents comme ancien ne peut être qu’un élément de plus en faveur de la mémoire-ce qui nous manque cruellement en ces temps de sécheresse intellectuelle. Apprendre aux enfants à lire et à écrire des histoires, les rendre autonomes et progressivement responsables de leurs pensées, de leurs gestes et actes. Voulons nous une société de l’omerta ?
      Les partis politiques, même s’ils sont catastrophiques, déprimants, au service du pouvoir, ne travaillant pas pour l’intérêt de ceux qui les ont élus, ne doivent pas disparaître. C’est un acquis. Il faut les combattre sur des idées, mais vouloir appeler à leur dissolution ou à leur flagellation comme c’était le cas des Archs, je ne pense pas que ça changerait les choses. Je me souviens de ce jour de meeting au stade Oukil Ramdane où un certains said saadi prenait les gens pour témoins en jurant sur la kabylie et la tête des kabyles que tamazight nous l’auront. Mais vingt ans après, le bilan est sans appels. Nous nous souvenons également de Ait Ahmed ne sachant plus à qui s’adresser (aux Kabyles de Kabylie ou aux Algériens de kabylie) dans le feu de l’action des émeutes de 2001. Des jeunes déchiquetés par des balles et des armes de guerre et on cherche la bonne formule, pour ne pas incommoder l’autre ou pour ne pas froisser ceux qui par la force des choses sont devenus nos « frères ». Les partis politiques à ancrage politique kabyle savent que depuis au moins 20 ans restent inconnu en dehors de la kabylie. Disons le, ceux qui votent pour eux en dehors de la Kabylie se sont ni plus ni moins des Kabyles. Ils le font par NIF. Mais la population ne doit pas se laisser aller, doit prendre son destin en main. La kabylie doit impérativement - si elle veut s’en sortir- sortir, quitter et abandonner l’idéologie arabo-musulmane. Le combat de Abane, de Benai, Laimèche, Matoub … ne doit pas être un combat vain et insignifiant. Si la mémoire nous ne fait pas défaut assez souvent, on ne retrouverait pas en kabylie et même en dehors (dans l’immigration aussi) des spécimens idéologiquement atteints et dans un Kabyle châtié toujours prêt à défendre l’islam, l’algérie, le 1,5 million de morts pour l’indépendance…plus nationaliste que les kabyles (pardon si je généralise) j’en ai pas trouvé, plus accros à l’islam, plus algérianistes que le reste…
      Il y a défaillance à plusieurs niveau : l’école bien sûr, l’élite « Kabyle », les partis politiques partisans du moindre courage, des gens comme ouyahia par exemple, le clientélisme du pouvoir, la faim chez certains. Mais le plus important aujourd’hui n’est il pas de faire le bilan, de se regarder dans le blanc des yeux et de se dire les quatre vérités ? Dans cet état des choses, il ne peut y avoir ni de combat pour Tamazight, ni perpétuer le combat de LOUNES, ni envisager une autonomie régionale oh combien nécessaire !, ni être nous même tout court.
      La kabylie aujourd’hui a besoin de renouveau politique, de sa classe politique, surtout d’une élite intellectuelle (sociologues, médecins engagés, citoyens épris de justice, d’universitaires, de Lycées, d’étudiants….). Il faut organiser des conférences dans les villages et que chacun fasse son bilan dans son propre village (pas à la manière des Archs bien sûr) et faire se questionner sur la fameuse question de la compromission (un mot de Kateb Yacine dans une lettre adressée à ceux nous ont tenus les assises du MCB et qui ont accouchées d’un parti politique). L’expérience des Archs est à méditer ! L’inexpérience devrai-je dire à user le peu de courage qui restait aux populations de Kabylie. A titre d’exemple : faire une grève de la faim dans une prison algérienne, face au pouvoir algérien connu comme étant l’incarnation même de la dictature et du machiavélisme c’est de l’aventurisme. A titre de rappel, dans un pays démocratique comme l’est L’Irlande, le record en jour de grève de la faim qu’ait fait un prisonnier politique Irlandais était de 52 jours, nos jojos des Archs ont tenus apparemment plus- Muhend negh d afehli-.
      Nous n’avons pas le droit d’être aigris ni même fatalistes, pour la kabylie. Continuons à écrire et à dire, cela servira certainement.
      Merci à tous
      Mus

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      • Cher Tusnak, j’aime ton discours et ce que tu proposes et très appréciable. Ne pas tomber dans le fatalisme dis tu et faire des propositions pour un changement politique en Kabyle. Je suis d’accord. Mais permets moi de te dire que l’autonomie sur laquelle j’ai moi même beaucoup réfléchi ne changera rien en Kabylie. De fait, la Kabylie est autonome même si elle ne dispose pas d’institutions proprement reconnues. Et même si on lui reconnaissait aujourd’hui des institutions, elles ne seraient pas respectées par les Kabyles parce que la naissance d’institutions n’est possible que lorsque la maturité d’un peuple le permet et les intronise. Sauf erreur de ma part, ce n’est pas le cas en Kabylie où le bandistisme et le terrorisme règne comme au dessus de la loi si tant est qu’il y ait eu une un jour. De plus, même si je voulais accepter l’autonomie, ce n’est pas de la seule Kabylie qu’il faudrait parler mais de toutes les autres régions dans le cadre d’un fédéralisme. Le problème se gère au niveau national. Mais crois moi, on y est pas encore parce que nous Kabyles, nous devons d’abord balayer devant notre porte et revoir notre comportement envers nous même déjà et envers les non kabyles ensuite. Nous nous divisons pour rien, sans raisons, parfois gratuitement et nous en sommes aveuglés. Nous laissons filer les enjeux politiques importants pour notre avenir et celui de l’Algérie. Nous loupons le coche à chaque occasion ce qui produit un immobilisme mortel et un repli sur soi. L’autonomie symbolise ce repli sur soi et le rejet de l’autre. Alors que nos valeurs sont celles de l’ouverture ; ça ne veux pas dire se plier ou accepter de se faire acheter. L’inexpérience des délégués des Aarchs a montré la faiblesse actuelle de la Kabylie (le ventre d’abord). Soyons capable d’en tirer les enseignements qui s’imposent et proposer une alternative crédible pour sortir la Kabylie de la crise interne qu’elle subie en Algérie.

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        • Nous sommes d’accord, au moins sur le fond : le constat, le diagnostic et l’idée de s’en sortir. Il y a un point sur lequel je ne vous suis pas : c’est vouloir fédéraliser tout le monde. A la limite, je peut comprendre cela si on parlait de nous, de ce qui nous regarde. Mais vouloir fédéraliser le reste de l’Algérie, je peut (me) renvoyer à la fameuse phrase « de quoi je me mêle ? » Je ne suis pas également d’accord sur le terme que vous utilisiez à savoir : maturité. L’évaluation de la maturité d’un peuple ne doit pas se confondre avec le taux de faits divers. Je me souviens de quelque chose d’assez proche de ce terme, après les premières élections de ce que l’on appel pudiquement « élection démocratique » de 1990-, 1991 prononcé par Saadi : je me suis trompé de société. C’est un terme à la fois grave et insultant. En 1789 en France, et juste après la révolution française, les gens n’étaient pas encore prêts à assumer la république. Le problème de « maturité » ne se posait pas aux Irlandais du nord ni même en Afrique du sud au moment de l’Apartheid. Admettons et disant que le MAK n’existe pas -au moins le temps d’une explication- on ne peut malheureusement ne pas envisager l’autonomie ou une large décentralisation au vu du traitement de l’entité kabyle par le pouvoir. Le raciste et le déni de sale « gueule ou kabyle » .qui anime et qui habite les nationalistes algériens d’idéologie arabo-musulmane, la rancune héritée de la guerre d’indépendance a fait de ces gens une espèce de bête revancharde qui n’a pas hésité à liquider physiquement (Benaï, Laimèche (1956)…Matoub (1998)…, à mettre au cachot (Haroun, Medjber (1976)…, les militants berbéristes et berbérisants (1980) les fondateurs de LDDH (en 1985) et il n’est pas exclu de penser que l’état algérien(derrière les islamistes) ont méthodiquement fait disparaître et physiquement liquider des militants ou des citoyens Kabylie (je reste persuadé que l’assassinat de Djaout en un), les massacres de 2001 et enfin des bandes télécommandées (vue l’impunité qu y règne) armées de tout genre et de tout espèce faisant dans l’inimaginable rendant du même coup la vie insupportable aux populations. Mise à part l’idée de réduire la Kabylie, cette kabylie rebelle et frondeuse, à l’état de momie, d’incultes et de gens serviles, le pouvoir algérien n’a envisagé aucune issue heureuse au problème de la spécificité culturelle et linguistique Kabyle. Ce sont là les raisons qui incitent à l’autonomie. Le problème qui se pose maintenant n’est pas celui des institutions car il y a le problème de confiance avant tout. Ce capital de confiance est complètement épuisé depuis les années dites « d’ouverture politique » où nous autres Kabyles avions fait le jeux du pouvoir : insultes contre insultes, dénigrements, méfiance, alliances contre nature (nous avons eu des ministres issus de la kabylie quand même !), manipulation des dires, et des gens…Et comme par hasard, celui qui décide de prendre en charge le combat dans ce sens, cad celui de l’autonomie en faisait partie (Ferhat). Je tiens à souligner que je ne remets en aucun cas en cause son combat légitime et aussi son parcours. J’essaie juste de pointer où réside cette crise de confiance. Il est difficile pour beaucoup de dire oui à l’autonomie sans être dans le MAK bien qu’ils pensent que c’est une solution. Nous sommes donc un peuple sans vrai leader c’est l’une des raisons qui probablement peut expliquer un éventuel échec de cette idée. Il est vrai de dire que tous ce que la kabylie entière pense tout bas le MAK le dis tout haut, mais les hommes (du moins ceux qui se sont recyclés) n’ont peut être pas bonne presse chez les Kabyles. La résignation n’est pas une solution. C’est vrai, comme vous le dites, il faut balayer devant nos portes. Que chacun commence à faire le bilan de sa propre famille, de son village, de son Arch. Que les gens arrêtent de voir l’étranger comme un eldorado, et se dire qu’on n’a pas de pays de rechange. Que l’émulation soit une variable constante chez le Kabyle, le retour à l’élémentaire en l’occurrence la lecture, l’instruction, le débat respectueux et enrichissant, que nos cybercafés soient des lieux de recherches d’informations et de connaissance des expériences du monde, que l’université retrouve la place qui lui revient, celle qu’elle a toujours occupée jadis (je me souvient de ces affiches soutenant Solidarnosc polonais placardées à l’entrée de la bibliothèque de Hasnaoua mais je me souviens également, 15 ans plus tard, quand des étudiants sont allé voir le ministre (mustapha Cherif) pour qu’il transforme cette même bibliothèque, chargée d’histoire, en mosquée). Les dégâts sont tels qu’il n’est pas facile de trouver le bout du tunnel, mais il faut le faire pour nos enfants. A titre anecdotique, un jour je suis allé voir un copain, loin d’être ignare, à Tizi, ce dernier m’invita dans un bar assez chic –du temps où je vivais à Tizi il n y avait pas tout ça- ce même copain était pris de colère de me voir commandé une bouteille d’orangina et il dit je le cite « on est pas venu ici pour que tu prennes un soda, il faut prendre une bière…..Ce que je ne savais pas c’est qu’entre temps mon co..pain est devenu ivrogne et ça passe merveilleusement bien chez nous, dire que l’alcool est devenu un critère de virilité je n’en revenait pas. Quand l’élite donne le mauvais exemple, quand elle déserte le terrain, quand elle ne se soucie pas de ce que peut devenir la société de demain, on peut raisonnablement penser que cette même société consomme inexorablement sa déchéance. Avons-nous fait quelque chose dans ce sens ? Nous avons enseigné l’intoxe, l’invective, la maladresse, l’irrespect et le manque de finesse à nos cadets, au lieu de les former, de les vacciner contre la manipulation et la bêtise. L’arabisme et l’islamisme aidant on se retrouve en effet devant ce fait accompli où les êtres deviennent de jour en jour des zombis prêts à toute transgression. Ca se répare, il faut seulement se mettre au travail. Ah tiens, l’idée d’un blog ne serait pas mal dans un premier temps. Merci, au fait c’est Idir ou Mokhtar ? la distance sémantique est très importante (lol) mus

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          • Un front Républicain 12 octobre 2008 23:24, par Moktar

            Ton message est plein d’espoir et me rend enthousiaste parce que je suis heureux de constater qu’il y a encore des gens sensés qui savent pensr justement. Je suis d’accord avec presque tous ce que tu as sauf deux choses. Je ne serai pas long.
            - D’une part le fédéralisme : c’est l’affaire de tous les Algériens et non de la seule Kabyle. Parler de fédéralisme en Algérie, c’est parler de ce qui m’appartient c’est à dire l’Algérie. Crois moi pour rien au monde, je ne concéderai un petit bout ne serait ce que minime de mon Algériannité. Nos aïeux, ce sont battus pour elle, ce n’est sûrement pas pour la laisser entre les mains de chiens galeux. Pour Tamazight, j’adopte le même raisonnement.
            - La maturité et la conscience politique : Elle nous fait terriblement défaut et chaque jour davantage. En 1789, le Tiers Etat avait réussi à créer un rapport de force face à la noblesse et au clergé en obligeant le Roi Louis XIV à prendre en compte les doléances de tout une partie du peuple. Cela s’est manifesté par la prise de la Bastille en 1789, puis par la création en 1791 de la 1er République et l’avènement d’un système représentatif et parlementaire. Puis deux ans plus tard, la décapitation de Louis XVI.
            Aujourd’hui, nous voulons refuser ce combat en se réfugiant dans le fatalisme consistant à dire que nous sommes victimes d’un système raciste qui nous opprime et nous aggresse. Nous n’avons donc pas la consicience de former un peuple parce que la plupart du temps nous nous battons trop pour nos intérêts immédiats et personnels. C’est surtout vrai de l’élite politique Kabyle qui pour la plupart ont démontré tous leur opportunisme lorsque le peuple avait le plus besoin d’eux. Pour prendre l’exemple de Ferhat (que j’admire seulement en tant que chanteur), voyant qu’il était en minorité au sein du RCD et qu’il ne serait jamais intronisé pour la candidature pour la présidentielle 1996, il a crée une coordination face à la commission nationale au sein du MCB à la fois pour essayer de casser la base culturelle du RCD et pour se préserver une visibilité politique. AUjourd’hui il s’est réfugié dans un "Mak" dont personne ne voit la logique ni politique ni associative. Si l’objectif du Mak est de créer un parti et réintroniser Ferhat sur la scène politique, pourquoi base -t-il son programme sur la satisfaction d’un seule revendication de nature institutionnelle : l’autonomie alors que l’Algérie souffre de problèmes plus globaux et plus importants pour les citoyens. L’autonomie n’est pas une fin en soi, c’est un moyen juridique et politique au service de de la mise en oeuvre d’une politique globale.
            Si le "Mak" est une association alors son rôle est d’être un moyen de pression sur les décideurs publics et de jouer le rôle d’un syndicat qui défend une cause mais dont la satisfaction n’est nullement garantie. Encore faudrait il pour cela qu’il soit représentatif de quelque chose, de personnes, d’intellectuels, de militants. Or il me semble que le "Mak" souffre d’un déficit de représentation aujourd’hui ce qui d’ailleurs est le cas de la majeure partie des associations.
            Quant à l’autre partie de l’élite politique, soit elle a essayé de tirer partie de l’ouverture démocratique concéder par les décideurs du pouvoir, aux prix de manipulation et de campagne d’intox et de dénigrement plus ou moins fructueuses, soit elle est tombé dans le pure opportunisme servile qui consiste à se solidariser avec des décideurs illégitimement élus en Algérie.
            Avec ce tableau, tu comprend maintenant pourquoi je doute de la maturité des Kabyles et du peuple Algérien pour gérer la complexité des épreuves que le sort lui a infligé. Soit on se repli sur soi et on attend qu’un jour vienne l’autonomie pour gérer nos tomates et nos chèvres tout seul entre nous, soit on crée un front Républicain mature et responsable au delà des divergences culturelles et ethniques pour rassembler les Algériens et les Kabyles autour des valeurs communes qui nous rapprochent. Il en va de notre existence. La République est en danger, l’urgence est à l’action.

            PS je suis bien Moktar

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            • Un front Républicain 14 octobre 2008 17:24, par tusnakt

              Cher Mokhtar,
              La république est en danger depuis ce jour du 3juillet 1962. Elle n’est pas en danger depuis seulement quelques années. En effet, l’exclusion de certains, la soif du pouvoir des autres, les purges aussi, ont fait de l’Algérie, qui devait justement être une république démocratique, une oligarchie militaire, une dictature qui n’a fait que mépriser son peuple. Elle a phagocyté le peu de matière grise, qu’a épargné de la guerre, qui pouvait faire la différence, le peuple s’est donc retrouvé obligé de subir les pires méprises c’est-à-dire le contraire de ce qu’on lui a promis durant la guerre. Des îlots, ici et là, se sont ouvertement exprimer pour refuser cet état de fait mais vite étouffés dans l’œuf comme un serpent. Bref
              Permettez moi de revenir à l’idée que vous vous faites du fédéralisme, car c’est là que réside notre discordance ou simplement notre désaccord. Une grande majorité de Kabyles a une drôle façon de voir l’autonomie. Le traitement de ce terme par le cerveau ne doit pas échapper à la règle scientifique du traitement du langage lu ou écrit qui sollicite des structures cérébrales particulières. Mais hélas, quand on parle de l’autonomie, notre cerveau ne traite pas ce terme, il traite un autre terme c’est à dire « indépendance » qui n’a pas évidemment le même sens et du coup on entre dans dialogue de sourd. Je vous renvoi à la relecture de vos propres arguments « parler de fédéralisme en Algérie, c’est parler de ce qui m’appartient c’est à dire l’Algérie. Crois moi pour rien au monde,… ». Cette expérience d’autonomie est consacrée par de nombreux pays. Le cas de la catalogne est édifiant, une région autonome qui continue, à ce que je sache, à faire partie de grand ensemble qu’est l’Espagne ! Les Bretons qui continue à demander une large autonomie….ce qui se passe avec les enseignants de Tamazight est sans précédant mais prévisible ! Sinon comme croire qu’un pouvoir qui a minorisé, bâillonné la culture et la langue berbère puisse donner les moyens de son enseignement et de son épanouissement ! Le monde est fait d’expériences, il faut, à mon avis éviter la frilosité mais surtout le complexe du « recoloniser » c’est-à-dire parler sincèrement de ce qui ne vas pas et comment peut-on y remédier sans avoir à justifier à qui que se soit. J’aimerai pour ma part voir sur le plan scientifique comment agissent les connexions cérébrales, les structures cérébrales chez un enfant de 12 ans à qui on a substituer sa propre langue maternelle par une langue étrangère depuis l’âge de 6 ans. J’aimerai pouvoir également voir un jour qu’on peut rééduquer les troubles du langage dans la langue maternelle. Il est injuste mais aussi un facteur aggravant, de rééduquer un enfant kabyle ayant des troubles du langage dans une autre langue autre que sa langue maternelle, il y a beaucoup d’exemple important qu’on peut citer et qui incitent à penser à une autonomie régionale car c’est là seulement qu’il pourrait y avoir de solution. Le mot maturité revient assez souvent dans vos propos, dommage que vous insistiez sans en donner une explication. Mais l’une des première chose à éviter, à mon humble avis, mais la plus urgente pour le moment c’est d’éviter de mettre des étiquettes et avoir des arrières pensées : si je ne parle que de la Kabylie c’est pas parce que je suis raciste, c’est parce que la situation est grave. Le combat contre le racisme à été mien. Lounes aussi a été victime de cette invective, qu’est qu’on n’a pas dit, on a même lu dans ses pensées…
              Je peux vous citer deux exemples à partir desquels vous pourriez vous faire une idée. Le premier concerne les intellectuels algériens. Mise à part certains universitaires Kabyle et un seul non kabyle (Lakhdar Boumedienne vivant dans l’immigration et originaire d’Oran), mais surtout militant des militants, il n y avait pas eu aucune prise de position aucune condamnation de ce que j’appel l’holocauste kabyle (les massacres de 2001). A-t-on manifesté ailleurs qu’en Kabylie lors des émeutes de 2001 ?
              La seconde porte sur l’attitude de certains historiens non kabyles qui adoptent une posture qu’on ne peut soupçonner que de haineuse : minorisation des faits et des actions quand elles sont portées par des kabyles (par exemple durant la guerre), insistance sur des faits mineurs quand ils desservent la kabylie, mensonge par omission, déformation du souvenir….
              Je suis resté de marbre à la lecture des mémoires de M. Harbi, pas seulement lui (les propos de Boutef sur les Kabyles, les propos de benbella, voir également les positions de Mahssas ou de Sahli et mostefa Lacheraf sur Mammeri…). Bien que j’aie une grande estime pour M Harbi, je me suis à plusieurs reprises déplacés des Km pour assister à ces conférences mais en lisant ses mémoires, je suis consterné de lire certains lignes dénuées de toute sincérité intellectuelle. Alors, si dire ça, on est traité de raciste ou de séparatiste je crois le temps est venu de mettre fin à toute discussion.

              Merci
              Mus
              PS/ Il ne faut pas oublier que c’est suite au témoignage sur Lounes que nous réagissions, c’est une manière de faire vivre LOUNES.
              Ps/ Si j’étais riche, j’offrirai un livre de Spinoza et un vrai "couscoussier" (lol) à tous les Kabyles
              PS : Au fait, un front républicain avec qui et pour qui ? un front dans lequel se retrouveront les Ghozali, ouyahia, et co il faudrait l’accepter après ... sinon on va exclure d’emblée certaines tête (en recrutant par voie d’annonces) ce qui n’est pas républicain.

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              • Un front Républicain 18 octobre 2008 06:24, par Inig

                Pardonnez mon intrusion dans votre "di-alogue" (Moktar et Tusnakt) que je trouve franchement pathétique et teinté de naïveté.

                Autonomie : Vous (Tusnakt) êtes séduit par l’idée de l’autonomie mais le MAK vous dérange car vous y voyez un problème de personnes. Pourquoi ?
                Ferhat et tous les compagnons qui ont initié ce mouvement sont courageux et responsables. Ils méritent respect et soutien (à defaut une solidarité morale).

                Fédéralisme : Vous (Moktar) le préconisez mais vous trouvez que nous sommes pas encore mûrs. A quelle aune avez-vous mesuré cela ? Pourquoi alors le proposer pour ensuite dire que ce n’est pas faisable ?

                Enfin je trouve tout cela incohérent et stérile.

                Le problème de l’Algérie est d’abord et avant tout fondamentalement identitaire.. Voilà le noeud gordien qu’il faut défaire.

                Mais dans l’urgence, il faut défaire le noeud coulant (arabisation + islamisation forcées) qui étrangle la Kabylie.

                "Illa Yellu negh ur illi , nek lligh"

                ma traduction humoristique : "Il ne faut pas chercher les couilles aux vaches, elle n’en ont pas"

                Inig n Bgayet.

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